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Radioactif 287

février 11, 2022

Radioactif  287

12 décembre 2007 
Notre jansénisme.

Il faut vivre dans un monde fucké ou trop religieux  pour être traumatisé par un toucher à caractère sexuel. 

Disons que je préfère me faire caresser que de manger une claque derrière la tête.  Je trouve ça plus normal, plus amical. 

Avant l’adolescence, je ne savais même pas que c’était mal ou du moins je ne le comprenais pas, sauf, à travers les réactions des adultes.  Ils devenaient tellement fous quand il était question de sexe que ça devait nécessairement être très grave.  Ils devenaient tous à moitié hystériques quand on faisait allusion à la sexualité, la défécation, à tout ce que l’on appréhendait comme possiblement impur. 

Fallait être gêné de sa nudité,  comme si on était tous venus au monde tout habillé.   Pour que les adultes se comportent ainsi, il fallait bien qu’il y ait un danger, un interdit quelconque, justifié et justifiable.  Ça devait être très grave pour que le mot cul crée autant de malaises. 

Je n’avais pas encore compris que les adultes ne réfléchissaient pas par eux-mêmes, mais à travers des curés qu’ils croyaient béatement, des curés obsédés parce qu’ils devaient se faire un nœud dans le tuyau. 

Personne ne semblait assez intelligent pour se demander pourquoi c’était aussi grave. Et, à ma connaissance, personne n’était devenu difforme pour s’être fourni un petit peu de plaisir, seul ou avec les autres, comme on disait à la confession.  L’expérience prouvait même le contraire. 

Et, l’insistance des prêtres en confession quand on abordait le sujet prouvait leur intérêt pour la question.  Il voulait tout savoir et jouissait à entendre toutes les histoires de cul qui se passaient dans la paroisse.  Ce sont probablement ceux qui ont le plus joui des oreilles.  Ils avaient plein pouvoir sur les pécheurs, même s’ils prétendaient au secret de la confession.


12 décembre 2007 
Mépris religieux.

Les religieux nous ont appris à nous mépriser. Nous sommes des anges déchus.  Des anges condamnés à la mort pour avoir mangé une pomme.  Il faut vraiment être naïf pour croire de telles sottises, à moins, que ce soient des symboles pour essayer de nous faire comprendre autre chose, ce qui est évident. 

Mais, les gens croient au mot à mot de la Bible, ignorant que c’est le produit des intellectuels et religieux juifs qui essaient ainsi de se rappeler ce que la vie a appris à leur nation au fil du temps.  C’est ainsi qu’est née la Tradition.  Par peur d’oublier. 

La religion devant alors agir comme psychologue, médecin, police, elle est devenue d’une rigidité étouffante. 

Les prétendus dévots se mirent à penser que les gens devraient vivre comme eux, que la vérité était transcendante et que cela donnait le droit de penser pour une majorité imbécile qui ne pense pas.   Les prêtes avaient pris conscience de leur pouvoir et en ont abusé largement.  Ils ont projeté leurs propres problèmes, leurs propres bibittes dans leur enseignement. 

Leur sexualité est devenue la vérité sur la sexualité.  

Du rejet de la matière, ils ont passé au rejet de la sexualité, laquelle était bien seulement dans le travail obligé de la reproduction, mais le plaisir en le faisant était, selon eux, le pire des maux ;  parce que ce plaisir pouvait nous détourner du travail et de Dieu. 

Ainsi le problème de quelques mâles juifs un peu trop chauds est devenu le problème de tout un peuple et les femmes ont dû se cacher pour ne plus être la hantise des autres.  Leur obsession est devenue affaire de religion. 

Plutôt que de chercher les attributs qui pouvaient convenir en propre, spécifiquement à un dieu, s’il en existe vraiment un (ce que je crois), ils ont projeté sur lui toutes les conneries de l’être humain : la jalousie, l’exclusivité, la colère, l’orgueil, etc.  Ils en ont fait un beau salaud qui profite de sa force pour soigner son narcissisme.  Du dieu de l’amour est né le dieu du pouvoir et de la guerre.  Le besoin de dominer.       

13 décembre 2007 
L’adolescence.

L’adolescence est, selon moi, la période la plus bizarre de notre vie.  Celle où l’on découvre comment on est vraiment.  C’est comme si durant l’enfance, tu n’étais qu’un paquet d’énergies et d’émotions qui répond à son environnement. 

L’adolescence, c’est l’apprentissage action–réaction, modelage des idéaux, expérience de sa force intérieure. Tu essais de faire plaisir.  Tu n’es pas toi, mais ta réponse au monde qui t’entoure. 

La vie est un jeu, une découverte permanente.   Tu rêves. T’es une éponge. Tu as tous les pouvoirs, puis, avec l’adolescence, tu ne sais plus exactement ce que tu es.  Les explications que t’avais reçues ne te suffisent plus.  Tu te mets à douter. 

Le pire, parfois tu te mets à t’haïr parce que ton corps et ton esprit ne correspondent pas à ce que tu t’attendais.  Tu es inférieur à l’idée que tu te fais de toi.  C’est un mal qui te mine sans que tu puisses trop en comprendre ni le sens, ni le contenu.  Tu t’aperçois que tu n’es pas mieux que le monde qui t’entoure.  Alors, tu t’imagines toutes sortes d’interprétations. 

Que je le veuille ou non, la religion est ce qui a bâti tous mes idéaux;  mais elle fut aussi celle qui m’a détruit avec sa perception antinaturelle de la sexualité et surtout à cause de sa censure qui nous gardait encore plus profondément dans l’ignorance et le mépris instinctif de notre corps

Quand tu te mets à réfléchir, tu te rends vite compte que les réponses religieuses sont souvent vides de sens.  Mon doute se résume à la réalité suivante : « Si la religion nous a menti quant à notre sexualité, une fois, elle peut nous mentir sur tout, tout le temps.»


13 décembre 2007 
Se définir.

Es-tu la cause principale de ton mal intérieur ou les gens qui t’entourent sont-ils les causes de tous tes déboires?   L’adolescence est une période difficile, mais essentielle, car c’est elle qui te définit pour l’avenir. 

Tout ce tu as emmagasiné sort d’un coup et tu fais face à des réalités auxquelles tu n’es encore habitué.  La pire : tu deviens libre, tu commences à devoir choisir.  Le monde parfait de ton enfance n’existe plus. La vie présente même la possibilité d’être un enfer. 

Évidemment, tu n’identifies pas tous ces changements à la révolution que subit ton corps.  Tu ne le sais pas, on ne t’en a jamais parlé. 

J’ai remarqué que les filles ont plus tendance à ne pas s’accepter que les gars.  Serait-ce qu’elles doivent déjà fasciner?  Qu’on leur a appris en ayant peur de leur sexualité que les filles sont moins précieuses que les gars? On les entretient depuis l’enfance dans le rôle de la séductrice.  Même si ce problème arrive moins souvent aux garçons, ce n’est pas complètement exclus de leur vie : le nez, la taille, la hauteur, la grosseur, le zizi, tout y passe, même le nombril. 

Tu t’imagines que tu poignes, que tu attires l’attention des autres parce que tu es beau, sans même savoir exactement ce que ça veut dire.  Tu crois n’avoir de valeur qu’en fonction de cette beauté, rattachée à ton tempérament et ta possibilité de plaire.


13 décembre 2007 
Beauté / laideur.    

Tout le monde se pense beau ou laid et les nuances sont rares. 

Si c’est vrai pour ton corps, ce l’est tout autant pour les valeurs qui nous animeront toute notre vie.  Tu as la certitude d’être très intelligent ou tu trouves que « t’es pas très vite».  Tu te dissimules derrière les goûts. C’est la période où tu dois plaire maintenant à tes camarades encore plus qu’à ta famille.  T’es un peu comme un cerf qui prend le bois.  T’es sensible à tout ce que l’on pense de toi.  T’as besoin de nouvel air.  Pourquoi a-t-on l’impression de ne pas être aimé?  

Personnellement, rien n’a été aussi faux  et pourtant c’est que je ressentais.   Est-ce que je mélangeais la perception que j’avais de moi avec ce que les autres exprimaient? 

Si j’étais né dans un pays pauvre, je n’aurais certainement pas, à cause de ma condition physique, été un enfant capable de survivre. 

Le fait de m’être cru mauvais, pervers à tout jamais, à cause de mon ignorance sexuelle    (même si j’étais, en réalité, on ne peut plus normal) a certainement causé cette impression d’être moins que les autres. 

Est-ce que le fait de trop me masturber a modifié l’image que je me faisais de moi?  On y associait le péché et j’étais profondément religieux.  Ces scrupules m’auraient-ils traumatisé?  Possible, très vraisemblable, c’est possiblement ce qui fait que j’identifie la censure à un viol de conscience. 

La vie extérieure est plus difficile, mais on dirait que tu dois sortir de chez toi pour te découvrir et prendre ta place. 

Était-ce parce que je n’avais aucune personne à qui me confier et me comparer?  Avec qui partager mes goûts que je sentais de plus en plus unique à moi?  Serait-ce pour trouver un peu de cette compassion que je me sentais plus laid?

Commencer à exercer le métier de journaliste à 17 ans fut une des meilleures choses qui me soit arrivée dans la vie, mais étais-je psychologiquement prêt? 

Le journalisme a permis que je me sente utile dans ce bas monde, une condition fondamentale à mon bonheur, car, selon mon éducation, nous sommes sur terre pour aimer, nous engager à améliorer la vie de notre société

Ce n’était quand même pas une façon si négative de voir la vie.  S’aimer et aimer les autres. Mais, ma pédérastie que je commençais à identifier me changeait en pécheur qui récolte des âmes pour le compte du diable.


13 décembre 2007 
Impression.

Si notre société avait été moins scrupuleuse, pour ne pas dire stupidement conservatrice, ma vie aurait été tout à fait différente. 

Je n’aurais pas fait tout un plat avec un comportement qui est pratiquement normal, mais qu’on enseigne comme anormal, comme cochon, parce que les règles sont basées sur l’ignorance ancienne de la réalité de l’homme et du prétendu pouvoir de Dieu. 

Le jour où les adultes auront compris que la sexualité est un problème d’adulte n’est pas encore arrivé.  On est encore fanatiquement anti-gai.  

Les autorités ont tendance à être encore plus répressives (plus religieuses) ou plus malades. Ils ont l’art de gonfler les problèmes et ne pas savoir les solutionner. 

Les gangs de rue et la drogue dure rattachée à la maladie mentale est un problème beaucoup plus criant, mais on ne s’en occupe pas parce que les drogues rapportent des centaines de millions de dollars

Alors qu’une approche plus compréhensive fait que le Québec a le plus bas taux de criminalité, Harper, l’horrible sosie de Bush, veut nous ramener aux anciennes méthodes de la répression, même si elles sont reconnues pour leur inefficacité. 

Combattre le crime est d’abord fondé sur la prévention, sur les moyens d’en détourner les jeunes. 

C’est ainsi dans tous les domaines où le judiciaire met le nez.  Il est capable d’écraser les individus, mais incapable de se tenir debout devant le crime organisé.  C’est la mafia légale organisée en action.  Le profit est plus important que l’individu.


13 décembre 2007 
Compromis légal.

Les lois sont un compromis entre les forces policières et la pègre

Nos lois respectent plus les volontés du crime organisé que le droit des individus.  On attache une importance extrême à des crimes sexuels, car ils ne sont pas violents ou dominateurs pour mieux fermer les yeux sur la vraie violence ou les vols de ces messieurs en collet. 

Les crimes sexuels sont ainsi faussement perçus comme étant beaucoup plus dangereux qu’un chauffard en état d’ébriété ou qu’un Norbourg.  Notre société est menée par une pléiade d’avocats, de juges, et les informations télévisées qui nous font croire que la vraie vie se passe devant les tribunaux.  Informer de cette façon, ça coûte moins cher à produire de bons moutons. 

La nouvelle charrie le plus d’émotions possible, de sentiments pour permettre aux gens d’être menés par le bout du nez et participer à ce voyeurisme qui nous empêche d’avoir une idée juste de ce qui se passe vraiment.  

Changer les valeurs, c’est s’approcher de plus en plus des États-Unis.  Devenir de moins en moins humain. 

Comme une dame le disait à la Commission Bouchard-Taylor : notre américanisation est bien plus dangereuse pour notre identité que le port du voile.  

Je suis bien d’accord que l’exercice de la religion ne devrait être permis qu’à la maison ou dans un temple  Le voile n’est qu’un rite parmi d’autres

Aucune religion ne devrait être enseignée à l’école avant le cégep. 

En ce sens, Mme Marois à tout à fait raison :   le français doit être le critère de base de notre société,  pas la religion.   La Commission Bouchard –Taylor doit être un premier pas, une première réflexion, pour définir ce que nous sommes comme société.

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