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Radioactif 293

février 17, 2022

Radioactif  293

16 décembre 2007 
Tempête d’hiver.

J’adorais les journées comme aujourd’hui.  Quand il y avait une tempête, les élèves de la campagne devaient parfois coucher jusqu’à une semaine au village, car les chemins étaient impraticables.  C’était merveilleux.  Ça me permettait de rêver que mes plus beaux fantasmes aient à coucher chez moi, avec moi. 

Malheureusement, ce n’est pas arrivé souvent, mais on a le droit de rêver.  Je le souhaitais parce que je savais que le temps permet bien des ouvertures d’esprit, et je saurais mettre au défi ma séduction. 

Je serais très curieux de savoir combien de jeunes garçons de mon enfance ce sont aperçus que je les désirais, que je rêvais à eux avant que j’introduise la main dans leur chaste demeure.

C’était mon secret et j’étais seul à m’y complaire.  Je me souviens de l’un d’eux.  Si ce n’eut été d’une intervention extérieure, j’aurais facilement rassasié ma curiosité.  Plusieurs années plus tard, j’étais couché près de lui, dans mon propre sac à couchage, quand j’ai senti une main se faufiler entre mes jambes.  Il voulait reprendre le temps perdu.  Étant plus expérimenté, il a su en profiter et moi aussi. 


16 décembre 2007 
Les exercices.

Pour ne pas provoquer la foudre du ciel, je multipliais en secret des réflexions, des leçons et des exercices à savoir quand et comment l’autre pouvait se manifester intéressé. 

La réponse est dans le regard, le sourire, les soupirs l’attitude, les déhanchements, les gratte par ci, etc.

Un «non» a son propre comportement : vif, d’air insulté, écœuré.  On peut sentir la résistance, voire même l’impatience, si on insiste. 

J’étais devenu un expert. Je savais quand mettre les doigts à la pâte et faire gonfler l’arbuste. Je savais interpréter les indifférences et les rejets.  Comment ne pas agir trop rapidement, non seulement pour qu’il ne bavasse pas; mais pour ne pas empêcher l’amitié de croître en nous. 

Cet amour était bien plus important que de lui toucher, le petit jeu qui conduisait à assouvir mes désirs ne m’importait que dans la mesure où il cimentait notre amitié.  Une fois accomplie, la curiosité satisfaite, elle perdait tout son cachet.  Il fallait donc m’assurer qu’elle ne brouillerait pas l’amitié que cela créait. 

Jouer aux docteurs ou aux douanes, c’était la cerise sur le sundae.  Il n’y avait aucune ambiguïté, il aimait ça autant que moi.  C’était la récompense suprême : un moment que je m’efforçais de prendre en mémoire pour l’éternité.

16 décembre 2007 
Les filles.

Avec les filles, c’était tout autrement.  Rien de physique.  Leur rencontre était plus intellectuelle qu’émotive.  Je cherchais une forme d’affinité, de complicité dans la sensation de l’amitié.  Était-ce seulement un moyen de me prouver que j’étais normal?  Ce n’était pas la même complicité. 

Les fesses du garçon convoité qui se rangent vers toi pour te permettre de mieux allonger la main à l’avant et ainsi sentir un petit champignon se déclarer géant.  Ça n’existait pas chez les filles.

Avec les filles, c’est moins passionné, moins étendu dans le temps, mais aussi plus régulier, plus verbal.  Chaque rencontre recommençait là où je l’avais laissée. 

Avec les gars, une occasion manquée signifiait de devoir tout recommencer.  Mon expérience des femmes étaient aussi très limitée. Mes deux sœurs furent pensionnaires, donc, je les ai peu connues.  Mais, je trouvais la présence féminine très agréable.  Avec elle, je discutais, même si je me trouvais vide puisque je n’avais rien d’intéressant à dire. 

Ma jeunesse fut une très belle époque, une époque de jeux.  Adolescent, j’attachais plus d’importance à être séduisant et je savais que le sexe est bien plus intéressant quand on joue en équipe.

À Lac-Mégantic, j’ai découvert que les femmes pouvaient aussi m’intéresser et je suis convaincu que si je n’avais pas fait de prison à 20 ans, je me serais finalement retrouvé un jour du côté des hétéros. 

La prison n’a que braqué mon intérêt sur ma pédérastie.  Mon péché est devenu mon tout. Pourquoi suis-je ce que je suis?

Tant qu’à payer, faut que ça valle la peine.


16 décembre 2007 
Pourquoi écrire ?

Est-ce que ce que je raconte est vraiment utile à quelqu’un?   C’est une question que l’on se pose sans cesse quand on écrit, surtout si on croit avoir un message à apporter. Un autre blogueur déplorait le peu de commentaires laissés sur nos écrits.  C’est un fait.  On se demande si le nombre de visiteurs est fictif.  Qui nous lit ? 

On se décourage et on recommence, en se disant qu’au pire, c’est un bon exercice d’écriture en attendant d’être écrivain.  Dans mon cas, ça veut dire qu’un éditeur officiel accepte de nouveau un de mes manuscrits ou que je m’entende avec des responsables sur internet pour pouvoir publier les livres que l’on refuse. Ce dont je doute.

Partager mon expérience et mes réflexions stupides ou non;  car je crois qu’elles contiennent des pistes de solutions quant à la tolérance, un ingrédient absolument nécessaire à la survie de l’homme.

Plus nous allons refuser notre sexualité, plus nous nous engageons dans un contexte qui fait appel à la violence : il faut que ça change d’urgence…

L’important, ce n’est pas de ne pas être fou ; mais d’être un fou heureux.

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