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Diogène 3

juillet 14, 2020

Platon panique pour Virus.

Pendant que le petit Virus commençait à profiter de sa capacité à produire l’ADN nécessaire pour créer un nouvel humain, Platon apprenait que son petit chéri se soit embarqué pour rejoindre sa « petite Amfèpétéléplom ».

« Il faut être vraiment poigné pour vivre ainsi ses vices” , laissa échapper Croisos, en prévenant son protecteur.

La nouvelle eut l’effet d’une catastrophe mondiale chez Platon. Le vieux bouleversé se mit à courir les deux bras dans les airs, en pleurant, et en geignant, comme une pleureuse ou une victime, c’est de la même famille.

« Mon petit Virus, mon petit Virus, que va-t-il arriver à mon pauvre enfant ? Je l’ai pourtant mis en garde : si tu veux des problèmes, trouve-toi une femme. Ce n’est pas tout d’avoir une femme, il faut la sainte paix pour réfléchir. Il faut être libre. Virus ! Virus ! Pourquoi ne m’écoutes-tu jamais ? »

Platon était rendu dans un de ses « ah mon Dieu ! » quand il s’enfargea dans le tapis, comme s’il était de la gauche politique. Il se ramassa face contre terre, comme si Dieu voulait plus que des paroles. Une dent s’effrita. Et, par malheur, une enclume oubliée sur le plancher reçut, de tout son fardeau, le noble philosophe.

Platon lâcha un tel cri que les dieux de l’Olympe cherchèrent longtemps d’où venait ce gémissement, sans savoir que leur philosophe renommé venait de s’écraser une couille sur l’enclume, réussissant un plongeon digne des meilleurs athlètes d’Athènes.

Diogène faisait semblant de réfléchir pour mieux regarder Croisos prendre son bain, car, un œil croche demeura toujours croche. Mais dès l’accident, Croisos et Diogène se précipitèrent pour ramasser Platon, qui était déjà de toute évidence dans le char d’Hadès, en route vers le Styx.

Ils le portèrent sur son lit. Ils firent avertir tous les amis que cette fois, Platon semblait ne pas vouloir revenir pour connaître la fin de l’histoire.

Croisos

Le maudit Virus. Finalement, il aura tué son mécène. Lui et ses maudites femmes. Une femme, c’est la pire des prisons, c’est même pire que le pavot. Y aurait pas pu être normal comme tout le monde. Se contenter de jouer aux fesses avec ses petits camarades. Non, monsieur, cherche l’amour, pour présager les amours de Roméo et Juliette.

Croisos était en colère, mais il savait que le seul moyen de ramener Platon à la vie était la présence de son petit Virus. Aussi, envoya-t-il son fidèle ami Grangalop, pour retrouver ce jeune dénaturé.

Grangalop, surpris et surtout ravi du salaire de la mission, engagea un équipage pour se rendre à Lesbos, retrouver Virus et le ramener.

Virus s’installe.

Virus était fou de joie quand il aperçut Amfèpétéléplom. Il savait que dorénavant, il n’avait rien à craindre. La petite avait en effet discuté avec la chef amazone, Label Blonde. Elle avait réussi à lui faire comprendre que Virus pouvait sauver les Amazones, parce qu’il n’avait pas encore été contaminé par leur excès de pureté. « Pas d’excès de savon ! Il faut un géniteur », avait-elle fait valoir.

De plus, les mâles détenus jusqu’à ce jour étaient devenus obèses, à force de ne rien faire. Virus, au contraire, était tout petit, svelte comme un coq, fier de sa cour, et aussi chaud qu’un lapin.

Amfèpétéléplom avait même réussi à faire accepter qu’elle soit la première vierge à se sacrifier à cet homme, à condition que sa maîtresse, Label Blonde, assiste à la cérémonie.

Tel qu’entendu, les trois se retrouvèrent dans la même chambre. Amfèpétéléplom cria de joie plutôt que de douleur. Label Blonde ne comprenait plus rien. Pourquoi, jusqu’à ce jour, tout le monde se lamentait-il au sortir du lit alors que ces deux-là n’en finissaient plus de s’étreindre et de se caresser ?

« Ils aiment ça, ma foi dieu ! » Ne put retenir une vieille générale amazone, asséchée de l’intérieur, qui regardait en cachette, par la fenêtre.

Label Blonde était fascinée, mais en même temps, elle se sentait jalouse. « Serait-il venu pour la kidnapper, grâce au plaisir de faire l’amour ? Cela serait-il possible, si elle aime autant ça ? Peut-on devenir accro au plaisir ? » Se demandait-elle.

Aussi, durant les premiers jours, Label Blonde exigea que Virus soit attaché à un arbre. Et, elle demanda à sa petite Amfèpétéléplom de lui prouver qu’elle l’aimait.

Virus était, malgré tout, un petit gars charmant. Son sourire anéantissait tous les soupçons. De plus, il n’était pas fou. Il savait que s’il réussissait, il y avait beaucoup de travail agréable qui l’attendait. Aussi, chercha-t-il par tous les moyens de réchauffer le cœur de Label Blonde, mais celle-ci avait appris, depuis qu’elle était enfant, que faire l’amour est honteux, douloureux, quoique nécessaire. Pour elle, un homme avait moins de valeur qu’une noix de coco.

Les cavalières amazones étaient plus fortes que les mâles. La preuve : Elles avaient fait prisonniers tous les hommes qui avaient osé mettre le pied sur l’île.

De plus, la grande sorcière Ellèancrisse n’en finissait pas d’inventer des preuves que les hommes sont des êtres inutiles et pervers.

Elle se promenait en jean et en frappait un, de temps en temps, à l’improviste, question de prouver que les femmes sont plus fortes, plus résistantes que les hommes.

Label Blonde, obligée d’éteindre sa haine contre Virus pour le bien de sa communauté, finit par lui trouver un petit côté séduisant. Elle trouvait qu’il avait de belles fesses, toutes rondes. Des pains, quoi ! Ses yeux avaient un petit côté cochon ou espiègle, et puisque les filles lui mettaient des fleurs dans les cheveux, il sentait bon.

Sans s’en apercevoir, Label Blonde commençait à le désirer ; mais Amfèpétéléplom lui avait demandé d’attendre un peu pour ne rien risquer, puisqu’on avait besoin d’elle pour le bien de la communauté.

« Une chef enceinte risque de ne pas être une bonne guerrière », lui avait dit Amfèpétéléplom. Elle l’avait ainsi persuadé qu’elle devait temporairement sacrifier l’appel de ses sens.

Et, la petite profitait de sa naïveté, puisque Label Blonde était  en  amour  avec  elle,  pour  lui  rappeler  les  « sages paroles » de la sorcière, lesquelles restaient à vérifier ; même si elle intuitionnait que cette vieille folle n’y connaissait absolument rien. « Maigre comme un pic, elle aurait été vite défoncée », pensait Amfèpétéléplom.

Label Blonde était encore prisonnière des sornettes religieuses, même si elle avait tous les pouvoirs pour s’offrir Virus. Elle était consciente que ce sont justement ces peurs inventées contre les mâles, ces mensonges, qui lui permettaient de maintenir son pouvoir. Elle n’aurait qu’à changer la chanson le temps venu.

Virus, quant à lui, savait qu’il ne fallait pas la décevoir, s’il ne voulait pas mélanger ses os aux autres.

Platon est dans le coma.

Pendant que Virus découvrait que l’orientation sexuelle se passe entre les deux oreilles et que l’on ne vibre qu’à un certain diapason personnel, Platon était dans le coma.

Il ne pouvait pas rêver, car quand on perd connaissance, il ne se passe absolument rien. Tout est le vide parfait. C’est comme un trou dans la réalité. Le cerveau est absent. En sera-t-il ainsi quand on mourra ?

Diogène

Pourquoi aime-t-il autant Virus ? Ils ne couchent même pas ensemble ? Platon serait-il masochiste ?

Croisos

Parce que Virus en a une petite queue et on aime ce qui nous est semblable. Platon est gêné d’être si peu outillé, d’où son platonisme.

Aristote (accouru auprès de son vieux maître)

Quelle réflexion idiote ! Le rapport aux autres est une vibration, pas une question de grosseur ou de longueur de queue, comme le veut la pornographie.

On admire celui qui nous plaît. Le beau. L’intelligent. On recherche la présence de l’autre quand on l’aime, quand on se sent bien avec lui ou elle. On y prend plaisir. Certaines relations s’établissent aussi pour répondre seulement à nos intérêts. On commence tous, en amour, par s’aimer soi- même à travers l’autre.

Diogène

Platon m’a toujours désiré et je te garantis que je n’en ai pas une petite.

Aristote

(se tournant vers Diogène)

Tu ne comprendras jamais rien. Ce n’est pas se poigner le cul qui crée l’amour ou l’amitié. Certains gais font ça dans les clubs pour le fun, rien que le fun. Sans ignorer le plaisir, il faut admettre que ça peut sembler un peu primaire, mais il n’y a rien de mal là-dedans ; quoique jouir n’est pas un idéal difficile à atteindre. Après un certain temps, on veut essayer autre chose.

L’amitié, c’est plus. C’est la complicité. C’est la jouissance d’être ensemble. Le sexe n’est ni bon, ni mauvais en soi, mais il est moralement teinté par l’éducation que l’on a reçue.

L’amitié rend la présence de l’autre agréable.

Le plaisir lié au sexe sert à assurer la progéniture. Pas étonnant que la très grande majorité vit cet attrait qui nous vient de nos gênes. Il faut un million de spermatozoïdes et un ovaire pour créer un nouvel être. Pourquoi cette  recherche ou cette course folle ne se traduirait-elle pas dans la vie ? Mais, il est normal de ne pas sentir aussi fortement, comme la majorité, le besoin d’avoir un enfant. Tu peux même, être attiré par une autre personne de ton sexe, parce que ta nature est ainsi. Rejeter cette réalité, c’est vivre contre nature.

Ce n’est pas être gai, qui n’est pas naturel, c’est se refuser d’être ce que l’on est.

Pourquoi les femmes ont-elles autant besoin de se retrouver entre « filles » et, que ce même besoin chez un homme le fasse passer pour un « gai » ? Jalousie ?

Pourquoi les gais ont-ils besoin de se définir comme un couple et qu’un des deux soit obligé de jouer le rôle de la femme ? Pourquoi imiter la femme ? Ce sont deux hommes, donc, des gens qui vivent leur sexualité différemment.

Ce n’est pas parce que les femmes se sentent inférieures qu’elles ont plus de la difficulté à accepter la beauté de leur sexe, mais parce que les religions les ont toujours présentées comme le « péché », la « tentation », le « mal. » Cette optique débile des religions, selon laquelle l’homme domine la femme, a modelé les perceptions des deux sexes. Le milieu joue aussi un rôle primordial dans la perception de soi.

Le besoin féminin de plaire a été exploité négativement, surtout en ayant pour but une fonction économique : la mode.

La liberté est très restreinte en sexualité. Tu n’y peux rien, d’une manière ou d’une autre. Ce n’est pas consciemment toi qui choisis ce qui t’attire.

Cependant, c’est à toi d’ajuster tes besoins pour ne pas nuire ou les imposer à l’autre. Il y a tellement d’humains que tu ne peux pas rester seul, si tu cherches le moindrement. La seule chose qui compte dans la sexualité, c’est le consentement mutuel. C’est l’attrait l’un pour l’autre. Le plaisir.

Malheureusement, les moralistes se mettent le nez dans nos affaires, comme si c’étaient eux qui dirigent la vie privée de chacun. Le problème dans le sexe, c’est la jalousie et les gueules sales. As-tu remarqué que tous et toutes les moralistes parlent de la sexualité des autres. Pourquoi ne se mêlent-ils pas de leur affaire, de leur propre sexe ? Pourquoi seraient-ils les seuls à avoir raison quant à la morale sexuelle ?

Si t’es consentant et que ça correspond à ton orientation sexuelle, à tes goûts profonds, tu trouveras cela le fun. Sinon, cette relation sera négative. Elle ne te suffira pas et elle peut même t’auto humilier. Le sexe, c’est un partage d’énergies, de sueurs, de sensations. Il n’y a rien de rationnel là-dedans. Plus tu es attiré, plus tu le veux, plus c’est un plaisir quand tu passes à l’acte.

Aristote

Il faut protéger les jeunes.

Croisos

La différence d’âge ou de sexe n’a rien à voir là-dedans. On a assassiné Socrate sous prétexte de protéger la jeunesse. Pourquoi personne ne se demande de quoi les jeunes doivent vraiment être protégés, s’il n’y a pas de violence ?

Aristote

Ce qui est intéressant avec la sexualité, c’est que tu ne peux pas te mentir : ta petite nature sera toujours là pour s’exprimer. Et, si tu la combats, t’apprendras à t’haïr, tu te mépriseras et tu mépriseras automatiquement les autres, car tu te croiras sale et cochon.

Et tu projetteras ta situation sur les autres.

Ton besoin n’est pas nécessairement le même que celui de l’autre. De là, l’importance à apprendre à tajuster à l’autre. C’est ça, la communication.

Croisos

(en pensant à Platon)

Ne viens pas me dire que le plaisir, c’est de devenir les doigts croches de désirs, sans jamais apaiser ta faim, comme l’enseigne Platon.

Aristote

Ça dépend de chacun. Si tu es gai, tu ne trouveras pas autant de plaisir à faire l’amour à une femme, surtout si dans ta jeunesse, on t’a appris que c’est mal, laid, sale et que tu le crois. Si t’es gai, tu ne seras pas nécessairement pédéraste. Même chose pour un hétéro ou une femme vis-à-vis d’un mâle. Tu n’arriveras pas à jouir du corps de l’autre, s’il ne te plaît pas.

La relation sexuelle entre gais n’est pas la même qu’entre des hétéros, même si les gestes peuvent être les mêmes. L’attrait est différent, en ce sens, que l’attrait est directement lié à ton orientation sexuelle. C’est même ce qui la définit.

Les gais sont moins timorés. Normal, car les dangers d’enfantement ne sont pas là. Quoi que tu fasses, tu n’auras pas d’enfant issu de cette union. Ça change tout. Par ailleurs, ce n’est pas parce que tu as une aventure, quelle que soit ton orientation, qu’elle te fixera à jamais dans telle ou telle orientation sexuelle.

Malheureusement, pour plusieurs femmes, la sexualité est sale, parce que les religions nient la beauté de la sexualité. C’est plus difficile pour les femmes de pouvoir rejeter ces enseignements dégradants. On a qu’à songer aux sorcières pour comprendre la haine morale religieuse face au sexe féminin.

Par ailleurs, si tu n’as pas de préjugés, tu t’apercevras que ça n’a aucune importance que tu sois gai ou hétéro. Tout ce qui compte, c’est que l’autre te plaise, que tu sois bien dans tes choix et que ce soit compatible avec ce que l’autre désire. Dans ces conditions, c’est le plaisir d’être ensemble, de se compléter, qui est le plus important.

Par contre, l’amitié se vit plus souvent sans qu’il y ait la moindre relation sexuelle. Chacun allume l’autre pour d’autres raisons. J’aime bien Platon, c’est mon maître, mais jamais il ne m’a sexuellement plu et jamais cet élément n’a compté dans notre relation.

C’est très bien ainsi. Il y a un plaisir encore plus grand à enseigner, à écrire ou à créer, qu’à jouer aux fesses. La vie n’a aucun sens sans but, comme toute forme de communication. Enseigner, c’est une jouissance intellectuelle. C’est un plaisir indicible de voir grandir l’intelligence de tes élèves. En ce sens, le spirituel l’emporte sur le physique.

Croisos

Les plus évolués sont ouverts aux deux sexes ?

Aristote

Pas nécessairement. Tu peux être attiré par l’un ou l’autre sexe exclusivement et être tout aussi évolué. Il y a un partage intellectuel, en plus d’un échange émotif, dans une relation plus évoluée.

Tu ne peux pas aller contre ce que tu as appris depuis que tu es tout petit, à moins que tu aies déjà réalisé, enfant, que tu n’étais pas d’accord avec ce qu’on t’enseignait.

Platon bougea les doigts. Tous crurent au miracle et se précipitèrent près du lit. Plus rien. Platon ne ronflait même pas.

Pendant ce temps, sur son île, Virus apprenait qu’il est très difficile de plaire à toutes.

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