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Virus 13

juillet 5, 2020

Virus est arrêté.

Platon rappela que Socrate est mort, ayant osé, remettre en cause l’intervention des dieux dans la vie quotidienne. Ses enseignements, selon les stoïciens, corrompaient la jeunesse. Une raison que les moralistes utiliseront durant des siècles pour éviter toute forme de contestation de leur morale.

Platon

J’ai peur que le système agisse de même avec Virus.

Les autorités sont championnes à faire croire que les plus vulnérables, les plus jeunes, ont besoin d’être protégés, d’où faut-il absolument les priver de tous leurs droits naturels.

Aristote

La libido, notre petite nature, peut être tellement forte que la cité pourrait se retrouver avec de nombreux petits Socrate. Pour éviter ces problèmes, mieux vaut tout interdire.

Platon

Mais, le cas de Virus n’était-il pas particulier? Pourquoi a-t-il voulu aller travailler dans une mine avec des esclaves? Pourquoi est-il tombé en amour avec une fille alors que Croisos lui donnait tous les plaisirs rêvés par un jeune qui veut découvrir son corps ? Pourquoi cet intérêt soudain pour la gent féminine ?

Aristote

La philosophie ou la recherche de la Vérité et de la Sagesse n’est pas innée . Elle se vit tout au long de son voyage sur terre. Et, on meurt sans savoir si on avait raison. Socrate croyait dans la Vérité.

Platon l’admirait pour ce courage, mais n’osait pas aller aussi loin dans sa réflexion. La vie, même s’il commençait à ne plus oser toucher son petit amant, par respect pour ses choix, était trop belle pour vouloir mourir.

Platon essaya donc de sauver sa peau et de justifier son compromis, en essayant de faire croire à nouveau qu’il y a plus de plaisir à vouloir, à désirer un bel éphèbe qu’à le caresser.

Platonisme quand tu nous tiens, tu meurs les doigts croches!

Diogène se moquait de toutes ces hypocrisies.

Il faut, selon lui, faire avec les circonstances, en exigeant le moins possible, comme un rat, animal préférable à un chien, car ce dernier est dépendant de son maître. « La mémoire est parfois aussi amusante que le geste posé avant, mais encore faut-il l’avoir posé.», se plaisait-il de rappeler.

Pourtant, Diogène n’était pas la meilleure des mémoires vives.« Un loup n’avait que la peau et les os, tant les chiens faisaient bonne garde.», c’est tout ce qu’il avait réussi à retenir à la suite de ses leçons de mémorisation, après un mois d’effort, étant trop distrait par la beauté qui s’agitait autour de ses barils.

Platon dut écrire la fable au moins vingt fois, parce que Diogène la perdait sans cesse. C’est ainsi, grâce à un des manuscrits perdus, qu’elle fut retrouvée par un certain Jean de Lafontaine. Par contre, celui-ci sut la populariser.

Pour Diogène, la question était simple. Qu’est-ce que ça vaut d’être roi, si le seul plaisir est de se masturber dans le noir, à la cachette, en rêvant à son petit page ?

Quant à Aristote, il prétendait qu’on ne connait la vérité qu’en la vivant. Donc, il ne blâmait pas Virus, se contentant de se demander où tout cela conduirait ce bel enfant.

Diogène avait une maîtresse. Aristote, lui, avait une épouse et un fils, Nicomaque, pourquoi cela devenait-il acceptable qu’à 27 ans?

Est-ce vrai qu’en étant plus jeune, le sperme ne sera pas assez développé pour engendrer un enfant en santé ?

Qui a raison ? Seuls le temps et l’expérience peuvent apporter une réponse.

Diogène

Quand il est question de sexe, on aborde le sujet émotivement et presque tout le monde devient fou, comme si cet aspect de la vie était ce qu’il y a de plus important.

En aimant une petite fille au lieu de s’offrir les fesses à un petit vieux qui s’occupe aussi de son développement et de son éducation, Virus commet le crime des crimes. Il remet en cause les structures imposées par les plus riches qui se cachent derrière la démocratie, puisque la grande majorité des gens ne savent pas lire et obéissent à la lettre aux religieux qui prétendent détenir la vérité de la bouche de Zeus lui-même. Quand tu travailles sans cesse, tu n’as pas le temps de te demander si on te manipule.

Aristote

Cet amour illicite proclame intrinsèquement l’égalité des humains, ce qui ne fait pas l’affaire de ceux qui désirent les exploiter.

Ypontife arriva avec deux soldats pour arrêter Virus, accusé d’avoir laissé ses doigts mouler les seins naissants d’Amfèpétéléplom.

Ypontife expliqua à Platon que si tous les petits d’Athènes se mettaient dans la tête de vivre ainsi, il n’y aurait plus de petits pour participer aux Olympiques. Qu’est-ce qui pourrait alors attirer les touristes?

Virus fut amené en prison.

L’ostracisme.

En prison, Virus entreprit l’écriture de son premier essai.

Tu peux tuer, voler, frauder, écorcher toutes les réputations, rien n’est aussi grave  qu’un  attouchement sexuel, même sil est non violent, sans domination ou intimidation. Même s’il y a consentement et plaisir mutuel.

On essaie de faire croire que la sexualité est une bonne chose, tout en la condamnant par la rumeur publique.

Agir ainsi, à deux visages ou à deux vitesses de discours, permet d’investir plus de subventions dans le discours moraliste et, de cette façon, maintenir artificiellement la morale religieuse. Cela favorise aussi le chantage. La guerre moderne des religions est d’entretenir la peur et de la combattre en même tem ps. Ainsi, on crée une insécurité très payante qui permet de conserver le pouvoir .

« Plus les gens sont confus, plus ils nous consulteront », pensait Ypontife, qui voyait déjà les avantages de tout savoir avec la confession . Mais, il était un peu trop précoce. Il a fallu attendre le christianisme pour atteindre cette étape de l’auto flagellation.

Les gens en général, de poursuivre Virus, ne réfléchissent pas longtemps sur la pertinence de ce qui leur est interdit, surtout si on pense que ç’a toujours été ainsi. C’est comme ça, voilà tout.

La sexualité est un besoin naturel, modelé par ton genre homme ou femme. Ton sexe construira l’image que tu as de toi, au plus profond de ton inconscient .

Ne sait-on pas que c’est normal d’essayer de se comprendre , de se découvrir, de se comparer, quand on est jeune ? Que beaucoup de jeunes aiment se retrouver avec des gens plus âgés ? Alors, pourquoi l’interdire ? Pourquoi abolir les cours sur la sexualité , une connaissance essentielle pour éviter bien des problèmes ? Se rend-on compte des contradictions dans le discours que l’on prêche?

Pourquoi enseigne-t-on dans les écoles le devoir de dénoncer, dénoncer, dénoncer du viol au simple attouchement, comme s’il n’y avait aucune différence?

L’interdit sexuel est essentiellement basé sur la honte d’être sexué. Freud parlera du besoin de castration avec la féminisation de la société.

(Virus avait parfois des petits éclairs de lucidité parce qu’il était relié par télépathie à Ivoitou, qui le guidait.)

La peur du sexe est, tout particulièrement à la base de l’éducation de toutes bonnes jeunes filles, une éducation religieuse selon laquelle la femme est inférieure à l’homme. La femme est le mal, l’objet sexuel convoité. De fait, on a peur qu’elle soit enceinte sans être mariée. Cette situation constitue un jugement sans appel, la condamnant à toutes les misères ainsi que son enfant. La morale des purs est sans com passion .

Selon les pudiques, la victime ne s’en remettra jamais, qu’elle ait aimé ça ou pas.

Qui n’aime pas se faire caresser? Peut-on vraiment parler de victimes quand il n’y a que du plaisir? Mais, selon les moralistes, ce plaisir créerait un traumatisme perpétuel . Qui est assez fou pour croire une telle baliverne ? On prétend que le plaisir rendra la femme folle de désirs et qu’elle perpétrera évidemment ce crime ad vitam aeternam. Qui est touché touchera ! Névrose automatique garantie !

Si elle n’a pas aimé ça, elle doit vivre dans la honte pour le reste de sa vie, se sentir coupable d’avoir été victime. Elle doit se confesser publiquement pour passer du statut de la victime à celui de héros: la personne qui apprend à affronter seule ses démons. Psychose automatique garantie !

Il faut aussi avoir peur des autres, ces violeurs potentiels qui ne pensent qu’à ça. Paranoïa automatique garantie!

Pire, on pratique l’excision et on croit encore bien agir en le faisant. C’est même un rite religieux. Où est l’intégrité  de la personne dans de telles mœurs ?

Ypontife avait compris la nécessité de maintenir la croyance populaire et d’avoir des communautés dignes d’être haïes. Le mal vient du dehors, des impies. En jouant ainsi sur plusieurs tableaux, inévitablement, les gens auront un besoin absolu de religion.

Ainsi, pour avoir plus de dons dans les temples, on camoufla les désirs naturels, tout en les permettant. Pour combattre le sexe, on inventa le sport. C’est ainsi que sont nés les jeux de la « tague » et la « cachette». Ils furent tellement populaires que certains songèrent même d’en faire une discipline aux Jeux olympiques. Mais, pour garder le piquant, on les a interdits à ceux qui ont plus de 16 ans. On remplaça, chez les vieux, ces jeux par le jogging pour combattre les tendances à avoir une grosse bedaine en vieillissant.

Virus fut, dans cet esprit, accusé d’avoir touché un sein de sa petite Amfèpétéléplom parce qu’il n’avait pas encore l’âge de partager son lit avec une demoiselle. Certains prétendaient qu’un tel geste pourrait empêcher ces petits seins de s’arrondir et nourrir plus tard une famille.

Quoi qu’il en soit, Virus était le plus vieux des deux, c’était donc à lui de dire non. Et le libre arbitre a foutu le camp, battu à pleines coutures par la morale populaire. Dans le libre arbitre, on peut dire non, mais on a aussi le droit de dire oui.

Dès son arrivée en prison, les prisonniers inventèrent un sobriquet à Virus: Imefabandé. Tous les prisonniers salivaient, se demandant dans quel secteur, les gardiens étaient pour l’envoyer . Ils rêvaient à des nuits étoilées, éclairées par la lune, dormant en caressant la peau de ce magnifique éphèbe.

Un toucher, c’est le mal suprême. Aucune punition n’est assez sévère, même si rien ne justifie autant de haine. Ça permet aussi aux autorités de faire croire qu’elles travaillent au Bien de la population, qu’elles combattent le Mal.

Les « grands gueules » devaient  alimenter  cette paranoïa, en privilégiant les nouvelles à sensation.

Ainsi, quatre grands-gueules furent dépêchées dans Athènes pour informer les gens qu’un misérable maniaque venait d’être arrêté. Il était accusé du crime le plus odieux, celui qui risque de donner le goût du perpétuel : « recommençons vite».

Elles expliquaient la dangerosité de Virus et le besoin de le punir sévèrement en donnant un exemple facile à comprendre.

Tu peux frauder des vieux à la retraite pour 10 millions de dollars, tu feras le tiers de ton temps – la croix est vite portée -, les remords fondent avec le temps. La prison ne remettra pas l’argent volé.

Mais si tu ne suis pas une thérapie pour avoir laissé ta main frôler un petit sein, durant quelques minutes, non seulement, tu dois faire tout ton temps, mais tu es mis sur une liste de danger potentiel pire que la bombe atomique jusqu’à la fin de tes jours. Le goût du plaisir risque de revenir. Aussi, faut-il pouvoir continuer à dénoncer, malgré le temps écoulé en prison.

L’insécurité de la dénonciation rendra la vie insupportable parce que c’est un crime qui ne s’éteint jamais : tu peux être accusé d’une aventure qui s’est déroulée trente à quarante ans plus tôt.

Que tu le veuilles ou non, tu es à la merci des plaintes, et si tu as déjà été accusé, un procès signifie automatiquement la prison, les raclées potentielles, si ça se sait. Finalement, tu finis par te dire que tu es mieux mort, mais encore faut-il avoir le courage de se suicider. Même si la vie devient une cochonnerie comme le whisky: plus t’es saoul, plus t’en veux encore.

Certains avaient cru échapper à leur destin, à la Gestapo morale, en changeant de pays, mais on se mit à les poursuivre partout. Impossible d’échapper aux scrupuleux.

La tare sexuelle est si profonde qu’elle est aussi intraitable qu’un cancer du cerveau.

On ne pouvait pas accuser Virus d’être pédophile, cette conception est née seulement au Québec, vers 19706, grâce à la peur du sexe qu’entretenaient les féminounes. Un bal mené par l’ancienne gouverneure générale du Canada alors qu’elle était à Radio-Canada. Ce fut aussi la dénonciatrice du FLQ. Une belle salope!

Par pur sadisme, les gardiens décidèrent d’enfermer Virus seul dans un cachot. Pourquoi partager ? À Athènes, il n’y avait pas encore de libérations conditionnelles automatiques. On pouvait attendre très longtemps pour qu’un juge entende la cause. Certains mouraient même oubliés en prison.

Virus craignait pour sa petite chérie. On l’accuserait peut-être, elle aussi, de profanation du corps à un âge indu, comme le voulaient tous les Ypontife de ce monde, qui font semblant de ne pas savoir que la libido se confond avec les premiers coups de poing du bébé à l’intérieur de la maman.

Aussi, Virus fut-il ravi de recevoir la visite de son tonneau préféré : Diogène.

Ce dernier n’apportait que de bonnes nouvelles. Platon et Aristote avaient obtenu un procès rapide et confidentiel. Pas de grands gueules, ce fléau humain, au procès.

Mieux, Amfèpétéléplom ne serait pas poursuivie et Platon s’en occuperait jusqu’à la libération de son petit Virus. Une libération que l’on vint vite lui annoncé. Tout indiquait qu’Aristote n’était pas étranger à ce changement.

Comme des milliers d’autres, Virus était très fier de préférer la présence des plus vieux, une attirance qui l’avait toujours bien servi.

Virus et Diogène arrivèrent à la maison, tout sourire. Pour la première fois, ils riaient tellement ensemble que Diogène oublia ses tentations habituelles.

Inutile de préciser que Virus courut immédiatement retrouver sa petite Amfèpétéléplom. L’étreinte n’avait plus le petit côté enfantin que Platon avait décelé jusque-là.

Cette séparation les avait donc rapprochés. Virus se fit même plus discret. Il amena sa petite vierge dans sa chambre, où il put enfin lécher ses larmes et inventer mille caresses. Une des raisons d’exister de la tendresse n’est-elle pas de soigner les âmes en détresse ?

Platon demanda à Croisos d’amener les animaux, payés en guise d’amendes, au temple dirigé par Ypontife.

« Dès ton retour, nous nous paierons un petit gueuleton. Il n’y a pas que l’enfant prodigue qui a droit à sa pizza. T’auras droit, toi aussi, à un morceau supplémentaire pour la commission. »

Aristote fit venir un serviteur pour le dépêcher auprès d’Alexandre et lui demander une couple de bonnes bouteilles de vin. « La liberté, ça s’arrose. » Mais, la liberté peut aussi s’éteindre comme un incendie arrosé trop rapidement.

Ypontife, ayant été informé que Virus était déjà libre décida de se venger.

Pendant qu’Aristote flattait Péritas, le chien favori d’Alexandre, dont il avait la garde ; Ypontife et deux mercenaires firent irruption.

Ypontife expliqua à Platon qu’il était accusé d’avoir hébergé et soutenu un homme accusé d’atteinte aux bonnes mœurs de la cité. Il lui remit le mandat d’accusation et partit, comme il était venu, rouge de colère.

6 – La pédophilie fut créée parce qu’on disait que la pédérastie existait seulement chez les hommes. Les femmes voulaient un terme inclusif. Ainsi, il n’y aurait plus de nuance entre une caresse et un viol.

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