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La liberté sexuelle 6

août 7, 2020

La prostitution individuelle légalisée…

Il va de soi que si l’on accepte le droit absolu à l’intégrité physique et morale des individus, la prostitution et la sollicitation, sans harcèlement, doivent être dé- judiciarisées. Par contre, personne n’est obligé de subir le racolage sur le trottoir, mais, pour cela, il y a déjà d’autres lois (la paix publique, etc.).

La légalisation sur la prostitution ne peut être acceptée que sur une base individuelle, tout en resserrant les règles quant au proxénétisme.

La prostitution doit être un choix de la personne, un geste absolument libre. Un travail ou un plaisir.

Par ailleurs, pour assurer la protection du public et des prostitués (ées) des endroits officiels, licenciés, spécialisés, devraient être offerts. Ces endroits devraient être officiels et identifiés comme tels. Il serait alors possible d’obtenir des garanties au niveau de la santé des prostituées (és) et s’assurer que ceux-ci

/celles-ci ne soient pas violentés (ées) dans l’exercice du plus vieux métier du monde. Ces maisons closes légalisées devraient offrir un service gratuit de médecins et de psychologues pour les prostitués (ées) et les clients qui le désirent.

Une maison de passe est un service public rendu à certains individus dans la société pour leur permettre de se dé frustrer, pour éliminer les situations de violence et combattre l’hypocrisie. Personne n’est obligé de s’y rendre alors pourquoi empêcher les autres de vivre comme ils l’entendent, s’il n’y a pas de violence ?

Même prostitué, un être humain demeure un être humain avec toute sa dignité. L’exemple vient de haut quand on se rappelle la réponse de Jésus aux détracteurs de Marie-Madeleine. La prostitution doit être un acte libre, consenti, non violent et non un geste honteux. Se prostituer est un travail aussi noble que toute autre façon de gagner sa vie.

Si la prostitution doit être légalisée, il en va tout autrement du proxénétisme. Il doit demeurer très hautement illégal puisque c’est une forme de domination pour ne pas dire d’esclavage. Contrairement aux lois actuelles, aucune prescription peut être considérée comme un droit individuel rattaché à l’intégrité physique de l’individu, le proxénétisme est carrément un crime contre la personne. Aucun individu ne doit être exploité physiquement par un autre. Tout réseau de prostitution dominé par un ou des individus est un crime abject. Que l’individu veule se vendre, soit ! Qu’il s’associe à d’autres pour être mieux protégé, soit encore ! Mais qu’un maître les oblige à la prostitution pour son profit, jamais!  C’est une offense à la liberté de l’homme.

D’autre part, le gouvernement devrait offrir des programmes spéciaux d’aide financière pour ceux/celles qui font de la prostitution pour arrondir les fins de mois afin qu’ils (elles) aient une alternative.

La prostitution doit être un choix personnel, individuel, et non un geste obligatoire pour assurer ta survie.

Par contre, il ne faut pas oublier que la prostitution peut engendrer un sérieux problème de valorisation et de stabilité affective, car il n’y a pas de continuité dans ces relations, parfois, il y a même un manque de respect.

La (le) prostitué est un individu qui a autant de valeur que n’importe quel autre individu. La prostitution n’est pas un travail plus dévalorisant qu’un autre. Sauf, que si on se livre à la prostitution, il faut être fondamentalement en accord avec cette décision.

La prostitution pédophile (avec des jeunes de moins de 10 ans) doit être interdite. Ce n’est pas une question morale, mais la nécessité de protéger leur rythme de développement et leur fragilité émotive. Ce n’est pas parce qu’il se passe quelque chose que l’enfant est automatiquement traumatisé, il peut même trouver ça plaisant. Mais, il ne faut pas prendre de risque. Il faut évaluer individuellement chaque situation.

La Direction de la protection de la jeunesse devrait offrir des services spécialisés pour venir en aide aux parents et surtout aux enfants qui ont été victimes d’abus afin qu’ils ne soient pas marqués par l’événement. Celui-ci doit être dédramatisé au maximum, le plus vite possible. Plus on y attache de l’importance, plus on lui donne de l’importance.

Quant au pédophile violent ou dominateur, il devrait suivre des traitements pour mieux comprendre son problème et apprendre à le contrôler. Il doit réaliser ce qu’un enfant peut subir de traumatismes s’il est forcé d’avoir des relations sexuelles non consenties. Cependant, il faut faire une distinction quant à la gravité du geste entre un attouchement et une pénétration. C’est l’aspect le plus important à considérer si l’on cherche le bien de l’enfant. Si le pédophile est violent, dans ce cas, il faut qu’il soit incarcéré tant qu’il représente un danger pour un enfant. L’important, dans ce cas, est de l’empêcher d’avoir un contact avec un enfant.

Si le jeune de 10 ans et plus doit avoir le droit absolu de dire oui ou non à une expérience sexuelle, il faut cependant mettre en garde les jeunes contre les dangers de la prostitution. La personne rencontrée peut être violente, voir même carrément dangereuse.

Le problème avec la prostitution, c’est que ce n’est pas nécessairement le vrai grand amour mutuel. Ce qui peut entraîner des problèmes émotifs sérieux. Connaître une expérience, vouloir savoir ce que c’est, chercher du plaisir, peut être une chose valorisante, mais si on a honte de ce que l’on fait, ce geste ne pourra jamais être positif et créateur, au contraire.

Accepter des caresses parce qu’on aime ça, ce n’est pas comme rechercher de l’argent ou de la drogue, en faisant le contraire de ses principes.

La prostitution est négative quand on accepte de faire quelque chose en échange d’autre chose contre ses convictions, ce qui engendre un irrespect de soi et une forme de culpabilisation. Il faut aussi insister sur le danger des drogues pour se déculpabiliser. On ne sera pas toujours drogué et on fera face un jour à son propre miroir. Il est extrêmement important dans la vie de s’aimer et d’être sincèrement fier de soi. Accepter une expérience en se droguant pour se masquer qu’on déteste ça, ça finira un jour ou l’autre par nous détruire.

Ce n’est peut-être pas important ce que les autres pensent de nous, mais ce que l’on pense de soi est essentiel pour son propre bonheur. Tous devraient le savoir. Ce n’est pas de la morale, mais une vérité psychologique qu’il faut connaître et éviter de faire semblant qu’on ne le sait pas. Par ailleurs, il est tout aussi essentiel d’apprendre à se pardonner. Personne n’est parfait. C’est une des plus importantes leçons à retenir de la vie.

Pour ce qui est du tourisme sexuel, tout citoyen du Québec à l’étranger devrait être soumis aux règles du pays visité. Chaque pays a son âge de consentement. Dans certains cas, le tourisme sexuel peut être bénéfique, s’il n’est pas entouré d’hypocrisie.

Le Québec n’a pas à jouer au gendarme de la morale à travers toute la planète. Cependant, les gens qui font du tourisme sexuel devraient réfléchir sur leurs responsabilités vis-à-vis des jeunes rencontrés. Plutôt que la prison, la personne prise en défaut devrait s’occuper financièrement du ou des jeunes impliqués jusqu’à 18 ans.

Pourquoi légaliser la sollicitation ? Pour que les choses soient claires et que personne ne doive vivre une expérience sexuelle non consentie, sous prétexte qu’elle ne savait pas à quoi s’attendre. Pour éliminer l’hypocrisie.

Si tu vas dans les endroits reconnus à cette fin, tu te mets dans une situation où tu pourras possiblement être sollicité, mais tu n’as que toi as blâmé.

LA NUDITÉ EST NI INDÉCENTE, NI PORNOPRAHIQUE : S’EN FORMALISER EST MALADIF.

Comme en Hollande, la pornographie pour des fins personnelles devrait être complètement légalisée. La nudité est ni indécente, ni pornographique. L’éliminer est une hantise religieuse et bourgeoise.

Être nu ne fait mal à personne. Si la nudité t’offense, tu n’as qu’à regarder ailleurs. Être scrupuleux est aussi déséquilibré qu’être trop exhibitionniste puisque c’est avoir honte de ton corps ou du fait que l’être humain est aussi constitué de chair.

Il est invraisemblable que de nos jours, la photo d’une personne (ou d’un groupe) nue soit considérée comme pornographique. Toute notre culture accepte depuis des siècles la beauté du nu. Il y a des nus dans toutes nos formes d’arts, heureusement. L’esthétisme a même été considéré comme une philosophie de vie centrée sur la beauté. Qu’y a-t-il de plus merveilleux qu’un paysage grandiose, sinon les formes, les lignes du corps parfait, la beauté d’un visage ou d’un sourire ?

Il faut décriminaliser la nudité. Éliminer la folie des policiers dénoncée dans des chroniques de Foglia. Un nu, même enfant, c’est beau. C’est pur. Ceux qui y voient du mal sont des malades.

Cela ne signifie pas que tout le monde doit se promener nu sur le trottoir. Il y aura, au moins, toujours les limites du bon -sens et la température… Le choix est individuel.

Par contre, certains endroits se prêtent bien à l’exercice de la nudité : les piscines, les plages, les gymnases, les arts, etc. Il suffit, pour respecter tout le monde, que les gens fréquentent ces endroits soient avertis au préalable de cette liberté. La nudité permet un bien-être corporel indéniable… il suffit d’avoir déjà nagé nu pour le savoir.

Il ne faut pas oublier que dans les gymnases grecs les sports étaient pratiqués en toute nudité et aucun spectateur n’est mort ou ne fut même blessé … c’est purement une question de mode, de beauté et d’éducation.

Il est inacceptable qu’il y ait aucune piscine au Québec qui permette de se baigner nu comme dans certains bains publics,  familiaux,  à Vancouver.  Qui     a fréquenté un club de nudisme sait très bien que c’est là où il y a le moins de voyeurisme. Les plus scrupuleux sont tous plus ou moins les plus cochons.

Les scrupules face à la nudité reposent sur rien d’autre que la honte de son corps, à cause des modes et de sa honte personnelle due à son éducation plutôt que sur le respect et la fierté de soi. Les avantages du nudisme sont indéniables. Il faut chercher un équilibre entre ceux qui y voient une question de santé et de bien-être et ceux qui se sentent offensés par la vue du moindre pouce de chair humaine.

Les parties du corps supposément sexualisées le sont devenues parce qu’elles ont été interdites ou sacralisées (une autre forme d’interdit). Si on interdisait de se montrer le bout du nez durant un siècle, un nez nu serait une offense contre la pudeur. Voilà comment¸ ça marche.

Si, des endroits publics acceptent la liberté de la nudité, ils doivent l’afficher pour permettre à chacun de choisir d’y aller ou pas. Pourquoi n’y aurait-il pas de clubs où les gens danseraient tous nus ?

Il en va tout autrement quant aux endroits privés comme chez -soi.

Tout être humain doit être libre de vivre vêtu ou nu dans la maison qu’il habite, sans oublier que les rideaux, ça existent. S’il faut proscrire l’exhibitionnisme à tout cran – – se flanquer nu dans la fenêtre du premier étage qui donne sur la rue Principale — il en va tout autrement de l’écorniflage du voisin à un deuxième étage qui se plaint de regarder un voisin du même palier, oubliant qu’il n’est pas obligé d’aller voir dans sa fenêtre pour voir ce qui se passe chez le voisin ou la voisine.

Les scrupules sont la peur de ne pas pouvoir dominer ses propres fantasmes ou désirs. C’est aussi très souvent de l’hypocrisie. Cachez ce sein que je ne saurais voir …

Il est ridicule de voir des fillettes porter des brassières alors qu’elles ont encore les seins plats comme des galettes ou forcer les enfants à se vêtir sur une plage, sous prétexte qu’elle est publique. C’est leur apprendre par l’imposition de normes adultes qu’il faut avoir honte de la nudité. Ceux qui se scandalisent de voir sur une plage un enfant nu sont des malades.

La meilleure politique demeure un sain équilibre afin de permettre à chacun de vivre selon sa propre pudeur. L’acceptation ou le refus de la nudité est une simple question d’éducation.

Pour ce qui est du matériel pornographique quel qu’il soit, tout individu devrait pouvoir en acquérir pour des fins personnelles. Les phantasmes n’ont pas à être contrôlés par l’État. La police n’a pas à décider ce que l’on regarde ou qu’on lit. D’autant plus que les soins apportés aux pédophiles dans les prisons consistent à se masturber en regardant du matériel pornographique, probablement ce que font librement ceux qui en regardent chez eux. Serait-ce que le regard des gardiens est le médicament miracle ? Le danger pour les autres naît de la frustration.

La pornographie peut jouer en ce sens un rôle curatif. Protéger les enfants?

Dans une émission de Mlle Michael Jean, à Radio Canada (une dame semble souffrir de cette obsession) la police de Val-d’Or montre des revues d’éducation sexuelle européenne en disant que c’est dégueulasse de montrer ça à des enfants. C’est à se demander qui est malade ?

Par contre, pour protéger les enfants d’une connaissance erronée de la sexualité, la pornographie devrait être interdite avant 10 ans. De plus, puisque ce matériel peut facilement entraîner des abus chez les enfants en les forçant d’y participer, le Québec devrait interdire toute production sur son territoire de matériel pornographique avec des jeunes.

Ramener une revue pornographique infantile d’un autre pays ou la regarder sur internet ne met personne en danger, ce qui est loin d’être aussi clair quand il est question d’en produire.

Montréal, juillet 1997
Sortir, Les éditions de l’Aurore, directeur Jean Basile, Montréal ,1978

Aimer  les  petits  gars  :  féérie  du  monde adulte

(Dans SORTIR, éditions de l’Aurore, 1978)

Aimer les petits gars, féerie du monde adulte.

En 1978, sous la direction de Jean Basile, les éditions de l’Aurore, publiaient un livre pour contester la répression policière à l’endroit des homosexuels. J’ai été invité à y participer, ce que j’ai accepté avec joie, car, à cette époque, j’étais encore très radical et missionnaire. Je croyais dans ma mission de poète.

J’ai même participé à des ateliers avec le psychologue Alain Bouchard où je parlais de ma pédérastie pour éliminer la peur que l’on avait des prédateurs sexuels, faisant une nuance entre ceux qui sont violents et souvent malades mentaux et ceux qui sont non violents et dont l’approche est dans la séduction. Un besoin de vérité…

On me reprochait alors de prêcher pour ma paroisse, de chercher à obtenir l’attention et me faire de l’argent à partir de mes dénonciations. En réalité, je me croyais investi du devoir de faire connaître la vérité. Depuis, j’ai appris qu’il n’y a pas de Vérité, mais des Vérités. Écrire sur ce sujet est devenu une recherche sur l’humain. Au lieu de me payer, écrire est devenu un moyen de me ruiner. Je dépense à peu près tout ce que je gagne, pour continuer à exister dans l’arène littéraire.

Je voulais, quoiqu’il arrive, dénoncer toute l’hypocrisie, tous les mensonges qui entourent la pédérastie. Particulièrement, la malhonnêteté intellectuelle qui élimine la différence fondamentale entre la pédérastie et la pédophilie. Celle qui nie l’existence d’une sexualité, une libido chez les jeunes.

À cette époque, disons que j’étais un pédéraste égoïste. Je voyais le problème à partir de ce que je vivais. Je me battais pour le droit de jouir de mon corps, d’en être maître, même si c’était le contraire de ce que le système nous prêchait. On était tellement scrupuleux qu’on n’osait même pas penser, parler, encore moins toucher. La sexualité n’avait qu’un but : procréer.

Tout était péché en dehors du mariage : une vraie démence. On avait mis sur pied un système de censure, sous prétexte de protéger les jeunes, qui existe encore aujourd’hui quoiqu’on prétende qu’il est aboli.

Me battre pour cette liberté, c’était presque une vocation, car je croyais que cette morale nous empêchait d’être heureux .qu’elle nous  mentait.  Aussi  stupide  que ça paraît, je croyais me battre pour le droit au bonheur. Je croyais, et je crois encore, que le Québec doit évoluer et se libérer de l’omerta qu’on nous a imposée afin de retrouver l’estime de soi.

Ma philosophie cadrait parfaitement avec le discours des féministes d’alors, qui voulait que tout individu est le seul maître de son corps et de son esprit.

Aujourd’hui, je mettrais certains bémols, à mon enthousiasme d’antan, d’abord à cause de mon expérience de la vie. Plus de dix ans sans rapport sexuel, ça éteint un peu la flamme. Tu te demandes si quelques minutes de plaisir justifient des années de malheur. Une vingtaine d’années, plusieurs mois de prison plus tard,    et    surtout,    une    vie    très    active ; ça    m’a    permis    d’être   encore plus conscient jusqu’à quel point le système nous ment quant à la pédérastie.

On a depuis quelques années crée une véritable industrie du chantage. La pédérastie est devenue un moyen de se faire de l’argent facilement. Elle est aussi un moyen politique que l’on utilise pour détruire la religion qui fait ombrage à  une  autre…  le  scandale   des   prêtres   catholiques parce   que   l’on confond spiritualité et règles morales.

Je constate un retour en force de la morale castré, mensongère, hypocrite, des religions. Elle nous arrive par la porte de derrière, grâce au discours des féministes réactionnaires sur l’hyper sexualisation (quoique c’est en partie un vrai problème).  Ces féminounes, à mon avis, sont un petit groupe politique qui sert  le fédéral, en divisant la société entre hommes et femmes. Il n’y a aucune différence sur les raisons de fonds invoquées contre la pédérastie et le port du voile : la pureté confondue avec la chasteté. .. la guerre du bien et du mal.

À cette époque (1978), on se servait de l’homosexualité pour créer une chasse aux sorcières contre tous ceux qui ne partageaient pas le dogme fédéraste. Si tu n’obéis pas aux règles de la sexualité, tu es déjà hors- norme et potentiellement dangereux pour ceux qui dominent, en l’occurrence le Canada.

Pour moi, à cette époque, l’indépendance du Québec, c’était la priorité des priorités. J’ai la conviction qu’elle se réalisera avec le temps et la prise de conscience de la population du Québec…. Quand les Québécois auront la conviction  que  l’indépendance  améliorera  leur  sort.  Plus   cette   réflexion sera profonde, plus elle sera inéluctable. Plus le Québec sera français, plus il sera homogène.

Aujourd’hui, mon approche est autre. Je ne préconise pas un plaisir que je veux m’offrir; je réfléchis sur la philosophie, le droit des individus à leur sexualité et comment une morale peut en découler sans brimer la vie privée. Ma réflexion est plus universelle, mais pas moins québécoise.

J’ai surtout écrit fin des années 1960 jusqu’à 1980, car je me croyais capable de devenir un jour un grand écrivain. Aujourd’hui, quand je me compare, je doute fortement de ce potentiel. À cette époque, je me prenais aussi pour un grand révolutionnaire, j’avais parfois des intuitions paranoïaques qui offraient à la vie un petit côté électrique… la vie était une libération…

Avoir enseigné 15 ans, avoir adopté deux garçons m’a forcé à réfléchir encore plus  profondément  sur  l’importance   de   la   liberté   sexuelle,   et   surtout,   j’ai découvert avec le temps, l’importance de la responsabilité. Jouer aux fesses n’est pas un geste anodin en soi parce qu’il implique toute une gamme d’émotions de la vie affective; mais on exagère sciemment son importance pour en augmenter la valeur commerciale. Les scandales entourant la sexualité sont très payants pour les médias.

Si on veut vraiment créer un pays démocratique, fondamentalement ouvert sur l’avenir, il faut avoir le courage et la détermination d’aller au fonds de la question. Pour ma part, les règles sur la vie sexuelle, principalement celles qu’on nous imprègne dans l’enfance et l’adolescence (la religion plutôt que la psychanalyse) sont un viol de conscience qui créent l’aliénation.

Être aliéné, ce n’est pas seulement être enchaîné, mais c’est aussi aimer ses chaînes. Être colonisé, c’est une chose ; être aliéné, c’est se prétendre heureux dans ce colonialisme.

L’aliénation est le contraire de l’autonomie, de la création d’une conscience personnelle. Et, c’est pourquoi, il y deux ou trois ans, après être passé à un doigt de la mort, j’ai recommencé à écrire de nouveau sur la pédérastie avec mon livre La pédérastie mise à nue.

À ce moment-là, ma question fondamentale était : si je mourrais qu’est-ce que j’aimerais que l’on retienne de mon engagement en faveur d’un Québec libre? Qu’est-ce qui pourrait aider à l’avènement d’un Québec libre ?

Je n’ai aucun poids me permettant de croire qu’on attache la moindre importance à ce que je pense politiquement. Cependant, je crois que jamais les Québécois ne décideront de créer un pays tant qu’ils ne seront pas non seulement conscients du colonialisme fédéraste, mais de tout ce que peut nous apporter l’indépendance.

Ce besoin, cette volonté d’être ce que nous sommes ne peux pas s’épanouir si on continue de s’auto mépriser ; j’ai décidé de reprendre la plume pour essayer de faire comprendre le cheminement inconscient de notre peuple vers sa libération.

J’ai identifié le besoin strictement fondamental de faire la nuance entre la spiritualité et les religions pour pouvoir créer une société foncièrement libre et tolérante. J’ai pris conscience que les religions sont des créateurs d’intolérance et de discrimination envers tous ceux qui ne partagent pas exactement nos convictions.

Que je le veuille ou non, mon amour de l’humanité est essentiellement en lien directe avec mon expérience pédéraste, même si aujourd’hui, je devrais pour être honnête avec moi-même, me demander si je suis encore pédéraste. Sauf regarder les sites pornos, me masturber, je ne vis plus de vie sexuelle. Je suis même rendu comme les curés à trouver que ce besoin contraignant, négatif parce qu’il m’éloigne d’une réflexion encore plus profonde et m’empêche d’écrire.

Je me ramasse dans une autre controverse, je suis banni de toutes les associations d’écrivains (qui en même temps pondent de grands textes sur le droit à l’expression).

Cette fois l’arme que l’on utilise, c’est de me dénoncer comme pédophile alors que je dénonce moi-même la pédophilie. On s’appuie sur le titre d’un de mes romans Laissez venir à moi les petits gars et le texte publié dans Sortir avec l’Aurore.

Cette dénonciation permet de s’assurer qu’aucun éditeur n’aura le courage de publier ce que j’écris maintenant, qu’on essaiera d’effacer la petite gloire que je bénéficiais avant, grâce à mon engagement politique. Que je le veuille ou non, mon approche de la question est toute autre qu’à l’époque de ce texte.

Aujourd’hui, je me rends compte que les règles de protection qu’on impose sous prétexte que les jeunes sont trop niais pour décider, sont en fait, un moyen de s’assurer que tout le monde soit le même troupeau de moutons. Refuser de discuter de ce sujet, de voir objectivement le problème, c’est nier aux jeunes le droit de se créer une conscience personnelle et d’avoir une vie privée bien à eux. C’est refuser la véritable démocratie.

Pendant que des jeunes se suicident parce qu’ils se découvrent gais, le gouvernement continue de subventionner les mouvements qui créent une paranoïa maladive autour de la sexualité. On enlève les cours dans les écoles sous prétexte que l’éducation sexuelle appartient aux parents alors que ceux-ci font une crise d’hystérie dès qu’ils entendent que les adolescents (es) ont une libido comme tous les êtres humains. Comme, quand j’étais jeune, la sexualité est redevenue tabou.

On se fiche bien que les jeunes soient noyés dans la violence, on prétend que ça ne les influence pas ; mais on lit tous les livres qu’on leur offre pour s’assurer

qu’il n’y ait pas d’allusions à la sexualité. Une telle castration n’a plus sa raison d’exister aujourd’hui dans un Québec moderne. Le scrupule maladif duquel nous sommes sortis nous marque encore trop profondément pour discuter librement et objectivement du sujet. Pourquoi l’Homme est-il sexué ? Les jeunes ont-ils une sexualité ? Les règles qui en découlent sont-elles justifiables ? En fait, on ne mentionne jamais que dans ma conception de la liberté sexuelle toute forme de violence est bannie.

Même si cela représente un certain danger — j’ai même découvert un blog sur lequel on affiche ma photo pour me dénoncer– j’ai décidé de reprendre ce sujet, là où je l’ai laissé, il y près de 30 ans déjà, et de dire ce que mon expérience m’a appris. Je n’invite personne à être pédéraste : je sais que c’est une vie de souffrance pour presque tous ceux qui le sont. Même si je suis heureux, je suis conscient d’être une exception. J’ai  aussi  compris,  je  crois, le  lien  fondamental entre la liberté sexuelle et la démocratie.

Que cette haine à mon endroit existe, ça me chagrine; mais ça ne me surprend pas. Les obscurantistes ont encore le pouvoir et l’argent pour propager la peur. Je suis très chanceux d’être au Québec, car dans certains autres pays, je me ferais tuer juste pour avoir osé aborder le sujet.

Donc, voici ce texte qui fait tant rougir l’Association des auteurs des Cantons de l’Est et l’UNEQ…. À remarquer que j’ai été reconnu écrivain titulaire (professionnel) avec ces mêmes textes qui permettent aujourd’hui de m’écarter.

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