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Radioactif 200

novembre 15, 2021

Radioactif 200

14 Octobre 2007

Poésie / enseignement.  

Quand j’ai enseigné les jeunes aimaient tellement la poésie, à Percival, à Val-d’Or,  qu’ils ont organisé une soirée complète de poésie.  C’était drôle, car certains voulaient encore plus que moi démontrer leur appartenance au Québec. 

La directrice d’alors, une libérale obsédée par son allégeance au Canada, ne voulait plus que l’événement se reproduise sous prétexte que ça avait été trop politisé.  J’avais pensé mettre des drapeaux du Québec pour calmer l’ardeur de certains jeunes, mais ils sont apparus drapés du drapeau du Québec. 

Les textes étaient très bons et très peu touchaient à la politique.  Les jeunes préfèrent parler de leurs sentiments, ce qui rend la poésie très populaire auprès des jeunes.  Tous ou presque aimaient ça. 

La pire chose qu’on a fait dans l’enseignement du français, ce fut de dénigrer la poésie. 

À un autre moment, on avait invité les jeunes à participer à un concours de nouvelles littéraires.  Alors qu’on me demandait des textes d’au moins 20 pages, on accepta que la nouvelle littéraire des jeunes puisse être très courte. 

En fait, quand le livre est paru, les jeunes ont assisté au lancement.  Mieux les critiques les ont si bien accueillis qu’ils disaient nettement préférer les écrits de ces jeunes à ceux de leurs professeurs. 

Quand j’ai commencé dans l’enseignement, j’étais super excité par l’intelligence des jeunes alors que les vieux profs priaient pour obtenir une maîtrise afin de pouvoir quitter les classes et se retirer comme fonctionnaires au Ministère de l’Éducation.  Ils ne pouvaient plus endurer les jeunes. 

Je me suis dit alors que le jour où je commencerais à réagir négativement aux jeunes,  je prendrais ma retraite.  Quant à moi, il est impossible d’être un prof si tu n’aimes pas les jeunes.  En ce sens, ma pédérastie m’a beaucoup aidé. 

Sincèrement, je crois que je n’aurais jamais été un aussi bon prof si je n’avais pas été pédéraste.


14 Octobre 2007

Poésie de jet 1.      

J’ai inventé le terme «poésie de jet» pour échapper à la critique, car on n’aimait pas ce que je faisais. 

Pour certains, la poésie se doit nécessairement d’être ludique. 

En d’autres mots , elle ne doit rien dire et rien signifier qui puisse être vu comme un message politique ou social.  Il faut utiliser un langage que pas un chat ne comprend de manière à camoufler le vide de la pensée de certains textes. 

Puisque je voyais la poésie comme un cri,  je ne pouvais pas prétendre à la poésie, alors j’ai inventé un terme pour identifier ma poésie. 

Poésie de jet ne signifie absolument pas une éjaculation comme certaines le voient maintenant après 40 ans d’usage.  Je n’ai jamais pensé ni de près, ni de loin à la sexualité quand j’ai commencé à appeler ma poésie ainsi. 

La comparaison qui m’a amené à ce choix était entre le volcan et le geyser.  Le cri laborieux ou non.

Je constate qu’il y a des gens plus obsédés que moi, mais du côté pudeur.  On voit du sexe là où il n’y en a même pas. On devrait plutôt parler de scrupules obsessionnels. Une maladie des féminounes québécoises.

Depuis que j’ai commencé à écrire de la poésie, j’ai toujours eu une bande de détracteurs me répétant que je ne suis pas un bon poète, que je suis un écrivain qui n’en vaut pas la peine. 

J’avais décidé de faire un  livre résumé des principales étapes dans ma vie émotive.  Et, de laisser à jamais la poésie.  

Parfois, je me demande pourquoi il ne serait pas ainsi de toute l’écriture ?  Je trouve ça emmerdant de devoir nager dans toutes ces formes de jalousies.

14 Octobre 2007

Poésie de jet 2.      

La poésie de jet se veut l’expression d’une émotion et non une fabulation à travers les symboles de l’inconscient. 

Je considère que la poésie doit absolument tenir compte de sa musicalité et de ses images.  C’est un texte qui concentre toute son énergie dans l’expression des émotions.  Cette poésie permettait l’usage de l’humour et punch. 

D’ailleurs, Gilbert Langevin disait que ce qu’il aimait dans ma façon d’écrire, c’était le punch à la fin de mes textes. 

Je ne suis pas le seul de ma génération à avoir écrit de cette façon.  On écrivait en voulant dire quelque chose.  La poésie ludique me semble plus féminine, plus attachée à la forme qu’au fond.  Personnellement je ne crois pas dans la poésie qui ne veut rien dire et qui charrie très péniblement les sentiments. 

J’aime aussi cette poésie qui fait rêver, mais je ne crois pas que ce soit la seule poésie qui existe.  Ma poésie de jet, c’est ce qui plaît aux jeunes.  Elle leur parle. La poésie, adoration de ton nombril, utilisation de grands mots pour paraître savant est celle qui peut se vanter de tuer la poésie.  Elle répugne les jeunes.  Dommage ! 

Je pourrais ajouter depuis : c’est aussi pour cela que les jeunes adorent le «slam», ce n’est pas une expression d’universitaires qui veulent se surprendre de la profondeur de leur vocabulaire.  Du narcissisme intellectuel.

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