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La Thérèsa 14

janvier 31, 2021

Thérèsa 14

Simoneau 29

Pressé de prouver que la mine n’est pas que du vent, Caouette décide de mettre la mine en production, malgré les objections de son ingénieur, M. Cloutier.

Le moulin de transformation sera donc construit immédiatement.
     
Pour appuyer sa décision, M. Caouette engage deux nouveaux ingénieurs. Ceux-ci croient dans la mine, mais comme Cloutier, ils mettent en garde M. Caouette. 

Le fameux ventre de l’araignée pourrait bien ne plus être là ou être si profondément situé, à cause de la faille géologique, que l’exploitation ne soit pas rentable.

M. Caouette affirme n’avoir aucun doute puisqu’ils sont sous la protection de Ste-Thérèse.

Le moulin est construit très rapidement, mais on arrive à produire très peu. Certains blâment la vétusté de l’équipement installé pour séparer l’or de la roche.


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Le doute s’installe lentement autant chez certains actionnaires ainsi que chez les mineurs.
     
Ceux-ci décident de contester l’autorité de Caouette et reprendre la majorité des parts. 

Ils mettent sur pied la signature d’une pétition exigeant que Caouette rembourse immédiatement ce qu’il appelle les emprunts afin de ne pas perdre d’argent dans une soudaine faillite. 

On craint que Caouette vende ses parts à des étrangers sans en avertir les autres. Le doute se propage.
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Le Club Thérèsien organise un grand banquet au New Sherbrooke, à Sherbrooke.

La table d’hôte est surtout formée de prêtres, ce qui a pour effet de sécuriser les actionnaires.
  
À cette réunion, Alphonse Caouette réitère sa foi dans la Providence et Ste-Thérèse pour les guider et assurer une réussite absolue de l’entreprise. 

Il explique, grâce à une maquette installée à cette fin, les travaux en cours. Il fait aussi projeter un film pour souligner combien il fait bon vivre à la Thérèsa. Il insiste sur l’esprit de solidarité qui y existe.
     
Par contre, Cloutier, ayant exprimé des doutes, est gardé sous surveillance par Marcel Caouette afin de l’empêcher de parler et semer le doute chez les actionnaires potentiels.
    
L’événement est un succès.

Cependant, alerté par les actionnaires qui réclament immédiatement un remboursement, les dirigeants tiennent une réunion plus restreinte des actionnaires qui le désirent afin de connaître tous les faits.

                               Caouette

Nous savons qu’un groupe de communistes s’agitent pour faire échouer l’entreprise, mais nous les avons à l’oeil.

                               Un actionnaire

Tout ce que l’on veut savoir c’est si l’on peut compter sur votre solidarité à vous. 

Vous détenez la majorité des parts. Qui nous garantit que devant la valse des millions vous n’accepterez pas de nous vendre à Lee Mines, par exemple ?
                                  Caouette
     
Ma vie. J’en réponds sur ma vie.
     
                               Actionnaire

Toi, Cloutier, qu’est-ce que t’en penses ?

                                 Cloutier

La Thérèsa, ce n’est pas encore une mine. On fait une erreur en la mettant en production avant d’avoir découvert le ventre de l’araignée. Actuellement, c’est le meilleur prospect que j’ai vu dans ma vie d’ingénieur.

Il faut poursuivre l’exploration avant de se lancer dans une production qui va engouffrer tout ce que vous avez, sans résultat.
   
Dans un coin, Marcel Caouette, en compagnie de quelques actionnaires proches de la famille, pleure comme un enfant.

                                Marcel
Qu’arrivera-t-il si la Thérèsa n’est pas aussi riche qu’on le pense.  Un prospect? J’ai toujours cru qu’on tenait avec certitude la mine la plus riche du pays.

Alerté par les pleurs de son fils, Alphonse lui annonce qu’il devra prendre quelques semaines de repos.
              

                                Alphonse
T’es rendu à bout, mon gars. Tu dois te reposer avant de nous claquer une profonde dépression.
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De retour à la mine, M. Caouette est de plus en plus convaincu que son ingénieur principal, M. Cloutier, trace des plans pour cacher les vraies veines. Il est persuadé que Cloutier a été acheté par Lee Mines.
     
                               Caouette
Je sais que tu veux la faillite de la mine pour la reprendre avec Lee Mines.
                                 Cloutier
Vous êtes complètement malade. J’ai personnellement des parts dans cette mine et j’ai incité plusieurs de mes parents à y investir.

Le problème est que vous refusez de voir la réalité en face. Nous sommes devant ce qu’on appelle une mine erratique. 

Nous trouvons une bonne veine, mais elle cesse d’exister deux pieds plus loin. On a beau faire, on ne la retrouve plus.

Caouette est en furie. Il somme Cloutier de le suivre dans la mine. Il descend un marteau à la main. Cloutier accepte de l’accompagner, mais avertit Fortin de cette visite.

                                       Cloutier
Si je ne suis pas revenu dans une heure, venez à ma recherche. Le vieux m’aura tué.

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   À la suite de cette visite, Cloutier discute avec son épouse.
    
                                Cloutier
  
Dans la mine, j’avais vraiment eu l’impression qu’il était pour me défoncer le crâne avec son marteau. Il devient fou. Ce n’est pas sécuritaire.

Il décide de prendre la fuite durant la nuit avec sa famille. 

Les rumeurs voulant qu’il soit un traître et un voleur qui s’est fait prendre prennent racines.
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La situation sème la consternation chez les actionnaires qui en sont informés. Ils décident de se rendre à la mine pour en savoir davantage.

Le soir, tout le monde est réuni à la salle communautaire pour discuter de la situation.

Comme d’habitude, la table d’honneur est occupée par les prêtres venus à la mine pour l’événement.

Après le repas, l’abbé Gadbois s’adresse aux invités. Il demande à tous de faire confiance à Dieu qui saura les guider vers la réussite.

Le photographe de Sherbrooke exaspéré puisqu’il connait les propositions financières de l’abbé Gadbois, se lève, se rend devant l’abbé Gadbois.   Il lui administre une taloche, affirmant qu’il essaie encore de les tromper.
     
Il reprend vite ses sens et quitte la salle en pleurant.
  
                             Un invité

Il sera damné pour ça. On ne peut pas frapper un prêtre sans aller en enfer.

La situation a tellement dégénéré que le Dr Noël décide de se rendre à Boston en discuter avec son oncle qui hésite de plus en plus à investir dans la mine.

Ce dernier l’amène chez l’archevêque de Boston qui semble intéressé lui aussi à investir de gros montants d’argent. Ce dernier veut savoir tout ce qu’il sait dans les moindres détails.

À la fin de la rencontre, l’archevêque les informe qu’il demandera à Rome de faire une enquête pour savoir ce qui se passe vraiment dans ce diocèse ontarien, avant d’y placer de l’argent.
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Caouette est entouré des deux nouveaux ingénieurs. Il est persuadé qu’il a été trompé par Cloutier. Ils arrivent, en prenant une marche pour discuter, devant la statue de Ste-Thérèse.
      
                       Caouette (s’adressant à la statue)
En tous cas, Ste-Thérèse, t’as besoin de ne pas nous lâcher à ton tour parce que si tu nous lâches, moi, je n’hésiterai pas. Je vais faire bulldozer ta statue dans la rivière.
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Alphonse et Marcel Caouette rendent visite à des actionnaires à Magog. Ceux-ci ont présenté la veille, dans une salle à Lennoxville, une pièce de théâtre racontant la vie d’Alphonse, surnommé le père Caouette. 

Les actionnaires sont frappés par la beauté de l’auto, l’habillement chic et les merveilleuses bagues de Caouette. Ils sont ravis de rencontrer un homme d’affaires prospère qui, malgré sa supériorité et son succès, n’hésite pas à se montrer gentil, de même condition sociale qu’eux, voire condescendant.

M. Caouette explique qu’il ne peut plus prendre d’investissements, car le moulin sera bientôt en opération.

                                                  Caouette

Ceux qui voulaient devenir riches ont déjà investi. C’est malheureux pour les autres. C’est trop tard.
 
Cette nouvelle méthode entraîne de nouveaux et payants investissements à la cachette. Caouette les accepte à la condition qu’on n’en parle pas.
     
Pour expliquer les retards de la mine en production, Caouette parle du sabotage qu’il y a à la mine. Il soupçonne les communistes d’avoir infiltré le projet et de le saboter de l’intérieur.
    
Marcel, en privé, lui rappelle qu’il est vrai que l’on a posé quelques gestes malheureux comme mettre du sucre dans le gaz d’une auto des contremaîtres, puis coupé une «strap»; mais qu’il n’y a jamais rien eu de grave.

                                  Marcel Caouette
J’ai peur qu’en exagérant ainsi, les actionnaires pensent un jour que nous sommes des menteurs.

                              Caouette

N’y a-t-il pas eu un vote communiste aux dernières élections ?

                                  Marcel

C’est vrai. Mais tout le monde au village sait que c’est une farce. C’est le petit Isaac. Il vient tout juste d’avoir l’âge de voter et y a décidé qu’aucun des candidats ne valait un vote. Y a voté pour n’importe qui.
      
                                Caouette

C’est ce qu’ils disent. On ne sait jamais. L’ennemi ne se montrera sûrement pas à visage découvert.

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Les déclarations de Caouette à l’effet que des communistes sabotent le travail à la mine font grande impression.
   
À la réunion suivante, à Drummondville, comme à l’habitude, on ne voit pratiquement que des prêtres à la table d’honneur. 

Dès que le Dr Noël essaie d’avoir des précisions sur le budget, un groupe de femmes commencent leur manifestation.

D’abord des « Je vous salue Marie», puis, un groupe de celles-ci partent de l’arrière avec des statues de la Vierge Marie et de Ste-Thérèse dans les mains et elles défilent dans la salle, afin disent-elle, de purifier l’atmosphère et de chasser le démon de la salle.


                                  Leblanc (au micro)

On est tous aussi religieux que vous.   Il ne faudrait pas tous devenir fous. La religion n’a rien à voir avec la mine. Dieu, c’est une chose ; l’or, c’en est une autre.
                               Abbé Gadbois

Il faut croire dans les vues de la Providence. Ceux qui sèment le doute et la division travaillent pour Satan.

                                  Robidas

Elles sont complètement folles. C’est quoi cette hystérie collective ?

                                Simoneau

C’est du colonialisme. On n’en sortira jamais tant qu’on sera mené par des gens qui mêlent affaires et religion.
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L’impensable survient le dimanche soir suivant. 

La cathédrale de Hearst est la proie des flammes. 
   
Évidemment, le diocèse n’a plus d’argent pour la reconstruire.
     
Rome nomme un enquêteur pour faire la lumière sur la situation. Mgr Lambert, un peu brusque, dit à celui qui enquête qu’il est trop vieux pour comprendre. 
     
Dans son rapport à Rome, l’enquêteur blâme sévèrement Mgr Lambert.

Rome ordonne à l’évêque de Hearst, Mgr Landry, et à son prélat domestique, Mgr Lambert, de quitter le diocèse. 

Le grand déménagement se fait à la cachette durant la nuit. Les autorités avaient l’ordre de déguerpir dans les 24 heures. On a jamais su exactement pourquoi.

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Les actionnaires arrivent à la mine. 

À l’assemblée générale, Caouette est sur l’estrade. Il raconte qu’il ne faut pas désespérer. Selon lui, Cloutier a disparu afin d’apporter les plans des endroits où se trouvent vraiment l’or. Il se dit persuadé qu’en travaillant fort, il y a moyen de sauver la mine. 

                               Caouette

Avec la Providence, nous aurons raison de nos ennemis.

Pendant qu’il parle, des mineurs manifestent à l’extérieur. Les pancartes indiquent qu’ils veulent être payés. Leur paye est déjà grandement en retard.

Les actionnaires votent pour que Marcel Caouette soit remplacé comme directeur général par M. Durand.

Marcel est effondré sur la table et pleure. « Ça n’a pas de sens. Ça peut pas finir comme ça.»

Des Indiens arrivent avec la police. Ils prétendent vouloir reprendre leurs biens puisque la mine passe sous leurs terres. La police assiste à la scène. Ne pouvant rien faire, elle décide de quitter les lieux puisque tout se passe pacifiquement.
     
À la suite de la rencontre, plus de la moitié des mineurs décident de quitter la mine, apportant du matériel pour compenser les salaires qu’on leur doit.
      
Quelques mois plus tard, les travaux sont abandonnés puisque l’on n’arrive pas à produire assez pour payer ceux qui sont restés.
  
Le moulin est défait et on vend tout ce que l’on peut pour payer les créanciers de la région.
                    ———————————————————-

Au Québec, des cultivateurs sont ruinés, car plusieurs ont hypothéqué leur ferme pour investir dans la Thérèsa. 
 
Des personnes âgées perdent toutes leurs économies. C’est la désolation. Certains plus philosophes disent que cela est sans doute mieux ainsi, se demandant ce qu’ils auraient fait s’ils étaient devenus riches.

                    —————————————————————

Caouette travaille dans un garage et chauffe l’autobus scolaire. Sa fille et sa belle-fille opèrent un salon de coiffure. Marcel annonce qu’il vient d’acheter à Hearst un commerce important d’assurances d’un juge de la famille du côté de sa femme.
     
Un peu plus tard, M. Caouette est sur son lit de mort, terrassé par un cancer.       

L’abbé Lagacé, un historien, l’accompagne dans ses derniers moments.
    
                                                            Caouette

Je vous jure, M. l’abbé, qu’il n’y a jamais rien eu de croche à la Thérèsa. L’argent de la mine est allé dans la mine et celle du diocèse a servi le diocèse.

15 ans plus tard. Les Caouette perdent à minuit leurs droits d’exploitation de la Thérèsa. 

  On entend les coups de masse pour enregistrer la nouvelle mine. Le feu se répand dans les anciens bâtiments de la Thérèsa. 

                          Mme Caouette

  Je savais que les trusts reprendraient la mine.

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  À la fin de son enquête, Ti-Jean rencontre un géologue de Toronto, anglais, mais catholique. Il affirme que s’il y a encore une mine d’or riche au Canada, c’est la Thérèsa.


                              Le géologue

 J’étais chez moi, quand le fils Caouette est venu me voir. Il m’a demandé si j’étais catholique. Puisque la réponse était affirmative, Marcel m’a demandé de se rendre à la Thérèsa afin d’examiner les lieux et leur dire s’ils avaient raison d’espérer.
 
De tout ce que j’ai vu, je peux affirmer que s’il reste une mine d’or riche au Canada, c’est là, à la Thérèsa, qu’elle se trouve.

Quand les Caouette ont abandonné leurs droits, je les ai rachetés.

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  Ti-Jean lit un journal. Achat du territoire de la Thérèsa par des hommes d’affaires de la Colombie-Britannique. La mine était devenue propriété d’un géologue de Toronto.

  Le centre de la mine est découvert, grâce aux nouveaux moyens techniques ; mais elle est trop difficile à exploiter pour être rentable. 

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Ti-Jean est avec deux jeunes indiens. Photos. Bières. Télévision. Les jeunes se couchent nus et Ti-Jean garde ses sous-vêtements. Ils rient de lui. Ti-Jean se déshabille, couche entre les deux. Les deux Indiens continuent de rire.

                     Les deux Indiens (ensemble)

   Que feront les Blancs quand ils découvriront qu’on a noyé la mine en dynamitant le fond de la rivière ?

                              Ti-Jean
   Chacun a son histoire.

Ils se mettent à lutter tous les trois. On les entend rire.

        
                                        FIN


Aux dernières nouvelles, même les nouveaux propriétaires auraient échoué.  

Les projets du club Thérèsien sont devenus depuis la Révolution tranquille des préoccupations politiques majeures. Est-ce que le programme politique de la droite québécoise est né de cette aventure ?

Si un jour, je découvre un scénariste et un réalisateur intéressés à produire ce film, ça me fera plaisir d’y travailler. 

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