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Radioactif 305

mars 1, 2022

Radioactif 305

24 décembre 2007 
La mort de maman.

Cette année, pour moi et ma famille, Noël prend un sens tout particulier. 

Il y a cinq ans, ma mère Irène Gauthier Langlois mourait la veille de Noël, en se rendant assister à la messe du vingt cinquième anniversaire de la mort de mon père, Émile.  Tout un événement à vivre.  Une profonde déchirure intérieure comme la mort de tous ses amis, même si Noël devrait être un temps de réjouissance. 

Cette année-là, j’étais descendu à Barnston, quelques jours plus tard à Noël, car, avant, je venais aider maman à préparer sa participation au repas des fêtes. 

J’étais plus tard parce que j’avais besoin d’argent et j’ai travaillé le plus longtemps possible.  Je devais travailler pour survivre et à moins de 10$ l’heure, tu ne vis pas, tu survis.  Le moindre inattendu défonce ton budget. 

Je suis donc arrivé dans l’après-midi du 24 décembre, à Magog.  Mon frère aîné, Roland, est venu me mener à Barnston puisque c’était ce que désirait Bernadette, son épouse, qui était elle-même atteinte d’un cancer.  Bernadette fut une de mes meilleures lectrices car Hymne à l’amour, le vice et la révolte loin de la scandaliser, mon livre l’a fait bien rire. 

Plus tard, dans l’après-midi,  nous avons regardé,  maman et moi, les enregistrements de Fun noir, deux émissions de TQS, auxquelles j’avais participé à l’invitation de Réal Béland.  Pauline était venue aider maman puisque je n’étais pas descendu aussi vite que d’habitude.   Évidemment, tout était presque complété, car maman était une travailleuse infatigable. 

J’avais remarqué que maman avait les lèvres plus bleues, mais elle prétendait que c’était la lumière qui leur donnait cette teinte.

Maman a dormi un peu, ce qui lui arrivait souvent quand on regardait la télévision ensemble.         

Nous nous préparions à partir pour la messe qui était célébrée pour nous rappeler le 25è anniversaire de la mort de papa quand soudain, plus d’électricité.  Je ramenai un peu de lumière avec une petite lampe de poche ordinaire.  À la demande de maman,  j’ai changé pour une lampe de poche beaucoup plus grosse que j’ai placée à l’envers sur la table et qui éclairait ainsi le plafond. 

Par la suite, j’ai pensé au tunnel de lumière dont on parle toujours quand on raconte les histoires de vie après la mort.  C’était comme si maman, sans le savoir, trouvait le chemin vers l’infini un peu trop étroit et qu’elle en aurait choisi un autre.  Puis, nous sommes partis pour l’église. 

Elle a profité d’une courte balade en auto pour se rendre à l’église.  Bizarre, mais j’ai eu envie de partir plus tôt, à pied, me disant que ce n’étaient pas quelques minutes de plus à l’église qui me ferait mourir et que je le devais bien à papa.

Quand je suis arrivé à l’église, il y avait quelqu’un d’étendu sur le plancher.  J’ai immédiatement pensé à maman ; mais je n’y croyais pas vraiment ou plutôt je ne voulais pas y croire.  Je refusais la réalité.  C’est toujours ce que je fais quand quelqu’un que j’aime meurt. 

Elle était là parce qu’en arrivant, elle s’était sentie mal et avait fait un anévrisme.  Le secours médical fut terriblement long.  Heureusement, mon neveu Mario et son épouse étaient là et ils sont tous les deux infirmiers.  Il n’y avait plus rien à espérer. 

Quand on a sorti maman, la musique de la messe chantée pour papa commençait. 

L’électricité ne revint que plus tard, bizarrement, quand maman fut officiellement déclarée morte. 

Elle avait enfin réalisé un vieux rêve : elle avait rejoint celui qu’elle aimait tant.  Elle a eu une vie dure, mais merveilleuse.  Elle avait 91 ans à sa mort et elle n’avait jamais été gravement malade.   Elle était encore pleinement consciente. 

Une chose est certaine, s’il y a quelque chose de l’autre bord, ils furent sûrement très heureux de se retrouver.  Une de mes nièces avait d’ailleurs rêvé à mon père quelques semaines auparavant.   Dans ce rêve,  il attendait toujours, assis dans un escalier,  sans bouger.  Ma nièce lui a demandé ce qu’il faisait ainsi à attendre sans bouger.  Et dans le rêve toujours, il lui répondit qu’il attendait maman.

Le nombre de gens qui ont assisté aux funérailles de papa et de maman était tout simplement hallucinant. L’église n’était pas assez grande pour recevoir autant de fidèles à la fois.

28 février 2022

Quand je mourrai il n’y aura personne. Je serai enterré à Barnston avec ma famille. Avec un peu de temps, personne ne saura que j’ai déjà écrit.  Et, c’est bien ainsi.

J’aurais juste voulu que l’on retienne l’éthique sexuelle que j’ai finalement réalisée à travers ma vie. Liberté sexuelle absolue, sauf pas de violence et un  consentement obligatoire. Pas de sodomie avant l’âge de consentement.  Et surtout, des cours sur la sexualité qui ne soit pas un lavage de cerveau, mais qui correspondent aux découvertes scientifiques. Des cours qui nous aident à apprivoiser nos vies et comprendre que l’essentiel est le bonheur

Je suis tellement fier de mes parents, mais un tel texte me ramène à mes grandes réflexions à savoir pourquoi on vit.

La vie est une suite d’expériences individuelles, personnelles. Personne ne vit la même vie. Des millions de gens sont morts et personne ne peut dire qu’ils ont vécus.  Personne ne se rappelle puisque le temps passe et les témoins de leur vie sont aussi disparus.

La vie est donc un phénomène strictement individuel. Notre vie n’a d’importance que pour nous et ceux qui nous entourent. 

Puisqu’on est une énergie, on est immortel, mais on ne sait pas si on peut être conscient après la mort. Une conscience qui se manifeste autrement?

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