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Radioactif 267

janvier 22, 2022

Radioactif  267

26 Novembre 2007

Travail d’été.          

En 1967, mes parents ont été atterrés de constater que j’étais encore pédéraste, même si j’avais été incarcéré. « Je n’avais pas assez de cœur pour changer.», disait-on.

Je me suis rendu à Montréal pour y découvrir un travail d’été.  J’ai réussi à trouver des emplois de «dé serveur» dans des clubs de nuit de la métropole. 

Dans un premier club, la musique était arabe ainsi que les danseuses. J’admirais ces corps de femmes et en plus de desservir les tables,  je montais au projecteur éclairer les danseuses.  Je dansais sur place à un point tel que certains prétendirent que je faisais concurrence aux danseuses, car souvent c’était moi qu’on regardait. 

Au contraire, nous avions une complicité absolue, moi et les danseuses.  Trop même. Un soir, des enquêteurs se sont hypocritement dissimulés parmi le monde et se sont installés près de la scène, profitant des éclairages pour voir ce qui se passait. Ils ont arrêté une des danseuses que j’avais trop bien éclairé quand elle se fit aller les seins dans la face d’un des buveurs. 

Fermé pour un temps, j’ai dû me chercher un nouvel emploi.  Sans le savoir, puisqu’il s’agissait d’un bar d’effeuilleuses, à ce nouvel emploi, une partie de la clientèle était gaie. 

J’adorais me rendre à l’autre club chercher de la glace, car ça me permettait pour la première fois d’être en contact avec une clientèle de lesbiennes. 

Un soir, je trouvai une caméra et j’ai voulu la redonner à son propriétaire qui était revenu dans l’espoir de la retrouver.  Une des serveuses m’apprit alors que je faisais objet de convoitise auprès de certains clients que je trouvais super gentils parce qu’ils me payaient des «drinks».  « Tu devrais voir comment certains clients te mangent le derrière des yeux  quand tu te tournes, peut-être comprendrais-tu, espèce de crétin.» 

J’étais bien fier d’apprendre que malgré ma laideur,  je pouvais plaire à certains gars qui venaient faire un tour au bar. 

Si j’étais écœuré de sa malhonnêteté, il en était tout autrement avec les danseuses : elles m’excitaient au point de m’inspirer dans certains de mes poèmes pour mon futur livre. 

Comme me l’avait dit Emmanuel Clancier, un poète français, que j’ai rencontré ce même été : « Le diable va vraiment bien dans tes poèmes. Il te porte chance ».

26 Novembre 2007

Le courage.

Les gens chez qui j’habitais en pension me trouvaient très courageux de vouloir retourner à l’école et m’en sortir à tout prix.  Même nos grands mouvements religieux réputés pour aider les plus démunis m’ignoraient complètement. 

J’ai finalement pu obtenir une bourse parce que j’ai eu le front d’aller passer le chapeau au bureau du ministre de l’Éducation, M. Paul Gérin- Lajoie. 

J’en ai avisé les associations étudiantes et les journaux.  J’ai dû être analysé psychologiquement parce que les fonctionnaires prétendaient que j’étais un malade mental.  Tout ce que l’on a su me diagnostiquer : « t’es un peu névrosé, en ce sens que tu as tendance à trop t’éparpiller, mais si tu concentres tes énergies, tu peux passer à travers à peu près n’importe quoi. On peut t’en amener des études, de l’université, t’es capable en prendre.»

Le pauvre monsieur qui m’avait passé son chapeau ne le revit  jamais, mais je fus classé «un cas spécial». Ça m’a permis de réussir ma première année chez les Jésuites avec de bonnes notes. 

Cependant, on digérait mal que j’écrive que les enfants ne doivent rien à leurs parents parce que l’amour est gratuit.  La goutte qui fit déborder le vase fut un texte que j’écrivis sur la prison avouant ma pédérastie. 

Les Jésuites ne m’ont pas mis à la porte, ils ont exigé des paiements que je ne pouvais pas faire, dans un temps alloué.  C’est la même chose. 

Les Jésuites ont quand même été mes meilleurs professeurs. Ils ne m’ont pas seulement appris à me révolter, mais à pouvoir argumenter et orienter mes questions vers ce qui compte vraiment.   Leur enseignement a été un virage absolu.  Ils m’ont appris à réfléchir et essayer de toujours avoir une vue d’ensemble pour juger d’une situation.

Mon initiation à la philosophie fut un ticket vers le paradis intellectuel.

27 Novembre 2007

Mes valeurs.           

Dans mes valeurs, je préfère un petit gars qui est autonome, éclairé et responsable de son corps qu’une société qui me culpabilise parce que je les adore contrairement à ceux qui, pour du pétrole ou des religions, se permettent de tuer des milliers d’enfants et de faire éclore en Afrique des enfants – soldats, en votant pour les Bush – Harper. 

J’aime le dormeur du val seulement dans le poème de Rimbaud ou la chanson de Charlebois. 

Les Rhinocéros qui ont voté pour moi en 1972 ont voté rhinocéros non parce que j’étais pédéraste et que je combattais la censure sexuelle de notre société encore bien poignée, mais pour annuler leur vote. 

Mes opposants, en plus de me sacrer la raclée, pensaient que le parti Rhinocéros était le pendant humoristique du FLQ. 

J’ai simplement eut l’honnêteté d’être authentiquement ce que j’étais.  Je n’ai jamais demandé à quiconque de faire la promotion de mes amours ou de mes idées.  Dans le temps, on était moins poigné et on n’avait pas besoin de se faire croire qu’on était l’avant – garde, on l’était. 

Aujourd’hui, ceux qui s’en prennent à moi sont habituellement des avant-gardistes réactionnaires.  Pour entretenir la peur et justifier une industrie de la sécurité (des milliards de dollars en jeu), il ne suffit pas de parler d’une guerre lointaine, il faut entretenir des ennemis sur le terrain pour se justifier de leur faire la guerre et ainsi pouvoir partager le gâteau. 

Les pédérastes sont les éléments les plus intéressants, car on peut les accuser d’être pédophiles, ce que 99 % des Québécois haïssent.  Même s’ils ne sont pas dangereux, car ils sont non violents, ils représentent encore les péchés mortels qui ont paralysé toute forme de conscience personnelle au Québec. 

En s’attaquant à eux, l’esprit romain permet à la morale américaine de faire son chemin.  Si bien qu’on essaie même de nous faire croire que le français n’est pas notre principale identité. 

Voilà à quoi ces pensées de droite servent : à nous assimiler non plus par colonialisme, mais par aliénation.

27 Novembre 2007

Ma promotion.       

L’autre argument employé contre moi est que  je parle de la pédérastie pour en faire la promotion.  Ce qui est absolument faux.

Je parle de la pédérastie pour faire appel à une plus grande tolérance envers nous. Pour éliminer le danger que les pédérastes deviennent fous à cause de la société et tuent les jeunes qui vont avec eux parce qu’ils ont peur d’être dénoncés. Être pédéraste, c’est être haï par tout le monde. Qui peut survivre à tant de haine? C’est ainsi et pourquoi mon ami Marc Lachance s’est suicidé. C’est aussi ce que les journaux confirment alors qu’ils nous apprennent que les tueurs avaient peur de la vindicte populaire et ont tué par peur d’être dénoncés.

Il faut avoir vécu le poids de cette haine pour comprendre pourquoi la mort est souvent la seule solution. Les imbéciles qui croient encore au diable sont des assassins, qui se pardonnent de l’être, parce qu’ils croient défendre la morale.

Lors de mon dernier procès, cet argument à l’effet que je faisais la promotion de la pédérastie a été rejeté par le juge lui-même alors qu’on présentait l’Homo-vicièr pour prétendre que je suis pédophile. 

À son avis, j’étais moins dangereux pour les petits gars que pour les institutions du pays. 

En somme, quand on lit mes écrits au complet, on se rend compte que je parle aussi de l’enfer social dans lequel un pédéraste est condamné à vivre. 

Il suffit de prétendre qu’un jeune a eu des rapports sexuels avec un aîné pour non seulement crier au pédophile, mais faire croire qu’automatiquement le jeune a tellement souffert que même sa mère en a ressenti les effets puisqu’il est blessé à vie. 

C’est si important qu’à la télévision on en parle durant des minutes : un homme qui a eu un party avec des jeunes qui ont décidé après quelques bières de descendre leur culotte pour jouer avec les instruments du bon dieu.  C’est si important que toute la nation doit le savoir pour trembler à jamais.  C’est même plus important que l’exploitation des communautés en Afrique par les industries canadiennes. 

Dans le livre sur l’histoire de la répression sexuelle, on insiste pour comprendre que la répression sexuelle n’est pas qu’un phénomène religieux, mais surtout une création de la bourgeoisie.  Il faudrait écrire un livre sur le calvaire inhumain que vivent les pédérastes que l’on fait passer pour des pédophiles. 

Quand cet amour te démange, tu deviens l’objet d’une haine hystérique – maladive des mères-poules qui pensent que leur couvée est en danger si elles ne sont pas sous leurs ailes. 

Quand les jeunes auront-ils le droit de définir ce qu’ils aiment ou détestent?  Quand leur fera-t-on confiance ?  Quand leur laissera-t-on le droit de définir leur conscience ?  Pourquoi la pédérastie si elle n’est pas violente est-elle si dangereuse ?  Est-ce que sa condamnation est justifiée ?


27 Novembre 2007

Jean, le chasseur.

Habituellement, on prétend que j’écris sur la pédérastie pour faire la chasse aux jeunes et si je n’en parle pas, on prétend cette fois que je suis trop hypocrite pour chasser ouvertement.  Vrai ou pas vrai, tu es toujours coupable parce que les autres savent mieux que tioi ce que tu penses.

Disons que si les jeunes se mettaient à courir après moi à la suite de mes écrits , je serais, je l’avoue, très heureux ; mais je ne suis pas assez déconnecté de la vie et de la réalité pour savoir que c’est un peu malade comme souhait et même de le penser. 

Ma photo sur mon (carnet)  blog n’a rien de très excitant, mais indique carrément ce que je suis. Et, financièrement  je suis pauvre comme la gale. On oublie donc dans mon cas  la possibilité d’acheter le plaisir.

Je pourrais dire que les jeunes sont libres de choisir le partenaire de leur choix et que par conséquent, tous ces interdits, les privent de leur droit à leur orientation sexuelle.  Ce que Harper veut leur enlever.  

À quel âge commence une relation homosexuelle?  Qu’est-ce qui indique que l’homosexualité doive se passer nécessairement entre des partenaires de tel ou tel âge? 

Je me demande qui voudrait d’un petit vieux qui commence, comme tous ceux de son âge, à avoir de sérieux problèmes de testostérone. Si tu bandes mous, les dangers de ceux qui adorent la pénétration sont pas mal moins grands. Il suffit d’une petite masturbation pour être quelques jours ou quelques semaines sans pouvoir jouir d’une rigidité essentielle à pouvoir pénétrer.

 moins que ce soit parce que ça « mange » mieux sans dentier?  C’est vulgaire? Peut-être.  Mais, c’est plus vrai que de dire que je suis pédophile.  Au moins, c’est la vérité. 

Le débat est de savoir si la pédérastie est une orientation sexuelle.   Et selon les dernières découvertes scientifiques qui démontrent que l’homosexualité est due à des changements sur une douzaine de gênes, il est  évident que l’attraction est aussi un phénomène chimique. Qui est maître de la sécrétion de ses organes?  

La seule chose qui doit être interdite dans la sexualité est la violence. La seule chose que l’on doit exiger, c’est le consentement.

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