Aller au contenu principal

Radioactif 286

février 10, 2022

Radioactif 286

11 décembre 2007 
Émile Simoneau.

L’adolescence est une bien drôle de période. 

Même si nous étions six gars et deux filles, à la maison,  trois autres sont morts prématurément à la naissance ainsi qu’une sœur d’une année mon aînée. Maman appelait Mariette, Ti-Pitou. On m’a raconté qu’à sa mort, on a dû me faire garder, car je passais mon temps à lui apporter à manger dans son tombeau. 

Nous n’avons jamais manqué de quoique ce soit.  Mes parents sont de véritables héros.

Mes parents s’occupaient de nous, même de nos résultats scolaires puisque mon père croyait que le salut du Québec et de tout individu passe par l’éducation.  Il avait parfaitement raison. 

Il a été commissaire et président de la commission scolaire Saint-Luc de Barnston.  J’aurais bien aimé que l’on nomme l’école St-Luc de Barnston (même nom que la paroisse), l’école Émile Simoneau, pour lui rendre hommage quant à sa préoccupation dans le domaine scolaire. 

Les gens, lors d’un référendum, ont voté pour Saint Luc.  Qu’a-t-il fait, lui, pour le monde de la municipalité de Barnston? 

C’est une forme d’aliénation à la religion dont les Québécois ne sont pas encore débarrassés complètement.  Il reste le phénomène quant à la sexualité. 

Les gens ne sont pas assez niaiseux pour ne pas s’être aperçus qu’ils se sont fait passer une petite vite ; mais c’est moins de trouble de ne rien changer.  Ils se disent : « Nous sommes passés à travers, ils n’ont qu’à faire pareil.».


11 décembre 2007 
Dégénérescence.

À l’adolescence, c’est le temps du grand idéal, du Surmoi.  On veut devenir quelqu’un non seulement pour être admiré, mais surtout pour s’admirer. 

C’est une période particulièrement narcissique.   « Me, my self, and I ; mon nombril et moi ».  Tu t’imagines être le premier à vivre tes expériences. Tu n’en es pas conscient, mais ta capacité sexuelle te défonce.  On s’imagine être d’une grande valeur en soi, juste par le fait d’exister.  Et, c’est vrai. 

Nous sommes les survivants de millions de spermatozoïdes et d’ovaires ; nous sortons de on ne sait où, pour aller on ne sait où également.  Personne n’est revenu après la mort nous expliquer ce qui se passe de l’autre bord.  Toutes les spéculations sont permises et s’érigent parfois en religion.

On a inventé le ciel et l’enfer; la récompense et la punition, pour nous forcer à être de gentils petits humains.  Mais il est tout aussi logique, possible, presque sûrement même qu’il n’y ait rien après la mort.  Comme quand on perd conscience. 

L’homme a fortement dégénéré : en un siècle, il y a eu plus de gens tués par les guerres que jamais auparavant.  L’homme a inventé les religions pour donner un sens à leur vie; mais ces religions avec le fanatisme sont devenues les principales causes de notre plus grande folie la guerre. 

Avec la peine de mort, quelque part, en chemin, on a troqué un dieu de pouvoir  pour un dieu de l’amour,  puis, le Dieu de la finance est apparu. 

Dieu est passé de l’amour, totalement spirituel, une force, un pouvoir de direction, une énergie, pour aboutir une pièce de monnaie.  Dieu est devenu le symbole de notre domination et de notre exclusivité plutôt que celui de notre salut.  Tout plaisir est devenu l’ennemi du travail, du profit, donc, le mal à combattre. 

D’une force totalement spirituelle, dieu est devenu de plus en plus exclusivement matériel.  Dieu a pris le nom d’une bombe atomique si puissante qu’il peut faire trembler toutes les autres puissances, ce qui lui permet de toutes les siphonner.


11 décembre 2007 
Le doute.

Quand j’étais petit, Dieu avait toute l’importance. 

J’étais un  peu comme les musulmans qui vivent seulement en fonction d’Allah et qui vivront ainsi jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent que leur religion est comme toutes les autres : un moyen financier de domination. 

La religion permet d’accepter à peu près n’importe quoi, sous prétexte qu’il y a plusieurs siècles, Allah a parlé à son prophète.   Dans ce temps-là, on n’écrivait pas, on se transmettait la connaissance d’une façon orale.  Or, si vous dites à quelqu’un un secret et que vous réentendez un peu plus tard ce qui avait été dit, il n’y a presque plus rien d’identique à ce que vous aviez dit.  Pourquoi en serait-il autrement dans les religions ? 

La religion juive est à l’origine des religions musulmanes et chrétiennes (L’Ancien Testament), catholique et protestante.  Qui nous prouve que Dieu lui-même nous a dit ce que nous deviendrons? 

La société, le système, est une pyramide inversée. Il n’y a qu’une petite gang qui détient le pouvoir, qui s’effrite dès qu’on va vers le bas, car il se multiplie, se parcelle.  Il devient si faible qu’il faut chaque jour assurer sa survie.  L’autorité vient d’en haut, mais les erreurs aussi.


11 décembre 2007 
 Un espoir ?

Mais, il est dans l’ordre des choses de nous faire croire que l’on peut améliorer la vie. On peut tellement l’améliorer que l’on est sur le bord d‘une catastrophe écologique qui risque d’anéantir l’espèce humaine parce que l’homme est incapable de respecter la nature et de se contenter de ce qu’elle peut nous offrir. 

Les savants calculs religieux ont été pollués par des défauts innés chez l’être humain : l’orgueil et la convoitise. 

Nous nous multiplions, tout en voulant avoir tout, de plus en plus, et nous croyons que la planète peut nous le fournir éternellement.  Erreur ! 

L’homme est un pilleur  insatiable.  Il est à l’image de la folie de ceux qui nous gouvernent

On a qu’à regarder agir les pétrolières pour comprendre que leur bêtise continuera malgré tous les avertissements.   

Par contre, à toutes les secondes nous pouvons être témoins de toutes sortes de belles choses.  Dans leur simplicité, les individus portent en eux le secret de notre survie.  La simplicité volontaire et la générosité illimitée

Il faut apprendre à voir autant ces miracles de l’amour et de la charité que la saleté des systèmes qui nous dominent et nous divisent pour profiter de nous.  Le bonheur est individuel, mais il faut comprendre que l’on ne peut pas être heureux sans le bonheur des autres autour de nous.

Il faut donc améliorer son environnement.  C’est un peu le fond de ce que je pensais quand j’étais à Québec.         


12 décembre 2007 
L’amour.

Jeune, je n’ai pas perçu la vie comme les autres et par conséquent, je n’ai pas développé les mêmes valeurs. L’amitié était tout. 

Ma religion se résumait et se résume encore à : « Aime ton prochain comme toi- même pour l’amour de Dieu». 

C’est pourquoi, en y réfléchissant, j’ai commencé à considérer la pédérastie comme quelque chose de beau et de grand, qu’en déplaise à tous les étroits d’esprit.  Il fallait aimer son prochain, c’était la loi des lois. 

Par exemple, on n’avait pas le droit de se chicaner, c’était la punition assurée.  Il fallait penser aux autres, car nous étions assez nombreux pour devoir partager et se contenter de ce que nous avions.  Je n’y voyais aucun problème. 

Je me pensais vraiment un excellent petit gars. Si l’instant présent est ce qui compte, disons que petit ma devise aurait été « la seconde présente» comme tous les jeunes, j’imagine.   Ça coûte très cher d’être épris de la voûte céleste ou de chercher le petit bonhomme prisonnier dans la lune pour qu’il ne soit pas seul. 

J’intuitionais bizarrement que les défunts étaient partis pour une étoile, celle qui les attirait, questions d’être sur la même longueur d’énergie.  Le ciel était un immense cimetière vivant.  Des âmes qui luisaient.  Tout était beauté.  

Par contre, les gens qui m’ont connu me disent que je serais probablement aujourd’hui, un de ces jeunes que l’on garde sur le «ritalin».  J’étais trop normal pour ne pas être agité.  J’étais trop curieux pour me contenter des explications qu’on nous donnait quant à ce que l’on était. 

J’avais peur des morts à cause des histoires que l’on nous racontait  et pourtant je trouvais déjà l’éternité un peu longue et ennuyante.  Comment pourrais-je passer une éternité à contempler Dieu? 

J’essayais de comprendre Dieu, question de pouvoir m’imaginer l’éternité et l’infinité. Tout. Quand tu dis tout, c’est toi, même les plus petites particules sont la réalité de Dieu. Il est l’espace-temps et les modifications de l’infini éternellement. Je suis. Tout. Toutes des dimensions. Tous les multi-univers.

Essaie de voir ça dans ta petite tête. Une photocopie de l’univers en cellules cervicales  qui te permettent d’être conscient de l’extérieur et de ta réalité. Une cellule représente-t-elle, un univers ou juste une galaxie?


12 décembre 2007 
La générosité.       

Je lavais les planchers parce que je ne voulais pas que ma mère travaille trop fort.  J’étais, je crois, déjà généreux, plus sensible à la misère des autres qu’à ma propre misère.  La générosité était une vertu fondamentale chez nous.  

La sexualité, quant à elle, ne présenta aucun problème particulier : tant que je que j’ignorai que c’était le mal, le diable lui-même.  

Toutes mes expériences d’enfant dans le domaine n’étaient que pur bonheur.

Je pressentais que c’était interdit à cause de la désapprobation de ma mère, qui ne voulait même pas en entendre parler et le besoin de se cacher pour le vivre.  Nos petits jeux de découvertes dans le foin ont cessé quand les parents ont été informés par une fille, bien évidemment, de leur existence.

Je ne comprenais pas pourquoi on ne recommençait pas.  Plus jeune, je n’ai pas eu connaissance de l’hystérie qu’a dû provoquer ces confessions quant à notre curiosité d’enfants normaux. 

Je n’ai pas été traumatisé par ces magnifiques aventures d’exploration de nos corps, sauf, que ça développé ma curiosité quant aux performances esthétiques du pénis des autres. Sont-ils pareils?  Sont-ils bien proportionnés au corps?  Pourquoi toutes ces petites différences?  Un objet de recherches passionnées et passionnant puisque la censure était telle qu’elle qu’on ne pouvait avoir aucune réponse dans les livres. 

Il ne restait qu’à chercher directement là où se trouvait la réponse : dans le pantalon des autres.  Et, je mettais beaucoup de cœur à l’ouvrage.  Ma curiosité était illimitée.           Je n’ai jamais vu de mal à se faire plaisir. Je trouve ça plus normal que d’être obligé de souffrir , de tenir un inventaire de nos sacrifices pour aller au ciel.

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :