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Journal de bord 5

mars 16, 2021

J’ai toujours adoré les jeunes avec qui je travaillais.  Quand j’ai commencé mes stages en enseignement, j’ai cru devoir laisser la profession, car, la beauté de ces jeunes fauves m’excitait tellement que j’en ai eu pour des nuits à ne pas pouvoir dormir¼ je leur parlais toujours dans ma tête.  Je résolvais ainsi tous les problèmes. 

Malheureusement, le lendemain matin, je ne me rappelais plus ce que je devais leur dire pour les aider.  J’ai été prof durant 15 ans et personne ne peut me reprocher quoique ce soit, mais j’étais  un prof amourajeux, c’est considéré comme dangereux depuis que les religions et les féministes ont réussi à imposer leur paranoïa, face à la sexualité. 

Comme me l’avaient dit trois psychiatres : “ tu n’es pas un danger pour les jeunes, mais la société, avec ses interdits sexuels,  sera toujours un danger pour toi. ”. 

Mon problème est peut-être que je ne réalise pas qu’il puisse vraiment exister des gens qui acceptent volontairement de faire du mal à des enfants.  Dans cette optique, je suis un peu bonasse. 

Pour moi, l’amourajoie c’est l’amour – passion, le don total, l’amitié qui y règne.  Tous les amourajeux que j’ai connus sont des victimes de la grande noirceur spirituelle et émotive des religieux et des féministes, et non, des monstres qui découpent les jeunes.  Tous ceux que j’ai connus, moi inclus, sont esclaves des jeunes qui ont le bonheur de les séduire.  Leur souffrance est  notre souffrance.  Quant aux séquelles, elles sont dues à l’éducation répressive reçue et non au plaisir d’avoir connu la sexualité. 

C’est simplement que la pression sociale – le surmoi comme dirait Freud – est telle qu’elle oblige de se faire pardonner par la société, comme l’ont démontré W. Reich et Marcuse.  Je crois qu’une société qui accepterait une liberté sexuelle absolue, en autant qu’elle n’est pas violente et qu’elle existe entre personne consentante, serait automatiquement une société sans violence.  

Il ne devrait pas y avoir d’âge de consentement.  La liberté sexuelle devrait être absolue à partir de l’école secondaire, le junior high, comme on dit dans le reste du Canada.  Pourquoi ?   Parce que l’éducation sexuelle pourrait être complétée durant le primaire. 

Cette éducation devrait être positive.  Ce n’est pas une question de morale que de faire l’amour à 13-14 ans ;  mais une question de responsabilité.  Peut-on élever une famille à cet âge ?     

La sexualité est strictement un droit à la vie privée. 

La base de ce raisonnement tient au même principe que toutes les revendications des féministes (avant qu’elles ne dévient contre la sexualité) : ton corps t’appartient dès ta naissance. 

Dès que tu peux choisir entre ce que tu conçois être le bien ou le mal, tu es le seul et unique maître de ton corps et de ton esprit. C’est la liberté que Dieu a donnée à l’homme et que les esprits qui se pensaient supérieur à Dieu ont rejeté.  Ceux qui nous prônent la liberté sexuelle respectent le droit à la liberté que Dieu a eu l’intelligence et la bonté d’accorder à l’homme. 

La répression sexuelle est un fantasme bourgeois, religieux, d’orgueil et  de supériorité.  Ceux qui refusent l’avortement se mêlent de ce qui ne les regarde pas.  S’ils veulent empêcher l’avortement qu’ils songent plutôt à faciliter l’adoption.  Même si j’ai toujours été contre l’avortement, je crois que sa légalisation est un moindre mal, car ainsi, les femmes ne meurent pas en essayant de se faire avorter. 

S’il y avait moins de préjugés sur les enfants illégitimes, celles qui sont enceintes pourraient donner leur enfant à l’adoption plutôt que se faire avorter.   J’imagine que Marie-Madeleine penserait un peu comme moi…

 Pendant qu’on nous fait peur avec la sexualité juvénile, les groupes de la pègre internationale font la recherche et la vente d’organes et d’esclaves.  La loi ne devrait pas s’interposer dans la vie privée des individus, mais mettre tous ses efforts contre le crime organisé.  Il y a une très grande différence entre tomber en amour et le commerce sexuel.  Que les autorités s’en prennent au proxénétisme, elles combattraient alors pour la vraie défense des enfants.  Mais, la pègre profite aussi à nos gouvernements…

En interdisant l’amourajoie, sans expliquer la différence avec la pédophilie, les féministes se tirent dans le pied quand il est question de démontrer que chaque individu est le seul maître de son corps.  Ce fut le leitmotiv des premières luttes féministes pour justifier l’avortement.  C’était à priori, une vision incontournable et progressiste, car, on refusait, pour protéger les femmes, l’avortement sauvage. 

En somme, le mouvement féministe qui était un mouvement de libération extraordinaire est devenu, dans sa conception de la sexualité, un ramassis de conservatrices et d’homophobes. 

Sur le plan de l’égalité humaine, le féminisme demeure un mouvement très progressiste, car, il exige l’égalité absolue entre l’homme et la femme.  Il n’y a que des humains, avec des vocations d’existence différentes.

J’ai exercé deux métiers absolument passionnants : journaliste et professeur . 

 À cette époque, en juin l994, tout de suite avant le référendum, mes problèmes ont commencé à s’additionner.

Mon fils cadet, Rouhed, adopté à neuf ans, se suicide pour l’amour d’une Amérindienne, rencontrée et adepte de drogues plus fortes que le pot.  Ce fut le pire moment de ma petite existence.  Cinquante ans plus tard, je souffre encore quand j’évoque ce moment pénible.

En 1995, en pensant à Maéli, la petite fille née de Sara et Rouhed, j’oublie que l’on effectue des travaux chez-moi et je tombe dans une trappe en entrant à la maison : Incapacité à 90 % au moins à me servir de mon bras droit¼certains élèves doivent même écrire mes notes au tableau à ma place. De la physiothérapie, un vrai calvaire, durant près d’année. 

C’est au cours d’une de ces séances qu’un policier de Val-d’Or me confie que l’on a réglé le problème de violence entre les skinheads et les punks, en fournissant assez de drogue à ces derniers pour qu’ils s’éliminent eux-mêmes.  J’en fus carrément scandalisé. Tout se passait autour de moi, sans que je comprenne ou que je le vois.

Puis, en 1995, c’est le vol du référendum, l’accusation hypocrite et mensongère de racisme contre M. Parizeau.  Je ne cache pas mon point de vue.  Pour moi, Parizeau a tout à fait raison. Mais, je suis bien d’accord avec le député André Pelletier- qui ne veut même plus entendre mon nom- que le référendum aurait été gagnant si les francophones avaient voter OUI en plus grand nombre, en oubliant leur petit nombril.  

En 1996, un ami, dont la femme est membre de la religion Mormon – une secte avec qui j’avais déjà des problèmes parce qu’elle est responsable de la censure sexuelle dans les vidéos, provenant d’Hollywood, grâce aux millions récoltés en plumant ses naïfs – me présente son fils avec qui il vit des problèmes. 

Il refuse d’aider à nettoyer la maison avec son père.  Ce père prétend que je suis son salut, sous prétexte que je suis venu à bout du jeune le plus délinquant de Val-d’Or.  Mais cette fois, à l’insu du jeune, c’est un piège politique.  On veut se débarrasser de moi. 

Je suis accusé et reconnu coupable de lui avoir touché le zizi.  La télévision, radio et journaux se vautrent du scandale.  Étant perçu, comme le plus politisé et le plus fanatiquement séparatiste de Val-d’Or, le président de la Société Nationale des Québécois, Monsieur Québec en personne, c’est la claque totale à l’indépendance. 

D’ailleurs, par hasard, le maire d’alors est aussi le président du NON au dernier référendum.  On me dit que si je n’ai pas 10,000$, je n’échapperais pas à la prison.  Même si j’ai déboursé 10,000$ comptant pour des REER, la caisse ne m’accorde plus que 3,500$, sous prétexte qu’elle perdrait de l’argent.  La prison était inévitable, même si je plaide non coupable. 

Au début du procès, les attouchements se sont produit au moins plus de trente fois, par la suite, on a dû convenir que ça aurait pu arriver seulement deux ou trois fois, car, le jeune disait que ça n’arrivait qu’au moment où nous étions seuls et finalement, cela ne s’était produit qu’à deux ou trois reprises.

On doit, me dit-on, me tuer en prison, mais nous n’avions pas prévu ma réaction et je m’en sors, grâce à une avocate honnête –  oui, ça peut même encore exister- qui obtient que ma cause soit portée en appel.

Le temps que je me débatte pour m’en sortir m’empêche de me mêler de politique.  On me refuse dans un projet Sprint, après m’avoir accepté, on gèle mon compte à la caisse populaire d’Outremont, après ma participation aux élections fédérales et mon appui au Bloc québécois.  Je suis refusé comme professeur de français à l’éducation des adultes (le Séfranc, examen de français, me coule), les organismes de bénévolat me refusent, je suis en quelques années devenu le pire paria du Québec.  On me reproche de dire ce que je pense et de ne pas cacher mon amourajoie.  Pourtant, dans l’affaire Cloutier, on lui reproche d’avoir agi sans qu’on le soupçonne.  Quand il est question de cul, tout le monde y passe.

Mon ami, Pierre Faucher, un ancien policier de la SQ, nullement pédéraste ou pédophile, m’avait dit que dans le cas d’un coup fourré, il fallait compter les « je ne sais pas », les « je ne m’en rappelle pas» pour s’en apercevoir.  Dans mon cas, il y en a eu au moins une centaine dans le seul témoignage du jeune, qui continuait à venir me voir, car il voulait toujours venir en voyage avec moi. 

La répression qui a suivi, qui m’a ruiné, qui m’a défait, qui me prive de toute forme d’appréciation sociale, ne s’arrête pas.  J’écris un livre, qu’on refuse partout.  Ainsi, pour moi, de toute évidence, cette mascarade est un procès strictement politique déguisé en procès sexuel.

Je suis retourné en prison, deux ou trois ans après mon premier procès, après avoir été reconnu coupable en appel en 1999. À l’appel, on a jugé le procès sur le plan strictement technique, on a refusé de reprendre les contradictions des témoignages des seuls témoins – le père et le fils. Pendant ce temps, mon accusateur se vantait déjà de m’avoir bien eu

Sur le plan politique, le ministre fédéral Stéphane Dion défend la partition.

Je lui écris ainsi qu’à Jean Chrétien, que la partition est une solution fédéraste qui conduit directement à la guerre civile. 

Et, puisque le référendum a été volé, je commence mes lettres en m’adressant à lui et ses ministres, en les accusant d’être les chefs de la mafia légale. 

Je commence à manifester contre la partition quand on me ramène en cellule.  Les policiers insistent pour me dire que ce n’est pas leur décision, mais que depuis une semaine, leur fax est submergé de messages en provenance de Val-d’Or, exigeant mon arrestation.   Évidemment, je devrai faire neuf mois.

Cette fois, cependant, par hasard, les autres prisonniers acceptent que mon histoire soit d’ordre politique et que mes accusations à caractère sexuel sont là, juste parce que c’est le moyen facile de se débarrasser de moi aux applaudissements de la foule de féministes frustrées que je baptisais les “ bitch ”.

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