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Lettre au ministre responsable de l’internet

août 9, 2021

Magog,
30 juillet 2021

M. le ministre Steven Guilbeault

Monsieur le ministre,

Je viens de prendre connaissance de votre consultation quant à la liberté d’expression sur  internet.

Sur le fonds, interdire la violence, les abus sexuels, en autant que l’on définisse clairement ce que l’on veut dire, on ne peut être que d’accord; mais il faut aussi respecter le droit  absolu à la vie privée des individus, car c’est grâce à ce principe que la démocratie peut exister.  

Il y a toute une différence entre être violent et ne pas savoir vivre.

La censure est la pire forme de mépris de l’intelligence humaine puisqu’elle  est une dictature de l’esprit. Dans leur hypocrisie, les censeurs sont les pires pervers. Ils privent les autres de qu’ils regardent ou lisent comme si les gens n’étaient pas assez intelligents pour savoir ce qu’ils peuvent voir sans être blessés.

Quant au scrupule sexuel, on peut dire que le poids écrasant du surmoi engendre un déséquilibre émotif qui peut ou mener à de très sérieuses conséquences, selon qu’on l’applique pour soi ou que l’on essaie d’imposer sa morale aux autres.

Le scrupule découle aussi plus hypocritement de la haine inconsciente des autres qui nous apparaissent plus beaux, plus intelligents ou plus riches. C’est une forme de jalousie de l’autre qui nous pousse à tout censurer pour ne pas à avoir à admette que le voisin est plus beau que soi.

Si on ne veut pas voir de pornographie, on a qu’à ne pas en regarder.

Elle n’apparaît pas automatiquement sur nos écrans. Et, pour savoir de quoi elle se compose et trouver de la pornographie qui ne respecte pas les normes, il faut en regarder énormément ou avoir une connaissance de l’internet que la très grande majorité des gens n’ont pas. Tous les sites pornographiques sur le web doivent être légaux ou disparaître.

Il est évident que chaque individu peut exiger qu’aucune photo ou vidéo de lui (ou d’elle) ne se retrouve sur un site pornographique.  Les sites doivent éliminer ce qui s’y trouve sans consentement le plus rapidement possible. Il devrait aussi y avoir une compensation pour les victimes d’un tel comportement des sites pornographiques.

Il faut des règles qui assurent que des photos privées ne se retrouvent pas sur des sites publics. Le consentement de la personne impliquée est strictement essentiel.

D’ailleurs, quand on parle de protéger la jeunesse, on devrait se rappeler que les jeunes connaissent mieux l’internet que n’importe quel adulte et que dans tous les sites pornographiques ou presque, il y a des touches permettant d’en sortir sur le champs.  Même lorsqu’il est question de pouvoir entrer en contact avec un autre individu.

Donc, la première responsabilité envers les plus jeunes appartient aux parents qui peuvent même ajouter des limites sur les ordinateurs, interdisant la fréquentation des sites pornographiques par des mineurs. 

La présence policière ne doit exister que sur dénonciation. On sait que les statistiques sont ce qui détermine les subventions et que ce sont les contribuables qui en payent la note.

La pornographie n’existe pas si elle n’est pas offerte à tout le public. Les discussions privées ne doivent pas être considérées comme de la pornographie, car l’accès est limité et inaccessible à tous.

Par conséquent, il est essentiel de protéger la vie privée à travers les messageries privées comme WhatsApp,  Messenger ou Télégramme. 

Ce que disent ou font deux individus en privé ne regarde personne d’autre.

Donc, pour ce qui est des propos ou images d’ordre sexuel, l’intimité entre deux adultes ou un groupe d’individus adultes consentants doit prévaloir.

Les règles concernant la sexualité doivent tenir compte des découvertes scientifiques récentes puisque jusqu’à aujourd’hui la morale a été dictée par les religions qui brillaient surtout par leur méconnaissance du corps humains, de ses fonctions et de ses besoins.

On peut avoir une situation légale, mais la loi n’est pas automatiquement légitime, surtout si elle se base sur des faits déformés ou des préjugés qui s’installent dès l’enfance, grâce aux carnets cognitifs humains.

Si la vie sexuelle des usagers est fondamentalement privée, donc à l’abri de toute écoute ou visionnement d’une tierce personne; dans le cas de violence, pour prévenir la possibilité d’organiser des actions violentes,  il faut protéger la société contre toutes les dérives possibles.  

Dans ce cas, sous dénonciation ou par prévention, la police devrait avoir le droit d’écoute avec l’assentiment d’un juge afin d’éliminer les propos qui incitent à la violence.

Il faut s’assurer d’autre part que seule la violence constitue un crime.

On peut différer d’opinions, de valeurs, et même critiquer les autorités, les religions, les lois, tant qu’on ne prêche pas le recours à la violence ou que l’on fasse de menaces de gestes criminels. Sinon, comment une société pourrait-elle évoluer?

La liberté d’expression est sans limite tant qu’on ne prône pas la violence ou qu’elle s’attaque à un individu par des propos dégradants ou haineux à son endroit.

Les propos haineux sont un manque d’éducation. Sans encadrement, ils peuvent détruire un individu. Ces propos sont plus dangereux que la pornographie.

Mais, une opinion divergente sur n’importe quel sujet ne peut pas être censurée.

Un peu d’histoire

Qui ne se rappelle pas que l’homosexualité était criminalisée et vue par les psychiatres comme une maladie mentale.

Durant les années 1950  jusqu’à la décriminalisation de l’homosexualité, des adolescents se suicidaient parce qu’ils découvraient la nature de leur sexualité et les homosexuels étaient battus dans les parcs à cause de leur orientation sexuelle. Tout cela grâce aux sermons religieux qui faisaient de la sexualité hors-mariage un péché mortel. Juste penser sexe était un péché qui faisait de toi un pervers. Aujourd’hui, on a RDI qui ne cesse de relater tous les cas de harcèlement sexuel comme si c’était la chose la plus importante dans le domaine de l’information.

On semble retourner à 1950, grâce à la censure, même si les prédicateurs ne sont pas les mêmes.

D’où venait cette idée de tout interdire ? De la notion de péché, inventée par les religions à partir du fait que l’on croyait que la matière était méprisable contrairement à l’esprit..

Dans la Grèce ancienne, d’où vient le fondement de notre société, on croyait que le sperme était une partie du cerveau ou de la moelle épinière que l’homme sacrifiait pour donner naissance à un enfant. Le sperme établissait aussi ta position sociale à ta naissance. Il était normal que l’on essaie de régulariser les rapports sexuels.

Dans cette même Grèce antique,  on glorifiait la pédérastie. La beauté des adolescents étaient le summum de toutes beautés. Les participants aux jeux olympiques étaient nus. Quand on naît, on est nu. La santé mentale ne constituait pas un problème, contrairement, à ce qu’il se passe quand la pudeur devient contre-nature.

Au contraire, dans certaines universités, il y des baignades familiales nues. Personne n’en est mort. Les religions sont venues tout déformer. La morale est devenue scrupule.

 La nudité n’est pas de la pornographie.

Chez-nous,  on prétendait que les homosexuels étaient des pervers qui s’attaquaient aux enfants. Pour échapper à cet état d’hystérie collective, les homosexuels ont décidé de se dire « gais », espérant que la haine contre eux se dissipe un peu. 

Les gens qui connaissaient l’existence de la pédérastie dans l’antiquité croyaient que la pédérastie était exclusivement mâle et n’existait pas chez les femmes. Il ne fut donc jamais possible que les lesbiennes puissent défendre cette réalité qui n’a rien à voir avec le genre sexuel.

Faute d’entente, on a aussi inventé un mot pour désigner la relation d’un plus vieux avec un plus jeune : la pédophilie.

Le problème est que selon le développement sexuel des individus, il y a des étapes et chaque étape a ses caractéristiques. Freud en parle abondamment ainsi que des mécanismes de défense.

Chaque étape coïncide avec le développement du cerveau et par conséquent de l’autonomie individuelle.  La capacité de décider soi-même.

La réalité sexuelle n’est pas que différente entre un homme et une femme; mais aussi entre les individus d’âge différents jusqu’à la majorité.

La sexualité ne prend de l’importance qu’avec l’arrivée des hormones.  Le rapport à la  sexualité change avec la possibilité de procréer.  On peut dire sans se tromper que la sexualité est une préoccupation adulte. La curiosité enfantine est normale.

La pédophilie est une relation sexuelle avec un enfant de 0 à 10, elle peut être gaie ou hétérosexuelle. Quant à la pédérastie, elle est absolument gaie et touche les gars et les filles de 10 ans à 18 ans.  Inutile de dire que la pédophilie (0-10ans) doit être strictement interdite.

Au Québec, on a ajouté dans la Charte des droits que l’âge de consentement est de 14 ans. 

Malheureusement, le gouvernement Harper a ramené l’âge de consentement à 16 ans, oubliant que si l’âge de 14 ans a été choisi pour la Charte, c’est aussi parce que  les jeunes ont le droit légal absolu à leur intégralité physique et morale, donc,  sexuelle  

Or, depuis les scientifiques ont découvert que l’orientation sexuelle et sa forme d’expression dans la vie des gens peut être localisée dans une dizaine de gênes et que les sentiments sont le fruit des hormones.  Donc, la diversité des variations d’expression de sa sexualité peut être beaucoup plus étendue que l’on croyait. (Même les gais  on dut changer pour LBGT+, au fur et à mesure que l’on découvre que la sexualité est essentiellement un droit individuel inviolable)

Cette révélation, grâce aux recherches scientifiques, remettent strictement en cause l’idée de péché de la chair. À moins de violence, tout doit être permis en matière sexuelle.

Le sexe en-dehors du mariage peut toujours être considéré par les personnes religieuses comme un péché mortel; mais les découvertes récentes de la science font que les rapports sexuels sont moralement ni bons, ni mauvais; mais une réalité pour garantir la survie de l’espèce.

Sans sexualité, sans le plaisir sexuel, l’humain n’existerait pas.

L’homosexualité peut être vue est en quelque sorte comme une façon de combattre la surpopulation, un problème dont on se mettra à parler bientôt avec les changements climatiques. Il s’agit peut-être d’une sélection naturelle génétique pour conserver une certaine forme d’équilibre?

À moins de violence, les rapports sexuels sont un plaisir et non une douleur.

Aucun homme ne pourra convaincre un autre homme qu’une masturbation ou une fellation est douloureuse. Comment peut-on être traumatisé par le plaisir? Qu’est-ce qui change dans la perception selon l’âge? Rien, sinon l’éducation reçue.

Une chose est certaine, il faut être assez âgé pour pouvoir procréer et autrefois les femmes qui avaient un enfant sans mariage étaient,  elles et leurs enfants, maltraitées par la société au point où l’avortement devenait la seule solution alors qu’on l’interdisait. Combien de femmes sont mortes en essayant de se faire avorter en secret?

C’est pour protéger les jeunes de parents trop scrupuleux que la Charte des droits a établi l’âge de consentement à 14 ans.  « Tu es le seul maître de ton corps et de ton esprit », comme nous le disait les vraies féministes. 

Il faut évoluer avec l’évolution de nos connaissances.

C’est la raison pour laquelle il est temps que l’on ajuste les lois en fonction de ces nouvelles réalités plutôt que d’obéir aveuglément à ce que nous racontait les religions pour qu’elle puisse possiblement détenir une forme d’autorité, voire d’esclavage individuel.

La base d’une réflexion sur la sexualité doit évidemment être le respect, la non-violence et le consentement mutuel clair et irréversible.

Il est anormal que le sexe soit vu comme plus dangereux que de posséder des armes à feu.

On doit remettre la sexualité à son rang d’importance dans la vie en  être obsédé est un déséquilibre puisque toute personne normale ne passe pas son temps à penser au sexe. 

Il y a tellement de sujets plus importants et plus urgents à traiter que, sans minimiser l’importance des relations sexuelles,  il faudrait aussi empêcher qu’on gonfle l’importance de celle-ci  au point de permettre au nom de la « victimologie » de créer une industrie légale de chantage, donc, d’une nouvelle espèce de crime organisé. 

Avec consentement, sans violence, sans domination, rien ne devrait être interdit sur le plan sexuel.

La vie sexuelle est aussi un apprentissage de la vie. On sait tous que contrairement à ce que l’on nous a appris, la vie et la non-violence sont beaucoup plus importantes que la chasteté et ses scrupules.

Le rôle de l’état est de s’assurer que l’éducation sexuelle soit la meilleure forme de prévention contre les abus.

Inutile de dire que j’aimerais obtenir si possible une copie du projet de loi. Merci d’avoir pris le temps de lire mon exposé.

Jean Simoneau

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