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Radioactif 296

février 20, 2022

Radioactif 296

17 décembre 2007 
La démence religieuse.  

Je n’avais pas encore toutes les connaissances qui me permettraient de saisir le ridicule absolu de la perception religieuse de la sexualité. 

Toutes les religions déistes font dire des énormités à leur dieu sur la sexualité.  Ainsi, quand je fus arrêté la première fois, j’ai cru que c’était pour mon bien.  Que ça m’obligerait à changer.  C’était une suite logique, mais punitive, à mes prières, à mes appels désespérés pour devenir «normal». 

Pourtant, ces petits jeux étaient les plus beaux et les plus sublimes moments vécus, à cause de l’amitié.  Je ne savais pas pourquoi, mais c’était ainsi. 

À cause des adultes, il ne fallait pas caresser, se toucher, même pas y penser. 

On ne nous disait pas qu’il est normal d’être attiré par la sexualité quand tu es jeune, car on croyait que les jeunes n’ont pas de sexualité. 

Je ne devais pas être le seul idiot qui croyait dans le mal dès qu’il était question de sexe.   

Les mêmes préjugés, les mêmes lois prévalent encore aujourd’hui.  Pire le fédéral les rend encore plus débiles. Il faut maintenant avoir 16 ans avant de pouvoir commencer à se sentir comme si nous étions des anges ou des purs esprits.  Cette folie mène à la répression.  Elle nous entraîne vers la haine. 

Nous serions tous des petits Bush, qui pour répondre aux vœux des prophètes, iront se faire tuer à la guerre.  Une boucherie inutile si on savait s’aimer. 

La peur du péché rend l’homme plus bête que l’animal parce qu’elle justifie que tu détestes un voisin , que tu crois trop pécheur ou inférieur à toi.  « Aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu». 

Le premier et le plus grand des péchés, c’est l’orgueil.  Se croire supérieur aux autres.  Cet orgueil démesuré qui empêcha Lucifer de reconnaître que la création de Dieu était bonne. 

Toutes les religions sont antinaturelles à cause de leur vision de la sexualité.  Le bouddhisme n’est pas une religion.  Elles sont donc toutes anormales, contre-nature,  car leurs prémisses reposent sur l’ignorance et la fausseté.


17 décembre 2007 
Crise religieuse.    

Ma prise de conscience du pseudo péché d’impureté s’est formée avec le temps, au fur et à mesure que j’ai pris conscience de la signification réelle du vocabulaire sexuel. 

Dans les sermons on ne nommait pas les choses de la même manière. Je savais entre autres ce que voulait dire « se crosser », mais je ne comprenais plus rien quand on parlait de masturbation.  Avec le mot crosser, mes gestes avaient dès lors une relation de sens avec ce dont on parlait, ce qui n’était pas le cas dans les retraites. 

Ce péché, l’impureté, était fermement enraciné en moi.  Comment  partager quelque chose d’aussi captivant, d’aussi plaisant, d’aussi charitable, car tu fais plaisir à l’autre, pouvait être péché? 

Je n’essayais pas de comprendre, car je croyais sur parole tout ce que la religion disait et nous enseignait.  J’étais l’éponge parfaite. 

Plus je comprenais, plus j’incarnais la possession diabolique.  Mon rapport avec Dieu avait toujours été très agréable, mais à cause de ce péché originel qui me dévorait,  je commençais à le trouver un peu trop sévère.  Je doutais de plus en plus de ma rédemption.  J’ai commencé à me demander pourquoi, s’il savait que je serais damné et qu’il m’avait créé quand même ainsi que tous mes amis qui n’étaient pas catholiques. 

Dieu peut-il être assez méchant pour agir ainsi ?  Ou c’est faux ou dieu est un écœurant.  J’aimais trop Dieu pour pouvoir continuer de croire sans douter.

17 décembre 2007 
Dieu ou Jésus.

Je n’appréciais définitivement pas que Moïse soit condamné à ne pas entrer en Terre promise simplement parce qu’il avait donné un  coup de baguette de trop sur le bord de la montagne.  Je serais plus compréhensif et indulgent envers Dieu maintenant. 

Pour un Dieu de l’Amour, il n’était pas tellement reposant.  Il était borné.  Il était jaloux et ne pardonnait rien à personne.  Il se choquait pour des riens.  À part d’aider à gagner des guerres, il ne semblait pas tellement capable de faire autre chose.  Il était bien trop autoritaire pour me plaire. 

Plus je réfléchissais plus ma foi dans la Bible disparaissait.  C’était de plus en plus un merveilleux roman où Dieu n’était pas nécessairement la vedette.  Je trouvais les Évangiles bien plus intéressantes, car Jésus était bien plus sympathique.  Il aimait son cousin le petit Jean, âgé d’environ 15 ans.  Dieu, lui, dans son nuage ne semblait pas tellement capable de comprendre les humains et leurs imperfections.  Il était assez pervers pour demander à un père de sacrifier son fils et d’exiger ensuite la circoncision.  Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, lui, il n’aura jamais de zizi? 

Pourquoi un esprit peut-il bien se préoccuper d’un petit bout de prépuce?  Dieu a-t-il l’esprit aussi tordu?  Que voulait-il faire avec? 

Ce dieu n’avait rien d’élégant.  Un dieu- ordre.  S’il était si intelligent pourquoi n’arrivait-il pas à comprendre nos tentations sexuelles?  Lui, qui était supposé tout connaître …


17 décembre 2007 
Dieu et la pédérastie.

Mes prières s’adressaient à un Dieu, sans visage particulier.  Le Dieu de la Bible n’inspirait que la peur.  Au lieu de me rendre plus obéissant, j’ai appris à me servir de Satan pour obtenir mes faveurs sexuelles.  Il savait répondre à mes prières et orchestrer de belles tentations. 

À part l’enfer, son lieu de retraite, c’était un ange tout-puissant ; mais je voulais demeurer la créature de Dieu.  Je me sacrifiais pour être pardonné, mais étais-je vraiment repentant ?  Je me mentais à moi-même.  J’étais comme les Québécois qui veulent un pays, mais qui ne votent NON. 

Satan était un complice parfait quand il se présentait à travers le plus beau des petits gars demandé en rêve, pour lequel je l’implorais ; mais peu de temps après, la peur reprenait le dessus et j’aurais fait n’importe quoi pour ne sentir pardonné de Dieu. 

Je ne voyais aucun mal dans ma pédérastie, sauf préférer un petit gars à un Dieu profondément jaloux, incapable de supporter la moindre concurrence.  Ma perception de la réalité divine était tout autre que de celle de Yahvé. 

Dieu, c’était un ami, pas un bourreau.  Un être extraordinaire, plein de miséricorde.  Un gars que j’engueulais dans ma tête et dont je ressentais les réponses.  Les signes.  Ce dieu juif de règles bibliques ne correspondait pas du tout à l’ami infini dont je sentais la présence quand je priais.  Je sentais ses réponses m’envahir de joie.  J’étais comme tous les petits Québécois de mon temps, j’avais peur du diable et du bon dieu, ne sachant lequel me frapperait. 

La prison ne fit qu’activer ma crise religieuse.  Elle me prouva qu’être trop religieux, c’est du ressort de la maladie mentale.

Ce fut ma raison d’exister dans la vie. 

À vingt ans, je commençais à confronter les mensonges du système et de ses institutions à ce que la vie m’apprenait. 


17 décembre 2007 
La place de la prison.

Cette manière d’être à Dieu, tout en profitant des largesses de Satan font en sorte que je peux dire que d’une façon que j’ai voulu être pédéraste. 

Est-ce que je me mentais ?  Je le crois.  Pour moi, les intentions devinrent ce qui était le plus important.  Je me jugeais plus selon mes actes, mais à partir des motifs qui les provoquaient.  Le péché devint de plus en plus synonyme d’égoïsme.  Ma générosité naturelle était-elle un masque?  Quand j’allais avec un petit gars, est-ce que je cherchais son amour ou sa capacité à satisfaire mes besoins de jouissance?  Est-ce que mes sentiments étaient vraiment de l’amour?  C’était un combat intérieur éreintant.  Quand étais-je sincère ?  Mon agir dissimulait-il un autre objectif? 

Je me sentais très bien dans ma peau de pédéraste,  mais vis-à-vis les autres,  j’avais tellement honte que je me haïssais tout autant que j’avais du plaisir.  Il suffit de dire que tu es pédéraste pour que l’on te fuie comme la peste. 

Heureusement, qu’on ne passe pas son temps à se poser de telles questions, j’aurais capoté.  C’est d’ailleurs ce qui est arrivé quand je suis allé en prison pour la première fois à vingt ans. 

Là, Dieu prenait toute la place.  J’étais le pécheur impardonnable.  J’étais pire que Poutine et Bush ensemble.  Je devais payer pour le reste de ma vie d’être aussi dépravé.  Une approche totalement masochiste.  Et, le petit Jeannot est apparu dans toute sa beauté, ce qui commença à tout remettre en question.  Le diable venait de tendre la pomme.  Pourquoi dans un tel moment de pénitence, d’auto flagellation, Dieu permettait-il que je tombe en amour avec un petit prisonnier ? 

Je voulais un miracle, mais ce ne fut pas celui que j’attendais.  Dieu me replongeait dans ce désir humain comme s’il voulait me vacciner pour l’avenir.  Sans ces trois mois à l’ombre, je n’aurais jamais remis totalement ma foi en doute. 

Dieu m’interdisait les garçons, mais il m’en présentait sans cesse, de plus en plus beaux.  Ce qui t’arrive n’est-il pas l’expression de la volonté de Dieu?  Ce fut une période de tourments religieux.  Je me suis mis à relire les Évangiles et j’hallucinais autant que l’apocalypse de « Jean, l’évangéliste II  »  Je me demandais si vivre sans péché n’était pas la même chose que vivre sans amour?

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