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Radioactif 259

janvier 14, 2022

Radioactif 259

23 Novembre 2007

Religion 1.   

(Mémoire pour la Commission Bouchard –Taylor)           


Un rite n’est pas une religion. Les événements qui nous ont menés à cette réflexion touchent principalement la religion et la langue.  Et, si on est un peu perspicace, ce ne sont pas les religions et leur droit d’exister qui sont remis en cause, mais leurs rites et leur approche de la sexualité.  On devrait un jour pouvoir au Québec traiter de ce sujet de façon rationnelle et non avec une émotivité digne des membres de l’Inquisition. 

Les règles judiciaires ne doivent pas être simplement une prolongation des règles religieuses.  Il suffit de se rappeler de la guerre pour les cheveux longs qui, disait-on, touchait directement à notre identité sexuelle  pour convenir qu’au fond, c’est le même problème.  Un problème qui n’est pas religieux, mais tout à fait sexuel : le voile sert à cacher les cheveux, symbole sexuel.  C’est la même chose pour le kirpan : un signe religieux initiatique à consonance mâle, comme dirait Freud. 

Mais dès qu’il est question de sexualité au Québec, nous faisons une crise d’émotivité et d’identité comme si l’Église dirigeait encore tout ce qu’on pense.  On n’arrive même pas à faire la nuance entre des gestes violents et non violents.  La sexualité est toujours le diable ambulant en pleine crise de laïcité.  Contrôler la sexualité, c’est contrôler l’émotivité.            

Le problème n’est pas de garantir le droit des individus à professer une religion, mais le droit d’une religion à implanter et imposer dans l’espace publique ses rites sous prétexte de sa foi. 

Ça rappelle l’Église catholique alors que tout était péché.  Hors de l’Église, point de salut.  Enfer pour tous ceux qui mangeaient de la viande le vendredi, l’enfer pour tout.  Comment créer une forme d’estime de soi dans de telles conditions?  L’Église a changé ses rites parce qu’elle était de plus en plus délaissée et personne n’en est encore mort… pour ce qui est de savoir si on sera sauvé quand même, on verra de l’autre bord… Personne n’est encore venu nous donner la réponse .         

Notre passé n’est pas très éloquent quant à la tolérance.  Non seulement tout ce qui touchait à la sexualité était-il soumis à la pire des censures.  On avait même des livres à l’index que n’importe qui lit aujourd’hui avec plaisir. 

Il fallait avoir peur des communistes, rejeter les Bérets blancs intolérables, craindre les étrangers pour leur religion et aujourd’hui nous devons nous accrocher à une morale sexuelle archaïque.  Plutôt que de prôner la responsabilité et l’autonomie, on se vautre dans la haine des ennemis présentés par Quebecor. 

Est-il normal que l’on puisse scruter la vie d’un individu jusqu’à 30 ans en arrière  et le condamner à une surveillance perpétuelle jusqu’à sa mort pour un attouchement sexuel alors qu’il y a prescription de deux ans pour le proxénétisme? 

Être à tort ou à raison accusé d’un crime sexuel non violent est une invitation au suicide.  Un pédophile est moins dangereux qu’un George Bush qui, pour respecter la Bible et préserver le pouvoir du pétrole au Moyen-Orient, crée une guerre qui tue des milliers de personnes?   Ou du chauffeur ivre qui tue un jeune sur le bord de la route?  Ou des parents qui secouent leur bambin?  Pourquoi ce devoir de chasteté qui ne tient à rien de rationnel est-il plus important que la vie? 

Notre système est bien meilleur pour protéger les pénis que de protéger le cerveau de ceux qui le portent.  Le jour où la lutte à la violence et aux drogues fortes sera aussi importante que la lutte à la sexualité, on commencera à pouvoir songer à une forme de société.  Une société qui respecte l’Homme. 

Ce n’est pas l’Égalité entre l’homme et la femme que l’on devrait proclamer, mais l’égalité existentielle juste du fait d’être un être humain comme dans la déclaration des droits, lors de la révolution française.  Mais, il a fallu P.E.Trudeau pour combattre la Charte des droits de la personne, un charte trop québécoise à son goût.

En  fait, on a mis dans notre constitution une obligation de permettre aux gens d’exercer leur religion en opposition à la peur du nihilisme communiste.  On a oublié dans cette obligation de distinguer cet athéisme des autres religions sur terre.  Il y a une différence entre rites et dogmes. 

Si l’on veut une véritable égalité entre les hommes et les femmes, il faudra repenser la sexualité dans et en dehors du mariage, en fonction de la science et non à partir des idées préconçues et archaïques des religions.  Les religions nous ont tenus dans une atmosphère janséniste et puritaine qui est la principale cause avec les drogues des suicides chez les adolescents. 

Il est temps que l’on se rende compte que le rejet des religions c’est plutôt le rejet de leur façon d’aborder la sexualité. 

Toutes les religions sont misogynes.  Pour se libérer de leur étau, il faudra apprendre à faire une distinction entre la foi en Dieu, la prière et les lois qu’elles ont inventées pour contrôler les individus. 

Il faudra voir la sexualité scientifiquement plutôt qu’à travers la perception dépassée du péché.  Le Québec de demain pour consacrer l’égalité homme-femme deviendra-t-il plus scrupuleux comme l’exigent certaines féministes réactionnaires ou plus libertin comme le commande la nature masculine?  Continuerons-nous à aborder la sexualité des jeunes et des adolescents à partir des préceptes des religions ou reverrons-nous les lois pour correspondre à la réalité humaine comme l’enseigne entre autre la psychanalyse?  Voulons-nous former des jeunes responsables, autonomes, équilibrés ou percevoir la sexualité comme une saleté où la paranoïa est sans limite à un point tel qu’on essaie de nous faire croire qu’une caresse est pire qu’un meurtre ?  

Pour les Québécois, la ligne de démarcation est facile à établir. 

Tous les individus ont le droit de professer chez eux, à la maison, la religion qui leur convient ainsi que dans leurs temples. 

Cependant, les religions doivent adapter leurs rites à la vie civile de la société.  Par exemple, pas d’excision possible ou des rites qui s’attaquent à l’intégrité physique d’un individu.  Le port de la burka est inacceptable chez-nous parce que nos soldats se font tuer en Afghanistan pour libérer les femmes de cette obligation des Talibans.  Faut-il tolérer le voile islamique dans un espace public ?  Pourquoi pas, si on voit la figure et que la femme qui le porte le fait en toute liberté? 

J’avoue que ce rite ne m’empêche pas de dormir.  Il ne faut pas passer d’un excès à un autre.  Par contre, on ne peut pas empêcher la terre de tourner pour prier d’une certaine manière et à certains moments précis.  Ce sont des rites qu’on n’a pas à imposer aux autres.  Si on les fait sien, on a qu’à vivre avec. 

Quand Mahomet à parler de prier cinq fois, il n’a pas dit où exactement à quelle heure et de quelle façon précise. 

Les Québécois refusent de se laisser mener par une dictature de la Cour Suprême qui se plie aux normes du fédéral.  Droit à la religion parfait, mais autant qu’on ne l’impose pas aux autres.

Les Québécois sont contre les écoles religieuses. 

Si les religions ont l’argent pour se construire des temples, c’est justement pour pouvoir recevoir leurs fidèles et leur enseigner les fins de semaine.  Il n’appartient pas à l’école d’enseigner les religions.  Cependant, un cours qui les fait connaître toutes permettra peut-être une meilleure harmonie entre les humains. 

Cependant, aucun cours sur la religion ne devrait être donné avant l’entrée au secondaire pour ne pas être une forme de lavage de cerveau

Les religions doivent nous apprendre à nous aimer, pas à s’haïr.  Actuellement, les religions à cause de leur fanatisme sont des usines de discriminations. 

Lesquelles reconnaissent l’égalité de la femme ou le droit des homosexuels?  Aucune école ne devrait exister pour répondre aux besoins des religions.  Les temples sont là pour prier et enseigner la parole de Dieu, Allah ou du dieu que vous voudrez. 

La religion avant l’adolescence est une responsabilité des parents, pas des écoles.  Si elles prétendent à la vérité, elles n’ont pas besoin de lavage de cerveau pour survivre. 

Par ailleurs, les religions étrangères  en dehors de la prière, devraient faire un effort pour que les activités se déroulent en français.  Langue et religion sont intimement liées quand il est question d’intégration. 

Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas aller prier dans la mosquée autant qu’à l’église, puisque nous croyons dans un seul même dieu unique.  


24 Novembre 2007

Commission Bouchard –Taylor.         

Mon mémoire à la Commission Bouchard-Taylor comprenait trois textes: le mémoire comme tel que je viens de publier sur mon carnet (blog), un projet de Constitution  et une lettre à Mario Dumont sur l’idée d’un colloque sur la sexualité. 

Plus on examine les doléances des gens concernant les accommodements culturels, plus on se rend compte que le vrai problème vient du fédéral et de notre incapacité à se dire OUI comme pays. 

Chaque année se termine par un peu moins de pouvoirs réels pour le Québec.  Nous sommes déjà une nation avortée, morte – née.  

Le fédéralisme et son obsession de nous assimiler est la cause historique de nos maux d’aujourd’hui et qu’on le veuille ou non, il est impossible, selon les juridictions du Québec de s’en sortir sans devenir un pays puisque les lois du fédéral ont prépondérance sur celles du Québec.  Nous aimons nous faire mentir, mais peut-être faudrait-il se réveiller? 

Il est impossible de changer quoi que ce soit de vraiment fondamental, à cause des conditions nécessaires à remplir pour changer la Constitution canadienne.  On a qu’un choix : endurer ce qui se décide à Ottawa ou devenir un pays. 

Il est inutile de débattre durant des siècles sur des sujets qui sont de juridiction fédérale, d’autant plus qu’avec les changements à la carte électorale que veut apporter Stephen Harper, le Québec ne pourra même plus avoir le pouvoir d’empêcher le fédéral de passer les lois qu’il désire. 

La situation actuelle au fédéral, nous prouve qu‘un gouvernement fédéraliste, même minoritaire, peut faire ce qu’il veut, sans l’accord du Québec.

Nous sommes une minorité à part entière, perdue à jamais dans une Amérique de droite.  Est-il encore temps d’y changer quoi que ce soit ? 

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