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Diogène, qui songe à marier Platon, a oublié que le petit Virus connait une incommensurable peine d’amour. Mais, les trois se réconcilient en discutant d’amour.

juillet 13, 2020

C’était d’ailleurs la première fois que l’on voyait Platon, Diogène et Virus se bécoter ainsi. Mais là, s’arrêta la réconciliation.

Croisos entra, en criant « qu’il avait la nouvelle du siècle ». Il était surexcité. Ses grands bras fondirent sur Virus comme la foudre.

Croisos

Wow ! Man ! Wow ! Tu ne sauras jamais, mon petit Virus, ce qui se passe sur l’île de Lesbos où se trouve ta petite esclave Amfèpétéléplom.

Virus

Elle n’est plus une esclave. Je l’ai achetée et je l’ai même mariée. Je l’aime tellement que je lui accorde le droit de choisir la personne de qui elle est amoureuse. Parle ! Qu’est- ce que t’attends ?

Croisos saisit Virus et lui appliqua un long « french kiss », en disant qu’une telle nouvelle méritait bien cette récompense.

Croisos

Voici la chance de ta vie. L’occasion de reconquérir toutes les Amazones d’un coup. De te vider la pipe comme jamais, à moins que tu ne sois devenu stérile. La religion ne nous apprend-t-elle pas qu’il ne faut pas se tremper la plume dans l’encrier féminin avant 27 ans, parce que ça peut rendre éternellement stérile ?

Virus

Je ne lui ai jamais fait l’amour.

Croisos (ricanant)

C’est le temps pour toi, d’aller la reconquérir. Mais, cette fois, tu devras te servir de tes changements anatomiques.

Virus

Comment ça ? Tout le monde a peur de se rendre sur cette île. Personne ne veut mourir, encore moins, être l’estropié d’une femme.

Amfèpétéléplom est avec la plus jalouse et la plus robuste des Amazones. Penses-tu que je suis assez fou pour me mesurer à elle ? J’ai bien réfléchi et j’ai conclu que les femmes sont trop compliquées pour moi. Qu’elles le gardent, leur pouvoir, si c’est tout ce qu’elles veulent.

Diogène

Menteur ! Si tu pouvais, tu risquerais ta vie pour elle. Tu sais seulement que se rendre à Lesbos est un suicide et t’es assez intelligent pour savoir qu’aucune personne ne mérite un suicide.

Croisos

Tu te trompes, Virus. Les Amazones sont mal prises.

Elles risquent à jamais l’extinction.

Virus est de plus en plus intéressé, même s’il ne comprend rien encore. Mais, l’espoir allume les cerveaux.

Croisos

Tu sais que les Amazones sont obsédées par la peur des microbes. Cette rage les amena à tellement laver le bout des pénis et de tous les appareils mâles, avec un produit qui tue toute vie possible, que tous leurs esclaves sexuels sont devenus stériles.

Elles ne le savaient pas, mais en agissant ainsi, leur excès de propreté leur coûte la moindre de chance d’avoir une descendance.

Puisque tout le monde a peur des Amazones, aucun individu sain d’esprit n’ose s’y rendre et se proposer comme géniteur, au cas où ces guerrières décideraient de le faire disparaître plutôt que d’accepter un sauveur. C’est risqué, mais c’est une possibilité qui peut être raisonnable dans ton cas.

Ce serait ta belle action, mon petit frère. Devenir le seul sur l’ile à pouvoir perpétuer leur descendance. C’est encore mieux que de mourir martyr. Là, au moins, tu n’as pas à mourir pour avoir toutes les femmes que tu désires. Les martyrs, eux, ne sauront jamais si on leur a menti ou non. Tu dois tenter ta chance, une telle occasion, ça arrive seulement une fois dans une vie.

Virus était tellement content qu’il s’évanouit.

Diogène

Il est mieux de se calmer les nerfs, parce qu’il aura besoin de plus de rigidité que ça pour sauver les Amazones. Elles sont plusieurs centaines. Quelle vocation !

Virus n’était pas rétabli qu’il organisait son départ pour Lesbos.

Diogène, qui n’en manque jamais une, demanda d’être de la délégation. Il se mit « un tonneau Amazone », soit un sein en moins, ainsi qu’une perruque. Avec un peu de maquillage, on aurait dit Guilda.1

Les interrogations du départ.

Virus, contrairement à Diogène, ne savait pas exactement comment il devait se vêtir. Amfèpétéléplom l’aimait habituellement en petite tenue, mais que dirait la reine des Amazones de le voir arriver dans une telle attitude de séduction ? Tuerait-elle sa concubine pour garder son nouveau chevalier ? Lui ferait-elle couper les couilles pour vivre un ménage à trois ? Lui trancherait-elle la gorge pour protéger son amour avec Amfèpétéléplom ?

Avec les femmes, se dit Virus, on ne sait jamais à quoi s’en tenir, tout dépend du moment et de leurs émotions. Elles sont plus imprévisibles que la température prévue pour l’année suivante.

Par exemple, dans leur guerre contre Virus, lors des manifestations devant chez Platon, les plus féminounes demandèrent que son image soit taillée et exposée sur des poteaux à tous les coins de rue pour que toutes les jeunes

filles aient peur de ce monstre.

Cependant, dès que Virus s’était présenté en disant :

« Me voici ! » Voilà t’y pas que ces femmes voulaient le faire taire, le cacher, faire comme s’il n’avait jamais existé, au cas, où les autres filles le trouveraient de leur goût. Souvent, la délinquance attire l’attention et les fleurs. Surtout que Virus était assez joli. On mit en place un système de censure, de manière à ce qu’on ne fasse jamais mention de lui devant les plus jeunes femmes pour éviter les tentations ; mais surtout, ainsi, tout le monde pouvait tenter sa chance. Jamais autant de vieilles ne se sont autant poudrées.

Rien ne prouvait que cette nouvelle apportée par Croisos fût vraie.

Comment savoir si Amfèpétéléplom l’aimait encore alors qu’elle vit avec la reine des Amazones ? Est-elle prisonnière ou en amour ou est-ce seulement un refuge pour échapper à Ypontife ?

À l’époque, il n’y avait pas encore les nouvelles continues à la télévision pour façonner la pensée des gens, de manière, à ce que tous pensent comme le veut le système. Les religions permettaient des résurrections sans avoir à les montrer en direct. Il fallait juste, être au bon endroit, au bon moment.

Peut-être que cette information, voulant que la petite rêve encore de lui, était un piège pour manigancer une nouvelle légende ou même créer un mythe ? Un dieu serait- il en panne d’inspiration ? Une rumeur pour trouver des victimes ?

Que faire, si en se rendant sur Lesbos, on découvre que les Amazones ne veulent rien savoir des mâles comme avant ? Depuis le matriarcat, les femmes sont marquées par un vif désir de pouvoir. Elles se rappellent avec joie cette époque où elles n’avaient qu’à s’assurer que leurs hommes n’étaient pas convoités par la voisine. Elles n’avaient qu’à lire et chanter des berceuses pendant que les « butches » jouaient aux soldats.

« Le propre de la femme n’est-il pas d’être le vrai boss dans un couple et de se lamenter sur leur mal d’être une femme en politique ? » Se demandait Virus, qui n’avait pas encore beaucoup d’expérience, même s’il avait lu l’encyclopédie portant sur l’exagération de la manipulation féminine, proclamant toutes les femmes victimes du patriarcat. Une encyclopédie qui fait au moins dix tomes, juste pour la résumer.

Virus

Ce ne sera pas quand je serai devenu infirme que je devrai songer à me protéger. Au diable, la raison ! Amfèpétéléplom m’attend peut-être.

Le navire accidenté de Virus avait été vendu à Diogène, qui avait emprunté l’argent de Platon pour l’acquérir.

« Il ne sera pas réparé avant deux semaines », l’avait informé le capitaine.

Virus avait trop hâte de tenter sa chance. Il s’acheta un petit navire de pêche pour s’y rendre.

Pendant ce temps, Diogène cherchait à persuader son capitaine de faire le voyage au plus vite. Mais, il n’était pas question pour le capitaine de partir avant d’avoir réparé son petit navire. C’était bien évidemment un moyen de cacher sa peur des Amazones.

Capitaine

« Je vis en couple, je suis déjà esclave. Pas question que mon bateau devienne un harem amazone ! » Dit le capitaine, au moment de passer le contrat, en vue d’un futur voyage à Lesbos.

Diogène se contenta de rire du capitaine en disant qu’il était mieux d’être un esclave heureux que d’être un payeur de taxes aigri.

Inutile de dire que Diogène rêvait déjà d’être l’objet sexuel de cette meute de femmes en chaleur.

Diogène décida donc d’accompagner Virus, quelque que soit le moyen de transport. Son navire serait bien réparé quand il reviendrait et des capitaines, ça se trouve, si celui- ci continuait à hésiter et à remettre le départ, mais Virus était déjà parti pour Lesbos, sans l’attendre.

Virus débarque sur l’île.

Virus fit le voyage dans son petit bateau de pêche, sans trop de problèmes. Malgré, ou plutôt pour tuer la peur, il avait apporté quelques bonnes bouteilles de vin. Pour tuer le temps, il dansa le « chiachia » et une danse grecque désuète avec ses camarades et ils se racontèrent des histoires. Quand on ne sait pas si on va mourir, il n’y a qu’une chose à faire : la fête.

Ses trois compagnons enviaient Virus.

« Quelle chance, as-tu ! Tu pourras servir toute la bourgade en sperme. Si nos femmes étaient moins jalouses, nous deviendrions bénévoles. » Disaient ses compagnons, conversation de gars, quand ils ne parlent pas de sport ou du travail.

Le premier jour, tout se déroula dans le calme le plus absolu. Un peu de vent, trois-quatre sirènes qui chantaient faux, rien de bien spécial, sauf la nuit. Les nuages s’étaient, par hasard, transformés en dragon autour d’une pleine lune. Une illusion digne d’un bon joint. Mais, quand le dragon se mit à cracher du feu sur le satellite de la terre, Virus s’affola.

Que pouvait bien vouloir dire ce présage ? Se brûlera-t- il à l’ouvrage ? Sera-t-il au menu d’un de leurs festins ? Où mangeraient-ils amoureusement des guimauves autour d’un feu avec son amoureuse retrouvée ?

Après discussions, Virus annonça qu’il débarquerait seul sur l’île.

Virus

Ainsi, si l’histoire est fausse et que les Amazones n’ont pas besoin d’un mâle, je serai seul à devoir subir leur haine. Peut-être ma petite Amfèpétéléplom saura-t-elle intercéder pour moi, si je suis fait prisonnier ?

Virus, connaissant la peur des femmes pour les serpents, en avait caché une douzaine, ainsi que trois souris dans une petite besace.

« Si j’ai trop de difficulté, je les ferai sauter sur leurs tables. Peut-être que ma vitesse à la course les fera abandonner la poursuite ? Quoiqu’elles seraient, selon la légende, championnes dans la corde à Tarzan. »

Virus ne portait qu’un petit slip. Question d’être le plus léger possible. Sachant aussi que c’est plus excitant « d’essayer de voir » que de voir, il déchira le slip sur la fesse gauche pour créer une tentation.

Il pouvait ainsi courir toutes les chances : se sauver en courant ou épater.

Quand il arriva sur le bord de l’île, il vit un petit ruisseau. Il s’en approcha et aperçut des bulles de savon ; puis, trois poissons morts. « C’est donc vrai, les eaux sont devenues stériles à un point tel, que la vie ne peut plus survivre à cet excès de nettoyage. »

Virus décida de remonter le ruisseau jusqu’à ce qu’il arrive chez les Amazones. Que lui arrivera-t-il ? Se demandait-il, en priant Zeus de le protéger.

Virus est fait prisonnier.

Le petit Virus se dirigeait vers le centre de la forêt, en tournant en rond. La boussole n’avait pas encore été inventée. Et, même si je ne l’ai pas encore dit, je m’en excuse, il avait l’œil gauche un peu croche.

Mathématiquement, s’il avait continué de tourner en rond, à cause de son œil, il serait revenu au point de départ.

Virus marchait tranquillement, quand il reçut un coup derrière la tête qui le précipita le nez dans le gazon. Il sentit aussitôt dix piquants de talons hauts lui frotter le dos. Serait- ce que les Amazones participaient à la cérémonie « Enfiler son homme », se demanda Virus, excité par les vingt cuisses qui le tenaient au plancher. Il subissait le martyre dans l’euphorie de ce qu’il voyait. Les Amazones ne portaient pas de petites culottes.

La capitaine de cette meute de femmes guerrières se pencha et profita de l’occasion et de l’absence de ses chefs pour lui frotter et lui lécher la fesse, qu’on apercevait par la déchirure de son short. « Pas si mal », se dit-elle, pendant que Virus espérait que les autres s’essaieraient.

Puis, dans un cri à faire dresser tous les bigoudis sur les têtes, elle ordonna que le prisonnier soit conduit au camp. La hiérarchie des Amazones était établie en fonction de la force de la voix. Plus elle gueulait, plus elle prenait des gallons dans la hiérarchie militaire.

Loin d’être sauvagement dirigé vers sa destination, Virus était déjà traité comme un roi. Tout ce qui pouvait le salir était aussitôt léché par une des Amazones. Virus se serait bien jeté dans la boue, mais la terre était un peu sec, désertique même. Il y avait eu un feu de forêt quelques années plus tôt quand les Amazones avaient décidé de faire un feu de camp pour réciter de la poésie. Mais, la forêt était luxuriante tout autour de cette petite clairière.

Le camp principal ne pouvait pas être loin, car on entendait le gémissement des mâles que l’on égorgeait, puisqu’ils ne servaient plus. « Les fillettes s’occuperont des plus âgées », avait décidé La Poltronne, chef de ce camp.

Les règles avaient été clairement établies pour ce qui a trait au premier prisonnier : il devait demeurer propre pour qu’il n’ait pas à être lavé avec des savons. Pas question de le rendre impuissant.

« C’est donc vrai que les Amazones sont conscientes d’être menacées de disparaître à cause de leur obsession pour la propreté », se dit Virus.

Virus savait d’ores et déjà qu’il ne pouvait pas être en danger, puisqu’il était le seul mâle dont le sperme permettait la reproduction. Il en profiterait, comme tous les mâles qui se retrouveraient dans cette situation. Il se mit même à avoir un culte pour son petit pénis, surnommé Charlie, sachant que c’était la meilleure arme contre ces dangereuses Amazones. Charlie était devenu son nouveau dieu.

Un peu plus, et dans l’ivresse totale, il oubliait Amfèpétéléplom.

1 Le premier travesti du Québec artistique, du moins, la plus connue.

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