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The past 1

mars 8, 2021

                                     The past

La mémoire affective est souvent surprenante, tout comme la vie.

La mienne a toujours été le produit du hasard, une espèce d’enchaînement imprévisible dû à la rencontre d’êtres extraordinaires. Avoir connu Gabriel m’a permis de me sortir de la vie misérable de celui qui manque d’instruction.  Après quatre ans d’université, j’avais enfin les diplômes pour enseigner.     

Quand tu laisses tes études, les dettes ne se règlent pas comme par magie, il faut trouver un emploi et le plus payant est le meilleur. Surtout que j’avais un fils adoptif.  À ma grande surprise, j’ai été embauché par une commission scolaire du Manitoba dans une ville située tellement dans le Nord que nous devions nous y rendre en avion. J’avais des classes au primaire et au secondaire à qui je devais apprendre le français.

Le début de l’année ne fut pas facile. Je m’entêtais à respecter le principe que l’enseignant doit seulement parler la langue enseignée qu’on le comprenne ou pas.

Dès le premier bulletin, je devais éteindre une rébellion autant chez les parents que les élèves. Je devais trouver une solution au plus vite où retourner à Montréal.

J’ai changé ma politique. Au lieu de demander aux classes de s’adapter à moi, j’ai trouvé des moyens de m’adapter à eux. L’enseignement est quatre-vingt pour cent d’amour et vingt pourcent de plaisir. Les résultats sont les efforts mis par les élèves.

J’ai inventé des jeux et mes classes sont devenues des parties de plaisir. Je me suis même mis à chanter des chansons à répondre alors que je ferais fausser toute chorale qui aurait la stupidité de me laisser chanter avec elle. Nous avons même créé une émission en français  pour la radio locale, grâce aux cassettes de musique apportées pour écouter dans cet exil. Nous avons passé plus des heures à essayer d’annoncer sans rire la chanson «  Le phoque en Alaska. Pour les anglophones le mot «  fuck » est la pire saleté à dire.

Si tout allait de mieux en mieux dans ma vie personnelle d’enseignant, il en était autrement de mon fils Rouhed qui me téléphonait pour me demander en pleurant de retourner à Montréal puisqu’il s’ennuyait de moi  et qu’il n’aimait pas l’autoritarisme de celui qui avait été choisi pour le garder pendant cette année absolument nécessaire pour garnir les provisions monétaires essentielles à la survie.

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