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La Thérèsa 6

janvier 23, 2021

Théâtre 21

Thérèsa 6

Un après-midi, Mme Caouette se rend à la mine pour retrouver son mari. Elle est scandalisée parce qu’une dizaine de jeunes Indiens se baignent nus là où l’on a construit un quai aux abords de la rivière. 

Elle essaie de les convaincre de cesser de se baigner ou de s’habiller, mais les jeunes se moquent d’elle. 

Irritée par ces rires, elle retourne furieuse à la maison, en récitant son chapelet.

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La guerre mondiale est déclenchée, clame la radio. 

Marcel Caouette s’engage comme aviateur. Le départ est pathétique. Madame Caouette s’évanouit.


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Devant la montée du prix de l’or, Lee Mines veut se réapproprier la mine. Sachant que Caouette obéit aveuglément au Père Couture, il envoie une prostituée pour le corrompre. Le Père résiste.
    
Puisque les tournées du missionnaire sont devenues trop difficiles pour lui, Lee Mines lui donne un hydravion. Un jeune aviateur de 20 ans offre de partager sa vie au service du Père Couture et de ces missions. Une cérémonie est organisée à Hearst pour bénir l’appareil. Caouette furieux s’y rend. 
   
Au début de la cérémonie, il met le monde en garde contre ce don diabolique et exhorte les dirigeants religieux de le refuser pour ne pas créer de conflit entre eux et lui. 
    
Des amis l’entraînent à l’écart pendant qu’il vocifère : « C’est le diable! C’est la tentation du diable! Ne comprenez-vous pas? »


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Caouette est assailli par un groupe de fier-à-bras, dirigé par l’employé qu’il avait congédié. Il est hospitalisé trois semaines. Il confie à son épouse qu’il y voit l’œuvre de Lee Mines.

Tous ces gros trusts anglais sont une mafia raciste anti francophone et autochtone. Une bande d’exploiteurs.  

La grande mafia, explique-t-il, englobe le système judiciaire et la pègre. La grande mafia, ce n’est pas la petite pègre, mais des hommes d’affaires d’influence qui sont avides de pouvoir et d’argent. La discussion se termine dans la prière.

Deux hommes de Lee Mines arrivent à l’hôpital. Ils tentent de persuader Caouette d’abandonner le projet et de leur vendre ses parts,

Caouette refuse à nouveau et demeure majoritaire dans la Thérèsa.

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Pendant ce temps, à la mine, tous les Indiens, sauf un, ont déserté le travail ou ont été congédiés.

Le Père Couture vient pour rassurer son ami, mais il lui reproche l’absence des Indiens, rappelant que l’entreprise avait été fondée à la demande de l’évêque, frère de son épouse, pour leur venir en aide. 

Caouette tente de lui faire comprendre qu’on ne peut pas se fier à eux, car ils se présentent seulement quand ça leur dit alors que le travail ne peut pas attendre.

Selon Caouette, on ne peut pas faire des sédentaires avec des nomades.   Ce beau rêve est contre nature, contre la nature même de ceux qu’ils veulent aider. 

Caouette souligne que les travailleurs à la mine ne sacrent pas. Ce sont tous avec lui et son épouse des catholiques convaincus et pratiquants comme on l’avait aussi souhaité.

Caouette avise le Père Couture qu’il envisage de devoir cesser les opérations parce que la souscription est trop ardue.

Le Père Couture prétend que ça ne peut pas se faire, qu’il ne faut pas abandonner les Indiens. 

Caouette est sur le point de se laisser convaincre quand Mme Caouette intervient. 

L’autre jour, j’ai surpris un groupe de jeunes Indiens se baignant nus. Ils ont ri de moi plutôt que de se couvrir, nous ne pourrons jamais en faire de vrais catholiques puisque le péché de la chair ne semble pas exister pour eux. 

Elle tranche vite. Il faut se faire une idée, dit-elle, c’est un rêve impossible. On n’en fera jamais de bons chrétiens.

Le Père Couture fond en larmes, en gémissant : « Dieu ne peut pas les abandonner. Ce serait toute ma vie qui n’aurait pas de sens»

 
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Caouette manque de liquidité et est contraint d’abandonner la partie. La mine ferme une première fois.

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Un actionnaire et employé de Caouette, fâché de la tournure des événements, décident de poursuivre Caouette à la Société immobilière de l’Ontario puisqu’il était travailleur et actionnaire dans la Thérèsa. 

Il ne voulait pas perdre son salaire qui n’entrait plus depuis six mois. La Cour lui donne raison. Caouette devra lui remettre l’argent investi, le salaire en retard et la Commission interdit à Caouette de vendre des parts minières dans l’avenir.

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Caouette est ruiné. C’est la déprime. Deux hommes seulement, dont un nommé Gosselin, venu de Sherbrooke, décident de rester avec lui.  

Ils essaient de survivre en vendant l’or qu’ils auront extrait à la pioche.

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M. et Mme Caouette rencontrent d’abord Mgr Lambert qui leur explique que la structure légale en Ontario fait en sorte que les paroisses constituent des municipalités. Ainsi, plus il y aura de paroisses catholiques et francophones, plus le pouvoir sera entre les mains de francophones.

Cependant, selon lui, pour créer de nouvelles paroisses, il faut avoir de l’argent liquide pour entreprendre la construction d’églises et de presbytères. 

Aussi, a-t-il pensé qu’en remettant sur pied la mine Ste-Thérèse, celle-ci, grâce à l’argent reçu des actionnaires, pourrait fournir cette liquidité nécessaire et urgente que l’Église se hâterait de rembourser.
     
C’est juste une petite opération de vases communicants afin de structurer le Nord-Ontario de façon à ce que les francophones catholiques soient majoritaires ou, du moins, bien implantés. 

Un prolongement de la colonisation en Abitibi. La sédentarité est essentielle pour définir la possession d’un territoire.
    
Le Père Couture intervient à nouveau pour qu’on donne une dernière chance aux Indiens de s’intégrer au travail. « Des chèques de bien-être, c’est la mort de l’individu. »  Il plaide leur cause.

Caouette a des réticences. Les riches ne veulent pas devenir actionnaires parce que l’or rapportera moins de profits sans la guerre.   

De plus, il est contre les cartels et toute la mafia économique des trusts. 

La mine doit être une garantie pour les petits de pouvoir un jour devenir riches.

Caouette réaffirme sa conviction que la Thérèsa est une mine super riche. Il prétend que Lee Mines a faussé les cartes d’exploration pour le décourager et l’amener à vendre. 

Caouette ne demande pas mieux que de recommencer l’exploitation de la mine. Cependant, depuis le procès perdu et surtout parce qu’il refuse d’enregistrer la Thérèsa à la bourse, Caouette n’a pas le droit de vendre des actions. 
    
« Si la mine est enregistrée à la bourse, elle pourrait tomber sous le contrôle des Anglophones. »

Mgr Lambert préconise, dans ce cas, que les actions soient plutôt des prêts remboursables dès que la mine sera mise en production.

Le plan est accepté.

Mgr Lambert informe M. Caouette qu’il a même trouvé l’homme qu’il lui faut pour construire de petites maisons et ainsi permettre de peupler la Thérèsa non seulement de jeunes célibataires, comme les bûcherons, mais des familles pour ainsi créer une véritable communauté. 

La Thérèsa sera un village catholique et francophone, un exemple de vie pour tous les catholiques d’Amérique.

Mgr Lambert fait entrer les Brassard avec leurs huit enfants (sept gars, une fille). La conversation est très courte. 

Caouette propose que Brassard fournisse sur place le moulin à scie qu’il exploitera avec sa famille. 

Pour sa part, la mine achètera le bois nécessaire pour opérer le moulin à scie. Elle paiera le sciage en fournissant des parts à Brassard pour la valeur du bois scié. De plus, la mine fournira tout ce qui est nécessaire « au quotidien» pour la famille Brassard, soit un bond d’achats permanent au magasin de la mine, en attendant que celle-ci soit en production.

Marché conclu. Brassard dit : « Nous commençons immédiatement à déménager et nous y installerons le plus vite possible. »

Mgr Charbonneau fait son entrée. Il félicite Caouette pour le support qu’il a décidé d’apporter au clergé. La rencontre est brève et chaleureuse puisque la sœur de l’évêque, épouse de Caouette, se joint au groupe.
    
Caouette annonce qu’il se rendra dans la Beauce avec Mgr Lambert et le Père Couture afin de recruter les mineurs et les premiers investisseurs. Les mineurs recevront le salaire minimum de l’Ontario, plus une « action » par jour. Ainsi, dit Caouette, ils pourront dire que la mine leur appartient.

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M. Caouette quitte l’endroit où s’est installé Brassard et sa petite famille, à l’est de la rivière Suicide. Les travaux avancent rapidement pour l’aménagement du moulin à scie.

                            Brassard

Nous aurons déjà, à votre retour, tout le bois nécessaire pour construire les premières maisons.

                            Caouette


N’oubliez pas de commencer par livrer ce dont on aura besoin pour construire trois maisons sur la colline, là, vous voyez. Ce seront ma maison et celles de ma fille Thérèse et de mon garçon Marcel. Le village sera en bas, ici, près de votre moulin.

C’est le départ pour le Québec.

Mgr Lambert et le Père Couture ont pris place à l’avant de l’auto alors que M. et Mme Caouette sont à l’arrière. Ils arrivent dans la Beauce où ils sont reçus par le curé de la paroisse.

Le curé leur explique qu’il a déjà discuté avec le marchand de la place. Ce dernier semble souhaiter investir, mais non à déménager. Il doit amener des amis à qui il en a déjà parlé ainsi que des jeunes qui seraient intéressés à se rendre à la mine.

Le soir, une petite foule d’une vingtaine de personnes est assemblée au sous bassement de l’église paroissiale. Les représentants de la mine font leur entrée sous les applaudissements.  

Mme Caouette rougit et se penche vers son mari. Elle dit en s’y appuyant : « J’ai les jambes toutes molles ! ».  Elle s’assoit rapidement pour ne pas tomber.

Le Père Couture explique aux Beaucerons qu’il faut sauver les pauvres Indiens de la ruine et de la déchéance, car les Blancs pillent leur territoire de chasse. La mine sera pour eux un moyen de survie.

Mgr Lambert est plus politique, il insiste sur la nécessité de peupler le Nord-Ontario de catholiques. « Le sud de l’Ontario est fortement peuplé. Qu’une ville s’appelle Toronto ou Montréal, c’est la même chose : un repère où les démons de la concupiscence règnent en maîtres. Avec la Thérèsa, ce seront les bonnes œuvres que nous mettrons dans la balance, capable de nous faire oublier que Satan est parmi nous. La pointe de la flèche du Bien dans le royaume du Mal, dans le protestantisme avec ses « Rednecks » et un gouvernement qui interdit aux francophones de l’Ontario d’avoir leurs écoles françaises et catholiques».

M. Caouette explique qu’une maison sera construite gratuitement pour chaque famille. Les célibataires, par contre, vivront dans un dortoir commun. 

« La Thérèsa a besoin de tous les bras. À la mine, aucune boisson et aucun sacre ne seront tolérés. Ceux qui manqueront à cette règle seront expulsés». Caouette garde sous silence que cette règle est fixée pour obéir aux exigences des Lacordaire qui investissent un gros montant dans la mine.

Il fait miroiter la possibilité de devenir riche rapidement et discute avec ceux qui ne sont pas encore convaincus de vendre leur ferme pour se rendre dans une mine faire un métier qu’ils ne connaissent pas. Un couple de jeunes qui ont déjà deux petites filles hésitent. Caouette leur affirme que ce voyage, c’est comme l’appel des missions :

« Il ne faut pas décevoir Dieu, sinon on risque de le payer pour le reste de sa vie.»

Puis, un homme plus âgé explique à Caouette qu’il ne peut pas vendre pour partir à son âge.   Caouette, voyant qu’il n’y a rien à faire, insiste pour qu’il envoie ses trois fils.

                                            Le cultivateur

Mais le plus jeune n’a que 14 ans.

                                            Alphonse Caouette

«Travailler pour Dieu les mûrira», tranche Caouette.

Le vieux est secoué, mais ravi que ses fils aient un si bel avenir.

À la fin de la soirée, le curé de la paroisse attire Caouette dans son bureau, sous prétexte qu’il a une surprise pour lui.

À son entrée, le curé lui présente un jeune ingénieur qui vient tout juste de sortir de l’université Laval. Celui-ci sollicite immédiatement l’emploi.

                                         Cloutier
M. le curé m’a tout expliqué. Votre projet est exaltant.

Caouette prend connaissance de ses résultats scolaires.

                                        Caouette

Fort impressionnant ! Quand êtes-vous prêt ?

                                         Cloutier

Demain matin, si vous voulez. ! 

Caouette sourit.   

                                      Caouette

Dans trois jours, j’ai d’autres gens à rencontrer avant de partir. Une mine, ça ne fonctionne pas à l’eau. D’ailleurs, à bien y penser, à trois derrière l’auto, nous serions à l’étroit. 

Il serait préférable que vous montiez en train. Vous n’avez pas d’objection? Vous êtes mariés? Des enfants?

                                     Cloutier

Oui. Mon épouse est infirmière et j’ai une petite fille.

                                     Caouette

À la bonheur! En train, vous pourrez monter toute votre famille.

                                     Cloutier

C’est ce que j’ai pensé. — on se revoit à Longlac!


Et, quelques jours plus tard, la Thérèsa avait son premier ingénieur minier.

Les premiers jours, le nouvel arrivant visite le terrain ainsi que les tunnels déjà creusés. Impressionné, il confie qu’il n’a jamais vu autant d’or en surface. C’est même mieux qu’à Val-d’Or.

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