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Radioactif 204

novembre 19, 2021

Radioactif  204

18 Octobre 2007

Yvette.

Cette Yvette fut toute une révélation dans ma vie. 

Non seulement elle embrassait, mais elle faisait l’amour comme la guerre.  Elle n’épargnait rien pour qu’on en sorte comblé. 

Cette fougue tenait autant à son besoin de jouir qu’à me montrer comment agir pour que nous parvenions tous les deux au sommet de la félicité en même temps. 

Sa première visite se termina quand elle eut la certitude que ça valait la peine de revenir.  Mais, cette fois,  il fut entendu qu’on louerait une chambre de motel pour être certain de ne pas être dérangés.  Quelle nuit ! 

Je n’aurais jamais cru ça possible. Ça dura toute la nuit.  Le matin, j’en avais mal aux reins. «Je ne ferai définitivement pas un curé.  Péché ou pas péché, c’est bien trop le fun, lui dis-je.  Elle avait l’air troublée et me dit : « Ne viens pas me dire que je suis la première. »– «De cette manière, avec autant de passion oui» 

Je lui fis part de mes rêves et mes intentions passées, en ajoutant qu’elle n’avait rien à se reprocher, que c’était un choix personnel et que ce n’était pas sa faute si j’aimais ça autant.  Ce fut irrévocablement la fin de ma vocation. 

Nous sommes allés manger au restaurant et je me suis plu de faire chanter Édith Piaf ;  « Non, rien de rien.  Non, je ne regrette rien.  » 

Mon initiation à la vie venait de franchir un nouveau stade. Pour la première fois,  j’ai songé au mariage.   

18 Octobre 2007

Roxane.       

Je suis reparti à la conquête d’une autre femme qui serait plus digne d’être la mère de mes enfants.  J’ai rencontré Roxane.  J’ai paradé en habits militaires pour lui faire plaisir.  Nous sommes sortis ensemble quelques fois.  Pas question de toucher à cette Maria Goretti. 

Je rêvais mariage et avenir quand soudain elle me fit une crise me demandant ce qu’elle avait de moins qu’Yvette pour que je ne succombe pas à ses charmes. La bourrasque fut tellement forte que d’un instant à l’autre, j’étais à nouveau condamné au célibat. 

Yvette refit surface en jurant à tous ceux qui voulaient bien l’entendre que j’étais le père de l’enfant qu’elle portait.  Mes amis me mirent aussitôt en garde contre cette nouvelle révélation, disant qu’Yvette en avait que pour mon argent.  Elle abandonna.  Elle me dit simplement « qu’elle viendrait me présenter mon fils quand il aurait 20 ans. ». 

Ainsi,  je goûtais pour la première fois à la jalousie ignoble qui peut exister entre deux femmes.  Parfois,  je me demande si je n’aurais pas dû croire Yvette, même si ce n’était pas vrai.  Elle venait de jeter en moi un désir nouveau : avoir un fils. 

La chasteté n’a jamais su me donner autant de satisfaction que l’action.  Les garçons en étaient qu’encore plus beaux, plus attirants.  Il ne me restait qu’à cesser d’avoir peur et répondre à leurs sourires.  Pouvais-je avoir une aventure qui dure avec eux?  

Si c’était le cas, je devais m’y appliquer?  Comment vivre avec un garçon, sans la mère? Une impossibilité, disait-on, car pour que ce soit possible, il faudrait que la mère te désire, même si elle connaît tes sentiments pour son fils.

18 Octobre 2007

Mauvaise influence.

Yvette a certainement été un baume momentané sur mes plaies d’adolescent.  Si les baisers n’avaient réussi qu’à m’attirer des tourments, Yvette m’acceptait physiquement et m’apprenait à répondre au besoin essentiel de confiance en soi. 

Pour elle,  je n’étais ni laid, ni beau; mais très performant.  Elle avait un cinquième sens lui permettant de s’apercevoir que je m’attachais à elle de plus en plus.  Ça lui suffisait. 

Cette nouvelle assurance se mesura très vite à l’opinion de mes compagnons pour qui je méritais mieux qu’une prostituée, même si je ne lui avais jamais donné un sou. 

Grand sermon sur l’amour.  Le désir d’avoir des enfants.  J’ai finalement cru m’être trompé.  Le plaisir ne pouvait pas durer.  Ce n’était rien sans amour. 

Dans ce nouveau discours, la vocation de père prenait toute sa place.  J’ai commencé à vouloir un petit de moi.  Il fallait que je trouve une fille qui en soit digne.   C’était toujours compliqué avec une femme.

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