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Diogène 4

juillet 15, 2020

L’arrivée de Grangalop.

À l’arrivée à l’île de Lesbos, le capitaine remercia d’abord Hermès de l’avoir conduit à bon port et Poséidon de lui avoir été favorable, car il avait soufflé une petite brise sur le bateau, tout au long du voyage. Un petit vent qui accompagnait le soleil plombant de tous ses feux, comme s’il chauffait pour réchauffer l’hiver.

L’équipage avait ainsi pu se faire bronzer nu, créant un tableau d’une beauté exceptionnelle qui fit frémir bien des sirènes, ignorantes qu’en principe, les femmes n’attirent pas les gais.

Certaines sirènes s’étaient, à cause de leur ignorance, vivement blessé aux cordes vocales. Elles avaient crié au- delà de leur capacité sonore, vexées de ne pas faire meilleure figure dans ce grand concert de tentative de fascination.

Évidemment, quelques matelots n’ont pas pu résister quand elles chantèrent All you need is love.

« Parfois, une petite expérience, ça ne fait pas mourir son homme », c’étaient dit certains matelots. Et tous les hommes, même gais, rêvent de devenir père un jour. Imagine the new life, it is a new world !

Heureusement, seulement deux matelots se jetèrent par- dessus bord. Les autres furent sauvés, car, on leur avait appris comment jouir, en procurant aux oreilles un chatouillement, apte à nous rendre indifférent à la musique extérieure.

Le capitaine Grangalop décida que tout l’équipage se rendrait près de Lesbos, mais qu’il irait seul jusqu’à l’île, dans une chaloupe, avec L’assistant.

Sa mission n’était pas de faire la chasse à ces femmes qui détestent les hommes, des féminounes préhistoriques, mais de persuader Virus de retourner auprès de Platon, avant que la mort ne l’ait saisi.

Grangalop

Nous irons seuls sur l’île, mais vous vous tiendrez prêts à intervenir. Peut-être est-il faux que ces Amazones aient un besoin urgent de géniteurs ? Peut-être font-elles encore les hommes prisonniers pour en faire des esclaves ? Situation, qui a créé d’ailleurs le concept d’esclave sexuel, un reliquat du matriarcat, d’où la difficulté des féminounes quelques siècles plus tard d’accepter le tourisme sexuel comme un moyen de permettre à certains de manger plus d’une fois par jour. La prostitution individuelle est pourtant un métier très noble, car elle chasse la frustration qui aboutit normalement à la haine de la femme et, par conséquent, à la violence.

La psychologie n’avait pas encore démontré que l’homme et la femme sont différents parce que leur vocation à travers les siècles les a rendus différents.

Les hommes ont des gênes qui créent le besoin de se reproduire. Quand tu es le seul spermatozoïde sur un million qui réussit, tu te crois capable d’étendre tes prouesses, d’où les hommes sont des conquérants.

Heureusement, la fébrilité n’est pas la même pour tout le monde. Les religions se sont épuisées à leur calmer les moteurs, en créant les dots, les mariages et les harems. Quand la tribu n’est pas assez grande, il faut bien chercher ailleurs.

Les femmes, quant à elles, ont besoin de sécurité et de bien-être, parce qu’elles s’occupent de leurs petits qu’elles identifient à elles-mêmes, parce qu’elles les ont portés. C’est d’ailleurs pourquoi elles détestent les pédophiles et les pédérastes. Elles n’acceptent pas que leurs petits leur préfèrent un mâle. Elles ne peuvent pas endurer la concurrence.

Si elles connaissaient mieux les hommes, elles sauraient que ces adversaires ne sont qu’une exception justifiant la règle. Elles pourraient ainsi ranger leur peur hystérique.

Le mystère.

Grangalop et L’Assistant n’avaient pas mis les pieds sur les terres de l’île de Lesbos qu’une douzaine d’Amazones les encerclaient et les projetaient par terre.

L’Assistant remarqua immédiatement les merveilleux petits seins de chacune, ainsi que l’absence de celui du côté droit qui, comme on le sait, était enlevé pour permettre à ces dames d’être plus habiles avec leur arc.

Les prisonniers furent conduits immédiatement dans une cabane, qui servait de toute évidence de prison.

Les Amazones avaient reçu l’ordre de ne plus tuer un étranger, tant que le danger de pénurie de sperme ne soit dissipé.

Il n’y avait dans la cabane, qu’un gros mâle, aveugle et estropié. Grangalop essaya de savoir ce qui lui était arrivé, craignant pour la première fois, ces guerrières.

Le gros ne semblait pas savoir parler, car en s’agitant, il ne sut que grommeler : « menoume, menoume, pas minouche » ; ce qui signifiait en prisonnier mâle : ce sont les geôlières et non leur chatte.

Effectivement, seule la chatte du village venait lui procurer un peu de tendresse, quand elle lui rendait visite. Elle aimait se frotter contre lui et dormir sur le coteau que créait sa bedaine, quand il était couché. Pour ce prisonnier, une chatte, c’est la douceur, la tendresse ; alors qu’une geôlière, c’est le coup de fouet, mais aussi le repas, il faut bien l’admettre.

Tous ses autres compagnons avaient déjà été liquidés.

Grangalop

Wow ! Wow !, s’exclama Grangalop. Est-ce que ce gros bonhomme est entretenu pour servir de repas ?

Et, sans s’en rendre compte, en lui regardant la cuisse, il ne sut retenir cette profonde réflexion : « C’est quand même tout un jambon. Est-ce qu’elles le feront fumer ? »

L’Assistant

À ce que sache, les Amazones ne sont pas carnivores. Elles préfèrent les pommes. Elles vivent des fruits abondants de leur île, qui serait un morceau perdu du paradis terrestre ; une espèce d’Atlantide féminine. Mais elles sont, comme certains hommes, assoiffées de pouvoir. Elles ne peuvent pas endurer un mâle. Ce seraient des descendantes de la dernière lignée des Êve, qui, avec le temps, se sont transformées en Esther. (Voir l’Homo-vicièr, un magnifique roman de Jean Simoneau)

L’Assistant était un passionné d’anthropologie. Il avait même tracé l’arbre généalogique de la grande chef, « Label Blonde ». Sans espérer, évidemment, pouvoir un jour l’en informer.

On l’avait choisi pour ce voyage, en raison de cette connaissance particulière des Amazones. Toutes les Amazones se ressemblent. Il était presque impossible de les distinguer l’une de l’autre, sauf par le nombril qui leur est particulier, selon le géniteur. C’était la marque familiale. On inventait, selon la longueur, dans la manière de l’exposer, avec des couleurs différentes. Chaque nombril était une œuvre d’art.

L’Assistant

Le matriarcat, tu sais, c’est comme le patriarcat, une culture de pouvoir. Dans chacune, le sexe dominant s’imagine que l’autre sexe est moins qu’un animal. Qui va servir l’autre ?

Les deux n’avaient pas encore échangé sur l’avenir de ces formes de sociétés dans l’avenir, que trois petites Amazones vinrent chercher le gros prisonnier.

Voyant qu’elles avaient de la difficulté à l’amener, même à le tenir debout (car il avait les pieds coupés), L’Assistant se précipita pour le pousser dans le dos, comme on fait pour une voiture qui ne démarre pas.

Grangalop

Qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne vas quand même pas les aider à précipiter notre mort ?

L’Assistant

Peut-être qu’en me montrant gentil avec elles, elles nous épargneront.

Et, il leur adressa un sourire, qui fit vaciller la plus jeune. Elle n’avait pas encore totalement eu le cerveau lavé par les préceptes des femmes adultes. Cet apprentissage à la haine des hommes, conduisait à un diplôme, dispensé après trois mois de cours intensif de survie à la gent masculine.

Même si les Amazones ne sont pas habituellement carnivores, l’Assistant aperçut un immense tonneau, dans lequel se répandait lentement le sang du gros prisonnier.

L’Assistant

Boy, oh boy ! Je pense qu’elles viennent de recevoir une nouvelle recette de boudin.

Pour la première fois, L’Assistant sentit que, même s’il ne faisait pas le poids, il pourrait servir à autre chose qu’à la procréation.

Le message n’était pas encore envoyé complètement à Grangalop, qu’une petite, toute petite Amazone, entra. C’était la seule qui était maquillée.

L’Assistant

Joli maquillage ! Je n’en ai pas vu d’aussi beau depuis Athènes.

La petite demeura indifférente. Elle les examina, puis leur demanda : Qui êtes-vous ? Qu’êtes-vous venus faire  ici ?

Grangalop, surpris de l’entendre parler grec, expliqua la maladie soudaine de Platon et le départ du petit Virus, qui était venu sur cette île à la recherche de sa petite esclave tant adorée.

Amfèpétéléplom ne sut leur cacher qu’elle était la petite, tant chérie, venue voir s’ils accompagnaient Virus.

Heureux, L’Assistant demanda une guitare et se mit à chanter une chanson d’amour.

Réjouie et bouleversée, la petite courut avertir Label Blonde, pour qu’elle ne les fasse pas décapiter, et Virus, pour qu’il sache que son règne de mâle dominant était terminé, car il serait invité à quitter l’île.

Amfèpétéléplom aimait encore profondément Virus, même si elle était devenue officiellement la douce moitié de Label Blonde.

Nos deux prisonniers, quant à eux, demeuraient dans le mystère. Qu’allaient-ils devenir ?

Les femmes sont-elles humaines ?

Grangalop et L’assistant se demandaient bien ce qui se passait. Pourquoi une Amazone peut-elle parler grec ?

L’Assistant expliqua que les épouses à Athènes, même si elles viennent de l’extérieur, savent parler grec, car, elles gèrent le domaine, pendant que « Me Sieu » va faire de la politique. (Sur un ton dédaigneux) C’est peut-être une immigrante athénienne, se demanda L’Assistant.

Grangalop

Normal, l’homme est celui qui va à la guerre, quand le peuple le décide.

L’Assistant

Exact ! On doit apprendre de son passé. Nos sociétés évoluent exactement comme le corps, à force d’expériences. C’est ça, l’évolution. On part d’un point, on essaie de nouvelles choses et on regarde ce que ça donne, et alors, on décide d’aller plus loin ou de modifier ses choix. Ça peut se jouer sur des centaines d’années. C’est ainsi que l’on a convenu que les femmes protègent mieux les enfants que les hommes.

Grangalop

Les femmes sont trop faibles pour aller à la guerre, elles doivent servir à quelque chose…

L’Assistant

Admettez que vous avez peur depuis que nous sommes arrivés. N’importe quelle de ces femmes pourraient avoir raison de nous.

Grangalop

Les religieux nous disent que les femmes sont moins fortes et inférieures à l’homme. Dieu lui-même dit que la femme doit obéissance à l’homme. C’est pourtant clair.

L’Assistant

Exact, mais Athéna n’est pas un homme, à ce que je sache, et, c’est bien une déesse. Les religions nous ramènent toujours aux idées de base, qu’elles soient complètement idiotes ou géniales. La raison d’exister des religions est de créer des normes, des règles de vie et d’en récolter les effets. Sans règles, les humains sont les pires créatures qui ont été créées. Malheureusement, ils n’évoluent jamais. Ils sont sclérosés.

Grangalop

Les dieux savent ce qui est bon pour nous.

L’Assistant

Oui, mais la morale se structure aussi de plus en plus, en fonction des besoins économiques. Le Dieu des hommes est une invention pour rendre le pouvoir inaccessible.

Grangalop

Il ne faut jamais mettre les religions en doute. Elles ont toujours raison, même si ce qu’elles prêchent n’a pas de sens.

L’Assistant

Mon épouse est brillante. Elle m’a demandé si le petit gars qui nous accompagne toujours, nous les mâles, n’est pas un objet pour permettre à l’homme, que nous sommes, de s’admirer sans cesse et ainsi préserver son estime de soi ?

Le mâle serait-il capable d’accepter l’idée qu’une femme puisse être aussi importante que lui ? Pourquoi a-t- il toujours besoin de dominer ? Serait-ce un vestige de l’époque où, singe, il devait dominer la meute ?

J’ai d’abord cru que les femmes ne pourraient jamais comprendre les plaisirs de l’amour, mais quand elle commença à me chatouiller pour que je bande, j’ai compris qu’elle avait déjà une petite idée sur la question et qu’elle pouvait être aussi bonne qu’un garçon dans le lit. Elle avait même compris qu’un homme bande plus vite, s’il est bien sucé.

Certains hommes n’aiment pas sucer une femme parce que son organe est interne alors que certaines femmes n’aiment pas sucer un homme parce qu’elle pense qu’un organe extérieur est plus facilement sale.

Grangalop

Mais, à ce jeu, le petit serin sait mieux s’y prendre. Imagine un monde où les femmes pourraient remplir la même tâche qu’un homme. Ce serait le désastre. Tu leur attribues une intelligence qu’elles n’ont pas. Ce sont des guerrières, ces Amazones. Chez nous, c’est différent, nous avons formé nos épouses. Elles savent ce que nous leur apprenons et nous sommes là pour rectifier leurs erreurs.

L’Assistant

C’est vrai, mais aucun homme n’a pu s’installer sur leur île. Ce qui prouve que ces femmes savent se battre autant que nous. Les hommes, qu’elles gardent en esclavage, ne servent qu’à la reproduction. Ils sont tellement mutilés qu’ils ne peuvent servir à rien d’autre.

Pire, les hommes font aussi la guerre. Pourquoi seraient-ils mieux que ces Amazones ? Ils ont les mêmes buts : protéger leur territoire, ne pas se faire mener par le bout du nez par un autre qui se croit supérieur.

Grangalop

C’est normal qu’un homme fasse la guerre. Il doit civiliser les terres découvertes. Dans tout l’univers, c’est le mâle qui domine.

L’Assistant

C’est pour ça qu’il doit tuer les enfants et violer les femmes ? L’homme, en se croyant supérieur à la femme, ne fait que démontrer son incapacité à évoluer mentalement.

Grangalop

Est-ce pire qu’une femme qui désire castrer tous les hommes parce qu’elle n’a pas de pénis et qu’elle en veut ainsi à tout le monde ? Des féminounes prémodernes.

L’Assistant

L’homme et la femme sont de l’espèce animale. Rien de plus.

Grangalop

Oui, mais nous, les hommes, nous réfléchissons. Nous n’obéissons pas strictement à nos instincts comme les femmes. On a le contrôle de nos émotions. On n’a pas besoin de se maquiller pour reconnaître notre valeur.

L’Assistant

L’homme est le seul animal capable de tuer ses semblables pour augmenter ses avoirs. C’est plutôt, à mon sens, davantage un signe d’imbécillité que d’intelligence. Il est capable de créer de nouvelles techniques, mais il ne peut pas contrôler sa vie émotive. Pires qu’un homme, les institutions évoluent au rythme des tortues. Elles maintiennent les sociétés dans un carcan. Elles nous forcent à vivre dans l’ère des ténèbres. Plus un être est ignorant, plus il est docile.

Les deux prisonniers entendirent du bruit à l’extérieur. Les Amazones, qui regardaient par les trous, ricanaient et se disaient des choses qu’ils ne comprenaient pas. Elles étaient toutes très jeunes. Elles s’amusaient ferme, car ces prisonniers étaient bien différents de ceux qui venaient avant. Certaines les trouvaient même assez beaux. Le premier mouvement vers la compréhension entre un homme et une femme.

Le désir est à la source de l’amour…

Pourquoi ces jeunes Amazones trouvaient-elles les prisonniers alléchants, alors que les plus vieilles les auraient immédiatement déchiquetés ?

Sont-elles les ancêtres des féministes modernes, des femmes totalement libérées ; alors que les plus vieilles, détestant l’homme et le sexe, seraient celles des féminounes, prisonnières des religions ?

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