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La liberté sexuelle 4 (pp.32à 43)

août 5, 2020

La liberté sexuelle  4  (pp. 32 à 43)

En décrétant les délits sexuels non-violents et sans contrainte comme un crime contre l’humanité, on évacue complètement une réalité : les gestes posés ainsi le sont souvent dans un contexte où la personne qui les pose est en amour avec celle avec qui elle agit ainsi. «Aimez-vous les uns et les autres, mais ne vous touchez pas » comme si l’amour en dehors des normes usuelles est un crime contre l’humanité et qu’il ne faudrait pas être profondément malades (ou attaché aux intérêts économiques que l’on défend) pour décréter une telle aberration… Par contre, il est vrai de dire que tous les réseaux de proxénètes sont un crime contre l’humanité, car des humains en sont des esclaves.

On oublie les grandes leçons tirées des ateliers tenus à Montréal, dans les années 1980 sur les homosexualités et dans lesquels il y avait été établi :

  1. Il y a tout un monde de différence entre la pédophilie (relations sexuelles entre des jeunes de moins de 10 ans et des adultes), la pédérastie (relations sexuelles entre des garçons de 10 et plus et des adultes) et l’homosexualité (entre deux adultes de même sexe).
  • Que le pédéraste n’est pas violent et qu’il est follement amoureux de la beauté et de la jeunesse. Il lie une relation amoureuse avec le jeune, relation marquée par le respect mutuel, parce que le jeune y découvre un partenaire égal à lui, qui sait l’apprécier à sa juste valeur, qui veut que cela dure dans le temps ; ce qui très souvent n’est pas négatif pour le jeune, bien au contraire, il y trouve l’amour et l’admiration, l’estime de soi dont il a besoin pour faire face à la vie … Enfin, il est quelqu’un pour quelqu’un …
  • Qu’à cet âge (10 ans et plus), les jeunes peuvent éprouver une curiosité ou une attirance sexuelle et qu’ils ont déjà tous les moyens pour accepter ou refuser.
  • Que le psycho- drame qui entoure la découverte de cet amour encore
  • «inusité» engendre une répression qui est la première et la plus importante cause des séquelles que subira le jeune : on le force à porter plainte contre la personne qu’elle aime, on lui démontre qu’en y ayant participé c’est en soi un crime terrible, un geste honteux : l’appel de la police, l’intervention de la DPEJ le confirme bien.

La répression qui entoure ces révélations tient du besoin fondamental de s’assurer que la victime ne deviendra pas une personne qui percevra la sexualité, particulièrement l’expérience homosexuelle, comme quelque chose d’agréable, car le sexe ne doit être bon que pour les adultes. Les travailleurs (euses) social (es) n’insistent-ils pas sur le « je sais que c’est difficile d’en parler, mais il le faut », créant automatiquement une atmosphère de honte, de scandale et de « victime ». Devant une telle attitude, les jeunes n’ont que la possibilité d’affirmer qu’ils ont été forcés, pour ne pas passer pour des pareils, même s’ils retournent voir leur présumé agresseur (si on n’aime pas ça, on ne retourne pas voir notre prétendu agresseur)

Toute l’éducation reçut à l’école et à la maison porte également sur l’aspect négatif de la sexualité. C’est un sujet dont il faut avoir honte, même d’en parler. Il est rare que la sexualité soit présentée comme une énergie positive … Qu’est-ce qui est plus grand que l’amour et l’amitié ? Les Évangiles, à ce titre, sont un livre extrêmement subversif … Jésus ne parle-t-il pas lui-même de son disciple bien- aimé ?

  • Chez les jeunes prostitués, on découvrait leur souffrance de ne pas être aimé, de ne pas avoir une relation suivie.
  • On a découvert à travers la répression toute la négation d’une réalité à savoir que les jeunes ont aussi une sexualité et qu’ils ont droit de la vivre comme ils l’entendent. La libido est la force la plus importante, la plus créatrice, la plus positive chez tous les êtres humains. Le développement de la sexualité passe par différentes phases.

Les parents quant à eux croient avoir le droit et le devoir de choisir à la place des jeunes. Ils doivent transmettre la répression pour faire face à l’opinion des autres au lieu d’accompagner leurs enfants dans leur découverte d’eux-mêmes. Il est plus sécurisant d’embrasser la philosophie de la majorité, soit celle de la répression sexuelle, que d’apprendre à bien éduquer les jeunes sur le sujet, leur apprendre le droit de dire oui ou non et leur faire confiance. Les jeunes sont moins idiots qu’on le pense.

Depuis la révolution sexuelle des années 1970, puisque l’Église a perdu des plumes, l’état s’est arrogé la mission de prendre sa place. L’état, en s’appuyant sur les policiers et les mouvements en croisade contre les abus sexuels, devient dans cette optique celui qui remplace les curés en matière de morale répressive sexuelle alors que la sexualité n’est pas sale, vicieuse, dommageable, mais une force créatrice ; Ceux qui préconisent la liberté sexuelle devraient avoir le même droit d’exister et de parole que ceux qui endossent aveuglément la répression

La répression sexuelle.

L’histoire de la répression sexuelle (L’histoire de la répression sexuelle, Jos Van Hussel, éditions du Jour, Robert Laffont) nous apprend que celle-ci porte sur deux plans : a) la déification de la sexualité (la fertilité) b) sa négation à travers les religions (tout ce qui n’aboutit pas à une naissance est une déviation du but exclusif de la sexualité. et par conséquent, devient tentation, péché, enfer. Le plaisir étant le mal, il faut souffrir pour aller au ciel et faire plaisir à Dieu, un être pourtant strictement spirituel … La répression sexuelle nous vient des religions  et de la bourgeoisie : le peuple est sale et ignorant, d’où faut-il s’en séparer. Le lit a été créé à cette fin, pour combattre la promiscuité, etc.

Le meilleur moyen de contrôler le peuple, d’éviter les contacts entre les différentes couches sociales, est de détenir le pouvoir sur sa vie affective, de la réprimer. Si quelqu’un, à cause de sa nature, désobéit, il faut le rendre conscient de son état de pécheur, de sa honte. N’est-ce pas le rôle que l’Église a facilement accepté de jouer après la défaite des Patriotes, instituant un «colonialisme psychologique et affectif » qui marquera notre histoire pendant deux siècles (la philosophie de la conservation), soit jusqu’à la révolution tranquille ? Tout comme la religion, les classes sociales (le rang) servent à dominer le peuple : il ne faut pas fréquenter ceux d’un autre rang, d’une autre religion, l’étranger, c’est le mal … Montréal, c’est la ville du vice !

Auparavant, les religions servaient de police et de médecin. Les codes moraux n’existaient pas pour condamner, mais expliquaient comment agir pour assagir l’homme qui est plus facilement semblable à la bête qu’à son dieu. Il a fallu faire peur pour exercer le pouvoir.

En créant la répression sexuelle, il est facile de contrôler les gens en les culpabilisant. Qui n’a pas commis ce péché de la chair qui s’étend jusqu’aux mauvais désirs ? La répression sexuelle n’a pas toujours été sage. On pourrait même dire qu’elle est devenue dans bien des cas une forme d’exagération qui tenait plus de la folie que de l’intelligence. Par exemple, en Angleterre, sous le règne de la reine Victoria , la pudeur avait atteint un tel degré de folie que l’on pratiquait des petits trous dans le prépuce des garçonnets afin de les attacher durant la nuit, les empêchant ainsi d’avoir des érections au réveil… c’était trop douloureux. Tous les gars connaissent les fameux  » bandages de pisse » du matin, un phénomène plus que naturel. Une torture pour sauver une morale débile.

À cette même époque, on avait créé une véritable industrie pharmaceutique  dans le but d’éliminer ce geste sale que constituait une érection. On «potelait» les dames, selon les caprices des messieurs, créant ainsi les modes. Et que dire de la honte des menstruations : une maladie de femmes ? Qui sont les plus déviants : ces obsédés du scrupule ou ceux qui y échappaient ?

La pudeur vestimentaire quant à elle rappelle qu’elle ne fut pas de tous les temps homogène. Ce n’est que sur Victoria qu’il fallut se cacher des chevilles jusqu’au cou (parfois même inclusivement), la vision de la chair étant devenue une tentation, un appel du diable .

Qui décréta que de toucher au sein ou à un pénis est un péché ? C’était habituellement ceux qui en étaient le plus obsédés, ceux qui en étaient privés et qui décidèrent qu’il fallait en priver les autres pour ne pas être tentés. Chose certaine, la tradition crée le mal : les femmes musulmanes doivent se voiler. Si on avait décrété qu’il est mal de passer la main dans les cheveux ou de se toucher le nez, à cause de la morve, après des siècles de cette croyance stupide, inculquée dès la prime enfance (avant de pouvoir réfléchir), il serait  dans l’ordre des choses que l’on respecte cette règle , que l’on ne la questionne pas puisqu’elle est centenaire et encore plus parce qu’en le faisant tu risques d’y «goûter», d’être la bête à abattre. Le temps où on brûlait les homosexuels n’est pas si loin.

La répression sexuelle ne tient pas compte de la différence de perception de la sexualité qui existe non seulement entre les hommes et les femmes, mais qui diffère aussi selon le sexe et les âges de l’individu.

Les femmes ont une vision plus négative de la sexualité. Cela s’explique par plusieurs raisons, mais surtout à cause de l’ignorance entretenue à travers les siècles par les religions. Les menstruations apparaissent comme une malédiction et non comme un cycle vital. Chez le garçon, la sexualité n’a pas cette place, avant la pré puberté. Elle est quasi inexistante. On croyait même que la semence ne pouvait pas exister par elle-même et surtout qu’elle était en quantité limitée d’où combattait-on, entre autre, la masturbation. Le garçon devait assurer la survivance de la race. Mais, puisqu’il ne peut pas porter l’enfant, il est donc moins endoctriné par des conseils répressifs. Il est donc plus libre, plus fier de lui.

Pire, dans toutes les religions, la femme est un objet de luxure, une tentation, un appel au mal. On a confiné la femme dans son rôle de «porteuse», d’éducatrice des enfants et on a nié, l’homme macho en tête, son droit à son intégrité physique, à la carrière, à la différence. L’égalité des femmes, la remise en question de leur rôle est sûrement le joyau des luttes d’émancipation des mouvements féministes … les luttes pour l’égalité sont encore loin d’être terminées. On oublie souvent que le rôle donné aux femmes et aux hommes par les sociétés sont des conventions sociales qui reposent sur des impératifs économiques … l’histoire de la monogamie, de la polygamie et de la polyandrie en témoigne. La sexualité n’a pas la même implication pour la femme, car c’est elle qui donne naissance … la place des filles mères dans nos sociétés ont donné plus souvent lieu à la honte qu’au support qu’elles étaient en droit d’exiger. La raison était toute économique. Cela a-t-il vraiment changé ?

On nie également la différence dans la formation physique et psychologique entre garçons et filles. Alors que la jeune fille prendra conscience de son orientation sexuelle vers 16 ans, le garçon, lui, l’a déjà fait depuis ses 10 ans ou plus, soit depuis ses premières éjaculations. Cependant, même cela change rapidement. Les lois actuelles ne tiennent absolument pas compte de cette réalité. On préfère parler des limites d’âge (qui changent) alors que dans la vraie vie, on devrait plutôt parler de « phases de développement», lesquelles sont individuelles. Comment peut-on assurer le droit à l’orientation sexuelle si certaines expériences sexuelles mêmes non-violentes sont un crime, qu’il n’y a qu’une seule voie qui soit la bonne : répressive et hétérosexuelle pour ne pas dire monogame ?

L’approche que j’ai connue au Manitoba me paraît une des solutions. Le «oui»  ou le «non» ; le «j’aime» ou «j’aime pas». Les jeunes doivent apprendre qu’ils ont le droit absolu de dire oui ou non et que personne ne peut les forcer à une relation sexuelle qu’ils ne désirent pas. La décision leur appartient dans l’absolu. Ils doivent savoir qu’elle est l’implication et les responsabilités. Et, dans ce cas, l’éducation joue un rôle primordial. Il appartient au jeune de décider s’il est bien dans la relation qu’il vit avec l’autre. Sa décision n’est pas celle d’intervenants qui décident pour lui de la morale à suivre. Il n’y a pas qu’un rapport physique, la relation affective est parfois plus importante. Même jeune, dès que tu peux faire le choix, tu dois être libre. Prendre la décision pour eux, c’est les infantiliser et brimer leur choix ainsi que leur estime de soi. L’Église disait qu’à sept ans, on a l’âge de la raison, c’est-à-dire la capacité de savoir ce qui est bien ou mal. Par contre, la phase d’indifférence sexuelle, du moins chez le garçon, s’étend jusqu’à ce que son corps modifie la sécrétion des hormones qui marqueront sa puberté. C’est un phénomène universel, même s’il n’est pas vécu de la même façon, au même âge par tous les individus. Qui peut se dire responsable des intérêts créés par cette transformation physique ? Qui peut savoir si ces attractions seront dirigées vers le sexe opposé ? Il est évident que cette notion exclut la pédophilie (rapport sexuel avant 10 ans), car un rapport de domination inconscient peut effectivement exister dans ce type de relation : l’enfant est encore trop jeune pour décider de ses besoins et de ses désirs.

Le jeune doit être bien informé le plus vite possible par ses parents d’abord. Il doit savoir et comprendre qu’il peut mettre fin à toute relation qui lui semble préjudiciable et comment y mettre fin, s’il le désire. C’est à lui de choisir. S’il veut mettre fin à une relation qu’on lui impose, et que l’on s’y oppose, il y a une foule de gens qui doivent être prêts à entendre la dénoncer ; mais s’il y est bien, il lui appartient de décider de la poursuivre, sans avoir à subir le jugement moral des autres. C’est ce que l’on appelle respecter l’autre. Respecter son intelligence. Respecter sa capacité de vivre libre, c’est-à-dire capable de faire des choix entre le bien et le mal, selon ses propres intérêts. Le jeune est capable de discerner une relation où l’on profite de lui et une autre dans laquelle il retrouve de l’amour, qui lui permet de grandir. Chaque cas est particulier.

Cette approche permet de dédramatiser les situations et respecte davantage l’intégrité des jeunes, tout en protégeant les autres des abus de la manipulation et du chantage dont ces mêmes jeunes sont bien capables … les cas de fausses dénonciations sont moins rares qu’on le prétend à cause même de la façon dont sont opérées les enquêtes. On a clairement établi qu’un jeune peut très bien finir par croire ses mensonges d’où est-il important de créer un environnement sain.

Si les pédophiles sont malades, il est anormal que ces phénomènes soient judiciarisés, s’il n’y a pas de violence. On ne soigne pas un alcoolique strictement en le jetant en prison ; mais le système doit créer des solutions qui protègent les enfants. Aucune tolérance pour les situations de violence ou de domination psychologique réelle ou potentielle. Un enfant qui ne peut pas se défendre n’est pas libre d’où l’importance que l’on cesse de présenter la sexualité comme quelque chose de honteux, quelque chose dont on ne veut pas parler. Il est évident que la liberté sexuelle ne peut exister que dans une relation sans violence, sans domination psychologique, sans chantage. Cette égalité est rendue possible par le rapport de force entre les individus, donc, consentie mutuellement.

La remise en question de la sexualité exige un courage sans borne, car elle doit faire face à tous les préjugés, à toutes nos croyances religieuses et bourgeoises. Elle insécurise presque tout le monde en questionnant sans hypocrisie l’irrationnel, le bien-fondé de nos choix et de ceux qui nous précèdent. Si l’on veut créer une société démocratique, il faudra faire l’exercice. On doit savoir qu’elles étaient les motifs pour interdire ou privilégier certains aspects de la sexualité, principalement comment la vivre.

On doit décider si le Québec souverain sera une société répressive ou une société démocratique, libre et humaine. Si on en fait une société de droit, on doit s’assurer que ce droit respecte tous les droits, mais aussi toutes les responsabilités. On n’accorde pas des droits, en les retirant à une certaine catégorie de personnes, les jeunes compris. Il faudra avoir le courage d’affirmer que la religion est un droit individuel et non collectif. Que les pratiques religieuses doivent être conformes au taux de tolérance acceptée d’où l’interdiction sur notre territoire de pratiques qui contreviennent au droit fondamental de l’intégrité psychologique et physique, telle l’excision. On ne peut pas la pratiquer ici ou envoyer un enfant la subir en dehors. L’excision est encore pire que le tourisme sexuel. Il faut créer une société basée sur la liberté, le respect des autres et la responsabilité.

La répression sexuelle pour des crimes non violents présente un coût très élevé alors qu’on coupe dans l’éducation sexuelle dans les écoles. N’existe-t-il pas d’autres moyens pour en arriver au respect de tous les individus ? C’est une amorce de réflexion que j’ai poursuivi dans mon livre La pédérastie mise à nu. Ouvrir le débat me vaut d’être rejeté de toutes les institutions qui se prétendent démocratiques … mais c’est la vie. Rien ne changera la nature des choses, mais on peut modifier notre approche et notre compréhension.

Pour une politique de liberté sexuelle, non violente, consentie, responsable et agréable.

La constitution d’un Québec indépendant doit non seulement garantir le droit à la vie privée, l’orientation sexuelle, sans discrimination d’âge; mais définir ce droit à la liberté sexuelle.

L’application d’une politique de liberté sexuelle est fondée sur trois principes fondamentaux        :

  1. Tout individu a le droit absolu, dès qu’il a l’âge de raison, à son intégrité physique, psychologique et morale. Chaque individu est le maître absolu de son corps et de son esprit.
  • Les lois sur la sexualité doivent assurer la sécurité des enfants (10 ans et moins), tout en respectant leur droit à la connaissance.
  • Il est impossible de vivre une sexualité libre et responsable sans une éducation neutre, scientifique, sans hypocrisie ou sans morale bourgeoise, échappant ainsi au lavage de cerveaux des religions. Tout être humain naît dans l’égalité. Il n’y a pas d’hommes, pas de femmes, il n’y a que des HUMAINS.

L’intégrité de l’individu.

Tous les individus doivent être responsables de leur corps et de leur âme. Le bien le plus fondamental pour l’homme (en plus de l’amour, un besoin essentiel) est sans aucun doute la liberté. Tout individu a le droit de choisir entre ce qu’il considère comme le bien et le mal. La société doit tendre à créer un système démocratique le plus efficient et le plus raffiné possible ; c’est-à-dire avec le maximum de possibilités à l’égalité pour chacun de ses membres et le droit de se réaliser pleinement. Une société démocratique refuse d’exploiter ses citoyens et recherche, au contraire, le développement maximum de chacun de ceux-ci, sans discrimination. Le gouvernement est une équipe qui administre les biens de la collectivité et en assure un partage juste et équitable entre chacune de ses parties.

Sur le plan sexuel, à cause des religions et des caprices de la bourgeoisie hypocrite, la répression a toujours été la façon de régler le problème. Des siècles de grande noirceur se sont succédés, surtout quand il s’agit de la sexualité des enfants … sexualité que les adultes ont toujours niée jusqu’à Freud, car la reconnaître exige de la respecter et gruge dans le pouvoir d’absolu de «propriété» que se sont donnés les adultes ou les parents sur les enfants.

Pire, aujourd’hui, au nom de la morale judéo-chrétienne, la Direction de la protection de l’Enfance et de la Jeunesse s’arroge au nom de l’État le pouvoir absolu de décider, selon leur conception, ce qui est bien ou mal pour l’enfant-roi, version Jean-Jacques Rousseau. Un tel absolutisme ne ressemble-t-il pas étrangement au pouvoir de la Gestapo ? Comment peut-on justifier un tel  pouvoir des fonctionnaires en dehors d’une situation de violence. ? Qui peut prétendre qu’une caresse, même génitale, meurtrit l’individu ? On invente des histoires qui n’ont même plus de sens pour entretenir la peur, la paranoïa par rapport à la sexualité. Les règles qui nous dominent actuellement sont basées sur une ignorance crasse de la réalité humaine.

L’interdit sexuel est né de tabous et de véritables folies dues à l’ignorance des hommes quant au fonctionnement de leur propre corps. Par exemple, la masturbation a longtemps été perçue comme dangereuse, même pour le cerveau. À la même époque, saint Albert le grand  proclamait  que le sperme était en fait la matière grise de l’homme et qu’en se masturbant, il la perdait, ce qui le rendait sourd, idiot et stérile». (Masturbation et culpabilité, Claire Bouchard, Journal de Montréal, 20 juillet 1997 ainsi que L’histoire de la répression sexuelle, Jos Van Hussel, éditions du Jour, /Laffont). En Angleterre, pendant la période victorienne, on attachait, le soir, le prépuce des garçons pour les empêcher d’avoir une érection pendant leur sommeil ou à leur réveil. Comment peut-on, dans ce cas, maintenir des règles et des lois émanant de cet esprit fasciste ? Comment pourrait-on affirmer aujourd’hui que l’Inquisition qui avait pour rôle de maintenir le dogme religieux était autre chose qu’une infamie ? D’où proviennent les règles actuelles qui régissent la sexualité sinon des royautés et des papautés (de l’Inquisition) afin de maintenir le pouvoir de ceux-ci sur le peuple «ignorant» ?

La répression a servi à créer la discipline de la peur », comme s’il n’y existait pas des moyens plus efficaces, moins traumatisants pour obtenir le contrôle de soi afin de bien vivre en société. On semble ignorer que la répression engendre toujours une bombe à retardement contre nature sans cesse prête à nous sauter dans la face puisque la culpabilisation est un élément prépondérant dans l’instinct de mort. Toutes les personnes qui se sentent coupables se détestent. Comment peuvent-elles aimer les autres ? Pourquoi dictent-elles aux autres leur morale ?

Les règles de la sexualité, tout comme celles du mariage ont été établies pour gérer le comportement humain d’une façon raisonnable pour le plus grand nombre d’individus possibles. Même à travers les religions, c’est un véritable négoce axé sur le partage entre l’homme et la femme des responsabilités et des tâches dont, entre autres, la satisfaction sexuelle. Dans un couple où il n’y a plus d’amour, c’est une forme de prostitution légalisée, sacralisée. Le mariage a un caractère commercial évident quand on examine le phénomène de la dote ou encore les raisons d’exister de la polygamie ou de la polyandrie.

En réalité, sans le caractère religieux qu’on confère au mariage « personne ne peut séparer ce que Dieu a uni », rien n’est sacré dans le mariage. Cette sacralisation tend à légitimer le caractère inviolable, éternel de l’union, principalement en vue de procréer et de fournir aux rejetons la sécurité dont ils ont besoin pour devenir adultes. Il faut savoir qu’auparavant, les religions tenaient lieu de médecins, de policiers, ignorant souvent les vérités les plus élémentaires de la psychologie, d’où ils tenaient tant de pouvoirs dont ils abusaient volontiers. Il n’est donc pas étonnant que Dieu se mêle de gérer l’usage d’un corps qu’il n’aura jamais, à travers des prêtres qui inventent des histoires de façon à maintenir leur pouvoir, ce qui ne remet même pas l’existence de Dieu en cause. La femme étant objet de tentation qui assombrit la présence de Dieu dans leur esprit, les prêtres l’ont identifiée comme le mal et le danger le plus absolu.

La personnalité, l’individu n’avait aucune existence. Tout était la famille et plus particulièrement la communauté, car c’était la main-d’œuvre à bon marché, la chair à canon pour les rois et les papes. Il fallait tout leur sacrifier et les femmes se devaient d’être soumises à leur mari, même et surtout, dans le lit. Elles devaient être disponibles à leurs maris. Heureusement, les mouvements féministes authentiques ont mis fin à cet esclavage de la femme et leur a remis le droit à leur dignité. à leur intégrité et à leur destin. Les religions demeurent pourtant toutes très misogynes. Ce qui prouve que nos règles sont encore d’un autre âge. L’âge de la soumission et de l’ignorance.

Malheureusement, on a pas encore tout à fait reconnu que dans le mariage, ce n’est pas la licence (le sacrement du mariage) qui est importante, mais l’amour. Les règles de la sexualité ont été créées en fonction de l’esclavage féminin et non en fonction de l’amour entre deux êtres. Tout plaisir devait être banni. Pour la femme, faire l’amour c’était une obligation.  Il est temps qu’on s’en aperçoive  et qu’on cesse d’agir ainsi. Par contre, si la sexualité est propriété de chaque femme, elle l’est aussi de chaque individu. C’est invraisemblable que la majorité des mouvements de répression sexuelle qui s’affiche contre la pornographie (nudité) soit l’invention de femmes frustrées qui prétendent au bien de la société en interdisant aux jeunes de vivre leur sexualité comme ils l’entendent. Les règles du mariage avaient aussi pour but d’assurer la protection des êtres les plus fragiles dans la société en les éduquant.

Toutes nos lois sur la sexualité sont centenaires, sinon millénaires, plus souvent qu’autrement très «macho» d’où est-il important de les réviser puisque la vie, le système a changé. L’ignorance crasse n’a plus sa place. Aucune personne intelligente n’osera remettre en question le droit des gais à leur orientation sexuelle.

Tous les états modernes ou presque ont compris la nécessité de se laïciser et de se démocratiser. Ce n’est plus la dictature d’un dieu. Le peuple qui est  souverain, laissant ainsi toute la place possible à la liberté individuelle.

Il est important dans une constitution de définir avec précision l’équilibre entre le bien collectif et le bien individuel. Il en est de même pour les droits et les responsabilités.

Auparavant, l’ignorance et la répression sexuelle permettaient au souverain et à la bourgeoisie d’établir les règles de civilité du peuple qui en avait probablement besoin. Ce système servait deux fins particulières : 1- obtenir une force militaire (plus il y a d’hommes, plus l’armée est efficace) 2- obtenir une plus grande force de travail, grâce à la sublimation sexuelle, surtout chez les jeunes (La révolution sexuelle, W. Reich, collection 10-18 et La lutte sexuelle des jeunes, W. Reich, FM petite collection, Maspero, no 100).

Aujourd’hui, ces deux éléments sont dépassés, sinon inexistants. Il faut donc établir de nouvelles règles qui engendrent davantage l’autonomie de l’individu ainsi qu’une plus grande responsabilisation. Demain, la créativité sera la plus grande des richesses, non plus la force des bras. Il ne suffit plus d’obéir aveuglément ; mais savoir et comprendre pourquoi on obéit. La société démocratique idéale sera basée sur la réalisation de l’individu et le respect des autres, d’où l’importance de l’éducation.

La famille : base de notre société.

La famille était, est, et sera toujours, la cellule de base de notre société. C’est l’endroit où l’individu reçoit la sécurité matérielle et psychologique (l’amour inconditionnel) nécessaire à son développement, c’est-à-dire à la recherche de l’autonomie.

Quoiqu’on en pense, les enfants ne sont pas la propriété des parents, mais leur responsabilité, leur but, leur réalisation. Un couple qui décide d’avoir un enfant (même adopté) sacrifie souvent une partie de son propre bien-être pour assurer celui de l’enfant. C’est la «game», le fruit d’un choix quasi-irrévocable. La vocation, comme on disait autrefois. Mais, le but principal des parents est de conduire leurs enfants vers leur autonomie, vers la responsabilité sociale.

Rien n’a plus de prix qu’une famille parce qu’elle crée l’atmosphère affective, l’atmosphère du développement. C’est ce qu’oublient trop facilement nos gestapos « de fonctionnaires» qui s’imaginent juger des situations mieux que les parents ou les individus impliqués eux-mêmes. Au nom de leur code moral sexuel, sans tenir compte des liens affectifs, ils jugent immoraux les gestes à caractère génital entre deux individus qui n’ont pas atteint l’âge prescrit.

Pourtant, cette première rencontre entre l’individu et la société est fondamentale pour sa perception du monde à venir. La famille te montre tout quant à ton comportement avec les autres, y compris la sexualité.

Une éducation véridique est essentielle à un enfant, d’où bonne éducation ne veut pas dire répression sexuelle. C’est plutôt savoir se comprendre, se connaître, se contrôler et respecter les autres. La violence, souvent due à la boisson, est drôlement plus nocive dans le développement d’un enfant que la liberté sexuelle, mais on fait comme si on l’ignorait. On reste accroché à ce que l’on a appris. Le Québec se comporte comme s’il n’a jamais pu échapper aux enseignements religieux qui sont très largement remis en question par la science.

Par ailleurs, la famille d’aujourd’hui n’est pas toujours comme celle d’hier et c’est probablement mieux ainsi puisque les drames peuvent être évités avec la disparition des contraintes abusives de l’insolvabilité du mariage. Malgré ce progrès, dans une perspective d’avenir, il faut s’assurer que l’enfant cesse d’être un objet de marchandage et de chantage économique ou affectif, surtout dans les cas de divorce.

Chaque être sur terre est unique et important. Rien n’est plus important que la vie d’un être humain, rien ne peut justifier son élimination. Chacun ne vise qu’un but : être heureux durant le bref séjour de la vie.

La société doit fournir à travers la famille, le milieu, l’environnement qui permet d’atteindre cette atmosphère propice à la réalisation individuelle. Dans un monde idéal, chacun devrait pouvoir choisir sa famille, si sa famille ne convient pas à son développement personnel.

Plus une société est évoluée, moderne ; plus elle est capable de vivre la vraie démocratie, plus elle est capable d’offrir un niveau de vie acceptable pour tous, sans exception … Un niveau de vie décent veut dire là où le minimum vital est assuré pour chacun : un bon logement, la nourriture, le chauffage, l’instruction, la santé, les outils essentiels permettant de se créer un avenir acceptable, grâce à son travail.

Tout le monde devrait un jour avoir le droit de choisir sa famille et le pays dans lequel il désire vivre … une terre sans frontière, mais ça, c’est pour dans un siècle ou plus …

Pour y arriver, il faut revoir notre notion de la famille. La famille doit être définie comme un milieu apte à fournir l’amour et la sécurité nécessaire au développement de tous ses membres. Il n’y a pas qu’une structure acceptable. Le couple hétérosexuel n’est pas seul capable de remplir cette mission, bien au contraire. Un couple gai peut y arriver tout aussi bien.

Dans une société évoluée, on doit accepter le mode de vie de chacun, à moins que celui-ci mette l’autre en danger ou ne respecte pas les autres.

Il peut y avoir la commune, les familles monoparentales, gaies, polygames, polyandres ou nucléaires. L’important n’est pas qui les compose, mais si elles sont aptes à assurer le développement de chacune de ses composantes. Il appartient à chaque individu de décider dans quelle structure il sera le plus heureux.

S’il est vrai que dans la famille l’enfant est le centre, la raison d’être, il ne faut pas oublier que le bien-être des ou du parent est aussi un élément essentiel. L’enfant n’est pas un dieu, pur, innocent et sans reproche. Il peut être autant une «petite vermine» que n’importe quel adulte. Pour qu’une famille soit une réussite, elle doit être un lieu, une atmosphère où chacun puise la vitalité de son propre développement.

Pour qu’une famille remplisse sa vocation, il est essentiel que chaque membre ait sa part de responsabilités. La bonne entente est un élément indispensable au développement harmonieux et équilibré des enfants. En ce sens, il faut s’assurer que la vie de ceux qui tiennent lieu de parents le permet.

Notre société légale est à ce point viciée dans son souci d’exploitation économique que le travail des deux parents ne suffit plus souvent à offrir un régime de vie supportable à tous ses membres. L’exploitation éhontée de la masse par un régime économique dictatorial qui élimine les nationalités et uniformise les individus, connue sous le nom de «mondialisation des marchés» doit être immédiatement combattue.

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