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Diogène 15

juillet 26, 2020

Virus rencontre Jetelapoigne.

En entrant en ville, Virus s’est d’abord rendu au Café des Olympiques, question de rencontrer quelques coureurs et se rappeler le bon temps, où il était plus rapide que l’antilope.

À sa surprise, il n’y avait que de nouveaux athlètes, des jeunes de 16 à 18 ans, beaux comme des dieux.

Virus se rendit au vestiaire, question de se rincer un peu l’œil, car, parfois dans la vie, on a besoin aussi de beaux souvenirs pour retrouver un coin de soleil. Il faut profiter des bons moments pour compenser les mauvais.

Virus comprenait, en voyant d’aussi beaux garçons, que Zeus soit tombé amoureux d’un adolescent humain.

Cependant, pour lui, l’époque des baisers et des caresses avec des copains était révolue. Il était responsable d’Amfèpétéléplom. Elle n’aurait rien dit, parce qu’elle savait que ce n’est pas une petite aventure en passant qui détournerait Virus de ses obligations de père, mais Virus s’était créé cette frontière personnelle.

Virus.

Si tu fais un enfant, tu te dois de l’assister jusqu’à ce qu’il ait l’âge de s’occuper de lui-même.

Virus le croyait fermement. De toute façon, Virus avait aussi appris qu’il est toujours préférable de dire la vérité et être transparent.

Pourtant, l’acharnement d’Ypontife aurait dû lui apprendre que ce ne sont pas tous les humains qui ont l’intelligence d’Amfèpétéléplom et qui respectent la liberté individuelle des autres.

« La morale est comme le sexe, un élément essentiel à la vie privée. Tout est permis, s’il n’y a pas de haine ou de violence. S’il y a consentement mutuel. Un individu qui ne peut pas dire catégoriquement oui ou non est un caméléon. Ce n’est pas une question d’âge, mais de développement de jugement, d’autonomie. Un adolescent qui ne peut pas décider s’il aura une relation sexuelle ou pas, manque de maturité, car il n’a pas appris à prendre les décisions le concernant. C’est un sujet qui le regarde, lui, pas ses parents, ni ses amis. Rien n’est plus personnel que le sexe. » Pensait Virus.

Virus avait déjà toutes les valeurs nécessaires, pour embrasser un jour celles du christianisme, mais contrairement à St-Paul, il n’était pas un homosexuel frustré qui se reniait. Virus savait assumer ses ambivalences sexuelles.

Virus

Si les hommes étaient moins hypocrites, l’ambivalence sexuelle serait reconnue comme une réalité très généralisée. Cette hypocrisie a été l’enfer de tous ceux qui ont dû « se » vivre autrement que selon leur vraie nature, juste pour échapper à la saleté des mauvaises langues.

Virus était en extase devant un petit gladiateur, quand Jetelapoigne arriva sur les lieux.

Jetelapoigne fit comme s’il ne l’avait jamais vu. Il s’approcha du petit lutteur et lui dit, grâce à son interprète, qu’il avait de quoi le rendre très riche, s’il voulait bien lui appartenir pour une nuit.

Le jeune fit un grand sourire, ouvrit les bras et se branla le derrière. Une invitation évidente à passer aux actes. On se comprend très vite quand on est libre, pensa Virus. On n’a pas besoin de discours pour découvrir le désir de l’autre. Le langage verbal en dit parfois plus que les mots.

Quand Jetelapoigne repassa devant lui, étant moins pressé, n’ayant pas à s’assurer de ne pas vivre la prochaine nuit seul, il s’arrêta près de Virus. Il lui sourit à peine et continua sa route.

Virus n’était pas totalement fâché de cette attitude. Il savait qu’il était « passé date » pour Jetelapoigne et que Jetelapoigne devait chercher plus longtemps pour satisfaire ses besoins. Une nouvelle anxiété l’habitait. Jetelapoigne l’avait rendu riche. Mais, il se sentait un peu humilié de cette nouvelle attitude, puisqu’ils avaient déjà eu du bon temps ensemble. Virus se serait attendu à ce que Jetelapoigne s’intéresse un peu plus à lui. Cependant, Virus comprenait que la nouveauté est une partie intégrante de la beauté. Vu son âge, il n’était plus intéressant. Ce n’est pas qu’il aurait voulu se faire sucer une autre fois, mais il aurait voulu être reconnu et traité comme un être humain, revivre ensemble ce moment de vie paradisiaque, et ne pas être devenu un souvenir effacé, un objet.

En ce sens, la lutte féministe est la même que chez les gais. Une expérience sexuelle devrait nous unir pour assez longtemps. C’est un partage. « Un phantasme pour les jours de solitude », pensa Virus. Le sexe devient un rêve, une fleur s’il nous porte à aimer. Il est un simple plaisir, s’il ne crée pas de nouveaux sentiments.

L’attitude de Jetelapoigne signifiait carrément que celui-ci n’était plus intéressé à Virus. Ce n’avait été qu’une aventure. Virus comprit qu’il ne pouvait plus faire confiance à cette relation pour faire appel à Jetelapoigne, si de nouveau le besoin se faisait sentir. C’était un passé bien mort et enterré. Dommage !

Le meurtre de Jetelapoigne.

Virus, Diogène et Aristote durent continuer la visite de la Cité quelques jours plus tard, car Amfèpétéléplom avait eu besoin d’eux pour refaire un peu de ménage sur la ferme de Platon, appartenant dorénavant à Virus.

Les propriétaires devaient, comme tous les citoyens, s’occuper de politique, mais pour Virus, qui avait une très grande affection pour sa femme, celle-ci passait avant toutes

autres préoccupations. Durant trois jours, il fit aller son balai et lava des planchers. C’était, sans contredit, l’aïeul des hommes roses.

Qu’un homme aime son épouse, quelle autre bonne raison pour alarmer toutes les grandes-gueules dans les « spas de la Cité » !

Ce mal semblait se propager davantage, du fait que Périclès était aussi tombé en amour avec une femme qui n’avait pas la stature voulue par le régime politique. Ça ne faisait que renforcer les liens entre ces deux hommes qui vivaient en dehors des sentiers battus.

La grande question dans les conversions des médisances et calomnies était de savoir : est-ce que les femmes deviendront homophobes comme les Amazones ?

« Quand les femmes s’identifient à leur sexe, elles ignorent tout ce qui vient des hommes. Elles s’imaginent que tous les problèmes sont dus aux mâles. Elles ne savent pas faire la différence entre un mâle et un macho », disait- on dans bien des conversations. « C’est la racine du mouvement féminoune », dirait-on de nos jours. Les féminounes ne s’identifient qu’à leur vagin.

On se plaisait à rappeler que Virus avait contribué à l’évasion des Amazones. À cette époque, les bitches étaient des hommes politiques qui se servaient de leurs langues sales pour manipuler l’opinion des citoyens. C’étaient des journaux jaunes parlants.

Le trio de « grands marcheurs » était en route pour la ville, quand un jeune homme arriva à une telle vitesse, que le nuage de poussière qui le suivait n’avait pas encore le temps de retomber. Il haletait encore quand il commença à essayer de parler.

Le jeune homme

Pas croyable, « shouf shouf », Jete, « shouf shouf », Jetelapoigne, « shouf, shouf », est mort, « shouf, shouf ».

Juste à le voir ainsi à bout de souffle, Diogène tirait la langue et se frottait les oreilles. Ce qui ne l’empêcha pas de voir que ce petit avait une très belle gueule. Diogène aurait bien aspiré tous ces “shouf shouf”, si un bouche à bouche ne l’avait pas essoufflé davantage.

Diogène se tassa, pour être certain de ne pas manquer son coup, si jamais le jeune devait vraiment avoir besoin d’être ventilé. Diogène voulait être ce quelqu’un. Pas fou, le vieux. Il savait que dans la vie, il ne faut jamais manquer les occasions qui se présentent.

Diogène

Vas-tu accoucher ? Qui veux-tu poigner ?

Le jeune homme

Personne, “shouf. sho(il était un peu moins fatigué), je veux dire, “shouf, s », que Jetelapoigne est mort. Il a été, “sho”, assassiné par sa femme.

Diogène

Jetelapoigne a une femme ?

Aristote

Comme tout le monde !

La femme s’occupe d’administrer les finances et les biens, alors que l’homme les dépense avec ses amants, entre deux exercices politiques. Et, je te dis, y paraît, qu’ils coûtent chers « ses » petits amants.

Diogène

Qu’est-ce qui est arrivé ?

Le jeune homme se releva après s’être assis une minute.

Pendant ce temps, Virus dérougissait, puisque Périclès ne semblait pas savoir qu’il avait adoré la manière de Jetelapoigne de lui faire une pipe.

« Il était difficile à battre, pensa-t-il. Meilleur et moins dangereux qu’un aspirateur ou une trayeuse électrique », auraient pensé certains enfants de cultivateurs d’aujourd’hui.

Jeune homme

Jetelapoigne venait de rencontrer un petit gladiateur et comme d’habitude, une fois assouvis ses désirs, il commença à chercher un petit nouveau. Le petit gladiateur ne l’entendait pas ainsi. Il voulait profiter de la vie un peu plus longtemps. Il se rendit chez…

Aristote

Jetelapoigne ?

Le jeune homme

C’est ça que j’ai dit. Le petit gladiateur raconta à son épouse comment il avait été mis de côté et il demanda de recevoir de l’argent pour compenser son désarroi de devoir revivre dans la pauvreté. Il se serait fait fermer la porte au nez, avant que deux esclaves arrivent pour le tabasser.

Le soir, Jetelapoigne, à l’invitation de sa femme, a bu comme un trou. Il dormait, quand elle profita de son sommeil pour le précipiter dans l’éternité. Une vingtaine de coups de poignard. Je te jure que ça fait tout un papier pour le Journal d’Athènes, qui se régale de tout ce qui est sordide pour se faire une bonne passe.

Virus

Elle était jalouse, pas à peu près.

Diogène

Il ne faut pas avoir une femme dans sa vie quand on a de l’argent. Elle voudra tout pour elle seule.

Le jeune homme

Elle ne l’a pas tué par jalousie, mais parce qu’elle ne voulait pas lui verser d’argent. Ce n’était pas le premier qui essayait de profiter de la richesse de Jetelapoigne.

Virus comprit qu’il avait quand même été privilégié, puisque son aventure avec Jetelapoigne avait duré plus longtemps. Il avait eu la tempérance voulue pour ne pas succomber immédiatement, comme le veut la coutume. Il se rappela la fougue de l’extase de Jetelapoigne, de ses cadeaux pour l’amener à consentir. Virus ne regrettait rien, loin de là. Comme on disait déjà : « Quand t’as un bon pédéraste, sois assez intelligent pour ne pas le perdre. T’es un gars riche ».

Virus provoque une bataille.

À son arrivée au centre-ville, Virus décida de s’arrêter au bar « Le midi chaud ».

Diogène était bien d’accord, car il en profiterait pour aller « cruiser » dans les toilettes. Il avait mis son tonneau « jet », exprès pour ne pas être trop large et pouvoir se déplacer vite le pénis d’un bord ou de l’autre.

Virus commanda à boire et se permit de payer une petite bière à deux citoyens, installés au bar. Ceux-ci, bien heureux de sauver un peu d’argent, vinrent s’asseoir avec Virus, pendant que Diogène réalisait ses rêves.

Évidemment, la conversation tourna immédiatement sur le sort de Patronis, l’épouse de Jetelapoigne. Les deux hommes s’étaient entendus pour la dénoncer, au cours une séance politique spéciale qu’ils venaient de convoquer.

Optis

Il faut absolument qu’on s’en occupe. Si les femmes se mettent à pouvoir dicter nos fréquentations, nous serons pires que les esclaves. Il faudra avoir un petit serein en cachette.

Grossis

T’as parfaitement raison. L’argent que tu dépenses ne regarde pas ton épouse. C’est toi, le propriétaire ; celui qui a la responsabilité de la ferme. Tu dois bien nourrir tes esclaves et ton épouse. C’est normal, si tu veux que ta propriété prenne de la valeur, mais tu n’as aucun compte à rendre à celle qui administre tes biens, durant que tu te dévoues à la vie politique.

Le problème avec les femmes, c’est leur maudite jalousie. Ce n’est pas parce qu’elles ont un sexe intérieur qu’elles doivent exiger que seul ton pénis marital ait droit d’y pénétrer et que le pénis du mari soit privé des autres femmes, sous prétexte que ça peut les salir psychologiquement. La pudeur est une maladie qui loge entre les deux oreilles. La compétition, ça existe, même dans les échanges humains.

Virus

J’aimais bien Jetelapoigne, mais vous ne trouvez pas que c’est insupportable pour une femme, qu’à tout bout de champ, de jeunes serins frappent à sa porte pour obtenir une compensation financière pour avoir fait l’amour avec son mari ? C’est courir des risques, ouvrir la possibilité à tous les chantages.

Optis

Absolument pas ! Pourquoi faudrait-il tenir compte de l’avis de notre épouse, alors que nous sommes, au moins durant les 40 jours de la session politique, totalement absents de la maison ? Les femmes devraient être contentes qu’on leur laisse une partie de notre fortune pour améliorer leur vie.

Virus

Mais, l’homme ne devrait-il pas accorder un statut spécial à son épouse puisqu’elle lui rend un très grand service ?

Grossis

Ça existe déjà. L’épouse a prépondérance sur la prostituée, la concubine et les femmes esclaves. On ne peut pas avoir de descendance avec quelqu’un d’autre que notre épouse afin de protéger la qualité de la lignée.

Plus Virus parlait, plus Grossis le regardait et se demandait où il avait vu ce visage.

Quand Diogène arriva, la mémoire lui revint soudainement. Il se rappela d’avoir déjà vu ce bonhomme à tonneau… quand il manifestait devant chez…

Grossis

T’es le gars qui a épousé une jeune esclave ? Cette charogne qui essaie de détruire notre civilisation, en instaurant une nouvelle façon de voir le sexe.

Optis

Bien oui ! Regarde donc qui nous fait la morale. Le protecteur des femmes assassines, des étrangères.

Ils n’avaient pas terminé leur phrase, que Virus fut solidement frappé. Ils s’acharnèrent sur lui comme s’il était leur pire ennemi. Il y a des gens qui ne peuvent pas tolérer que d’autres aient une vérité qui ne soit pas la leur.

Pendant ce carnage, Diogène se sauva, abandonnant son tonneau comme une carapace.

Le serveur intervint et mit les deux attaquants à la porte. Le barman était un ancien lutteur olympien.

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