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La vie sexuelle 9(pp. 83à 92)

août 10, 2020

La liberté s’acquiert avec l’expérience. Le but premier de l’éducation est de créer des êtres autonomes. Tout le monde sait que l’âge ou le rythme de développement sexuel varient d’un individu à l’autre. Tout est question d’hormones, de pulsions. Est-il normal de toujours essayer d’ignorer sa petite nature, ce que l’on est en réalité. Nous ne sommes pas des anges que les religieux aiment ça ou pas.

C’est la raison pour laquelle je préconise, dans mes livres, que l’on abolisse l’âge de consentement pour permettre aux jeunes de se prendre en main et de vivre leur sexualité à leur rythme, selon leurs besoins, grâce à une bonne éducation familiale, puis scolaire. L’âge de consentement devient leur entrée au secondaire.

Au lieu d’agir par peur, ignorance, ils doivent eux-mêmes décider de leurs valeurs morales, à la suite de l’éducation familiale. C’est ça être autonome. Décider par soi-même.

C’est beau prétendre qu’un geste sexuel est immoral, mais il faudrait pouvoir le prouver, le justifier. D’où vient cet interdit, sur quoi repose-t-il ? Dieu, un être purement spirituel, immatériel, illimité pourrait-il nous expliquer comment se comporter dans notre réalité d’être mortel ? C’est carrément illogique et invraisemblable. Il s’agit d’une projection des religieux dans laquelle on interprète, dans nos limites de mortel, ce qu’un être infini pourrait penser.

C’est pourtant ainsi qu’on agit présentement. Chez un garçon, les transformations sexuelles se font sentir ainsi que ses désirs de premières vraies expériences, en étant partagées, vers l’âge de dix ans ou un peu plus tard, selon les individus et la maturité de chacun. Ce n’est pas une nécessité, mais une possibilité. C’est en ce sens que je parle de pédérastie à partir de 10 ans et plus. Je ne dis pas qu’il faut initier les jeunes, qu’il leur faut avoir une expérience sexuelle à cet âge à tout prix, mais je constate simplement que les changements physiques, l’attrait et la relation, et même de perception de la sexualité pour un garçon ça se situe vers 10 ans et plus et que l’on se doit de respecter cette réalité, ce qui leur confère de facto un droit absolu à leur intégrité et la vie privée. Ce ne sont pas des bébés dépendants des adultes.

Je fais une distinction entre la sexualité et la génitalité. La sexualité est plus large, elle implique la tendresse et les relations larges entre individus alors que la génitalité ne concernent que l’excitation de zones précises : pénis, seins, fesses. Les scrupuleux étendent ces zones à tout ce qui est corporel, d’où le besoin de tout cacher et ne rien toucher.

C’est au jeune, lui-même, seul, de décider pour lui, et non aux adultes ; car décider pour eux, c’est tisser leur immaturité affective. Les adultes ne perçoivent pas la sexualité de la même manière qu’un enfant. C’est normal, dans une relation adulte, il faut tenir compte de la possibilité de procréer … une différence immense de responsabilité.

Tout, comme les jeunes ne perçoivent pas le temps et l’espace comme un adulte. Ils perçoivent leur sexualité différemment. Ça fait juste chatouiller. Censurer et interdire la sexualité non violente et consentie, c’est nourrir la paranoïa à partir de la peur des étrangers que l’on entretient, surtout à la télévision en te sommant de ne jamais faire confiance aux autres. Une peur qui se confond avec le rejet de l’homosexualité. C’est faire croire dans un danger qui n’existe pratiquement pas.

Les Québécois sont incapables de prendre leur destin en main parce qu’on ne leur a jamais appris à reconnaître leur propre valeur à cause de cette éducation sexuelle malsaine.

Jamais on n’atteindra une véritable égalité entre les hommes et les femmes, tant que la sexualité sera perçue par les femmes comme le mal absolu. D’ailleurs, si vous avez le moindrement cherché à avoir un de mes livres, vous avez constaté qu’on en trouve que très rarement et seulement dans les bibliothèques des universités ou à la bibliothèque nationale. (Où on vous mettrait en garde contre mes écrits avant de vous y donner accès).

Je n’ai jamais prétendu écrire des œuvres pour la jeunesse, une autre façon d’étendre la censure sur les jeunes : leurs lectures. On pense comme tout le monde ou on n’a pas le droit de parole. Je me demande comment je peux corrompre la jeunesse parce qu’à ce que je sache, t’as plus de 14 ans quand tu fréquentes l’université.

Mais, je remets les interdits sexuels pour les jeunes en question, ils ne doivent surtout pas le savoir et se questionner eux aussi. Quand il a été question d’une séance de signatures au Salon du livre de Sherbrooke, je savais que j’y étais présent donc qu’aucun de mes livres ne serait vendu à un enfant. Par ailleurs, il aurait été intéressant de revoir les gens qui m’ont connu quand j’étais journaliste à la Tribune.

Censure morale ou censure politique ? La censure sexuelle a toujours été  débile. Ça me rappelle que dans mon enfance, Victor Hugo, Rimbaud, Verlaine, etc. étaient à l’index.

La malhonnêteté morale

Quelle malhonnêteté intellectuelle ou ignorance quand il s’agit d’interpréter ce que nous écrivons : je ne prône pas la pédérastie (comme toute orientation sexuelle, on l’est ou non, c’est totalement en dehors de sa propre volonté et on ne peut pas le devenir à moins de l’être déjà inconsciemment). Je constate des faits qui contredisent tout ce qu’on peut lire ou entendre sur la pédérastie et la pédophilie. Je déteste l’hypocrisie et le mensonge. Comment exprimer ce que je veux dire ou expliquer ces phénomènes, si je ne peux pas en parler clairement et ouvertement ?

Un essai comme La pédérastie mise à nu est une forme littéraire basée sur l’argumentation. Comment peut-on contredire des mensonges si on n’a pas le droit d’en parler.

Un essai, c’est un point de vue particulier que l’on développe. Toute notre éducation sexuelle a toujours été le silence absolu, la honte, la peur. Ce n’est pas en disant qu’il y a une différence entre la pédérastie et la pédophilie et en tentant de l’expliquer, qu’on en fait la promotion.

J’ai été heureux d’avoir été pédéraste, ça m’a apporté les plus beaux moments de ma vie, je ne peux pas dire le contraire. J’ai adoré ça ; mais, par contre, pour d’autres ce fut l’enfer. Ils se sont suicidés. Ils étaient harcelés par les moralistes, des assassins légaux. Ils ne tuent pas, mais ils t’amènent à te tuer. C’est le message de mon ami Marc Lachance. Suis-je plus lâche parce que je ne me suis pas tué ?

D’ailleurs, dans beaucoup de me textes, je parle du problème de vivre quand tu es pédéraste, qu’est-ce que ça doit être quand tu es pédophile ? Nous vivons dans une société juge, une forme d’inquisition sociale vivante, qui préfère le délire religieux à la réalité humaine. C’est complètement fou de prétendre que raconter sa vie ça veuille dire une invitation pour que les autres vivent ainsi. Une autobiographie a toujours une part de fiction ne serait-ce que par les oublis. Ce n’est pas une invitation à vivre ainsi, c’est partager une expérience douloureuse ou extraordinaire, c’est essayer de permettre aux autres d’entendre la description de votre expérience, sans devoir la vivre. Vous pouvez ainsi en partie la comprendre.

C’est ça écrire à mon point de vue. On a essayé de me faire condamner en utilisant le même manège, lors de mon dernier procès, en se servant de mon livre L’homo-vicièr. Le juge ne s’est pas laissé berner et il a nettement statué qu’en aucun moment j’incite qui que ce soit à devenir pédéraste, encore moins pédophile. C’est un livre qui ne peut pas être identifié en dehors de la pure fiction-tentative d’humour. Je juge notre société à partir de mes connaissances, d’où je raconte une pseudo généalogie remontant jusqu’à Yahvé. .

Qu’on le veuille ou non, la littérature, tous les bons dictionnaires et la psychanalyse font une nette distinction entre les mots pédophile et pédéraste; sauf qu’ici, au Québec, on a la malhonnêteté intellectuelle assez forte pour tenter de faire croire qu’il n’y a pas de différence. Ils savent que le langage judiciaire (l’âge de consentement) n’a rien à voir avec le langage commun de la réalité physique et scientifique. L’âge de consentement ne fait qu’indiquer ce qu’on considère légal ou non. Un abus de pouvoir de l’État, à mon avis.

D’ailleurs, si Harper n’avait pas voulu porter l’âge de consentement à 16 ans, je n’aurais pas ressenti le besoin d’écrire ce que les « sans voix » voudraient dire contre ce règne de terreur.

J’ai aussi écrit cet essai, car je venais presque d’être tué et je me suis demandé ce que j’aimerais absolument dire avant de mourir. J’ai choisi la liberté sexuelle au détriment de l’indépendance du Québec, car je trouve que c’est ce qu’il y a d’essentiel pour les générations à venir. La vie sera tellement difficile qu’il faut éliminer les barrières religieuses pour assurer la survie de l’espèce humaine. Les religions ne doivent conserver que la spiritualité ou disparaître, car elles engendrent la haine plutôt que la compréhension.

Mon orientation sexuelle ou les pratiques sexuelles qui la déterminent sont deux choses totalement différentes. J’ai vécu des expériences pédérastes, d’autres avec des femmes et des hommes, laquelle fait que je suis hétéro, homo ou pédéraste ? Je ne me crois pas pervers parce que j’ai voulu tout essayer ; mais un libre penseur, un petit jouisseur, comme dans une certaine philosophie qui reposait sur la jouissance. Plutôt que de me consacrer «pécheur», j’ai appris à jouir de notre éphémérité et d’en remercier Dieu.

En ce sens, je me trouve plus religieux que bien des mangeux de balustre… J’ai parlé de pédérastie pour que l’on sache ce que c’est sans mensonge. Sans  délire religieux. Avec le parti pris d’un gars qui le fut et le sera toute sa vie. On ne change pas son orientation sexuelle. J’ai des désirs plutôt éclatés depuis que la sexualité n’a plus autant d’importance dans ma vie. On pourrait avoir au moins l’honnêteté intellectuelle de respecter cette réalité.

Ce n’est pas en infantilisant les jeunes garçons qu’on en fera des êtres responsables. Surprotéger, ce n’est pas créer des êtres autonomes, mais des automates. Ce n’est pas les protéger, mais c’est les empêcher d’être eux-mêmes et de se développer selon leur conscience personnelle et leurs expériences. Les enfants ne sont pas « les objets des adultes», ils ont droit à leur corps et à leurs propres expériences tant qu’elles sont non violentes, sans domination, responsables et pourquoi pas agréables ?

La morale bourgeoise.

La morale bourgeoise est à la base d’un véritable commerce qui est loin de viser le bien-être et le mieux-être des gens concernés.

Le mariage est un échange de pouvoir, de statut social, dans bien des pays alors que ce devrait être une union fondée sur l’amour pour donner naissance à des être qu’on chérira tout au long de notre vie.

Tant qu’on aborde la sexualité en dehors du mariage comme quelque chose de mauvais, de honteux et de mal, c’est bien évident qu’on cherche à éviter les expériences chez les jeunes.

Le monde judiciaire a créé des montagnes de mots ou de règles pour rendre la sexualité encore plus dégueulasse. Le judiciaire n’a jamais respecté l’âge de consentement, car pour épingler quelqu’un, on multiplie les lois, les fautes et les accusations. On coupe une même aventure en mille petits morceaux pour avoir le plus de chefs d’accusation possibles.

Comment voulez-vous qu’un jeune soit capable de juger sérieusement d’une situation alors qu’il est interrogé par la police ? Peut-il vraiment faire valoir, sans peur, ses choix et ses valeurs ? Ça ne le traumatise pas de voir la police jouer dans sa vie privée ? On a même détourné la raison pour laquelle on avait inscrit dans la Charte des droits de la personne, la discrimination selon l’âge, sous prétexte qu’il faut protéger les jeunes de leur imbécillité ou de l’ignorance confondue avec l’innocence.

On a multiplié les termes : attentat à la pudeur, incitation à la délinquance, agression sexuelle, grossière indécence, etc., juste pour contourner le droit des jeunes à choisir leurs expériences sexuelles.

Le système décide pour le jeune s’il aime ça ou si c’est bien pour lui. On considère encore les adolescents au mieux comme « la propriété des parents»

ou au pire comme des idiots, incapables de savoir ce qu’ils doivent décider. On est même rendu à 18 ans dès qu’il est question d’incitation. Pourtant, l’âge de consentement est de 16 ans ; ce qui prouve l’incohérence et l’hypocrisie du système judiciaire. Si on était moins hypocrite, on y mettrait un peu d’ordre et de cohérence.

Il en est ainsi parce que la répression est payante. Les gouvernements se sentent justifier d’y verser autant de subventions, sous prétexte qu’ils ont l’appui de la population d’où la nécessité de maintenir la paranoïa en multipliant les cas de pédophilie et ainsi faire croire que c’est un crime fréquent. C’est aussi pourquoi il faut élever l’âge de consentement. Pas de crimes, pas de subventions. Pas de subventions, pas d’emplois. Plus on place de mauvais mots, plus on peut écœurer les gens quand ils en entendent parler dans les médias et justifier des sentences plus salées pour maintenir encore plus la peur et les raisons d’investir. Faut bien rendre ça monstrueux pour continuer une domination des individus basée sur le tabou et l’aliénation … il faut avoir peur pour justifier la chasse aux sorcières modernes.

Sur le plan légal, je préconise qu’il n’y ait plus d’interrogation sur la vie des gens, mais une seule question : Est-ce que tout le monde concerné était consentant

? C’est oui ou non. Ce doit être clairement signifié dans le rapport entre les individus. Et, c’est la seule chose qui doit être établi.

Le reste sert le voyeurisme de nos médias qui commencent aussi à se prendre pour des curés. Dans ma proposition, un non ferme qui n’est pas respecté constitue automatiquement un viol, d’où la nécessité pour le jeune de connaître absolument la portée du oui ou du non et ne jamais utiliser le « peut-être» … Si  tu n’es PAS D’ACCORD, tu prends les moyens pour ne pas y participer, ne pas te retrouver dans une situation où tu es susceptible de te le faire offrir ; tout comme tu as le droit de consentir.

Être identifié et pointé comme pédophile au Québec, c’est exactement la même chose que de recevoir un ticket au suicide.

Identifié pédophile, c’est vivre le rejet total, absolu. On ne peut plus travailler à un emploi raisonnablement bien payé, ni faire de bénévolat. On ne peut qu’espérer, puisque tout le monde vous écarte pour ne pas passer pour des pareils, de crever au plus vite pour fuir cet enfer.

Pourtant, on apprend en psychologie qu’aimer et être aimé, c’est aussi important que de respirer. Tu peux tuer, quand tu sortiras de prison, tu auras droit à la liberté. Mais pour une caresse ou tout autre geste sexuel non violent, tu pourras à vie être sur une liste de prédateurs sexuels, une liste de gens qu’on a le droit et le devoir de haïr. Ce mépris est digne de la Gestapo ou de l’Inquisition, un  même délire d’ignorance et de prétendue supériorité.

Pourquoi un mouvement qui doit défendre les minorités, comme la Commission des droits de la personne, peut-il accepter un tel harcèlement à vie pour un crime sexuel non violent ? Comment un homme âgé peut-il encore constitué une menace ? La folie ne pousse pas qu’à tuer…

On ne fait aucune distinction entre un geste sexuel non violent et un viol. C’est un peu fort, n’est-ce pas ? La paranoïa de certains parents face à la sexualité justifie-t-elle une telle mise à mort à petit feu ? En quoi est-ce différent que de la torture morale et sociale ? C’est plus facile de faire haïr un pédéraste que de condamner  une  junte  militaire  qui  opprime  son  peuple   ou  un  président   qui déclare la guerre à un pays pour l’envahir et lui voler son pétrole. Dans le cas du pédéraste, il fait jouir sa victime ; alors que le président lui avec sa guerre fait tuer, mais les morts sont au moins demeurés chastes… le président a le droit de commander de tuer, lui, c’est le président ; c’est plus acceptable que s’il avait sucé un jeune qui risque d’avoir aimé ça…

Est-ce qu’un chauffard saoul qui a entraîné la mort d’un ado se voit refuser le droit d’être écrivain, sous prétexte qu’il n’a pas agi selon les règles ? Est-ce  qu’on lui enlève le droit de dire dans ses livres qu’il aime le vin et que le vin est bon ? C’est pourtant les règles que je vis au Québec réputé pour son sens de la démocratie et de la tolérance. Je ne me plains pas, je constate.

Que fait-on si on se découvre pédéraste ?

Dans mes livres, j’ai posé deux questions fondamentales en ce qui a trait à la sexualité : la répression sexuelle est-elle justifiée ? Qu’est-ce qu’on fait, si un jour, on se découvre pédéraste ou pédophile dans une société maladivement intolérante comme la nôtre concernant tout ce qui touche au sexe chez les mineurs ? Ou encore que notre fils l’est ?

Évidemment, si j’avais été en Iran ou tout autre pays fanatiquement religieux, je n’aurais pas eu besoin à me poser la question. Je serais mort. Cette religion se comporte en assassin pour faire croire qu’elle détient la vérité, mais en  ce faisant elle perd le sens de « la miséricorde d’Allah ».

 » On peut tuer un jeune dans une guerre ; on peut l’exécuter s’il est prisonnier de guerre, même si c’est un meurtre légal, on peut lui vendre de la  drogue, le  forcer à voler pour se nourrir ; le frapper pour qu’il obéisse ; on peut s’en servir comme enfant- soldat ; on peut le tuer en chauffant saoul ; le faire travailler avant d’avoir terminé l’école secondaire ; tout ça n’a pas d’importance, tant qu’il demeure chaste.

Si ce n’est pas de la folie, je me demande ce que c’est. Selon eux, la misère ne traumatise pas ; seule la jouissance, le sexe, y parvient. C’est cette société

d’hypocrites, cette folie, que je me suis efforcé de dénoncer à travers mes écrits et j’en suis très fier.

Malheureusement, on revient à la censure d’antan, les religions reprennent de la crédibilité alors qu’il n’a jamais été aussi évident qu’elles ne sont que des moyens efficaces de se  remplir  les  poches  en  maintenant  la  foi  des hommes dans des philosophies basées sur l’ignorance, et ce, même si on multiplie les diplômés d’université en théologie de toutes sortes. Le discours débile des religions sur la sexualité n’en demeure pas moins un viol de conscience collectif.

Quant à mes titres, il faudrait retirer les Évangiles, car il est écrit comme parole de Jésus dans l’Évangile  » Laissez venir à moi les petits enfants.  » Laissez venir à moi les petits gars raconte l’histoire d’un gars qui va en prison pour des actes sexuels. C’est un roman, même s’il se donne des airs d*autobiographie et qu’il est très près des faits vécus.

L’Homo-vicièr est un texte de fiction qui se veut drôle du début à la fin. Sa conclusion est à peu près la suivante : il faut aimer, aimer, ça change le monde. J’aurais dû écrire pour obéir à la philosophie de notre système : il faut voler, se droguer, tuer, faire la guerre et empocher les plus gros profits possibles. J’aurais ainsi prôné la morale qui prévaut dans notre société actuelle et qui s’affole dès qu’il est question de sexe. Une morale immorale.

D’ailleurs, quand j’ai été reconnu par l’UNEQ comme écrivain titulaire, donc professionnel, ces livres avaient déjà été publiés, mais à cette époque, on avait pris le temps de les lire avant de me condamner. On savait de quoi on parlait. On ne s’accrochait pas dans une phrase quelconque.

Quant au titre dans Sortir,  » Aimer les petits gars, féerie des adultes. », c’était un collectif. Ce livre a été écrit pour dénoncer les gens qui tuaient les homosexuels dans les parcs sous le silence affectueux de la police et la violence de celle-ci quand elle effectuait des descentes dans les clubs gais.

Mon texte visait à démontrer que c’est faux de prétendre que les jeunes ne participent jamais de bon coeur à des jeux sexuels et que vivre leur sexualité comme ils l’entendent est un droit.

J’ai écrit cela pour révéler ce qu’une « toute petite minorité pensait, mais qui  avait trop peur pour ouvrir la bouche ». Je me suis consacré porte-parole. Je voulais établir une distinction entre ce qui est violent et ce qui ne l’est pas. Un élément essentiel pour déterminer la dangerosité.

Ce titre, je ne l’ai même pas choisi ; je l’ai appris en lisant le livre ; mais au nom de la vérité, je l’accepterais encore, si j’en avais l’occasion. Le monde a droit à la Vérité, Je ne peux pas dire le contraire de ce que je pense. Je ne suis pas

encore assez tordu pour nier ce que je ressens. Ce livre avait aussi été publié quand je fus admis comme écrivain titulaire à l’UNEQ. Serait-ce que la tolérance se serait dégradée dans notre société plutôt que de s’affirmer en dehors des volontés religieuses ?

Il est malheureux que notre société ne se scandalise pas autant de la violence que du sexe. On s’en porterait sûrement mieux. Comment peut-on prétendre qu’un jeune qui vit la violence à toutes les secondes de sa vie à travers ses    jeux n’est pas influencé par elle et que dès qu’il voit un corps nu, il s’affaisse de malaises. Il faut être malade pour y croire.

Je trouve la violence de nos sociétés un mal beaucoup plus profond que la liberté sexuelle. D’ailleurs, selon Fourrier, la violence des individus est en rapport direct avec le degré de répression sexuelle de la société. Bonne chance!

La violence et les drogues sont plus néfastes que n’importe quelle expérience sexuelle consentie et vécue avec plaisir… mais ça paye. Le système économique ne peut pas survivre sans violence. La guerre permet d’investir dans la recherche et la reconstruction. Pas de guerre, pas assez de dépenses inutiles pour maintenir le système.

Si les religions prennent à nouveau le contrôle de la morale, le ciment social sera de plus en plus fanatique et meurtrier. Les droits de la personne n’existeront plus. Le système judiciaire est déjà contrôlé par la pègre et bientôt on y ajoutera les religions parce qu’on aura déformé le droit à sa religion. Qui détermine si ce que je crois est une religion ?

Je ne peux pas me mettre à mentir ou me taire pour donner raison à ceux qui vivent encore à l’époque où on croyait encore dans le péché de la chair. Où on croyait que le plaisir conduit à la folie.

Je crois qu’être trop scrupuleux ; c’est une forme de psychose. Une société égalitaire homme femme ne sera jamais possible tant qu’on évoluera dans la morale du Québec de mon enfance ; même si je viens d’une famille extraordinaire.

Si les féminounes et les réactionnaires de tout acabit veulent une société castrée, pas moi. Je préfère ma névrose à leur psychose. L’homme et la femme doivent être égaux, mais ils ne seront jamais pareil dans leur façon de la percevoir la sexualité, du moins, tant que l’Amitié n’aura pas repris la place qui lui revient. Pour l’homme, la sexualité est un fruit du paradis ; pour les féminounes et les religions, la sexualité est  la  pire  catastrophe  qui fut  donnée  à l’humanité.

Si les religions se mêlaient de spiritualité plutôt que de jouer aux gendarmes, comme elles devaient le faire à l’époque où les prétendus livres saints ont été

écrits, ce serait un actif très positif pour toute l’humanité ; car le message se résume à s’aimer, à être charitable. Le problème des religions, c’est qu’elles n’évoluent pas, qu’elles accordent plus d’importance aux rites qu’à la philosophie, la pensée de base. Elles divisent les hommes plutôt que de les unir. Elles continuent de voir la vie à travers le regard de frustrés ou de gens qui hallucinaient à force de faire des sacrifices.

Nier ses besoins, surtout sexuels, c’est garantir la folie à long terme. Les prophètes ont-ils vraiment été en contact avec un dieu ? Étaient-ils des schizophrènes ? Ils prétendaient avoir rencontré Dieu. Un extra-terrestre? Pour le croire, il faut une foi aveugle et souvent maladive, car le point de vue de dieu (une pure projection ou énergie pure) l’emporte sur la réalité humaine et jamais, que nous ne le voulions ou pas, nous ne serons des dieux ou des anges sur cette terre. Alors pourquoi nous comporter comme si nous voulions l’être ?

Qu’il y ait quelque chose après la mort, c’est possible,  mais  c’est  aussi  possible qu’il y ait seulement un vide absolu. Rien. Aucune pensée, aucune sensation. Le vide éternel. Une chose est certaine, nous vivons le moment présent, dans un espace et un temps, une réalité qui est bien présente. Le reste, l’avant et l’après, n’est que spéculation. La spiritualité tient de la foi alors que les religions sont des règles qu’on a inventé pour essayer de discipliner un peu les hommes.

Les religions sont loin de la pensée de base que l’on retrouve dans ces phrases sublimes de la religion catholique : « Aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu », ou encore, « ne juge pas ton prochain » alors que chez les musulmans, le Coran insiste sur la «Miséricorde infini de Dieu».

On n’a pas besoin d’être de très grands théologiens pour voir que les religions ne respectent pas cette vérité fondamentale, je dirais même, la base de la foi. Ça donne quoi d’avoir un Être Supérieur, un Dieu, s’il ne nous indique pas le chemin de la perfection, de l’Amour absolu, de la charité et de l’idéal ?  Mais, les religions ça demeure des règles humaines, parfois même strictement commerciale (particulièrement les viandes juives ou musulmanes).

On peut se faire croire toutes sortes de choses, se mentir et se croire un exemple, tout en étant la charogne des charognes, parce que notre intention égoïste est travestie en vertu. (C’est dimanche, je dois filer un peu curé, mais c’est aussi une de mes réalités : j’adore réfléchir sur le sens de la vie).

Mon ex-médecin, à Montréal, était Juif. Un homme  extraordinaire  qui  m’appelait «ses cours de français obligatoires» et qui a fini par trouver les Québécois assez extraordinaires. Je lui disais enfin comprendre que presque toutes les guerres sont le fruit du fanatisme religieux. C’est surtout vrai pour la lutte entre Israël et la Palestine. Ce à quoi il me répondit que je ne suis pas très très vite, car ça m’a pris 60 ans pour comprendre une chose aussi évidente : les religions sont à la base de presque toutes les guerres. L’économie complète le tableau des raisons fondamentales.

La guerre entre Moscou et la Tchétchénie parle d’elle-même : le pétrole. Pour le faire oublier, on accorde une importance gigantesque à la sexualité, car tous les hommes doivent la régir pour eux-mêmes. Pendant qu’ils s’y occupent, ils n’ont pas le temps de se poser d’autres questions plus fondamentales.

Avec la mondialisation, tout est devenu affaire de commerce ou de profit. Comme je le disais, il y a 40 ans, dans l’Homo-vicièr, même «cruiser» est devenu un commerce.

Je n’ai jamais nié être pédéraste, mais j’ai jamais parler des autres expériences qui font que je pourrais tout aussi bien me prétendre gai ou hétérosexuel, tout simplement parce que ces orientations sexuelles sont connues, sont majoritaires. Qu’est-ce que ça donne de parler de ce que tout le monde connaît ?

J’espère que je ne serai jamais assez hypocrite pour nier que la pédérastie est l’orientation qui m’a apporté le maximum de joie et de peines. C’est normal. Quand tu es en amour, tu regardes l’autre vivre, tu ne vis pas pour lui. Ce qui lui arrive ne te laisse pas indifférent, mais tu n’es pas en position pour vraiment intervenir efficacement. La pédérastie est-elle un sujet interdit ? Une  seule chose a changé en moi : je n’espère plus que l’on essaie de comprendre mon point de vue, car, ça ferait perdre trop de subventions aux mouvements qui se nourrissent de la répression sexuelle pour s’enrichir.

Dans notre société, il n’y a qu’un dieu : la $$$. Je considère que demander que l’on réévalue la sexualité et  la  façon  de  l’approcher  en  fonction  de  la  science plutôt que des religions, c’est perdre mon temps. Les religions sont un des moyens les plus efficaces pour faire de l’argent. Puisque les revenus sont excellents, on ne changera pas de recette.

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