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La fin d’un État 13

février 14, 2021

La fin d’un État  13

Éric aimait aussi prendre part à tous les débats. Écouter et découvrir la conscience québécoise s’affermir et s’éclaircir. 

Il continuait cependant à maintenir ses positions quant à Paul parce qu’il craignait pour lui. Il ne voulait pas le voir souffrir. Son entêtement contre la révolution violente n’était-il pas la peur de voir Paul et lui-même engagés dans un monde dans lequel la violence les atteindrait en tant qu’individu?

Éric en vint à croire qu’il était un peureux, un impuissant et il en avait honte.   Une peur qui le grugeait, qui surgissait de son passé. Il aurait bien voulu la vaincre, mais il ne pouvait rien contre elle. Sa peur le mettait à l’écoute de ses amis, lui faisait partager leur misère et l’obligeait à repenser sa vie. Que d’interminables discussions politiques!
– D’où viens-tu, le jeune?Se pressa-t-il de demander à un des jeunes rencontrés à la taverne.        
– Du Mexique. C’est pauvre en maudit là-bas. La tête te saute quand tu passes de San Diego, en Californie, à Tijuana, au Mexique. Ce n’est pas croyable.
À San Diego, il n’y a que la richesse et des soldats alors qu’à Tijuana, il n’y a que des pauvres. Est-ce normal qu’à un mille de différence tu changes de statut social à ce point?         
Les taudis à Montréal sont luxueux à côté de ceux que tu retrouves là-bas au Mexique, quoique ce soit bien différent. Là-bas, on ne gèle pas l’hiver; ils n’ont pas un Bourassa à endurer. Ils travaillent pour se construire un pays autonome, eux. Ils parlent tous espagnol quoique maintenant, les jeunes apprennent l’anglais pour le tourisme. C’est quand même mieux qu’ici où il faut parler anglais pour gagner sa vie. Il semble ne pas y avoir autant de chômage qu’ici et la population, contrairement à ce que l’on dit, est charmante. Les Mexicains vivent et aiment la vie. Y paraît que Bourassa a passé en joual vert aux dernières élections?  
– Tu veux dire qu’il a bien volé ses élections. Juste à Montréal, il y a plus de 100,000 personnes qui n’ont pas pu voter, sans compter qu’au recomptage, il n’y avait que des anti séparatistes. Imagine aussi tous les morts qui ont voté… tous ceux qui dans Laurier étaient payés pour faire passer le libéral.   

– Il faudrait leur flamber le cul ces maudits-là!

– Si tu prends les armes maintenant, le Parti Québécois sera déclaré illégal et on ne pourra plus se présenter aux prochaines élections. L’indépendance doit se faire pacifiquement. Les révolutions armées n’ont jamais rien donné.   

– Les libéraux pourraient même inventer cette stratégie, un pseudo coup d’État ou encore une pseudo protection internationale sous prétexte des Jeux olympiques, pour parvenir à leur fin. C’est de la dictature, mon vieux. Pour travailler, il faut être libéral.           

– Si on sort les fusils, il faut que ce soit pour de bon, jusqu’à la disparition ou le triomphe des Québécois, mais pas autrement. On n’est pas prêt… mais il faudra peut-être en venir là.        

– Ça, c’est toi qui le dis. Il y en a en maudit qui sont écœurés. Regarde tout le monde qui crève de faim sur le chômage ou l’assistance sociale ou tous ceux qui sont égorgés par Household Finance.   Même si tu as ton char, ton skidoo et ta télévision couleur, si tu n’as pas d’argent pour manger, ça ne donne pas une vie bien hallucinante. Ça peut endormir un bout de temps, tout au plus. Et pis, toutes nos richesses naturelles passent aux mains des Américains. La putain à Boubou est à donner la Côte-Nord et le Nord-du-Québec à l’oncle Sam.     

Les boss rient dans la face des syndicats et il a presque un régiment de policiers pour le protéger. Tabarnache! Avant les élections personne n’était content. Partout où t’allais, t’entendais parler contre Boubou. Ça pas de sens que tant de gens aient voté pour lui, même si les libéraux ont vidé tous les couvents, toutes les Chambres de commerce et fait voter tous ceux qui savaient faire une croix. Sommes-nous un peuple de pissous qui méritent de manger de la merde?       

– Y a quand même 102 patroneux d’élus, 102 vendus, fédérastes parce que le patronage canadien ça rapporte plus qu’un petit patronage québécois.          

– Il ne faut pas s’en faire, c’est partout pareil.  

– Le Canada, c’est payant pour les riches. Penses-tu que l’Ouest a besoin d’Ottawa pour survivre? Mais là-bas, la population est formée d’au moins 40 pour cent de nouveaux immigrants qui, comme les Italiens, ici, ne sont au pays que pour se faire de l’argent. Ils se maudissent bien que l’on soit exploité, comme les Indiens que l’on a réduits à la mendicité.            

Dans l’Ouest, il y a encore plus de racisme envers les Indiens qu’envers les Francophones qui sont déjà traités en minoritaire. Les immigrants sont les pires puisqu’habitués à manger de la misère chez eux, ils s’imaginent être au paradis ici. Et, pour ce bien-être, ils sont prêts à compromettre notre avenir national. Ils ne semblent pas le comprendre.       

Il n’y a vraiment qu’au Québec où les gens sont bilingues. Dans le reste du Canada, le bilinguisme à la Trudeau, c’est une farce monumentale. Il n’y a plus deux peuples fondateurs historiques. Et, ça se dit Canadien. Ça même pas une petite différence d’avec le mode de vie américain. Ils ont à peine un petit drapeau flottant à côté de l’Union Jack, sous le portrait de la reine d’Angleterre.           

– C’est surtout la faute des médias de masse. Ils fourrent tout le monde en dirigeant et déformant l’information. Ils mentent aux gens effrontément et n’ont même pas la décence de publier les mises au point.             

Un jour, il y aura des gars qui s’occuperont de les faire sauter. Ils exigeront l’honnêteté des responsables de l’information et si ceux-ci refusent de se ranger, ils prendront les moyens pour s’en débarrasser.   Tu ne peux pas espérer un monde libre sans que la presse soit libre. Une presse qui refuse la liberté est un tel obstacle à l’évolution humaine qu’il faut absolument, sans hésiter, la faire disparaître. La censure, c’est tuer l’esprit.         

– Tu charries, le jeune!     

– Pas du tout. Je dis les faits. Tout comme un bon journaliste qui doit être prêt à crever pour la vérité. Il faut que les gouvernements travaillent pour le bien de tout le peuple, pas seulement pour un groupe de privilégiés. C’est ça ou changer de gouvernement. Des vendus, nous n’en avons pas besoin. Une 22, ça doit servir à quelque chose, non?    

 – La violence n’a jamais rien arrangé…

– C’est une réponse de catholique qui ne sait pas que des millions de gens sont morts et meurent encore au nom du Christ ou d’un autre Dieu, au nom de la charité, pour combattre le mal qui se confine toujours au sexe. Pendant que les gens, fous de leur religion, se battent pour défendre les principes qu’on leur a appris, les dirigeants de ces mêmes religions s’enrichissent et organisent leurs orgies. Par exemple, pendant que Monseigneur de Sherbrooke, faisait campagne contre le mal, contre la danse et l’impureté, il se promenait en Floride avec son serein de Lennoxville. Je n’ai rien contre un évêque qui se déniche un petit gars à sucer, mais alors qu’on le légalise pour tout le monde. Combien se sont faits ou faites poigner le cul par des curés? Les plus scrupuleux sont les plus vicieux, c’est connu. Les plus névrosés aussi. Ce que je hais le plus au monde, c’est l’hypocrisie.         

– Si on enlevait l’impureté, la religion ne survivrait pas. Elle a besoin de péchés pour culpabiliser l’homme et la société a besoin d’hommes coupables pour cacher qu’on travaille toute sa vie comme des chiens pour rien. La religion, c’est la morale transmise quand t’es enfant par tes parents. C’est l’arme principale de la servitude, si cette morale n’est pas personnelle, adaptée à sa vie.         

C’est avec la religion, avec toutes ses tricheries psychologiques et ses hypocrisies quant à la nature humaine, que l’on t’apprend à te mépriser, à être dénaturé. Tu acceptes même tes maîtres, en te dissimulant tes propres besoins. Tu te crois obligé de remercier ceux qui te font souffrir. Tu es dénaturé en refusant ton statut de bête parce qu’on t’a fourré dans la tête, le premier et suprême mensonge : ta supposée supériorité sur la bête.           

 – Aux États-Unis et au Canada, tu as un maudit paquet de Jesus Freak, la future force de la bourgeoisie, les SS de la récupération.

– Moi et mon chum, quand nous sommes sortis du Mexique, nous étions malades comme des chiens. Nous sommes arrivés à un Jesus Save, subventionné par le gouvernement américain. Il a fallu les entendre se confesser hystériquement en public, se raconter comment Jésus les avait transformés.            

Puis, au souper, nous avons eu droit à un autre sermon, particulier celui-là parce que nous voyageons et que par conséquent, on ne travaille pas. Pourtant, ils ne nous ont donné pour nous convertir, qu’un bouillon et du pain sans plus. Il avait fallu assister à deux heures de sermon pour avoir ce peu à manger alors qu’eux, à table séparée, quelques minutes auparavant, ils s’empiffraient.   Puis, ce fut la douche collective où les responsables se rincent l’œil sur toi. Et, le lendemain, malgré la fièvre, nous n’avons pas pu demeurer au lit pour nous soigner. Nous avons dû nous coucher dans un parc. Jésus les avait changés, mais en quoi?   

– Si tu veux devenir riche part ta religion.        

– Le grand-prêtre des Krishna, le Majara Ji ainsi que Rampa, sont trois beaux fumistes, devenus millionnaires, grâce à leur nouvelle religion. Les « preachers » font le même racket, il suffit de parler contre le sexe pour qu’on pense que tu viens de Dieu pour nous punir…           

Quant aux Bérets blancs, aux Témoins de Jéhovah, ce sont définitivement des névrosés qui fondent leur foi sur le masochisme. Les Jesus Freak et autres groupes du genre sont souvent d’anciens drogués qui, détraqués ou souffrant de problèmes sexuels insurmontables, se sont réfugiés dans ces groupements pour obtenir par la foi et l’absence de réflexion, la sécurité que l’acide religieux leur procure.        

– Sans parler d’un curé qui m’a poigné le cul, j’ai connu un pédéraste, comme moi, mais qui était aussi béret blanc.  Nous étions partis trois en voyage. Pour dissimuler ses problèmes de cœur, il nous a quittés disant qu’il avait peur de la comète Kouhoutek, cette comète qui a rapporté plus de 100 millions par la vente d’objets pour se protéger de ses radiations. Une vraie bande de fous avaient cru les mouvements religieux.     

Ce pédéraste torturé par la peur de la mort et du jugement dernier prétendait comme tous les bérets blancs que la Vierge apparaissait à New York et qu’avec Kouhoutek, ce serait le grand jugement. Il n’en finissait plus de vanter ses parents, malgré son déchirement intérieur puisque ceux-ci, pour son bien, l’avaient placé alors qu’il était petit dans une maison de correction. Ils l’avaient surpris vers douze-treize ans en amour avec un jeune camarade. Sacrement, c’est grave des choses comme ça : pouvoir dénaturer carrément un être humain, un enfant, parce qu’il ne répond pas aux normes sexuelles transmises par l’ignorance populaire.   

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