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La fin d’un État 14

février 15, 2021

La fin d’un État 14

Pire, tu devrais descendre dans ces chères missions à partir desquels les curés nous ont tant habitués à pleurer sur la pauvreté. Tu ne verras pas de peuples très pauvres, mais des missions qui sont riches en maudit.  Oui! la religion, c’est ce qui sert le mieux ceux qui nous exploitent parce qu’elle crée en nous une peur dont on est tout à fait incapable de se débarrasser. Une peur qui nous pénètre, qui nous gruge inconsciemment alors que nous sommes encore des bébés, même pas encore des enfants.   La peur qu’on nous inculque est tellement forte que certains Russes ont trahi leur révolution. Ils sont devenus aussi écœurants, sinon pires que les Américains, seulement pour condamner le sexe. Ils n’ont pas su vaincre les enseignements de la religion personnifiée dans la morale globale au lieu de tenir compte de la réalité individuelle.          

S’il y a un besoin plus naturel que le sexe, je me demande bien lequel? Ce n’est pas pour rien que l’on cherche toujours à le réglementer. C’est là que se trouve la frustration, la culpabilité.           
C’est là, où se situent les racines de la violence, les assises de la domination, les discriminations du racisme et de presque toutes les discriminations. Notre société repose sur la violence. Sans violence, notre société ne survivrait pas à cause de son rôle dans l’économie. L’économie, c’est la structure de l’exploitation. 

La répression sexuelle est l’aspect le plus caché, le plus payant de la vie économique. Il s’agit de te rendre coupable d’être ce que tu es, pour te forcer à te créer un idéal au service de la société. C’est pour cela qu’il faut créer un idéal qui soit basé sur la puissance pour alimenter la vie militaire, cette violence nécessaire à toute forme d’impérialisme. Pour maintenir l’action dans une société, il faut créer des luttes de clans, de classes sociales. Si la violence n’existait pas, l’autorité ne saurait justifier son existence. Elle crée cette violence en nous formant dans ses valeurs. Elle prétend être là pour nous protéger, nous aider à vivre ensemble alors qu’elle ne vise qu’à nous exploiter. C’est ça notre vérité. L’homme est une bête gravement malade, d’une maladie appelée civilisation. 

La civilisation sert à implanter les balises de ce que tu peux penser, faire et croire. La société est en soi une prison.  

– Écoutez! Vous pourrez dire ce que vous voudrez; moi, je n’aime pas qu’on parle contre les religieux. Je ne suis pas de ceux…       

– T’as peur!   Peur d’être puni, si tu penses autrement…      

– Calvaire! Il faut voir les choses en face. Il faudra arrêter de se regarder dans le blanc des yeux et se demander quoi faire. Il commence à être temps qu’on oublie ce qu’ils nous disent, ces beaux parleurs. Et qu’on combatte, après s’être rendu compte de ce qui se passe pour vrai, non superficiellement.

Si on veut changer ce monde-là, il est temps que l’on choisisse entre notre petit bien-être, notre supériorité animale sur la bête, notre chasteté et la vie pour tout le monde quel que soit le pays, la couleur et toutes ces considérations physiques.  

La liberté et la vie de l’individu, le droit de chacun à être soi-même, le droit d’être sa propre création, voilà ce qui doit nous guider.    

La société à grande échelle, créée pour les besoins des corporations internationales est faite contre l’homme. Elle est anti humaine. Si l’on veut cesser de vivre comme des bêtes traquées, il est temps de s’apercevoir que trop travailler, n’avoir que ça et l’argent comme raisons d’être, c’est aussi contre la nature propre de l’homme qui doit aussi apprendre à jouir de la vie.         

– Celui qui se croit supérieur à la nature est déjà un malade. Je n’ai rien contre le travail, au contraire, pourvu qu’il conduise à autre chose que l’esclavage d’une société où tout est devenu commerce, argent, pouvoir. Le travail est valable que s’il permet de devenir créateur, artisan, qu’il t’apporte satisfaction de toi-même.

– Il est grand temps que l’on reprenne notre vie d’homme. Actuellement, nous vivons au quotidien la fiction 1984 afin d’en arriver au meilleur des mondes, à une autorité universelle, où le système n’hésite pas à se débarrasser de ceux qui ne rapportent pas.

Nous avons encore peu de temps pour nous reprendre, car ceux qui nous dirigent se fichent de nous, ils ne pensent qu’à leur argent et leurs biens.  

Pour eux, un pauvre n’est pas un humain, mais un animal de race inférieure à eux. Pour eux, rien n’est interdit. Aux États-Unis, les Black Panthers sont assassinés froidement par la police (42 d’un coup dans un local du mouvement); dans les prisons, les autorités organisaient des soulèvements fictifs pour tirer ceux qui faisaient de l’action politique. 

Au Brésil, les prisonniers sont torturés à l’électricité, ce pays est dirigé par la même gang qui, au Québec, contrôle l’information.   

Au Québec, Paul Rose mange des raclées et croupit en prison pour avoir assassiné Pierre Laporte alors que Rose n’était même pas là quand Laporte a été tué. On lui refuse un nouveau procès alors qu’il est maintenant clair que Paul Rose est victime d’un système judiciaire qui défend les riches et méprise les pauvres, les contestataires, la jeunesse.          

Combien de jeunes mangent la raclée de leur vie quand ils sont arrêtés, n’importe où? Combien ont perdu la vie ou ont été blessés pour avoir fait du pouce ou avoir porté une barbe ou des cheveux longs? La peur universelle qui s’installe chez les jeunes, le retour à la religion n’existent pas pour rien…   

La mafia et la police contrôlent la vente des drogues, drogues que l’on mélange à toutes sortes de poisons au lieu de légaliser les petites drogues comme la marijuana et le hasch. Leur but est de faire sauter les cervelles, éliminer les jeunes qui sont trop éclairés puisque jusqu’à ce jour, le jeune drogué est un contestataire en puissance ou incapable de se tenir debout.         

Les jeunes qui se dopent sont forcés d’être sur la route et les seuls endroits qui les reçoivent sont des maisons d’endoctrinement religieux, lesquelles ressemblent à des asiles. On leur tombe dessus au moment où ils sont les plus influençables. S’ils ne changent pas assez vite, ils passent une bonne partie de leur temps en prison. Ils doivent « casser ».           

Au Québec, c’est un peu différent, la société fait face à des pauvres, alors elle essaie de les acheter. Elle les laisse plus libres et leur fournit même l’occasion de perdre leur temps aux frais d’un gouvernement qui sera paternel si le jeune pense comme lui ou demeure neutre.      

Quant aux fils de bourgeois qui pourraient agir parce qu’ils n’ont pas eu la même éducation de soumission que les pauvres, on les sait facilement désespérés, incapables d’une action soutenue et quotidienne. Leur esprit de puissance a été si survolté qu’ils ne peuvent s’imaginer être qu’à travers une action spectaculaire, ayant retenu cet aspect de leur famille et de leur haine à l’égard de leur père. Ces jeunes ont besoin de prouver qu’ils sont là. Un drame freudien.       

Quant à la télévision et l’école, elles ne servent qu’à nous endoctriner. On endort le monde dans son égoïsme et son individualité. On ne respecte pas les besoins de la personne. Il faut te ranger pour survivre; être bien aux dépens de trois quarts de l’humanité qui crèvent de faim. Maudit beau monde!            

– Nous sommes devenus une bande de lâches, de vides. Nous n’avons ni espoir, ni idéal. Nous ne sommes que des robots. Nous n’osons même plus nous regarder dans une glace de peur de vomir en nous apercevant. Nous nous détestons parce que nous n’avons plus de Vie. Nous refusons de penser de peur de devoir nous engager dans un mouvement pacifique. La vraie révolution, la seule, c’est un beatnik qui ne lâche pas et ne succombe pas à la violence. Le reste fait partie du système qui se nourrit de violence et de domination. Celui qui vit ses valeurs et non celles d’une société anti vie, voilà un homme vrai 

– C’est bien beau le monde parallèle. C’est surtout ce qu’il faudrait viser à réaliser, mais il n’y a pas que ça…   

– Que veux-tu qu’on fasse d’autre?      

– Se tenir debout! Baptême!, de s’exclamer Anatole.   
             
  Revendiquer ses droits. Se battre pour l’individu. Se battre pour le droit des pays à leur autonomie.            

Au lieu de chialer contre les jeunes, il faut s’en prendre à ceux qui nous exploitent : les multinationales qui mènent nos gouvernements par le bout du nez, qui n’hésiteraient pas à nous faire crever de faim pour justifier leur domination des marchés.     

Dénoncer!   Dénoncer!   Tout ce qui nous tient dans la mendicité. Près à crever, s’il le faut, parce qu’il ne faut pas oublier, que les autorités pour se maintenir au pouvoir n’hésiteront pas comme aux États-Unis, où  les républicains implantent le système d’Hitler, à faire disparaître les fortes têtes, quitte à tuer ceux qui leur barreront le chemin.       

L’autorité reculera devant rien. Elle tuera en faisant passer la mort sur le dos de la drogue, de la vengeance, des passions. Elle emprisonnera les gens pour des raisons politiques sous le couvercle de lois morales. Tout comme on prépare à partir des mouvements de Jesus Save la chasse aux sorcières dans laquelle tous ceux qui ne plieront pas seront accusés d’être communistes et pourront être exécutés aux applaudissements des dirigeants et de la masse silencieuse, sidérée, tremblante.     

C’est déjà un acquis chez tous les impérialistes. La morale sert d’actes d’accusation. Déjà aux États-Unis, on oblige les femmes qui vivent sur le bien-être et ayant plus de deux enfants à se faire stériliser de gré ou force, sous prétexte qu’elles sont irresponsables.           

Mais il ne faut pas lâcher. Nous gagnons lentement du terrain. Il faut se tenir, s’entraider. Trouver des moyens de déjouer la crise économique et exiger, exiger toujours plus pour le bien du peuple. Pas pour sa clique comme le font les syndicats, mais pour les individus qui en arrachent puisque la révolution se fait pour l’individu, pour lui redonner sa liberté, sa fierté, son droit de vivre comme il l’entend, sans exploitation. 

Il faut entreprendre une lutte sur un plan international puisque la liberté est nécessaire partout où il y a des humains. Nous voguons sur le même bateau terre et une lutte locale puisque chaque nation à ses propres besoins.    

Il faut modeler partout un réseau anarchiste d’informations. L’autorité ne peut rien contre un monde qui se rebelle pour la Vie. Et, ce n’est pas à s’ennuyer dans le cirque, le zoo dans lequel on nous confine à vivre présentement qu’on arrivera à quoi que ce soit.           

La vie est sans violence, elle est libre, ascendante, elle est à la recherche perpétuelle d’une nouvelle jouissance. La vie est création constante.       

Il faut se débarrasser des libéraux et leur clique. Il faut « pitcher » les Américains chez eux. Nous devons faire notre indépendance puisque nous pouvons nous développer nous-mêmes. Nous devons arrêter de croire aux piastres d’un Québec indépendant à 0.35 $ puisque déjà dans notre vie actuelle la valeur des piastres actuelles diminue à cause de l’inflation. De toute façon, la dévaluation est ce qui peut arriver de mieux à notre dollar. C’est si vrai que les Américains ont empêché le Canada de se servir de ce moyen pour se sortir du trou parce qu’il aurait été en difficulté si le Canada avait dévalué.       

Qu’on cesse d’être les sauveurs de l’Angleterre et des États-Unis et que l’on se sauve nous-mêmes. Qu’on cesse d’être une colonie américaine et qu’on se bâtisse un pays vraiment libre. 


Il faut nous ressaisir maintenait Anatole, travailler à construire notre pays et nous débarrasser de tout ce qui nous empêche de le faire.    

Il faut être partout et toujours. Il faut cesser de reculer toujours vers le conservatisme, et au contraire, innover. Multiplier les journaux indépendantistes, les comités de citoyens, les communes. Se battre dans la légalité, se battre durement, sans compromis quant à notre idéal : l’indépendance.   

Il faut être solidaire, sans peur puisqu’il n’y a rien à craindre, sinon l’infiltration et la mort. Vivre le monde libre pour propager chez nous le goût de la liberté, même si les prisons ne seront plus assez grandes à cause des fédérastes. Tout, sauf la violence.

Il faut découvrir ce qui nous tient dans la peur et rompre avec elle. La Liberté vaincra que dans la mesure où nous saurons vivre maintenant notre propre liberté. L’indépendance est d’abord individuelle.           

Il faut immobiliser la machine, faire sauter les chaînes. Il faut s’aimer au point de refuser d’être reconnu coupable parce qu’on est libre, d’être rendu coupable par le jugement des autres.       

Il faut éduquer chez nous, attaquer avec la violence de la connaissance notre ennemi. Il faut vivre. C’est tout. Vivre heureux. Rien d’autre. C’est ça la révolution.
 
Nous vaincrons, c’est sûr, même s’il faut y mettre le temps et le poids. Si chacun fait son petit effort, il est impossible de ne pas réussir. Finies les luttes de mots et de phrases, le temps est à l’action. Nous n’avons pas à avoir honte puisque nous sommes libres et vivants. Il faut abattre Bourassa démocratiquement tous ensemble. Le rendre fou, lui et sa clique. Ne pas leur laisser une seule seconde de répit.        

Il faut lui remettre sur le nez la mort des ouvriers de l’échangeur Turcot, du mont Wright.    Pourquoi ne parle-t-on nulle part des drôles de feux à Montréal aux élections ou dans les quartiers où il y a des taudis? Des feux criminels pour créer des terrains de stationnement…    

La résistance pacifique doit battre son plein au Québec alors qu’à l’extérieur des Fronts de libération doivent se lever pour le droit de s’expliquer dans la presse et exiger que les francophones de l’Ouest aient les mêmes droits que les anglophones de Montréal.   Tant qu’il y aura un Canada supposément multiculturel, l’immigration doit strictement relever du Québec. 
Il faut se défendre si besoin il y a, mais le mieux serait que tout se passe pacifiquement. Embarquez-vous? Nous allons droit à la liberté. Un Canada anglais et un Québec indépendant. Pacifiquement ou autrement. C’est notre seul avenir.

Anatole semblait devenir plus radieux à chaque fois qu’il parlait de révolution.  

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