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Radioactif 63

juin 10, 2021

Radioactif 63

18 Août 2007

Beauté religieuse.

On pourrait penser que nous étions de malheureux esclaves en appartenant à une religion aussi dictatoriale que la religion catholique au Québec.

Pas du tout.  C’était ainsi.  La religion était une raison pour s’unir. 

Tous les soirs, il y avait, à la radio, le chapelet en famille avec le Cardinal Léger. «Une famille qui prie est une famille unie». Le mois de mai ou le mois de Marie. Celui des chants magnifiques.  Le seul moment où ceux-ci étaient presqu’aussi beaux que les cantiques de la semaine sainte. J’aimais les incantations des Ora pro nobis qui n’en finissaient plus. 

En tous cas, dans mon petit cœur dévot, Dieu avait une place émotive tout aussi infinie que lui. 

La religion était, malgré ses péchés, un idéal de charité.  C’est du moins comme ça que je la percevais. Tout le monde se donnait la main quand un malheur survenait à l’un des nôtres.  L’essentiel de la foi était la charité, pour ne pas dire sa seule raison d’exister. 

Et quelle émotion quand je regardais des films comme celui qui mettait en vedette un petit gars, dont la dévotion à St- François d’Assise avait sauvé l’âne qu’il aimait. 

La vraie religion, c’était de grands élans de contemplation.  Je n’avais pas à avoir peur j’avais fait tous mes premiers vendredis du mois, donc, je ne pouvais plus être damné… 


18 Août 2007

Le frère Madore.    

Rien ne valait la visite du frère Madore, missionnaire au Bangladesh.  Que pouvions-nous souhaiter de plus ?  

Lorsque le frère Madore débarquait à Barnston, on avait droit à une soirée de magie.  Il nous amenait aussi des films sur les habitants du Vietnam et l’on pouvait voir le malheur de millions de personnes du Vietnam nord, évacuées vers le Sud, pour fuir les mauvais communistes. 

Je n’y comprenais pas grand-chose, mais je compatissais au désœuvrement de ces gens.  Je n’avais pas encore la moindre idée de ce que voulait dire le mot «propagande».  

Il y avait quelque part sur la terre des gens qui souffraient atrocement et cela suffisait amplement à alimenter mes prières durant un bon bout de temps. 

Pourquoi faut-il autant de misère pour gagner son ciel, si dieu est miséricordieux? 

J’étais loin de savoir que ce n’est pas dieu qui est responsable de la guerre, mais les dirigeants de nos pays qui se prennent pour d’autres, pour qui la vie humaine à moins d’importance que le profit et le pouvoir. 

9 juin 2021

J’ai commencé à douter de la religion quand les plaisirs de la chair l’emportèrent sur les peurs religieuses.

Dans ce processus de libération personnelle, j’ai d’abord passé par celui du mépris envers moi parce que tout d’un coup j’ai découvert que j’étais un affreux pécheur puisque je pratiquais quasi-quotidiennement la masturbation.

Je n’avais pas encore allumé à ce que sont les « synonymes » et les jeunes de chez nous on ne parlait pas de masturbation, mais de « se crosser ». Idiot, peut-être, mais je n’avais pas vu que c’était la même chose.

Quelle horreur quand tu veux être un saint d’apprendre que tu es la proie du diable et que tu es le pire des pécheurs. On ne pouvait pas encore parler de pédérastie, car mes camarades avaient à peu près le même âge que moi. Mais, les tentations définissaient déjà mo orientation sexuelle.

J’en veux aujourd’hui aux Églises qui nous font croire que le sexe en dehors du mariage est un  péché.

Cette philosophie engendre la culpabilité et la haine de soi.   Elle est à la source de ce mépris que la société validait envers les filles qui avaient une grossesse avant mariage. Ces pauvres filles et leur enfant étaient condamnés à l’isolement, la pauvreté et le mépris des bonnes âmes chastes qui évidemment seront contre l’avortement.

Pourquoi faut-il souffrir pour aller au ciel et que le plaisir nous conduit directement en enfer?

C’est fondamentalement ce qui anime l’idée du péché.  Le corps ne vaut rien à côté de l’âme. On ne savait pas encore qu’il existe de la matière et de l’énergie. On croyait que le sperme était une partie du cerveau mâle sacrifié par l’Homme pour créer un enfant.

Toutes les règles sexuelles furent créées quand on ne connaissait encore rien à ce que sont les humains et encore moins ce que sont les processus de la reproduction.

Dans le temps, on haïssait encore plus les homosexuels. Ces êtres dégénérés. Ces pervers. Ces salauds qui corrompaient la jeunesse. Même nos grands esprits pensaient que l’homosexualité est une maladie mentale.

L’homophobie était systémique comme la peur de la pédophilie.

L’Église, comme Denise Bombardier, souffrait d’une obsession en ce qui concerne la sexualité des autres.

On était encore assez idiots pour croire que la chasteté est plus importante que la vie. Les retraites que l’on nous prêchait portaient surtout sur les péchés de la chair.

Ce n’est pas étonnant que les Québécois soient aussi scrupuleux.

Quand j’ai voyagé j’ai pu constater entre autres que la nudité n’a rien à voir avec la pornographie et que le scrupule est en réalité la honte et la haine du corps.

On n’a jamais eu l’intelligence de se demander s’il est normal d’aimer les plaisirs sexuels et pourquoi la censure existe.

Le meilleur moyen de rendre le sexe obsessionnel, c’est de la défendre.

Autrement, tu passes peu de temps à penser à la sexualité.

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