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Radioactif 268

janvier 23, 2022

Radioactif 268

Novembre 2007

Les blessures.       

Qu’on le veuille ou non, je suis toujours blessé par les lettres de mépris qui s’écrivent contre moi parce que j’ose dire que je suis un pédéraste heureux et parfois même comblé.  C’est mon cas et prétendre le contraire serait mentir. 

Par contre, si je ne le dis pas, selon mes détracteurs,  j’ai toutes sortes d’intentions malveillantes.  Branchez-vous! Ces gens qui écrivent sur mes intentions ne me connaissent même pas et surtout ne savent pas de quoi elles parlent. 

S’ils lisaient ce que j’ai écrit et ce que j’écris maintenant, ils avaleraient leur dentier devant une grande révélation : ils sont incultes, ignorants, désirent le rester et sont des porte-fausses-rumeurs comme le fut Richard Martineau qui n’a même pas eu l’honnêteté intellectuelle de préciser que dans presqu’une dizaine d’occasions dans La pédérastie mise à nu, je condamne la pédophilie et j’explique même pourquoi. 

Ça me blesse parce qu’on ne s’attaque pas à mes idées ou et l’on prétend que j’ai telles ou telles prises de positions que je n’ai même pas. 

Ce qui me frustre,  c’est que leur hystérie ne contribue pas à améliorer la vie sexuelle des jeunes, mais constitue une régression aux vieux discours religieux habillés dans celui de la protection ou de la sécurité : un des pires rackets pour augmenter les sommes d’argent vers les institutions de guerre et de violence. 

27 Novembre 2007

La marée.    

Comme une marée se répand, la haine de mon authenticité par ceux qui ne veulent rien entendre franchit un nouveau lieu, dixit Socrate.   Il fut empoisonné parce qu’il ne voulait pas mentir.   

Pour lui, la vérité, c’est  l’essentiel. Je dois avouer qu’avec un peu plus de modestie, Socrate est un être que j’admire.  C’est un peu comme Galilée que l’on voulait brûler parce qu’il prétendait que la terre est ronde. 

Quand on s’attaque à des dogmes, on risque de se faire rabrouer.  C’est ce qui m’arrive parce que je veux parler d’un sujet tabou au Québec : le droit des jeunes à leur sexualité. 

Le débat vient de se déplacer chez les Néo rhinos où certains commencent, comme dans l’Association des auteures (rs) des Cantons de l’Est, à exiger mon exclusion.  Une chance unique pour les plus curieux de visiter le site des rhinocéros d’aujourd’hui. C’est à neorhino.ca. Bonne lecture! 

Les rhinos sont généralement des  libres penseurs. Bonne liberté!  Ceux-ci sont devenus littéralement constipés.

27 Novembre 2007

Mon petit noir.       

À vrai dire, je n’avais pas été ébranlé quand le Général De Gaulle a prononcé son fameux  » Vive le Québec libre ». Je voulais retrouver Daniel et je travaillais comme un fou dans mes clubs de danse. 

J’expérimentais pour la première fois de ma vie d’être une cible sexuelle potentielle. 

Un soir, à une table, un des visiteurs échappa, semblait-il, fortuitement son verre de boisson.  Je dus me rendre à nouveau à sa table où j’appris que je lui plaisais beaucoup. 

J’étais bouche bée. car jamais personne ne m’avait encore dit qu’il aimerait me rencontrer à la sortie du club quand j’aurais fini de travailler. Aussi stupide que ça puisse paraître, malgré mon âge, j’avais à la fois la chienne totale et le plaisir de découvrir que tu peux plaire à quelqu’un. Ça paraît niaiseux, mais je me suis toujours trouvé très laid.  Te ramasser comme objet de convoitise c’était comme apprendre à marcher. 

Avant de libérer un pays, il est essentiel de te libérer toi-même. 

J’étais d’autant plus excité que ce client était noir.  Je n’aurais jamais cru qu’un noir puisse être attiré par un blanc.  En fait, ma pédérastie se transformait tranquillement en ouverture sur l’homosexualité et la capacité de pouvoir transgresser nos préjugés. 

Ce fut ce que j’ai traduit comme étant mon petit côté putain ou féminin quoique je n’ai rien d’efféminé.  Être désiré, c’est toute une révélation, c’est sentir qu’on vaut quelque chose.  J’apprenais que dans la vie, il faut expérimenter plus d’une forme d’amour.

27 Novembre 2007

Écrire.

Ce fut l’été le plus électrisant de ma vie.  Je suis entré en ville en bêlant comme un petit mouton et j’en suis ressorti comme un vrai bélier.  Inutile de se demander comment se passa le retour à Québec. 

Ma culpabilité s’était transformée en révolte; ma gêne, en provocation.  Je n’étais plus le coupable des coupables, mais la victime d’une société de jansénistes scrupuleux. 

Je réussis à publier mon premier livre de poésie de jet.   J’envoyais mes textes partout et j’en étais rendu, comme aujourd’hui, à me dire que ça intéressait personne.  Puis, sont apparus des gars de nulle part qui trouvaient que je devais rendre public mes écrits.  D’un côté, ceux qui écrivaient dans les journaux que je n’ai aucun talent, de l’autre, ceux qui me proclamaient génial. 

Ma nouvelle fougue fut loin d’être appréciée des Jésuites où on me prédit que je ne saurais même pas faire un  bon journaliste. 

À force de voir des psychologues de toutes sortes,  j’ai fini par obtenir des médicaments que j’appréciais particulièrement quand je prenais une bière.  Une nouvelle soif arrivait : le besoin d’humour. 

J’écrivais pour ne pas me suicider, plus je riais, plus la vie prenait un sens.  Cependant,  je faisais très attention à ce que je consommais car pour moi le plus important organe de notre corps, c’est notre cerveau.  Toute notre vie est structurée autour de notre cerveau. 

Un soir, je suis allé danser avec Madeleine. J’étais tellement pris par ma petite vocation d’écrivain que je m’étais amené un bout de papier pour prendre des notes,  ce fut l’extase avec une des chansons des Beatles, All you need is love.

Je venais de découvrir ce qui allait me servir à conclure ma première partie de l’Homo-vicièr.  Je me revois encore  écrivant des notes pour mon livre alors que Madeleine se trémoussait devant moi,  avant de lui tripoter les seins dans un coin plus discret. 

Écrire, c’était encore plus miraculeux que la communion.  J’étais en amour avec la vie tout en étant attiré par le suicide, mais avec le rire, la vie l’emportait. 

Écrire, ça occupait tout mon temps, tout mon espace, toutes mes pensées.  Écrire, c’était changer le monde. 

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