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janvier 28, 2022

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30 Novembre 2007

Daniel.

Quand j’ai écrit Hymne à l’amour, le vice, la révolte, j’étais loin d’être le parfait rebelle.

Je voulais d’abord immortaliser ma rencontre avec Daniel, car aussi stupide que ça peut sembler, pour moi, c’était le rôle et le propre de la poésie : immortaliser les grands moments de la vie comme dans la poésie d’Ovide.  

Quand j’ai connu Daniel, il était plus ouvert que moi, mais j’avais tellement peur de l’entraîner dans mon vice que je prêtais toutes sortes d’interprétations quant à ce qui se passait :      

Le passif

Allongé dans mon lit, la tête sur ta main,         
tu me regardais impassible et muet       
boire des baisers sur ton corps lascif.

Tu semblais étonné d’une telle avidité,
et sans même te réjouir ou frémir           
tu songeais, je l’ai vu dans tes yeux,     
comme il est laid d’aimer ainsi la chair.

Tu endurais mes caresses, mes lèvres,
comme on porte sa croix, résigné,         
et une fois, une fois seulement  
j’ai cru que tu m’aimais     
quand sur ta langue         
j’ai fait danser mes aveux.

L’orage (était probablement plus près de la réalité)

Je respirais ta présence,  
une pluie tiède sur mon corps    
puis, vinrent bruits et secousses.           

Je tremblais devant toi      
au feu de ton regard         
la chaleur de ton cœur     
et les éclats de nos baisers.        

Je te regardais muet          
tu étais beau comme un dieu     
je te craignais, je t’admirais.         

Puis tout se calma 
à peine encore quelques éclairs
flattaient ma rétine.  C’était bon  
Tout était si frais, tout était si pur.           

Et de tes promesses          
jaillit au-dessus de mon lit           
l’arc-en-ciel de ton retour prochain.

30 Novembre 2007

La dédicace.          

Dans un autre poème, je poursuis ma réflexion sur cette rencontre d’un aussi beau petit gars.  La dédicace en dit long sur comment je me sentais:

 » Dans notre prison, sans visage, est-il plus important d’être équilibré que d’être heureux?  Porter un masque ou être authentique avec les conséquences que cela comporte? » 

Il ne faut pas oublier que la dédicace portait le vrai nom du petit gars que j’avais rencontré et tant aimé:



01 décembre 2007 
Pourquoi ? 

En plus d’adorer découvrir un nouveau plaisir chaque fois, je n’étais quand même pas assez illuminé pour inventer tout ce que je ressentais.  D’autre part, tous ceux avec qui je vivais ces expériences me quittaient le sourire aux lèvres, c’est le moins que l’on puisse dire.  Ils aimaient ça autant que moi, alors à quoi rimait cet interdit ? 

Il venait de la religion, selon ce que je pouvais constater, car le sujet n’était pas une préoccupation sociale courante. 

Pour moi, jusqu’à ce que je rencontre Daniel, je me considérais comme un gars anormal.  Là, j’ai commencé à me demander si c’est important d’être normal puisque cet interdit ne sert qu’à nous rendre malheureux.  

Après avoir été un Disciple de la croix exemplaire, je commençais à mettre en doute le mal que cela pouvait bien faire.  Étais-je fou ou était-ce ceux qui essayent de me le faire croire? 

Je commençais à mettre en doute le mal que cela pouvait produire.

Aussi, aie-je parsemé mon livre de toutes sortes de réflexions qui marquent bien la profondeur de mon questionnement et le déséquilibre émotif que j’essayais de contenir en dissimulant ma culpabilité.

01 décembre 2007 
Anormal.

Pour moi, il n’y avait aucun doute, j‘étais définitivement anormal.  J’avais peur de devenir un monstre. Je craignais qu’à cause de la peur d’être dénoncé, de retourner en prison, je puisse craquer et devenir un tueur. La peur a des pouvoirs insoupçonnés. 

Le cas Dion qui avait tué trois petits garçons à Québec me hantait.  Pourrais-je un jour devenir aussi fou ? 

Je sentais une différence monumentale entre moi et ce monstre, puisque quand mes rencontres inusités arrivaient,  je tombais en amour, et non, dans un état de haine. 

Je me disais aussi que la monstruosité ne doit pas apparaître d’un coup.  S’il était fou comme ça, c’est que la vie l’avait forcé à évoluer en ce sens. 

Je pense que d’une certaine façon la peur de me tromper ou pour me donner bonne conscience de ne pas me connaître assez, m’a permis d’évoluer vers une forme de réflexion qui condamnait toute possibilité de violence, dès le départ, dans toutes mes relations pédérastes. 

Je vais dire comme me disait un ami : T’es fou, mais pas assez pour être inconscient.   

01 décembre 2007 
Prise de conscience.


Hymne à l’amour, le vice, la révolte
coïncidait avec ma première vraie prise de conscience et de position face à la pédérastie. 

En prison, j’avais été simplement submergé d’accusations que j’avais acceptées, en répétant le  « Que ta volonté soit faite », paroles du Notre Père.  

J’ai ainsi plaidé coupable à une tonne de dénonciations, sans même connaitre les accusateurs ou sans même avoir entendu parler des faits que l’on me reprochait.

Là, c’était différent, je m’interrogeais librement parce que je voulais toujours être un bon garçon. 

À cette époque, je me croyais atteint d’une maladie dont l’origine était inexplicable.  Ce n’est pas que j’étais imbécile, mais toute la littérature condamnait même l’homosexualité, alors imaginez la pédérastie. 

Je ne comprenais pas pourquoi.  C’était assez pour que ça m’interpelle.  Qu’avais-je pu faire de mal pour être aussi pervers? 

Les religieux avaient-ils raison quand ils prétendaient que la masturbation nous donnait des boutons, nous exposait à mourir cardiaque ou nous conduisait directement à l’asile;   d’où je me masturbais en récitant mon acte de contrition? 

Pourquoi ces rencontres avec les garçons étaient-elles des moments de prédilection?  De tels moments de bonheur n’existaient pas quand j’étais avec une fille?  Était-ce ma faute si j’y trouvais plus de plaisir ? À qui cela pouvait-il bien faire mal ?  De quoi se mêle-t-on?   Pourquoi? 


01 décembre 2007 
Réflexions.

Hymne à l’amour, le vice et la révolte
était parsemé de réflexions qui indiquent à quel point j’étais instable dans mes nouvelles certitudes. :        
 
Le monde juge l’amour en fonction du génital et pourtant cet aspect ne compte presque en rien en amour.  Lui accorder autant d’importance, c’est comme être un millionnaire qui pleure d’avoir perdu cinq dollars.         
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L’amour d’autrui exige au préalable l’amour de soi.  
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J’étais dans une prison,  je m’en suis sorti et je me demande pourquoi, j’étais mieux dans ma prison.           
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Pour apprendre à aimer, il faut apprendre à ne rien juger.   
————————————–
Il suffit d’un défaut qui te définisse « un déchet de la société» pour être rejeté, et, devoir être hypocrite pour être aimé.       
————————————–
Pour me transformer, j’ai fait de moi ma prison.          
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L’homosexualité, sous toutes ses formes, peut-être condamnable, non parce qu’elle est impure, comme on le prétend. C’est faux!  Aucun amour n’est impur, il est au-delà du bien et du mal ; mais l’homosexuel s’aime d’abord et que lui-même. Il ne perçoit les autres qu’à travers son image.  Cet amour est condamnable s’il ne va pas au-delà. 

Je ne savais pas encore que c’était le cas de tous les humains.   
———————————-
Men are born for love and happiness, not for war.     
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Ce sont les réflexions que j’ai placées, lors des dédicaces.  Le plus stupide ne fut pas ces petites pensées, mais de presque écrire un essai en même temps que de la poésie. 

Par ailleurs, si on lit les textes et les réflexions, on s’aperçoit qu’en réalité j’étais profondément malheureux de me découvrir : un déchet de la société.       
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