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La vie sexuelle 8 (pp. 71à83)

août 9, 2020

La vie sexuelle des enfants

«L’idéologie collectiviste et la vie collective des adultes, jointes au maintien de la traditionnelle répression de la sexualité infantile, de l’hypocrisie sexuelle et de l’éducation familiale, conduisent nécessairement à la délinquance juvénile.» W. Reich, La révolution sexuelle.

Il est strictement évident que la répression sexuelle dans la vie des enfants non seulement entraîne de profonds traumatismes chez celui-ci, mais participe également dans la dévaluation de l’environnement social, lequel avec toute son hypocrisie devient une source plus que féconde de frustrations.

Les lois actuelles concernant l’attentat à la pudeur, la grossière indécence et l’incitation à la délinquance devraient être abolies et remplacées par une loi de « la contrainte », laquelle loi pourrait s’appliquer tout aussi bien pour les adultes. Il est évident qu’il faudrait bannir le terme « sexuel» dans la définition de la délinquance puisque, comme on tentera de le démontrer ce texte, contrairement à ce que la loi prétend la liberté sexuelle est le moyen le plus efficace de combattre la délinquance.

Par exemple, W. Reich, dans La lutte sexuelle des jeunes, affirme : « La répression sexuelle est une préparation directe à la frustration, au travail aliéné et à la famille monogamique. Le plaisir sexuel est réprimé parce qu’il est incompatible dans sa forme authentique, non aliénée avec les fondements même de l’aliénation. Le plaisir n’admet pas en effet la limitation, le renoncement, qu’exige le principe de réalité. »

« L’adaptation de la famille à une société d’oppression et d’agressivité provoquera nécessairement des réactions agressives de défense, de conformisme, de peur, d’insécurité, etc. et fournira à l’enfant un modèle au premier développement pulsionnel : l’introjection et l’identification apposeront un cachet indélébile à la formation du Surmoi et à la répression des instincts, avant même d’entrer en contact avec la grande société, l’enfant succombera à la triade névrotique qu’est la grande société. Tel est le sens de ce que Freud appelait le «destin familial

But

Selon W. Reich, ainsi que les membres des écoles d’antipsychiatrie, la terrible réalité capitaliste est la réalité de la frustration, de la négation du plaisir, de la suppression du plaisir. Une science -fiction intitulée 1984, de George Orwell, démontre très bien là où peut conduire une telle idéologie.

Reich poursuit : « Le but de la suppression de l’activité sexuelle est de produire un individu qui s’ajuste à l’ordre autoritaire et qui s’y soumettra en dépit de toutes les misères et de toutes les dégradations. D’abord, l’enfant doit s’adapter à la structure de cet État autoritaire en miniature, la famille, ce qui le rendra plus tard entièrement soumis au système autoritaire général. La suppression de l’activité sexuelle des enfants et des adolescents est le mécanisme de base qui produit les structures caractérielles adaptées à l’asservissement politique, idéologique, économique. En effet, la répression de la sexualité naturelle chez l’enfant, particulièrement de la génitalité, rend l’enfant appréhensif, timide, obéissant, craintif devant l’autorité, gentil, tranquille. Elle paralyse ses tendances rebelles parce que la rébellion est associée à l’angoisse. Elle provoque en inhibant la curiosité sexuelle de l’enfant, un obscurcissement général de son sens critique et de ses facultés mentales.».

Par ailleurs, A. S. Neil, dans Libres enfants de Summerhill, voit même un lien entre les problèmes sexuels des adultes et la répression : « La névrose sérieuse de l’homme débute avec les premières prohibitions génitales : ne touche pas. L’impuissance et la frigidité, l’anxiété plus tard dans la vie, datent du temps des mains attachées et des mains retirées, généralement avec une tape. Un enfant qui peut toucher ses parties génitales a toutes les chances de grandir avec une attitude sincère et saine envers la sexualité. Les activités entre petits enfants sont saines et naturelles. Les parents ne sont que des autruches qui se cachent la tête dans le sable s’ils ignorent que leurs enfants ont des activités sexuelles dans des coins retirés. Ces sortes de jeux clandestins et furtifs entretiennent une culpabilité qui se traduira par une désapprobation des activités sexuelles quand ces mêmes enfants seront devenus à leur tour parents. Permettre l’activité sexuelle ouvertement est la seule chose à faire. Il y aurait infiniment moins de crimes sexuels dans le monde si les activités  sexuelles étaient acceptées comme un phénomène normal.

«Ce que les parents moraux ne peuvent pas ou n’osent pas comprendre, c’est que tout crime sexuel ou anomalie sexuelle ne sont que le résultat direct de la désapprobation de la sexualité dans la prime enfance.»

Comme on le constate, pour le bien des enfants et de la société, il est extrêmement urgent de réviser les positions face à la sexualité des enfants dans le code pénal el les adultes et les enfants ne vivant pas dans un vase clos, il en va de même pour ce qui a trait à ses formes de relations aussi.

Si c’était comme hier.

Les études démontrant que la répression sexuelle fait partie intégrante de la lutte des classes sont de plus en plus nombreuses.

Une étude a particulièrement retenu mon attention et je la livre ici pour appuyer la thèse de Reich, selon laquelle la répression sexuelle sert à l’asservissement de la population par la bourgeoisie.

La thèse du Pr. Van Hussel, historien belge, est que le syndrome antisexuel qui caractérise nos sociétés judéo-chrétiennes n’est pas issu seulement des dogmes religieux, mais aussi de l’embourgeoisement de la société et des nouveaux rapports humains caractéristiques de la bourgeoisie. Toute nouvelle forme d’expérience sexuelle, si elle est authentique, ne peut être réalisée que grâce à des changements socio-économiques comme ceux qui ont porté la bourgeoisie au pouvoir. On ne pourra parler de liberté sexuelle tant qu’elle restera la prérogative d’une minorité privilégiée. Histoire de la liberté sexuelle, Jos Van Hussel, Éditions le Jour/Robert Laffont.

Le fond du problème.

Derrière le problème sexuel se cache donc le vrai fond du problème : la lutte des classes et surtout le respect intégral de l’individu.

La répression sexuelle de l’enfant, au Québec, c’est surtout un héritage religieux. Comment pouvoir passer sous silence toutes les petites et les grandes misères des gens pour écarteler un peu les murs de la prison morale ? Le masochisme a été érigé en système : il permet de mieux faire accepter toutes les injustices desquelles les francophones ont été victimes. Comme les enfants priaient dans les écoles de l’Ontario pour conserver l’amour des ethnies, la morale était au Québec le grand lavage du cerveau pour éliminer tout besoin de changement.

Au Québec, la peur de la sexualité (qui se rattache à la peur de la mort, de l’enfer) est ce que notre héritage catholique nous a laissé de plus vil. Aujourd’hui, c’est pratiquement une hantise a-culturelle. Combien tournent les yeux vers les États-Unis où la ferveur a fait naître un nouveau mouvement religieux (avec l’aide de la CIA ?) La nostalgie de l’ancien temps !

Pour justifier la lutte sexuelle, la droite québécoise s’est pourfendue à nous faire croire comme les religieux que nous sommes des êtres asexués. Surtout les enfants.  Il  faut  faire  l’amour  pour  avoir   des   enfants,   non   pour   jouir.   Les journaux à sensation jouent un rôle extrêmement dangereux et nocif pour le Québec : ils entretiennent à leur manière les messages jadis lancés par les curés en illustrant chaque jour une montée de la délinquance ou du crime … Ce qui justifie une répression policière plus forte. Ils rendent les crimes toujours un petit peu plus crapuleux ce qui justifie pleinement la police d’avoir plus de moyens de répression. Pour bien aiguiser les sentiments, on exploite le sort des enfants. On omet de dire que les pédophiles sont des cas exceptionnels.

Le mauvais sort fait aux enfants à cause de la pauvreté n’est-il pas, lui, monnaie courante ? Le chômage institutionnalisé par Ottawa au Québec, n’est-il pas la cause principale de la montée de la criminalité au Québec plus que la sexualité?

C’est pourtant là que devrait se manifester le vrai sens de la protection de la jeunesse : pas en l’empêchant de connaître les joies de la masturbation mutuelle, les délices du 34 1/2 (coït buccal à sens unique), etc. pour sauver une morale qui n’a conservé dans l’esprit de plusieurs que le sens d’une vaste fumisterie permettant à un groupe de parasites (juges, avocats) de maintenir le taux de criminalité à un degré rentable pour eux. Si la prison est la meilleure école du crime, certains juges sont des pédagogues hors pair.

L’Aide à la jeunesse devrait être un service qui garantisse qu’il n’y ait plus de jeunes qui crèvent de faim, qui se font battre chez eux, qui se font abuser en étant dans des maisons d’accueil temporaires alors qu’ils ont besoin de l’affection d’une famille, qu’ils aient droit à une vie privée (leur poste, leurs loisirs). Cette forme de justice ne regarde pas les policiers. Elle ne justifie plus les besoins des psychologues à entendre les histoires de fesses pour se dé frustrer comme les anciens curés et ensuite jouer aux putains offensées.

L’Aide à la jeunesse, c’est leur fournir tous les moyens pour assurer leur développement.

La répression des rapports pédérastes- enfants ne cessera qu’au moment où il sera entré dans nos mœurs que la façon de vivre notre sexualité est un droit fondamental de la naissance à la mort. À ce moment, les policiers devront  cesser de s’attaquer aux homosexuels ; des maisons de passe hétéro et homosexuelles seront légalisées, etc.

Il est évident qu’il faut des limites. Cette limite est le respect de l’autre : la non-violence, le consentement et la responsabilité.

Quand il appartiendra à l’enfant de décider s’il aime ça ou pas, le taux d’attentats contre les enfants diminuera certainement. Il y a une différence entre enculer    un enfant. le déchiqueter et jouir avec lui de relations sexuelles comme cela arrive communément entre deux personnes qui s’aiment, deux êtres qui se découvrent.

Il faudra apprendre à respecter les autres. Fini la répression par la peur, les rires et les sobriquets. Si la propriété est une chose dont il faut faire tant état, celle de son corps est certes encore de plus grande importance.

Dans nos écoles, faudra adopter une attitude plus libre dans l’enseignement et même dans les rapports avec les jeunes. Il faudra se rappeler quand on fera face au phénomène de la pédérastie que celle-ci respecte probablement plus l’enfant que les rapports engendrés par les gens dits normaux. Cela est vrai surtout en ce qui touche les questions comme l’égalité. La pédérastie est un réservoir de tendresse et d’amour tel qu’il peut faire peur à ceux qui en perdu la jouissance.

« Nous posons en principe que la relation pédagogique est essentiellement perverse, non parce qu’elle s’accompagnerait de rapports pédérastiques entre maîtres et élèves, mais précisément parce qu’elle les dénie et les exclut. Et ayant exclu la pédérastie, pour pouvoir se constituer comme telle sous la forme que nous lui connaissons aujourd’hui, la relation pédagogique ne saurait réintroduire la pédérastie cette fois que sous la forme qu’il est convenu d’appeler perversion. Perverse dans l’exclusion : l’intérêt porté à l’enfant sans qu’aucun désir l’accompagne est toujours suspect. Pourquoi s’être consacré à l’éducation de l’enfance ou, comme on dit, pourquoi cette «vocation » ? Derrière l’impassibilité du pédagogue point, soit l’équivoque d’une paternité substitutive — mais paternité se greffe encore, nous venons de le voir, sur l’homosexualité — soit une volonté de domination sur des êtres inférieurs et immatures — nous l’avons vu aussi : le coït anal symbolique de la domination. Mais l’homosexualité originaire ou coït anal symbolique ce n’est pas précisément désir, amour de l’enfant, pédérastie

L’Émile perverti, Robert Laffont, René Scherer, 1976.

Libération : révolution.

La libération sexuelle, est à mon avis, un élément essentiel dans la libération du Québec. Non seulement parce que dans ma poésie, je représente le Québec par un petit gars (pour moi, c’est le summum de l’amour) ; mais parce qu’il s’agit de construire un pays neuf, une nouvelle façon de vivre plus humaine, plus authentique.

Un tel changement est certainement difficile à admettre pour plusieurs. C’est choisir de cesser de vivre dans une société fermée, craintive, pour examiner la place que nous réserve notre nouvelle indépendance.

La révolution économique et politique ne sert à rien si elle n’est pas suivie d’une révolution culturelle, révolution qui s’impose d’elle-même puisque les données de base de notre comportement social s’en trouveront toutes changées. Il me semble hypocrite de ne pas parler de cet aspect essentiel des transformations qu’est appelé à vivre le Québec dans un nouveau statut politique, où il sera le seul maître de sa destinée.

Dans quel genre de société voulons-nous vivre ? Quel taux de tolérance, de respect d’autrui et de soi-même assumerons-nous ? Un Québécois homosexuel sera-t-il un Québécois minoritaire, exclus, pour préserver une morale que l’histoire nous présente comme maladive ? Serais-je encore privé de travail pour le reste de ma vie parce que je suis pédéraste ? N’accepterons-nous, comme en France, que les «homos mandarins» parce qu’on n’a pas la décence de reconnaître à tous le même droit et souvent la même utilité sociale ?

Dé judiciariser la protection de la jeunesse, c’est aussi enlever les nouveaux flics psychologues, trouver des moyens efficaces d’aider les délinquants à vivre heureux, et parfois, les rapports sexuels sont la seule preuve que le jeune «flo» a besoin pour commencer à s’accepter. Aider la jeunesse, c’est lui redonner le droit  de déterminer  elle-même son  bonheur,  ses  jouissances  et  ses  intérêts.

Fonder une société sur le bonheur de tous ses membres m’apparaît plus important que de créer une nouvelle frontière pour des motifs économiques. S’il faut obtenir justice dans le domaine économique au Québec, il faut aussi se rappeler qu’avant de mourir étouffés nous devons reprendre confiance en nous. Nous avons toujours été infériorisés.

Cette confiance ne peut pas exister tant que nous n’aurons pas acquis le pouvoir de nous diriger nous-mêmes sans avoir besoin d’une armée, de flics ou autres pour le faire. Cette infériorisation s’abreuvant surtout de la répression sexuelle chez les jeunes, il faut la soigner à la racine.

La question n’est pas de trouver de nouveaux moyens plus subtils de contrôler les gens, mais de découvrir, d’inventer de nouvelles normes de vie qui permettent davantage l’épanouissement individuel, et par conséquent, collectif.

La Charte des droits de la personne ne peut avoir de sens que dans le cadre d’un élargissement de la tolérance, d’une recherche véritable de la démocratie et dans la définition des droits au bonheur et à la liberté.

La vraie révolution est de veiller à ce que ces mots ne soient pas lettre morte, que ces définitions ne soient pas que l’accentuation de trois siècles de folies qui nous ont conduits on sait où en 1939.

Il faut aussi que les homosexuels cessent de rougir de ce qu’ils sont, qu’ils aient le courage de sortir des ghettos où la police va même leur taper dessus maintenant. Il faut à la rigueur que les pédérastes fassent savoir (même si c’est difficile puisque c’est toujours illégal) que la virginité des enfants c’est de la bouillie pour les chats, le rêve des asexués. Les jeunes se sentent. Ils aiment vivre leur sexualité. Ils recherchent les occasions pour le faire.

Pas plus bêtes que les autres, quand ils sont pris, ils mentent (s’ils ne répètent bêtement ce que les flics leur ont dit de dire) pour s’en sortir. Ce qu’on ne dit pas, c’est qu’habituellement un jeune qui a une expérience sexuelle est vite transformé : plus gai, plus sûr de lui. Pour avoir une expérience avec un adulte, il doit nécessairement avoir confiance dans cet adulte. Règle générale, une expérience amoureuse avec un petit gars, c’est une ré expérience du jeu. C’est une redécouverte de l’admiration. C’est redonner foi dans son corps et sa beauté. C’est partager des joies. C’est aimer … C’est rallumer la conscience d’être. C’est tuer la peur de l’adulte. C’est se donner espoir de pouvoir s’exprimer sans toujours être réprimandé.

À ce titre, la pédérastie dans une société aussi répressive que la nôtre, c’est presque une vocation.

Conclusion.

Avec l’adoption de la loi 88 par le gouvernement du Québec, garantissant le droit à l’orientation sexuelle, les mouvements homosexuels devront viser les gouvernements municipaux et fédéraux dans les luttes futures.

Le harcèlement de la police de Montréal relève du municipal ; les lois, touchant par exemple, l’indécence, nous viennent d’Ottawa. Reste la loi de la protection  de la jeunesse (son nom même indique son ton paternaliste) au provincial. L’avenir nous dira si les homosexuels seront solidaires des pédérastes. D’ailleurs, on ne devrait plus parler de pédérastes, mais d’AMOURAJEUX.

Si le gouvernement provincial a été ouvert en ce qui a trait à l’orientation sexuelle, tout ce que l’on peut pour le moins espérer, c’est qu’il éliminera les possibilités de chantage et de fascisme que pourraient éventuellement créer l’obligation de dénonciation pour sévices ; il y a une différence entre jouir et se faire casser un bras.

Si la droite québécoise veut faire respecter les principes de Paul VI, qui n’agirait pas comme il parle, c’est son droit ; mais qu’elle le fasse sans contrainte légale. La liberté du choix de sa morale, c’est aussi un droit de la personne. Tout peut être permis, sauf la violence et la domination.

29 Mai 2008

Le sexe et mes livres.

« Nous vivons dans une société de «paranoïa sexuelle où il est plus important de protéger les pénis que les cerveaux …», texte remis au ministre de la Sécurité publique du Québec, M. Serge Ménard, à Val-d’Or, en 1996.

Il fut un temps où on pouvait contester les lois parce qu’il y avait la Commission fédérale de révision du droit.

Le gouvernement pour se sauver quelques dollars a décidé d’éliminer cette commission et l’a remplacée par des centaines de millions de dollars volés, à travers la vie politique, et remis pour assurer la sécurité des riches.

Malheureusement, aujourd’hui, quand tu n’es pas d’accord avec certains articles de loi, tu n’as qu’à te taire et louer ce qu’on appelle la «démocrassie».

On envoie des gens mourir dans des guerres pour défendre notre hypocrisie ; mais on n’arrive pas à respecter ici le droit de conscience individuelle. J’ai envoyé des mémoires, des textes à cette commission. Il y a plus de 40 ans. Aujourd’hui, je constate que je devrais plutôt apprendre à crier : « Vive la mafia ! Vive la pègre ! Vive les féministes réactionnaires ! Les féminounes !

On a enfin trouvé l’unité … être dépravé par la chasteté des eunuques, car la frustration mène à la violence. Mieux vaut tuer que de jouir ! Mieux vaut des jeunes drogués, des malades mentaux par centaines sur nos trottoirs que des jeunes qui ont appris qu’ils ont un pénis qui sert à autre chose qu’à pisser.

Quand on attachera plus d’importance à la violence qu’à la chasteté, notre société aura fait un grand bout de chemin. Mettre fin aux obsessions religieuses délirantes sur la sexualité, c’est une urgence.

Effectivement, parfois dans l’ensemble de mon œuvre, je parle de sexe. J’espère être moins hypocrite et pervers que la société québécoise qui n’approuve que la censure et la condamnation du sexe comme si nous étions des anges alors que ses trottoirs se garnissent de plus en plus de jeunes rendus malades mentaux à cause des drogues, de la violence et de l’intolérance, sans parler du décrochage scolaire et de l’analphabétisme.

Je parle aussi des filles prises au piège, car cette belle société bienpensante protège, grâce à une prescription de deux ans, le proxénète. Je ne peux pas en découdre longtemps parce que je ne suis pas une fille, donc, j’ai une expérience tout à fait différente de leur sexualité. Pour elles, la sexualité est le mal. La femme est sale si elle pense au sexe, la tentation est une perversion, une caresse un viol alors que pour moi et la majorité des mâles, j’imagine, la sexualité est un cadeau du ciel … la porte vers le bonheur. La morale sexuelle des religions constitue, à mon avis, un viol de conscience et un irrespect absolu de la femme ; mais c’est cette aberration, ce délire religieux que l’on respecte, que l’on défend.

Il faut avoir été profondément intoxiqué par les religions pour vivre une morale bourgeoise qui renie le corps et ne carbure qu’au mot chasteté.

Une autre aberration de cette morale est que pour un attouchement sexuel sur un mineur, même s’il y a pas de violence et un consentement réciproque, le mâle adulte peut être poursuivi pour des faits vécus allant jusqu’à 30 ans auparavant dans sa vie, et après sa sortie de prison, être sous surveillance jusqu’à sa mort; sous prétexte de protéger les jeunes d’un danger qui n’en est pas un : jouir, ça fait pas tellement mal.

Pour une petite pipe ou un simple attouchement, il sera inscrit sur une liste à vie de prédateur sexuel. Un chauffard ivre qui tue un ado n’a pas le quart de cette punition, pourtant il a tué le jeune… Les religions nous enseignent que la chasteté est plus importante que la vie. Les saints martyrs le sont souvent pour avoir défendu leur virginité. C’est pourquoi les religions chassent encore les gais dans bien des pays du monde. Les religions n’évoluent pas.

L’homme mâle n’a pas de place dans une société dirigée de plus en plus par une dictature religio-féminoune. Personne n’est devenu asséché après s’être fait

caresser, masturber ou sucer, mais nos systèmes réagissent comme si on en mourait ou si ça nous rendait handicapé à vie.

Tant qu’il n’y a pas de violence, on a beau me dire que ça fait mal, toutes les expériences de ma vie me prouvent le contraire. Évidemment, quand il suffit de prétendre avoir subi des séquelles psychologiques pour exiger 100, 000$ pour la pipe qui nous a « garroché » dans les nuages de l’euphorie quelques années plus tôt alors qu’on était mineur, c’est un commerce assez payant pour valoir la peine d’y intégrer la pègre et la police.

Notre morale sexuelle est devenue l’objet d’une Gestapo ou une Inquisition moderne. La religion catholique a violé nos consciences durant des siècles en nous faisant croire dans le péché de la chair. Aujourd’hui, les réactionnaires et la droite prennent sa place très avantageusement. Mais je ne vois pas pourquoi, j’aurais à vivre leur hystérie paranoïaque. Je préfère ma folie a leur besoin de guerre pour éliminer les méchants … je ne force pas les gens à mourir de faim pour faire plus de profits. Est-ce un défaut ?

La pédérastie

Oui, j’ai parlé d’un phénomène qui existe depuis le début de l’humanité ; mais que nos esprits obtus ont toujours condamné : la pédérastie. On préfère l’hypocrisie, l’ignorance et l’intolérance, à essayer de comprendre.

Que faites-vous si vous découvrez que vous êtes pédéraste ? On ne le choisit pas et on n’y échappe pas. On prétend même qu’on l’est de la naissance à la mort. C’est une orientation sexuelle. Comment peux- tu vivre ta réalité sexuelle, sans être un danger, une menace pour les autres ?

Dans tous mes livres, ma préoccupation fut de poser la question et essayer de rétablir la vérité et l’importance réelle des faits et actes. Comment peut-on le dire sans être explicite ? Comment prouver que beaucoup de jeunes aiment  ça ? Que ça ne constitue aucun danger pour eux, sauf sur le plan de la morale bourgeoise.

Si on ne créait pas un tel drame autour d’une relation sexuelle adulte adolescents, il y aurait moins se séquelles. Des études américaines ont établi qu’à cinq ans, il est possible d’établir l’orientation sexuelle d’un individu par la réaction des pupilles de ses yeux. On constaterait aussi que les séquelles ne sont que les effets pervers de la censure qui nous submerge depuis des siècles et depuis notre enfance, sur un plan individuel.

Que ça fasse l’affaire des adultes ou non, c’est la vérité qui est importante et bien des jeunes aiment ça et y vivent une expérience positive ; car pour une fois, ils n’ont pas à rejeter leur corps. D’ailleurs, ce sont les adultes qui paniquent, oubliant que les jeunes ne perçoivent pas la sexualité comme eux. La sexualité ne peut pas être traumatisante quand elle fait partie d’un jeu. C’est pourquoi je parlais d’amourajoie. Pour les jeunes, la sexualité signifie encore plaisir.

J’ai pris le risque de raconter ma vie pour combattre les mensonges que notre bonne société propage quant à ce qui se passe dans un événement pédéraste. Je ne peux pas me tromper, je l’ai vécu. Je me suis basé sur mon expérience.  Ce n’est pas un savoir quelconque, celui de autres, mais une connaissance qui m’est propre.

J’ai essayé de créer une morale qui pourrait être acceptable, car elle respecte les jeunes contrairement aux lois qui les surprotègent, éliminent tout respect de leur développement sexuel, de leur rythme de développement et engendrent la mésestime de soi.

Selon notre conception actuelle qui vient des religions : Tout individu est sexué et se croit  » un pécheur inné » à cause de la vision religieuse et négative de la sexualité, surtout les femmes. Elles ont toujours été méprisées dans nos livres saints. (Lire : Pouvoirs de l’horreur, de Julia Kristeva).

On confond pureté et chasteté. On confond nudité et pornographie. On oublie toute la théorie du développement de la personnalité des jeunes expliquée dans les livres de Freud. On nie toutes les observations de Reich et d’A. S. Neil pour conserver une morale dépassée et condamnée par la science dans une société qui se prétend laïque.

On veut à travers la censure forcer les jeunes à vivre le même obscurantisme que nous, les adultes de la censure. On oublie que les surprotéger, les infantiliser, c’est aussi les détruire. Cette façon d’agir est beaucoup plus néfaste qu’une expérience sexuelle non violente et consentie.

On oublie le nombre de jeunes qui se suicident parce qu’ils ne peuvent pas envisager de se découvrir tels qu’ils sont. Avec ce qu’ils apprennent sur la sexualité, ils se prennent pour des monstres ce qui les amènent à se détester parce qu’ils ne comprennent pas leur développement sexuel, leurs tendances, surtout les garçons. D’ailleurs, ceux-ci ne ressentent pas la sexualité comme les filles, que ça plaise ou pas, c’est la vérité. La sexualité, pour une fille, c’est le mal alors que pour le garçon, c’est le plaisir, c’est positif, c’est viril. Qu’on fasse  toutes les lois du monde, éjaculer demeurera toujours un plaisir…la première fois est la plus fascinante.

Les séquelles dont on nous abreuve sont le fruit du scrupule, de la honte, du tabou d’être un humain, donc, d’être sexué. C’est ce qui arrive quand on vit dans un environnement trop religieux et trop scrupuleux. On se déteste d’avoir eu une relation ou posé un geste sexuel. On se croit sale quand ça arrive. Et, pourtant c’est la nature dans ce qu’elle a de plus beau. Comme le disaient les féministes quand elles signifiaient encore le progrès : « je suis le seul maître de mon corps et de mon esprit. »

Comment pouvoir vivre une telle liberté, si on nous a empêchés jusqu’au coup de minuit à 14 ans ou 16 ans de décider ce qui est bien ou mal pour nous

? Comment se créer une conscience personnelle, si on a toujours le regard inquisiteur de notre société dans nos pantalons ? Comment ne pas être affecté par une morale qui nous fait se détester parce qu’on est sexué ?

La protection de notre système conduit à la mésestime de soi et à la paranoïa. Ce n’est pas en interdisant que l’on crée des êtres responsables et autonomes. Quel que soit l’âge et le sexe, l’individu a droit à sa sexualité. Il appartient aux parents de voir à créer une perception juste de la sexualité et non au système judicaire. La liberté individuelle paye moins en $$ que la répression qui doit être subventionnée pour se donner des allures d’efficacité. Évidemment, pour être acceptable, la sexualité élimine dès le départ toute forme de violence ou de domination.

Une mission ?

Je me suis promis que jamais au Québec, l’ignorance entourant la sexualité ne permettra de rendre un autre garçon aussi malheureux que je le fus.

Si au début, mes écrits servaient à me déculpabiliser, à me justifier, j’en suis venu à préconiser le développement d’une conscience individuelle libre et responsable plutôt qu’une obéissance aveugle dans le délire religieux face à la sexualité.

J’ai voulu refléter la réalité des pédérastes qui ne  sont  pas  et  ne  seront  jamais des pédophiles, au sens scientifique. Pour que la pédérastie soit acceptable, j’ai posé comme conditions préalables : la non-violence et le consentement mutuel. J’ai ensuite ajouté la responsabilité à la suite de mon expérience comme papa et professeur. Aujourd’hui, puisque je n’ai pu à craindre de perdre mon emploi, j’ajouterais le plaisir.

Contrairement, aux répressifs, je fais confiance aux jeunes pour qu’ils décident par eux-mêmes si une relation leur est favorable, d’autant plus que les jeunes ont aujourd’hui des milliers de moyens pour dénoncer et se protéger, s’ils ont un problème. S’ils n’aiment pas ça, ils trouveront bien moyen d’éviter  les  occasions. Les adultes sont les seuls à paniquer encore devant la sexualité parce qu’on leur a lavé le cerveau quand ils étaient petits.

D’autre part, j’ai préconisé des cours de sexualité à la fin du primaire. Aucun cours ne devait être dispensé auparavant pour respecter le caractère individuel de la curiosité naturelle des enfants et leurs besoins d’informations. Les connaissances sexuelles des moins de 10 ans devraient être comblées par les parents, car selon la psychanalyse, les jeunes se posent des questions, mais ils doivent se sentir en toute sécurité, ce pourquoi ce doit être une responsabilité des parents.

Par ailleurs, à la fin du primaire, ils ont besoin, surtout si les parents n’ont pas rempli leur responsabilité de les informer convenablement, de cours généraux afin qu’ils connaissent leur corps, ses besoins, ses transformations, les dangers de maladies vénériennes et surtout apprendre à dire «oui ou non », «j’aime ou j’aime pas ». Leur apprendre à être autonome, leur apprendre qu’ils sont vraiment les maîtres absolus de leur sexualité, voilà l’essentiel.

Ainsi, en arrivant au secondaire, ils sauront à quoi s’en tenir et seront équipés pour vivre leur liberté. À cet âge, les parents perdent souvent contact avec leurs adolescents. C’est normal, même si ce n’est pas souhaitable. On ne peut y faire face qu’en étant attentif et ouvert.

En principe, je n’ai pas de problème avec l’âge de consentement surtout quand il était à 14 ans ; mais il ne respecte pas la réalité des garçons d’où je préfère qu’on l’abolisse et qu’on le remplace par l’apprentissage de la responsabilité et de la liberté à partir de l’arrivée au secondaire.

La liberté s’acquiert avec l’expérience. Le but premier de l’éducation est de créer des êtres autonomes. Tout le monde sait que l’âge ou le rythme de développement sexuel varient d’un individu à l’autre. Tout est question d’hormones, de pulsions. Est-il normal de toujours essayer d’ignorer sa petite nature, ce que l’on est en réalité. Nous ne sommes pas des anges que les religieux aiment ça ou pas.

C’est la raison pour laquelle je préconise, dans mes livres, que l’on abolisse l’âge de consentement pour permettre aux jeunes de se prendre en main et de vivre leur sexualité à leur rythme, selon leurs besoins, grâce à une bonne éducation familiale, puis scolaire. L’âge de consentement devient leur entrée au secondaire.

Au lieu d’agir par peur, ignorance, ils doivent eux-mêmes décider de leurs valeurs morales, à la suite de l’éducation familiale. C’est ça être autonome. Décider par soi-même.

C’est beau prétendre qu’un geste sexuel est immoral, mais il faudrait pouvoir le prouver, le justifier. D’où vient cet interdit, sur quoi repose-t-il ? Dieu, un être purement spirituel, immatériel, illimité pourrait-il nous expliquer comment se comporter dans notre réalité d’être mortel ? C’est carrément illogique et invraisemblable. Il s’agit d’une projection des religieux dans laquelle on interprète, dans nos limites de mortel, ce qu’un être infini pourrait penser.

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