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Diogène 14

juillet 26, 2020

Attaque-surprise.

Avec la découverte de la deuxième fléchette, Virus était maintenant certain de trouver la ou les propriétaires. Un bon nombre d’Amazones se servaient d’arcs. Qui possédait un lance-fléchette ? Il ne se rappelait pas avoir vu quelqu’un utilisant ce type d’arme. Sa rareté devenait donc un indice sérieux. Mais, l’enquête devait attendre au lendemain, Virus ayant d’abord des responsabilités paternelles.

Tout le monde dormait profondément, quand on entendit résonner les cris de Klaxon. Le chien jappait de plus en plus fort. Virus sortit immédiatement. Ce n’était pas l’habitude de Klaxon de se mettre à japper durant la nuit. S’agissait-il de la présence inhabituelle d’un animal ? Le soupçon fut très court. Virus aperçut immédiatement deux ou trois maisons en flammes. Il se précipita vers l’incendie, mais il se ravisa immédiatement.

« Si quelqu’un nous attaque, je dois d’abord protéger Amfèpétéléplom. » Se dit-il.

Virus n’avait pas tort. Il entendit au loin la lutte qui s’engageait entre les Amazones du village et celles qui attaquaient. Virus s’arrêta en passant, à la hutte où étaient couchés les hommes, pour s’assurer qu’ils ne soient pas pris par surprise.

À son arrivée dans sa hutte, une Amazone l’attendait.

« Nous sommes attaquées par une bande dirigée par Thénusse », dit-elle.

Virus comprit immédiatement d’où venait le danger. Thénusse était une prêtresse d’Athénus. Cette conformiste n’aimait pas l’arrivée de mâles dans l’île. Voilà pourquoi elle s’était attaquée à Label Blonde.

Le problème avec les religions c’est que, d’une part, elles refusent d’évoluer et, d’autre part, elles empêchent les autres de penser différemment d’elles. Crois ou meurs.

Même si le temps démontre que leur enseignement est faux ou idiot, les religions continuent de se croire la seule vérité à respecter.

Virus s’arma et constata vite qu’une trentaine d’Amazones avaient entouré la maison, de manière à le protéger. « On se croirait des chefs de bandes », pensa Virus.

Malgré l’intensité du combat, les amis de Virus remportèrent la victoire. Deux fanatiques furent prises prisonnières, alors que les autres se sauvèrent dans la brousse. L’alarme était sonnée. C’était bien une rébellion religieuse.

Les religions et l’économie sont les principales causes de la guerre depuis le début de l’humanité. Si Yvoitou avait été là, il aurait sûrement rappelé que l’on juge la valeur d’une institution à ses fruits.

Dès le lendemain, Virus tint un grand conseil. Il fut décidé que, pour sa sécurité, Amfèpétéléplom devait quitter l’île.

Quant aux gars, ils décidèrent de rester. La vie était trop belle pour l’abandonner. De plus en plus d’Amazones découvraient les plaisirs du lit avec un homme. La résistance à l’attaque de Thénusse prouvait que les Amazones démocrates avaient maintenant la force de résister aux assauts des intégristes.

Le plaisir est souvent plus fort que la peur.

Virus

Nous acceptons de vous laisser nos jeunes garçons, à la condition que soit établi un système de navigation et d’informations qui nous tiennent au courant de ce qui se passe sur l’île. Nous ne voulons pas interférer dans le genre de société que vous créerez, mais nous voulons nous assurer que les nôtres y seront bien traités. Si des Amazones préfèrent notre civilisation, nous serons leur porte d’entrée sur le continent.

Aussi, Virus et Diogène décidèrent d’accompagner Amfèpétéléplom. Cette fois, Klaxon était du voyage.

Ce petit héros aura dorénavant le rôle de sentinelle sur la ferme de Virus quand ils seront de retour.

Virus veut comprendre.

Virus voulait savoir deux choses avant de partir : est-ce qu’en laissant les gars sur l’île, ceux-ci étaient en danger ? Est-ce que l’organisation sociale des Amazones est meilleure que celle d’Athènes ? Quelle sorte de société devrait-on créer pour être heureux ?

Est-ce que l’armée de Thénusse était assez forte pour revenir, et cette fois prendre le contrôle ? La question fut posée à Fringale afin d’être discutée, lors de la réunion d’urgence des Amazones.

Comme prévu, toutes étaient là, sauf une vingtaine, soit les fidèles de la prêtresse Thénusse. Les Amazones décidèrent immédiatement d’un plan de protection. Par exemple, la hutte des mâles serait dorénavant située dans le centre du village. Il serait ainsi impossible que Thénusse et ses fidèles puissent la rejoindre durant la nuit pour y mettre le feu ou tuer les occupants.

Aussi, des chiens furent attachés à l’entrée du village pour qu’ils donnent l’alarme, comme l’avait fait Klaxon. Klaxon fut nommé la mascotte des Amazones et on organisa une danse spéciale en son honneur, danse qui se déroulerait immédiatement après la réunion, avant son départ avec Virus.

On nomma Fringale présidente, pour remplacer Label Blonde. Pour la première fois, les Amazones furent appelées à présenter leur candidature, si elles désiraient le poste. Aucune ne manifesta d’intérêt. Fringale en profita pour signaler le danger que représente toute forme de fanatisme. Pour éliminer ce problème, la religion fut bannie du village. « Celles qui veulent prier peuvent le faire. La foi est un droit privé, mais plus question qu’il y ait une religion structurée et imposée à tous. »

Toutes les Amazones approuvèrent ce changement. On décida également que dorénavant, aucun arrivant ne pourrait être tué. Il sera amené à la présidente, qui devra trancher, en réunissant un petit cabinet d’urgence de deux ou trois Amazones.

Pour ce qui est des mâles, il fut entendu que leur tâche serait partagée, de manière à servir le plus longtemps possible le même groupe de femmes. Des groupes de quatre furent établis sur une base d’une semaine. Il fut entendu que dorénavant, le mâle demeurerait avec ses femelles, pendant la durée octroyée au groupe. Le choix de celle qui irait coucher dans la hutte des mâles serait déterminé par les femmes. Les gars n’avaient rien contre la polygamie. On essaierait ce système durant une année. Trois guerrières auront pour tâche de faire le pont entre elles et Athènes et fournir ainsi les dernières nouvelles à Virus.

Les Amazones refusèrent de se lancer dans une lutte de vengeance. « Si les fidèles d’Athénus veulent oublier l’incident, ce sera la situation rêvée. Mais, si elles attaquent à nouveau, elles seront toutes tuées. Pas question de guerres, mais pas question de vivre dans la peur. »

Virus savait que d’accepter des mâles changeaient la vie de toute la communauté. Est-ce que cette manière d’organiser la vie sexuelle pouvait satisfaire chacune d’entre elles ? Seraient-elles, elles aussi, dans l’obligation d’accepter que certaines d’entre elles soient gaies ? Est-ce qu’elles pourraient échapper à la jalousie ou faudra-t-il établir une hiérarchie ? Virus n’avait pas le temps de s’y arrêter. C’était maintenant leur affaire.

Virus était fier de pouvoir enfin, comme un homme politique, réfléchir au bien global de la communauté.

La démocratie, selon Virus.

Virus s’intéressa immédiatement à la notion de démocratie. Il venait de vivre deux formes différentes de société. Laquelle était la mieux structurée pour rendre ses sujets heureux ?

Chacune avait ses défauts. Mais, dans chaque cas, le problème fondamental résidait dans la tradition qui fixait les rôles des individus. Ainsi, l’individu n’existe pas vraiment.

Virus voulait créer une société plus ouverte, plus démocratique. Plus égalitaire.

Comment chaque homme pourrait-il aller voter et exercer son devoir de citoyen, si la population était plus nombreuse ou si l’esclavage n’existait plus ?

La religion était, de toute évidence, le pire ennemi de la démocratie, car elle établit des hiérarchies dans les valeurs qui permettent à certains de mépriser les autres.

Virus était convaincu que la démocratie ne pouvait pas exister sans que l’on proclame et reconnaisse dans les faits, l’égalité des individus, ce qui impliquait automatiquement le droit à la différence. Par ailleurs, l’inégalité existe autant à cause de l’aristocratie et de la bourgeoisie que de la religion.

Dans un tel cas, même la Grèce Antique ne pouvait pas se targuer d’être démocrate. Par contre, elle était un embryon intéressant du fait que tous les hommes pouvaient et devaient participer à la vie politique.

Selon Virus, cette société ne représentait pas la démocratie, parce que les femmes n’avaient pas droit de vote et surtout, à cause de l’existence des esclaves.

Tout étranger était un esclave, même s’il pouvait acheter sa liberté. Il n’était pas considéré comme un citoyen comme les autres. Comment organiser une société qui respecte l’égalité absolue entre ses membres, si la répartition des pouvoirs équivaut à la répartition des tâches entre hommes et femmes ? Comment échapper au clivage préconisé dans toutes les religions entre les hommes et les femmes ? Les pensées religieuses incitent à la discrimination parce qu’on a inventé le péché, donnant des règles qui ne respectent pas la réalité individuelle. Comment être fier de soi, si en naissant on te fait croire que tu es déjà un pécheur ? Virus était persuadé qu’il était impossible de créer une société égalitaire, sans remettre en cause le rôle que l’on attribuait à chaque sexe. Pire, Virus s’opposait à la règle selon laquelle on devenait un homme à trente ans. Il se rappelait les luttes qu’il dut livrer, parce qu’il était en amour avec Amfèpétéléplom. Donc, pas de démocratie, d’égalité, sans que l’on accepte le droit à son orientation sexuelle. Pas de démocratie, si on fixe un âge pour avoir droit à aimer. Chacun étant différent, la démocratie exige le respect de cette différence, de cette individualité, tant que celle-ci respecte aussi celle des autres, d’où le consentement réciproque est essentiel.

Comment intégrer ces changements dans un programme politique ?

Virus déplorait encore plus la mort de Croisos quand il s’interrogeait à ce sujet. « Si mon frère était vivant, il m’aiderait. » Pensait-il.

Virus décida de rencontrer Périclès dès son arrivée dans ce que l’on nomme la civilisation…

L’égalité crée des remous.

Virus savait que cette idée d’égalité entre tous les humains, sans distinction de couleurs, de sexe et d’âge, était loin d’être acceptée par tous, car on trouvait de nombreux arguments pour la réfuter.

« On s’imagine qu’être égal signifie de ne pas être différent », se dit Virus, convaincu qu’en cela résidait la pire erreur.

Ce fut d’ailleurs le sujet de sa première discussion avec Aristote ; mais il dut d’abord, bien évidemment, expliquer pourquoi Nicomaque voulait absolument demeurer chez les Amazones.

Virus

Mon cher Aristote, ton fils est un très beau garçon. Ce n’est pas parce que ce sont des femmes qu’elles ne s’en aperçoivent pas. Disons qu’il ne souffre pas d’un manque d’émotions et de tendresse. Les Amazones viennent de découvrir la beauté des hommes, le plaisir de faire l’amour et elles cessent de craindre les mâles. Elles viennent de découvrir ce que c’est d’être une femme libre, en devenant une partenaire parfaitement égale.

Ce n’est pas en fustigeant la sexualité qui fait partie intégrante de toi, au nom des principes inventés par les religions, que tu connais la liberté. Bien au contraire, cette façon de voir les choses te privera pour le reste de ta vie de jouir de la liberté.

L’aliénation, c’est-à-dire lécher ses fers, est le contraire de la liberté. La vraie liberté exige la liberté de conscience.

Comme le disait Simoneau, le censuré du Québec, il ne peut pas y avoir de vie privée, si ce sont les autres qui décident pour toi du bien et du mal. La société serait plus juste, si elle combattait la violence et l’exploitation plutôt que les plaisirs sexuels.

Cette nouvelle optique créera certainement des remous importants dans la structure sociale des Amazones. Elles passent de la paranoïa à la liberté, c’est-à-dire au choix et à la responsabilité de ce choix.

Tu ne fonctionnes pas de la même façon quand tu as peur ou, qu’au contraire, tu as confiance en toi et dans les autres.

Nicomaque est moins souvent privé de sexe que nous. Quand tu es jeune, c’est un carburant plus recherché que la fortune. De plus, ton Nicomaque est persuadé de poursuivre ton œuvre d’éducation et de philosophe, en réalisant cette recherche. Il la vit.

Un jour, il pourra la distancier dans son esprit et ainsi mieux nous transmettre ses connaissances. C’est toujours mieux quand on ne se sert pas d’un tiers pour tout apprendre. Le savoir n’est pas la connaissance. On peut importer le savoir des autres, mais la connaissance exige d’être vécue.

Nicomaque veut vraiment comprendre comment ces guerrières ont pu survivre durant des décennies, sans un homme. C’est un anthropologue avant la lettre. Il est important pour lui de savoir si elles étaient aussi gaies que les bourgeois athéniens. Pourquoi aucune d’elles n’a remis en question le fait que dès la naissance, tous les mâles devaient être mutilés, rendus aveugles et les pieds coupés ? N’y en a-t- il pas eu une mère qui a aimé son enfant, même mâle ?

Aristote

La seule chose qui m’importe, c’est sa sécurité et son bonheur. Chaque individu a le droit fondamental de choisir ce qu’il fait de sa vie.

À partir de l’adolescence, il faut les laisser tranquilles et devenir des amis, plutôt que d’essayer de les contrôler. Leurs paires ont plus d’importance que les parents. C’est une règle générale de la nature. Si tu es un parent trop sévère, tu seras répudié par ton fils ou il sera écrasé, incapable d’évoluer et de prendre des décisions importantes ; mais si tu es trop libertin, tu ne feras qu’assister à son suicide progressif. Ce n’est pas facile d’être parents. C’est un amour qui te dévore, parce que tu veux tout pour ton enfant, en oubliant tes propres besoins. Il faut apprendre à leur faire confiance.

Virus

Malheureusement, la majorité des parents ne savent pas reconnaître que les jeunes ont besoin d’autonomie pour évoluer. Ils ne savent pas lâcher prise. Mais, c’est normal de s’inquiéter pour un enfant dont tu as la responsabilité depuis plus de dix ans. Je pourrai en parler plus profondément plus tard, quand je l’aurai vécu. C’est toujours plus facile de juger les situations, quand tu ne les vies pas toi-même.

Aristote

Dans la vie quotidienne, devant les problèmes, tu n’as pas vingt heures pour prendre une décision. Tu fais de ton mieux. Quand bien même tu séquestrerais ton jeune, il deviendra ce que sa personnalité aura fait de lui. Ton influence est très restreinte, au fur et à mesure qu’il vieillit. Aucun de tes enfants n’est pareil, aucun ne réagit de la même façon. Cela n’empêche pas les discussions sincères et les bons conseils.

Virus

Je compte sur vous pour faire accepter le principe d’égalité entre tous les humains, hommes, femmes, enfants. Je comprends que chacun a un rôle social différent, mais la différence n’enlève rien à l’égalité.

Aristote

Comment crois-tu parvenir à changer le point de vue de toute une société ? Il y a des règles qui nous viennent du passé et qu’on n’ose pas remettre en question, simplement pour notre propre sécurité émotive. Ce sont les lois dites « préjugées ». Des règles que l’on croit justes et que l’on ne veut pas toucher, parce qu’on a peur de changer pour le pire. Ce sont des règles que tout le monde accepte automatiquement, car elles semblent justifiées du seul fait d’exister. Ces normes sont souvent religieuses. Mais, dans les faits, aucune règle ne devrait exister sans qu’on la remette parfois en question. C’est ça, l’évolution.

Virus retourne à la mine.

De retour, Virus décida de se rendre dans la Cité, en compagnie d’Aristote et de Diogène, question de voir ce qui avait changé. Se remettre à jour lui permettrait de faire le point, de commencer sa grande réflexion sur ce que devrait être la Cité idéale. Le monde de demain.

Avant d’arriver à Athènes, Virus s’arrêta quelques minutes à la mine des marais. Il se rendit là où il avait rencontré Amfèpétéléplom, là, où ses frères avaient été assassinés. Ce qui avait été déterminant dans son amour pour la petite esclave. Là, il était devenu amoureux, en plus, d’être le protecteur.

Virus était tout bouleversé. Il constatait que tout humain n’est qu’un humain. Un animal de même espèce. Tous vont naître, mais tous vont mourir. N’est-il pas bizarre que personne ne se rappelle sa naissance et que personne ne revienne des enfers ?

Un hétéro, selon les règles bourgeoises, est plus humain qu’un gai ; car, il se croit plus normal. Il incarne la majorité. Pire, la mort de millions de gens ne nous affecte pas, parce que ces étrangers ne nous côtoient pas tous les jours.

Les bourgeois sont incapables d’accepter la différence, la confondant avec la valeur des individus.

Virus constata que l’égalité fondamentale entre les êtres passe par la façon d’être traité. Est-ce qu’un citoyen peut être forcé à vivre dans des conditions minimales, pour ne pas dire minables ? Pourquoi un esclave serait-il inférieur

par le simple fait d’être un étranger et d’être plus pauvre ? L’esclave est reconnu esclave, parce que l’autre, le propriétaire, se croit supérieur à lui. Il s’imagine que cet individu est un objet, une machine à son service.

Comment expliquer que les pays soient maintenant dirigés par des dictateurs fous et voleurs ? Pourquoi Ivoitou disait-il que dans le futur l’or n’aura que changer de couleurs ; mais que pour cet or, on détruira la terre ?

Diogène avait donc raison ; tout se joue autour de la propriété.

Les religieux voyaient les peuples nouvellement découverts comme des animaux inférieurs, parce qu’ils ne croyaient pas dans les mêmes dieux. Comme les capitalistes- investisseurs voient aujourd’hui les travailleurs et les syndicats comme des dépenses.

En offrant des conditions de vie minimales, en s’opposant à toute forme de communication entre les esclaves pour empêcher les regroupements, en ayant des soldats pour tuer les têtes fortes, l’individu est condamné à accepter de subir son sort. Seul, il n’a que deux solutions : se résigner ou se donner la mort pour cesser de souffrir. Pourquoi choisir de vivre quand on est considéré comme un rien ? Comment peut-on espérer la délivrance, quand tout est organisé pour nous maintenir dans notre faiblesse ?

Virus pensa que le confort est un élément relatif, mais extrêmement important dans la définition du bonheur individuel. On ne peut pas être heureux dans l’insécurité ou en étant toujours privé de tout. Le bonheur se forge à travers le temps, car la vie est une montagne russe. Il faut savoir supporter les malheurs pour connaître les joies.

Ce n’est pas tout le monde qui, comme les religieux, les

ascètes, s’imagine prendre de la valeur, en s’infligeant des sacrifices et en se persuadant qu’exister doit être une souffrance. Pourtant, toutes les religions partent de cette pensée débile. Pourtant, elles ont tout un enseignement positif qui pourrait créer un monde de paix et d’amour ; mais elles préfèrent s’en tenir aux péchés.

La force de la nature impose l’humilité, mais la peur nie ta valeur. Le plus petit des atomes, la plus petite particule est en soi une force de la nature. Dans un monde d’esclaves, tu n’es rien d’autre qu’une force de travail. Malgré les millénaires, il y aura toujours des riches qui exploiteront la force de ceux qui leur sont plus faibles.

Pourquoi un esclave tient-il à vivre ? Cette question commença à fasciner Virus. Pourquoi vivre, si la vie n’est pas agréable ? Pourquoi espérer ? Espérer n’est-il pas  une illusion ? Est-ce que la vie peut être qu’un enchaînement de malheurs ?

En se rendant sur le chantier, Virus croyait pouvoir rencontrer quelques travailleurs qu’il avait jadis connus. À sa surprise, il n’y en avait plus aucun. Virus s’informa et dut constater qu’ils étaient tous morts. La vie était trop dure pour être endurée. Leurs corps n’en pouvaient plus, le cœur a lâché.

L’esclavage est donc un meurtre déguisé. Quel dieu  peut être assez barbare pour permettre l’esclavage ?

Virus fut saisi du changement. Nous sommes vraiment un animal comme tous les autres. Certains ne connaîtront jamais le plaisir de vivre. Le plaisir n’est-il pas lié partiellement lié au confort ? Est-ce un monde juste ? Qu’est-ce que l’esclavage ? Le travail pour le profit d’un autre, est-il de l’esclavage, si le salaire ne correspond pas à l’effort exigé ? Devoir absolument travailler, est-ce de l’esclavage ? Le travail est-il la vision moderne de l’esclavage quand le salaire est celui du crève-faim ? La guerre à la prostitution ne tient-elle pas de la jalousie, car on en veut à ceux qui font plus d’argent en travaillant avec leur sexe qu’avec leur bras ?

Ivoitou

Tu commences à comprendre que la très grande majorité des hommes sont esclaves de la finance et de l’économie. Il viendra un temps où les riches, les multinationales, auront plus de pouvoir que les gouvernements. La société sera alors une immense mafia mondiale légale. Elle sera un marché à la recherche de profits, et non, une nation qui voit au bien général de sa communauté.

Virus devait aussi, de ce fait, constater que notre monde correspond à ce que l’on connait, grâce en grande partie à notre expérience.

La mine des marais n’avait plus de sens, maintenant, que ses amis étaient morts. Elle n’était qu’un outil au service des plus riches.

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