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Virus 14

juillet 6, 2020

Platon va à la banque.

Le fait d’avoir déjà payé une amende, parce que Virus était en amour avec une petite fille, une situation contre nature à l’échelle de la cité, devait, selon Platon, mettre fin à la voracité d’Ypontife.

Platon ne pouvait pas financièrement se permettre de payer encore des amendes pour se sauver, parce qu’il aimait son petit Virus et ne partageait pas le point de vue de ce vieux religieux castré aux couilles d’acier et à la bite rouillée.

Le problème, se dit Platon, est que certains religieux s’imaginent être les seuls à détenir une vérité, une révélation, qui apparaît souvent comme les voix entendues par les schizophrènes. Ils ne permettent à personne de vivre leur vie autrement qu’eux; car, vivre autrement, condamne ces religieux à devoir se regarder dans un miroir et admettre que leurs édits sont contre nature.

C’est la liberté qui fait de l’homme, un homme. Plus un individu est développé intellectuellement, spirituellement, plus il est libre et responsable.

La vie est un processus qui se poursuit à travers les modifications. La vie est le changement, la réalisation d’un plan contenu dans son ADN, une énergie qui se confond volontiers avec la libido.

Quant à la mort, de méditer Platon, c’est l’écrasement du support corporel. La mort est l’incapacité de se régénérer. La mort est le manque d’énergie pour maintenir l’équilibre, dû à un certain degré de libération de l’énergie.

Plus Platon pensait à la mort, plus il se sentait affaiblir.

Platon, tremblotant, appuyait sa réflexion sur le fait que la mort constitue à première vue une perte de chaleur. Le feu de la vie. Le mort devient toujours froid, donc, le corps expulse son énergie.

Il y a aussi la perte de l’eau,  puisque le corps s’assèche  et devient poussière. Deux éléments essentiels à la vie.

Platon pensait que cette expulsion de l’énergie survient à cause d’un trop gros choc, un accident ou la perte del’eau, du sang, si on est tué dans une bataille. Par contre, il imputait la mort due à la vieillesse, à la perte d’énergies, donc, à l’absence de vitalité.

Platon croyait à une vie spirituelle, celle des pensées. C’est une forme d’énergie supérieure et plus réelle que la matière elle-même. « Notre monde n’est-il pas fait d’atomes? Donc, la réalité n’est pas ce que l’on perçoit. Elle est faite de pensées. » Se disait le philosophe.

Selon Platon, la morale est le contrôle absolu des religions sur la conscience des autres. Évidemment, celle-ci s’occupe principalement du problème des religieux qui doivent vivre en hypocrites pour nier leur sexualité, car, sauf s’il y a violence, domination (jalousie) ou intimidation, la sexualité est le moyen par excellence pour atteindre une pleine estime de soi.

Mais, la sexualité n’est qu’un infime élément dans la réalité humaine. L’important, c’est ce que nous réalisons. Notre devoir est de nous réaliser pleinement.

En inventant le péché de la chair, les religions ont mis sur pied celui de la dualité: la chair et l’esprit. Un débat philosophique qui durera des millénaires parce que personne ne peut prouver ce qu’il croit.

On cessa de vivre pour être heureux et on se mit à rêver d’un paradis terrestre, puis, d’une après-mort, parce que c’était plus facile de faire croire ce qu’on voulait: personne n’en est jamais revenu.

Pour les philosophes, les réflexions sur ces sujets étaient encore plus importantes que la vie quotidienne. Ils cherchaient la Vérité.

Platon se remit vite de son malaise et dut se résoudre à rencontrer Ipaque. Ce banquier, précurseur des générations de voleurs qui suivirent, accepta un petit prêt à la condition que Platon ajoute une paire de bœufs par année comme intérêt.

Platon était révolté : tout intérêt est un vol. Qui a inventé ce besoin d’accumuler les richesses ?

Platon ne comprenait pas le sens de cette démarche puisqu’en mourant tu n’apportes rien avec toi. Quelle folie que de s’attacher ainsi aux biens matériels!

N’était-ce pas une nouvelle façon de dominer les autres?

Platon retourna chez lui, bouleversé par ce peu d’intelligence : vouloir accumuler pour avoir plus de pouvoir.

Amfèpétéléplom arrêtée à son tour.

Pendant que Platon était parti à la banque, deux mercenaires se présentèrent chez lui afin d’arrêter Amfèpétéléplom et l’amener au temple d’Athéna pour y subir un test de virginité.

Au temple, on la déshabilla complètement et on la coucha sur une table. Cependant, une dame d’un certain âge l’accompagnait et tentait de la rassurer.

Si le test était une obligation imposée par Ypontife, les prêtresses, elles, n’avaient pas l’intention de traumatiser la petite, bien au contraire.

Si elle était vierge, elle serait dorénavant sous la protection du temple d’Athéna, quoiqu’en dise Ypontife. C’était la règle et elle s’appliquerait, même si Amfèpétéléplom était jeune et une ex-esclave.

Quand la prêtresse mère arriva, Ypontife insista pour y assister. La prêtresse devinait la perversité d’Ypontife, derrière ses grandes croisades pour la chasteté. Elle savait que la plupart de ces scrupuleux agissent ainsi pour dissimuler leur propre instinct pervers.

Celle-ci accepta, non sans manifester sa façon de voir les choses:

La prêtresse

Vieux cochon, vous voulez absolument vous rincer l’œil ! Vous n’avez pas assez de vos petits protégés?

  • Il ne sait peut-être pas la différence entre un gars et une fille, dit l’autre prêtresse.

La vieille prêtresse écarta les lèvres et vérifia l’hymen. Elle permit ainsi à Ypontife de constater que les deux tourtereaux n’avaient pas encore consommé leur union.

La prêtresse

La petite nous appartient maintenant, puisqu’elle est vierge et n’est plus une esclave, dit-elle à Ypontife.

Connaissant votre malhonnêteté intellectuelle, je ne veux courir aucun risque, je veux que la petite revienne tous les mois passer le même test afin de la protéger de vos manigances. Malheur à vous, si elle se plaint de mauvais traitements de votre part quand elle reviendra.

Malgré les menaces, Ypontife la fit reconduire dans une cellule dans son temple. Amfèpétéléplom savait sûrement que l’on ne pouvait pas l’amener chez Ypontife, mais elle ne dit rien.

Ypontife décida de vérifier lui-même de l’authenticité du plaisir connu avec une femme.

Il lui fit couvrir le visage pour qu’elle ne le reconnaisse pas et fit faire des sons de joie par un novice, afin de donner, à la jeune fille, l’impression que c’était lui qui agissait.

Ypontife n’avait jamais vu, encore moins touché à une fille. Il se sentait assez en sécurité pour s’essayer.

Il en profita pour savourer les mamelons. Il s’aperçut que les chatouiller avec la langue semblait procurer un certain plaisir à la jeune fille. Il laissa couler sa langue jusqu’au pubis. Il sentit celui-ci, puis introduisit la langue à l’intérieur de la jeune fille. Il fut très surpris d’y découvrir un bouton, le clitoris, qu’il se mit à masser avec le bout de la langue. Cette fois, elle était vraiment excitée.

Il savait qu’ainsi, il ne laisserait pas de marque. Mais, il dut s’en tenir à ces gestes puisque ses couilles en métal serraient tellement que ça lui enlevait tout le plaisir que l’on retrouve habituellement chez un homme. Il ne se sentait nullement excité, quoiqu’il ait enfin calmé une vieille curiosité.

Sachant qu’il n’avait pas droit de l’amener chez lui, Ypontife menaça ensuite Amfèpétéléplom de s’attaquer à Virus et le faire condamner à la peine de mort, si elle osait dire un mot sur ce petit détour. Il était très déçu, surtout qu’il avait dû s’en tenir à la faire jouir du bout de la langue.

« Mes petits amants sont plus expressifs», se dit-il. Ypontife ne savait pas qu’une femme est toujours plus lente à s’embraser. Évidemment, ce sera encore mille fois pire quand, pendant des siècles, les religieux auront tellement méprisé les femmes qui, sans savoir pourquoi, sinon la peur d’être salie intérieurement, détesteront le sexe. Il faut dire adieu à l’inhibition, avant de pouvoir se laisser aller.

Ypontife était plus que jamais persuadé qu’une femme ne saurait faire jouir un homme. Il était fier. Son expérience confirmait ce qu’il croyait: une femme ne sert qu’à donner des enfants et servir son maître.

Une pensée qui fut reprise par ceux qui écrivirent les livres relatant les prétendues révélations de Dieu.

Amfèpétéléplom aimait trop Virus pour dénoncer Ypontife. Elle savait que ce vieux salaud était capable de concrétiser ses menaces. Mais, ça ne pouvait pas aller plus loin, car maintenant les prêtresses pouvaient intervenir. Elle ne vivait pas sur l’île de Lesbos, mais toutes les prêtresses cultivaient ce qui deviendra plusieurs siècles plus tard : le féminisme.

C’est ainsi, à partir de l’expérience d’Ypontife que l’excision naquit dans l’esprit ravagé des prêtres de ce temple. Ypontife, croyant que la femme représentait le mal, il songea qu’il fallait la priver de plaisir, pour que les hommes soient capables de retrouver seulement « le septième ciel » entre eux.

Ypontife se gargarisa durant des heures, au cas où.

Malheureusement pour lui, il ne put mettre en pratique ses idées perverses. Il ne vit jamais se réaliser son désir de priver les femmes de plaisir. Il a fallu attendre beaucoup plus tard pour qu’une autre religion soit assez folle pour considérer l’excision comme un rituel de pureté.

Cependant, Ypontife réussit  à persuader  les autres que la surveillance de la sexualité permettrait de justifier toutes les enquêtes politiques, sous prétexte de sauver les bonnes mœurs décrétées par le pouvoir.

Sans vouloir se l’avouer, Ypontife avait aimé  les seins de la petite.

Platon en beau tabarnache.

Platon fut d’abord surpris de constater que le banquier était un digne représentant du temple d’Apollon. Sa colère était évidente quand ce dernier lui parla des intérêts, mais il a su ne pas manifester cette colère.

Platon a quitté son banquier, révolté que des individus profitent de leur avoir pour voler littéralement les autres, en exigeant ce qu’ils appellent des intérêts. Un petit profit, ça va, mais les banquiers sont trop escrocs pour se satisfaire de peu. Ils veulent dominer la terre. Ils ruinent les gens, en faisant semblant de les aider.

Platon (s’adressant à Ypontife)

Plus t’as d’arge nt et de pouvoir, plus t’en veux. Le système n’est qu’un moyen de légaliser le vol au détriment des plus pauvres.

Non seulement les pauvres doivent emprunter, mais ils doivent en remettre plus qu’ils en ont reçu. Cette répartition des richesses est une honte. La finance est un moyen de frauder ceux qui ne savent pas se défendre. Les riches engagent même des universités pour améliorer leurs méthodes de vols légalisés.

Les pauvres sont la nourriture des riches.

Si Platon était horrifié par le manque d’hum ani sme du système financier, qui ne faisait que commencer à s’organiser, sa colère aurait été sans borne s’il avait appris qu’Amfèpétéléplom avait été littéralement enlevée par Ypontife pour vérifier si elle était toujours vierge.

Platon

Ces banquiers sont vraiment une bande de salauds. Ils n’ont aucune âme. Tout ce qui compte, c’est d’être plus riche et avoir plus de pouvoir. Ils se servent de la religion pour être encore plus riches. La religion engendre l’étroitesse d’esprit.

lvoitou

Les religions, oui, mais ce n’est pas le cas de la spiritualité. Une grosse nuance à faire.

Diogène

Ivoitou, arrête de toujours essayer de voir ce qu’il y a dans mon tonneau. Ce n’est pas une lampe magique ou une boule de cristal. C’est un harpon à frotter. Si c’est ce que tu veux, ce pourrait être intéressant. Continue. J’ai une grosse tentation …

Aristote

Tu ne trouves pas qu’il y a des choses plus importantes que ton maudit baril et tes bandages imprévus ?

Diogène

Si on vivait comme moi, en essayant de se contenter de ce que l’on a, on n’aurait pas de vols, on n’aurait pas de jaloux. Je suis un chien. Je me contente de mon baril et de mon écuelle.

Aristote

C’est ce que t’appelles la liberté ?

Diogène

La liberté, c’est d’être indépendant des autres. C’est se suffire à soi-même. Pouvoir survivre par soi-même. Avoir sa propre morale.

Aristote

Justement, tu dois compter sur l’assistance, la générosité des autres pour pourvoir à tes besoins fondamentaux. Ce n’est pas ça, la liberté. La liberté, c’est un choix à exercer.

Platon

Pour cela, il faudrait d’abord exister. Si les dieux décident de ce qui se passe dans notre vie, que pouvons faire contre eux?

Diogène

Les dieux sont une invention humaine.

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