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Virus 18

juillet 9, 2020

Virus confirme la proposition.

Platon se sentait mal à l’aise que son petit amant, devenu hétéro, accepte de jouer la « petite docile » de monsieur Jetelapoigne, juste pour lui remettre l’argent qu’il lui avait prêté.         

                                 Platon 

Tu sais, Virus, j’ai le plaisir d’essayer de t’aider. L’amitié n’existe pas seulement pour avoir quelqu’un dans son lit. Elle transcende tous ces petits instincts.                   

                              Diogène

Que je déteste cette fausse apologie de la vertu bourgeoise. Quand tu n’as rien à manger, tu te fous bien qu’un petit vieux te mange la bitte. Ça ne fait pas mal, au contraire.

                            Virus        

Ce n’est pas le temps de ces éternelles querelles. Je veux cet argent pour aller reprendre ma belle Amfèpétéléplom et nous organiser une vie sans problème. Je veux avoir un enfant.  
 
                         Diogène     

T’es capable?         

                           Croisos     

Un autre moyen pour te demander de prouver ce que t’avances, avec lui, bien sûr. J’ai hâte que Diogène invente le baril « diachylon » pour lui boucher la trappe.

Virus s’approche de Platon, le prit par le cou et s’assit sur ses cuisses.   

 

                          Virus

Je ne veux pas te faire de peine, mais j’ai accepté la proposition de Jetelapoigne. C’est très payant, assez pour nous permettre de trouver un pays où les gens seront moins étroits d’esprit.        
 
                          Diogène    

 Un pays sans bourgeois, ça existe?     
 
                          Virus          

Ce n’est qu’une petite aventure passagère. Un moyen de m’en sortir. T’es l’homme que j’aime le plus. Tu me respectes. Je ne te demande pas de comprendre. Je ne sais pas pourquoi j’aime autant cette gamine, mais elle est tout pour moi. Elle est ma préoccupation absolue, mon rayon de soleil.           

                               Platon   

Je sais. Je ne comprends pas, mais je ressens ton amour pour moi et il me suffit. Tu es libre d’aimer quelqu’un d’autre sans rien m’enlever.            

                             Virus       
Je le savais.

Virus se leva et quand il vint pour sortir, il demanda à Ruménos de l’accompagner. Il lui dit : « Tant que tu seras en ma compagnie, Jetelapoigne se sentira obligé de s’en tenir à ses promesses. »                                                                

Périclès chez Platon.

Ce fut tout un émoi quand Périclès a mis les pieds chez Platon. C’était quand même le « stratège », l’homme le plus important de la cité, le père de la démocratie.

Il avait amené un de ses fils, Paralos. Xanthippe, préférant aller à la pêche, s’était rendu au temple de Poséidon faire un petit sacrifice pour s’assurer de remplir son quota.        
 
Diogène se précipita à l’extérieur pour se cacher, puisqu’il se promenait nu dans la maison.    Il en profita pour se vêtir de son nouveau et plus beau baril : « (je fête jusqu’à être débile ». Périclès a un goût artistique sûr. Il sera certes ébloui par toutes les couleurs et les dessins. Diogène avait même ajouté un klaxon pour obtenir toute l’attention requise.   

Platon étonné fut pris de vertige. 

                                           Diogène

 « Tu vieillis, mon Platon », lança Diogène qui s’empressa de l’aider à se rendre à la table de discussion. 

Platon était plus pâle que son mur.       

Il écouta attentivement Périclès lui expliquer que la Commission d’enquête n’avait pas pour but d’aller mourir sur les tablettes. Nous tenterons de déterminer quelles valeurs et ce que nous devrions faire Athènes pour devenir la plus grande des civilisations au monde. 

                                     Périclès      

C’est bien évident qu’on ne pourra pas tout changer. Nous existons depuis des siècles, mais ce qui nous semble mauvais doit retenir notre attention aussi bien que le meilleur. Notre civilisation doit être la plus humaine et la meilleure.      

Pour ce faire, il y aura de nombreux commissaires et on fera venir des experts invités de partout pour confronter nos valeurs.     

                               Platon   

Tout ça pour mon petit Virus.       

                                Périclès

Pas tout à fait. J’ai aussi épousé Aspasie et je voudrais que mon fils soit reconnu comme Athénien. Aussi, on fera le tour de ce qui devrait nous guider durant quelques siècles encore.   


Aristote est nommé président. 

Périclès fit venir Aristote à son bureau.            

Les invitations à participer aux travaux de la Commission devaient être signées de sa main, car la Commission portera son nom.     On étudiera entre autres à quel âge on peut devenir amoureux.
                                     
                                     Périclès

Aristote est sans aucun doute le philosophe le plus connu de notre civilisation, après Platon. Avec lui, les travaux seront appliqués immédiatement dans nos vies. Il est à la fois un philosophe et le précepteur du plus grand roi de la Grèce antique. Le premier à affirmer que le monde extérieur est beau.         

Périclès voulait aussi que cet événement coïncide avec une grande fête surprise pour
Platon.   Une semaine d’hommages.    

                                Diogène          

Si vous formez une garde des plus beaux athlètes d’Athènes pour lui rendre hommage, je me propose comme béquille. Je l’accompagnerai dans sa mission.        

                              Croisos  

On sait pourquoi….

La cérémonie devait être tenue secrète et préparée à toute vitesse, avant sa mort qu’on sentait venir.           
    
Aussi, Aristote fut-il retenu comme président pour en accélérer la préparation.  

Périclès voulait inviter des prêtres de toutes les religions, des représentants de toutes les civilisations, de tous les systèmes politiques et économiques.

                                    Périclès

Il faut trouver ce qui devra être fait pour créer un monde idéal. Aristote est déjà très connu et son maître, Alexandre le Grand, a des entrées partout. Pour préserver l’effet-surprise, la Commission devra travailler dans le plus grand secret.

                                   Croisos (mort de rire)           

On pourrait cacher Diogène dans un placard. Il y aura peut-être un jour un Danny Turcotte pour l’en sortir?           

                                    Virus

Garder Diogène à la vue de tous, c’est bien trop dangereux.    On pourrait le prendre pour un paon et vouloir rapporter chez soi sa féérique queue. 

Tout le monde riait dans la maison. 

Croisos entra le paon qui se paradait sur le perron. Virus se prosterna devant lui. On aurait dit que le paon comprenait et étendait encore plus la queue.   

Périclès la trouvait si bonne qu’il faillit en perdre son dentier de caoutchouc…  

                                  Diogène (stoïque)

Je vais examiner les jeunes. Pas de problème, tant qu’il y aura autant de jeunes athlètes que je saurai en imaginer. Il y en aura un pour chaque pays?   Je suis à votre service.   Je suis d’une curiosité maladive en tout ce qui touche les moindres variations d’anatomie.            

Je pourrais être le scientifique qui les compare, les soupèse et les goûte pour créer le premier et le plus complet dictionnaire sur la nature mâle. 

Je pourrais même commencer mes observations sur les plus jeunes, essayer de déterminer le moment exact où ils passent de l’enfance à l’âge adulte. Grosseur des testicules, formes des pénis ou encore chercher celui qui a un cerveau chasseur?    

                                   Virus 

Je suis persuadé que Diogène a déjà une idée pour les faire évoluer plus vite. Avec lui, on pourrait surveiller nuit et jour afin de savoir qui a du poil au pubis ou sous les bras. Chez qui ça apparaît le premier.        

                                 Diogène         

Impossible. Tout individu a sa vitesse de développement, mais tous se retrouvent à la même ligne d’arrivée, vers le même âge. J’ai remarqué, mon petit Virus, qu’une petite tache noire commence à s’épandre sur ton bas-ventre… Et quelle moustache pour un gars de 16 ans!    

                                   Périclès        

On a d’autres sujets de réflexion plus importants : la démocratie, la violence, les droits individuels, les partis politiques et surtout la justice sociale. Comment survivre quand il y aura surpopulation? Nos aînés serviront-ils seulement à nourrir les banques?           

Selon Ivoitou, ce sera le chapitre le plus important, car dans l’avenir lointain, notre civilisation sera totalement différente. Il prétend même que les hommes et les femmes seront égaux. Qu’est-ce que ça implique, si c’est vraiment ce qui se produira? L’homme remplacera-t-il la femme au foyer?  

                                  Croisos          

On ne peut pas orienter nos travaux en fonction des visions d’un prêtre. Ce doit être plus sérieux. 

                                 Périclès

Nous ferons venir des spécialistes de tous les coins du monde pour scruter toutes les pensées, mais Ivoitou est le seul qui peut confondre l’avenir de notre civilisation avec celui d’un petit pays qui sera créé dans environ 2,500 années sur un continent qu’on ne connaît pas encore.         

                  Platon (venant d’entrer de sa sieste à l’extérieur, suivie de son petit bain).       

J’ai déjà parlé de l’Atlantide dans mes livres.  

                                 Périclès

Ce serait un autre pays. Une sorte d’alternative à un monde devenu totalement corrompu. Comme les Romains le seront.

Notre civilisation sera anéantie par ses systèmes économiques. La fourberie sera divinisée par un appareil où l’on verra instantanément tout ce qui se passe n’importe où. Y figurer une fois garantira une excellente carrière d’avocat.        

                                  Diogène

Voudrais-tu dire que l’avenir me donnera raison : il faudra consommer le moins possible et se contenter d’une petite habitation. Juste ce dont on a besoin.    

                              Croisos  

Je ne crois pas que l’avenir soit de vivre tous dans tes maudits petits barils et vivre ainsi de la charité sur les trottoirs de la cité.         
 

                              Ivoitou    

Les hommes seront des itinérants pour échapper à l’infamie des maîtres du monde. L’homme évoluera techniquement; mais il sera le pire ennemi de l’Homme. Pour être encore plus riche, il éliminera notre espèce.        

                               Diogène           

Ecce homo?

                               Ivoitou   

Cherche!   Il semble qu’il n’y en aura qu’un et on le crucifiera. La foi repose-t-elle sur le fanatisme? La vraie révolution serait-elle la non-violence? Gandhi aurait-il raison?                                                             

Ivoitou mélange les univers…


Aristote et Périclès, ayant décidé de tout remettre en question, voulaient quand même prendre le temps de rassembler des représentants de toutes les philosophies et de toutes les époques, mais en étant en dehors du système spatio-temporel, la chose n’était pas si simple.                        

Il n’était pas question de tenir la réunion dans le jardin des dieux. Ceux-ci pourraient en profiter pour modifier les débats en leur faveur. Ils sont spécialistes dans la création de filtres de toutes sortes. Surtout, pas question de se laisser encore une fois duper par les prêtres qui parlent au nom des dieux. Un moyen commode de se faire entretenir.     

                                             Aristote

Les dieux sont dans le ciel avec les étoiles, qu’ils y restent!   Ils ne peuvent pas vivre la vie d’un mortel. Ils ne connaissent ni la violence, ni la morale, ni les plaisirs du sexe. Ils ne sont que les projections des esprits échauffés par les drogues.         

Pire, ils ne sont pas des exemples à suivre, surtout si on regarde Zeus qui fornique avec n’importe quel homme ou femme qui lui plaît, sans avoir sa permission. Les dieux doivent respecter le libre arbitre, c’est la règle, et pourtant, ils l’oublient.  

« Dionysos n’est guère mieux puisqu’il est toujours saoul. », dit Aristote, en insistant sur le fait qu’en réfléchissant bien, les dieux ne sont rien d’autre qu’une invention religieuse, un appareil de domination comme l’argent. L’empire de l’avoir contre celui de l’être. Du paraître. Un chemin qui ne peut pas conduire au bonheur.       

Un seul moyen pour y parvenir : Ivoitou.          

Aussi, fut-il chargé de l’organisation spatio-temporelle de cette conférence unique. Comment mêler des morts à des vivants?   Ce n’est pas chose facile. Parfois, les ondes ne permettent pas une communication claire et audible.           

Ivoitou devait inventer la mémoire pour voyager dans le temps.    Il partit pour l’Égypte où, disait-on, les pharaons utilisaient une nouvelle découverte : l’écriture.    

Si c’était le cas, le monde ne pourrait plus oublier son présent. Tout présent devient le passé du futur. 


Il fallait donc inventer des règles qui, à partir du présent, traceraient le futur. Par exemple, si tu bois un poison, tu ne peux que mourir, si personne ne te donne d’antidote.         

Mélanger les niveaux de conscience ou d’existence des différents univers, ce n’est pas comme faire une tarte aux pommes, ça prend plus qu’un arbre de la connaissance du bien et du mal… et encore plus qu’un serpent.        

Ivoitou ne pouvait pas tout percevoir seul. Il fit donc appel au temple de Delphes ainsi qu’aux responsables de tous les circuits organisés pour prédire l’avenir. Ivoitou engagea également 664 scribes pour tenir les conversations par écrit.    

La grande rencontre devait donc être précédée d’une conférence entre les sorciers-sorcières-oracles de toutes sortes, afin d’ajuster le système mort-vivant aux mêmes longueurs d’onde. Une potion magique, un hallucinogène puissant? En fait, il fallait trouver la recette de l’instantané. C’était le travail d’Ivoitou.

Une chicane de famille.  

Le tas de visiteurs chez Platon finit par paraître.

Diogène se promenait souvent nu et laissait des traces de pas à la grandeur de la maison, parce qu’il ne s’essuyait jamais les pieds, où qu’il soit allé. Croisos était trop occupé pour avoir le temps de laver la vaisselle. Quant à Platon, il devait rester avec ses hôtes pour préparer la super enquête de Périclès.           

Le jardinier s’occupait bien de l’extérieur de la maison, comme le voulait son travail d’esclave; mais Platon n’avait personne pour s’occuper de la maison. Virus le faisait habituellement; mais ses pratiques pour les Olympiques le retenaient toute la journée.

Chaque jour, Jetelapoigne ajoutait des sous à sa banque. Selon Virus, plus il sera riche, au sortir d’Amfèpétéléplom de chez ses protectrices, plus il pourra partir pour une autre cité ou un autre pays, si jamais les gens continuaient de le pourchasser.          L’exil n’est jamais volontaire, mais il est parfois une question de vie ou de mort.         

À leur arrivée, Croisos ne crut pas nécessaire de s’atteler à la tâche. Il avait passé sa journée à lécher des enveloppes pour envoyer les invitations. Virus était mort de fatigue. Il avait couru un mille de plus qu’à l’habitude. Et sa douche avait été écourtée, car dix autres gladiateurs voulaient se décrotter.      
 
Inévitablement, les engueulades commencèrent. Les jeunes en vinrent presque au poing. Qui ferait quoi? Ils tournèrent leur irritation contre Diogène, qui décida d’aller se promener.          

Aristote assistait à la scène et se demandait comment on peut éviter de telles situations. Il songeait à la dernière crise de son fils Nicomaque qui voulait un nouveau char. Pourquoi vouloir sauver le monde quand on ne peut même pas empêcher les chicanes de famille? Et, l’aspirine n’existait pas encore.                                                                           

Le partage des tâches.   

Platon tenta de s’interposer dans la chicane entre Croisos et Virus, à savoir qui devrait s’occuper du ménage de la maison, mais il reçut un coup de serviette en plein visage.           

Voyant la situation dégénérer, Aristote essaya à son tour de trouver une solution, sans succès.         

                                       Croisos     

Au lieu de t’amouracher d’une petite fille, t’aurais été mieux d’aller à l’école comme tout le monde. Depuis que tu as succombé à ta folie, nous vivons de crise en crise. Qu’est-ce que tu veux?   Tuer Platon, grand égoïste!       

                                          Virus      

C’est qui l’égoïste? Tu ne penses qu’à l’héritage de Platon. T’occuperais, dès demain matin, la direction de son école, si tu le pouvais. Tu pourrais au moins attendre qu’il soit mort avant d’essayer de réaliser tes rêves de petit parvenu.           

                                          Croisos  

Petit parvenu toi-même. Je te ferai remarquer que Platon t’a amené ici pour le lit.   Tu n’étais même pas beau et tu n’avais aucun talent.  Tu quêtais dans les tavernes. Sans sa générosité, tu vivrais encore dans la rue à quêter.         

                                            Virus    

Toi aussi, tu viens de la rue. Tu n’es même pas bon au lit.   

                                           Croisos 

Parle pour toi. Tu dois aller avec une fille puisque tu ne peux même pas suffire à ton mâle. Jetelapoigne est obligé de vivre comme un ascète.    

                                       Virus

Et toi, c’est différent? Tu ne penses qu’à tes études. Ton avenir politique.           

                                        Croisos    

Toi, tu ne penses qu’à ta petite métèque. Platon est de plus en plus malade, mais tu t’en fiches. Je ne serais pas étonné que tu lui serves une potion qui accélère son grand voyage.
 
Virus ne put se retenir et il sauta à nouveau à la gorge de Croisos.          

                                        Croisos    

Je vais te faire ravaler tes paroles, sale vipère!           

De retour à la maison, Diogène et ses deux petits amants, ramassés sur les trottoirs, se précipitèrent pour calmer le jeu. Virus fut traîné jusque dans sa chambre.          

Platon se mit à étouffer. 

On laissa Virus dans la chambre et Diogène se précipita près du philosophe.  Il l’aida à se traîner jusque dans son lit.             

Diogène envoya un des petits chercher un médecin. Il y avait un chaman qui résidait près de la chaumière. Il ferait d’autant plus l’affaire, qu’il résidait à cet endroit depuis des années sans payer. Il devait bien ça à son bienfaiteur.     

Platon, hors de danger encore une fois, fit venir Croisos et Virus. Il leur annonça que dorénavant, les deux petits qui accompagnaient Diogène seraient embauchés pour faire le ménage. Le plus petit, le salon;  le plus grand la cuisine. Quant aux chambres à coucher, chacun des occupants en serait responsable.           

                                          Platon    

Un mot de plus et je vous déshérite.      

Le silence tomba. Les jeunes n’en revenaient pas. Ils venaient de faire sauter les plombs à leur maître, qu’ils croyaient incapable de colère.                                                                   

Leucippe rencontre Platon.      

À sa grande surprise, Platon reçut la visite de Leucippe et de Démocrite, deux anciens amis qu’il avait perdus de vue.        

Platon était dorénavant sous la surveillance des médecins personnels de Périclès
– on dira que les amis n’ont pas d’importance – .         

Après avoir été soigné, Platon se présenta au salon, aidé par « Jeletienbien », une jolie petite béquille blonde, souriante et d’une beauté étonnante.            

Démocrite sentit en lui quelques cellules faire des tours de piste à toute vitesse. Les chaleurs l’envahirent, mais il n’était pas là pour sentir s’ouvrir ses passions comme une fleur, l’été, quand le soleil apparaît, après une bonne pluie. Il ne put s’empêcher de souligner qu’il aimerait bien être à la place de Platon. « Faut-il être malade pour avoir droit à d’aussi beaux infirmiers?»          
 
Platon sourit et ajouta : « Non, mais il faut un peu d’argent. Je viens de me les procurer comme serviteurs pour éviter une chicane de famille.»          

                            Aristote     

Une erreur. Les jeunes doivent apprendre à s’entendre, sans qu’on achète la paix. Ils doivent devenir responsables et non des enfants pourris. L’autonomie, c’est aussi apprendre à partager, car, aucun individu ne peut vivre seul.              

Les deux atomistes se regardèrent, ne sachant pas très bien de quoi ils parlaient, puisqu’ils ne connaissaient ni Virus, ni Croisos.        

Le deuxième petit esclave, « Gentil », apporta quelques verres de vin, car une bonne discussion se faisait toujours autour d’un bon verre de vin, jusqu’à ce que les Anglaises remplacent cette tradition pour une tasse de thé l’après-midi. Une occasion propice au bitchage.                

Leucippe et Démocrite furent heureux d’expliquer à Platon qu’ils croyaient dans l’existence des atomes. « Le monde est fait de petites particules et de vide.» 

                                Démocrite        

Tout ce que nous voyons est créé par des millions de petites particules, des atomes. Elles se rattachent entre elles, car elles vivent une attraction pour certains éléments et de la répulsion pour d’autres. Leur mariage crée les différents éléments, ainsi que la grandeur, la forme et le mouvement. Le reste n’est que vide. Notre corps perçoit les couleurs et les odeurs.      

                              Leucippe           

Ainsi, la réalité est comme le dessus de la mer. Une somme d’énergie invraisemblable, d’apparence calme, éternelle, inerte, mais qui est habitée par des milliards de petits individus, des atomes. Le monde est matériel.           

                                Platon  

Jamais. La réalité n’est qu’une construction de notre esprit. Il n’y avait d’abord qu’une seule énergie. Elle a donné naissance à Zeus.  Les dieux sont ses enfants, qui ont donné naissance au ciel et à la terre.   Et ces dieux ont engendré d’autres dieux par la suite. Les dieux vivent à l’Olympe.     

                                          Aristote   

Ils ont été inventés par les hommes, au fur et à mesure que ça faisait leur affaire.       

                            Démocrite

Tu crois vraiment ce que tu viens d’avancer, toi, le grand Aristote?

Les deux atomistes constatant que Platon ne pouvait pas concevoir le monde en dehors de ce qu’il avait appris des religieux se retirèrent poliment.       
 
À l’extérieur, Leucippe résuma la pensée des deux visiteurs :        

« Il est peut-être très intelligent.  Il a peut-être inventé une grande philosophie, mais il est complétement bouché avec ses dieux et il est maintenant trop vieux pour être débouché. »

                                                    96

Organiser le temps : un problème.      

Ivoitou convoqua une assemblée spéciale de tous les voyants, diseurs de bonne aventure, prêtres de Delphes, alchimistes, sorciers, sorcières, dans le but de trouver un moyen d’insérer le 21e siècle dans la vie de la Grèce Antique.   

Il serait ainsi possible de juger du genre de société à créer pour assurer la prospérité de la cité et, surtout, le bonheur de chaque individu,puisqu’on aurait le début et la fin temporelle de la période analysée.     

Dans une vision nocturne, Zeus avait dit à Ivoitou que les savants avaient créé une machine invisible qui modifie l’espace-temps, de manière à ce que les époques et les gens se confondent.      

Un petit changement dans le puzzle de l’univers. Zeus n’était-il pas le roi des métamorphoses?

« Y a peut-être des petits Ganymède au Québec! », s’esclaffa Zeus, sans vouloir divulguer la raison profonde de son intérêt.   


                               Zeus, le roi des dieux (ironique)    

L’espace-temps est comme un coeur. Il se contracte et se décontracte. Le yin et le yang. Le balancier. Il pisse de partout et engendre partout à la fois, au fil des explosions, des trous noirs qui donnent naissance à d’autres mondes. Les étoiles sont comme les hommes, elles naissent pleines d’énergies et meurent gelées, matérialisées… question de temps! 

Chaque parcours des énergies est une veine ou artère qui s’active au sein d’une même spirale qui danse sur un tout petit parquet. Elles s’infiltrent partout et constituent notre univers. Immense ou petit? Tout dépend du point de vue, d’où tu regardes l’univers. Gros comme une tête d’épingle ou infini. C’est le même monde, mais vu d’un autre oeil.   Tout dépend seulement du point d’observation où tu te places. De la lentille que tu utilises.        

Ivoitou n’y voyait que du feu. À son avis, l’homme est comme la mouche. Sa vie n’est même pas une seconde dans l’éternité et pourtant, avec les religions, il se prend pour le nombril du monde. Quelle importance avait donc sa façon de voir l’univers, mais peut-être Zeus voulait-il lui faire comprendre que la divinité est un raccourci, puisque les dieux vivent dans les cieux.

Il fallait donc pour n’humilier personne, inviter le plus de dieux possible.           

Ivoitou envoya finalement une invitation spéciale à Hermès, le dieu de la communication, au cas où ce serait l’interprétation à tirer de son rêve. Mais il l’avertit toutefois que ce n’était pas une blague et qu’il devait respecter les règles de la Grande Commission, s’il voulait y participer.

Ainsi, pas de vol, pas de ruse, pas de mensonge, juste savoir transmettre les nouvelles. Il ajouta un discours sur la nécessité de l’objectivité pour être un bon journaliste.         

Cette notion, dans la carte d’invitation, fit sursauter Hermès, qui alla se plaindre à Zeus d’avoir été insulté par Ivoitou. Il travaillait comme chroniqueur depuis peu pour le Journal de Montréal céleste et il se prenait un peu pour un autre, Richard Martineau.           

                                Hermès (plaide devant Zeus)    

Je ne peux tout de même pas répondre de la justesse de la voix de mes oiseaux. Ils propagent les nouvelles. On attache trop d’importance aux intonations, que l’on confond avec les sentiments. Je ne peux pas tous les accorder les uns après les autres.

Cette grande réflexion entre le dit et le non-dit persuada Zeus de la nécessité de trouver un autre moyen que les chants grégoriens pour répandre la bonne nouvelle.         

                                               Zeus

« Si les gens ne comprennent pas le chant des oiseaux, ils comprendront encore bien moins la symphonie du pré-big-bang et la dilatation de mes cordes vocales».        

Ivoitou, le pauvre prêtre, eut presque une attaque cardiaque quand il fut convoqué par Zeus lui-même en personne.          

Ivoitou croyait que Zeus s’occupait toujours des « chenolles » d’Ypontife. Ce qui n’était pas faux. Il avait juste oublié qu’un dieu peut être à plusieurs endroits à la fois.

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