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Radioactif 5

avril 10, 2021

Radioactif 5

15 Juillet 2007

Mes premiers livres.        

Je suis encore tout énervé par l’acceptation de La pédérastie mise à nue par la Société des écrivains, à Paris.  Depuis la mort de mon grand ami, Jean Ferguson, de Val – d’Or, j’ai dû me contenter de publier moi-même mes écrits. 

Toutes les maisons du Québec m’ont envoyé promener pour me punir de mon orientation sexuelle, la pédérastie dite l’amourajoie, en prétextant que je n’ai aucun talent. Ce qui est peut-être vrai. Ce n’est pas à moi d’en juger, mais aux lecteurs.

J’en prends note, l’avenir me le dira. Comme dirait Gabriel Charpentier, «ça donne rien de s’exciter»…

J’avoue mourir de rire quand je relis les grandes épîtres politiques de ma jeunesse;  alors que je croyais encore à la possibilité de sauver le monde. 

J’ai eu une vie très tumultueuse.  J’ai commencé journaliste à 17 ans.  J’ai manifesté seul très souvent pour que personne ne soit dans le trouble à cause de moi.

J’ai parcouru deux fois le Canada sur le pouce, J’ai adopté deux merveilleux garçons, j’ai fait de la prison pour demeurer fidèle à ce que je crois…en fait, j’ai vécu.

Hymne à l’amour, le vice et la révolte fut publié par un groupe que j’ai toujours identifié à M. Boulanger, de Montréal.  J’habitais à Québec.  Niaiseusement, c’est tout ce dont je me rappelle des négociations.  M. Boulanger croyait plus dans mon talent que moi-même. 

Puis, il y a eu Réjean qui s’est vendu comme des petits pains chauds et fut récité à l’Atelier des inédits à la radio de Radio – Canada.  Je ne l’aurais jamais su si Gaston Miron ne me l’avait pas dit. 

Quant à Il était une fois dans les Cantons de l’Est (écrit deux fois), je sais qu’il a été présenté dans une exposition au salon du livre à Paris, grâce à un écrivain, M. Gourévitch.  J’en ai aussi retrouvé une copie à la bibliothèque de l’université de Berkeley, à San Francisco, mais il n’y a aucune copie à la bibliothèque Éva – Sénécal, à Sherbrooke. 

Les premières années de la décennie 1970 fut la période où j’ai été connu, lu et vendu. Les articles dans les journaux étaient souvent élogieux.

Depuis, j’ai essuyé des centaines de refus pour mes manuscrits. 

Je dépense plus d’argent à tenter de me faire publier que j’en reçois pour ceux qui sont déjà épuisés sur le marché. Aussi, j’ai toujours fait face à la censure.


15 Juillet 2007

Concours littéraire.          

J’ai participé à trois concours littéraires. 

La première fois, j’avais décidé d’arrêter d’écrire.  J’ai gagné le prix Canada-Normandie avec la Noce.  Ce fut important parce que ça redorait mon image vis-à-vis de mes parents qui venaient d’apprendre avec stupeur mon orientation sexuelle. Je survivais à la prison. 

Ce fut aussi l’époque où j’ai rencontré le poète français Emmanuel Clancier qui trouvait mes textes amusants.  Selon lui, mes écrits étaient meilleurs quand Satan y mettait le nez.

La deuxième fois, c’étaient les éditions McBeth, je crois, en France, qui décidaient de publier L’homo -vicièr.  On m’a dit que le jury était divisé en deux groupes : trois qui me croyaient génial et deux autres qui pensaient que je n’étais rien d’autre qu’un névrosé qui avait mal assimilé ses études. 

Je ne l’ai jamais dit, mais ce livre est devenu «publiable», grâce à M. Antoine Naaman, professeur à l’université de Sherbrooke, qui a décidé de diriger la correction du manuscrit parce qu’il trouvait que j’écrivais comme un pied et il avait raison. Il m’a prêté l’argent pour le publier.  

À La Tribune, on devait mettre des journalistes à l’œuvre juste pour corriger la montagne de fautes de français que je faisais. 

L’homo-vicièr, c’est à mon sens, mon meilleur roman.  J’aimerais revivre cette passion, cette folie.  J’hésitais entre le suicide et les caresses de ma petite amie, entre la culpabilité que notre inconscient collectif me faisait vivre et les tressaillements de découvrir le plaisir défendu, l’extraordinaire Daniel.

J’ai manqué d’argent. Il fut publié à compte d’auteur, grâce à M. Naaman.  Les Auteurs réunis ne voulaient plus le publier, étant donné son caractère homosexuel, pédéraste-amourajeux.     

Le jeune espion fut envoyé à un concours de littérature gaie, à Montréal.  On devait faire connaître le gagnant lors d’un des salons du livre, à Montréal, et éditer le gagnant.  La chicane a pris dans le jury et faute de s’entendre, on a décidé qu’il n’y aurait pas de gagnant.  L’opposition venait du clan des lesbiennes. Un autre livre à compte d’auteur.

En arrivant à Magog, en 2006, j’ai écrit Portrait d’une révolte, pour un concours de l’Association des auteurs (es) des Cantons de l’Est.  C’était tout ce dont je voulais que l’on se souvienne de moi comme poète.  Les textes résumaient ma vie et mes combats. Le concours n’a jamais abouti. Comme à Montréal, on préféra le remettre à une autre année. 

Avec l’article de Richard Martineau dans le  Journal de Montréal, ce fut le début de mon rejet total, même politique.  J’ai été invité à quitter le Parti québécois et le Bloc pour ne pas ternir leur réputation.   Quant à mes plaintes à la Commission des droits, disons que l’on m’a dit de me prendre un avocat. Or, cette institution existe justement pour défendre ceux qui ne sont pas assez riches pour s’attaquer au système.

Ces mouvements font la guerre à la censure.  Faut le faire !

9 avril 2021

Les choses changent lentement. Ce n’est plus tellement important que j’aie ou non du talent. Je suis même très heureux de constater que je n’en ai pas.

Pas de vente, des publications à mes frais et un goût du voyage aussi grand que dans ma jeunesse; ça devrait m’aider à choisir ce que je veux faire à l’avenir d’autant plus que l’avenir sera nécessairement de courte durée.

La préoccupation à cause de mes 78 ans est : Qu’est-ce qui arrivera si c’est moi ou si c’est Jacques qui part le premier?  Grâce aux conseils de ma nièce, je n’ai plus à me préoccuper de mes arrangements funéraires. Tout est réglé. Donc, je suis un gars presque libre.

Par contre, j’ai toujours l’impression désagréable que pour avoir plus de subventions la police des mœurs qui a toujours été « le vice incarné » est plus active que jamais. Ainsi, Facebook exige que je lui donne accès à mon ordi ainsi qu’au son de celui-ci pour me laisser parler à mon auditoire ou je devrais plutôt dire pour me « montrer » à mes nombreux fans. Puisque ce sont des conversations entre adultes et privées, je ne vois pas leur intérêt à ne pas respecter la vie privée comme l’ordonne la loi.  La loi, c’est la loi, sauf pour les bandits de la mafia légale et de la mafia gros-bras. Sous le couvercle de la pornographie juvénile, nos censeurs regardent et écoutent ce qui se passe entre adultes et ça leur fait peur puisque la liberté semble se répandre à tous les âges. 

C’est normal après une vie assez tumultueuse de devenir un peu plus paranoïaque. Ce n’est pas parce que tu as des choses à te reprocher, mais tu constates que nos sociétés au lieu de devenir de plus en plus progressives deviennent de plus en plus scrupuleuses, donc, en fort déficit de démocratie.

Tant qu’il n’y a pas de violence, on devrait apprendre à se mêler de ses affaires. Ce qui se passe dans les pantalons du voisin ne devraient pas nous préoccuper à moins que ce soit nous qui mettons les mains dans le pantalon du voisin.

À force de se croire victime de tout, on devient la chèvre de Monsieur Seguin dans nos hallucinations. Un regard devient un viol, une caresse devient une agression. Et, nos média nous aident à se faire encore plus peur que dans les films de notre enfance. Garder le monde dans la peur, c’est garantir son pouvoir. Nos chefs d’état l’ont très bien compris.

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