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Les derniers amours de Platon 15

juin 17, 2020

Platon

Pourquoi faut-il croire que l’autre est ta propriété, dès que tu es en couple ?

Pourquoi faut-il automatiquement écarter la possibilité de vivre des expériences amoureuses en dehors de cette vie de couple ?

C’est normal chez les hétérosexuels. La femme, ayant un organe intérieur, ne peut pas endurer que son mari partage son corps avec une autre. Elle a l’impression d’être salie, si elle sait que son conjoint a vécu une aventure sexuelle. Ce n’est pas pareil pour un gars, même s’il se fait sucer, il n’a qu’à se la laver pour que rien ne subsiste de son aventure.

Tout ce que je veux, c’est ton bonheur. Je te jure que Croisos ne prendra pas ta place. Je te le jure. Je t’adore, tu le sais.

Virus

Je le sais. Je ne veux pas te perdre. Je t’aime aussi, mais je veux être ton favori, pour toujours. Oublie ce que je t’ai dit de méchant, ce n’était pas vrai. Mais, je ne veux pas te partager.

Il n’avait pas besoin de le dire, Platon savait que Virus l’adorait autant que lui l’adorait. L’amour existe, si c’est un partage.

Platon

Veux-tu venir coucher avec nous, ce soir ?

Virus

Bien évidemment !

Virus prit Platon par le cou et l’embrassa dans un grand geste de réconciliation.

Platon était fier d’avoir retrouvé la paix et fit part de l’aventure à Croisos qui, content de se retrouver avec son nouveau maître, était ravi de partager les ébats nuptiaux avec le fils aussi.

Le soir venu, les trois se retrouvèrent nus dans le grand lit d’eau, tant affectionné par Virus. Croisos était partagé, servant de repas à Platon et offrant sa tendresse à Virus. La joie était à son comble quand Virus tira le joint qui empêchait l’eau du matelas de s’échapper.

Dans le temps de le dire, Platon et Croisos se retrouvèrent prisonniers dans le lit conjugal alors que Virus brisait les meubles de la chambre.

Platon faisait face pour la première fois de sa vie à une vraie crise de jalousie. Il ne savait pas comment réagir. Il ne pouvait pas expulser Virus, son enfant adoré, et il ne voulait pas non plus, devoir se séparer de Croisos, l’image parfaite du paradis.

Le départ de Croisos.

Déchiré entre retrouver les plaisirs du lit et l’amour de son petit Virus, Platon trancha qu’il était préférable de renvoyer Croisos afin de préserver sa relation avec Virus.

Platon (en réflexion très profonde)

Le véritable amour vaut plus que le plaisir, même sexuel. Je ferai comme d’habitude, je me satisferai, en me masturbant, si le besoin devient trop virulent. Heureusement, à mon âge, il est plus parsemé. À mon âge, on peut être des semaines ou des mois sans pouvoir éjaculer, parfois même bander.

Platon regrettait de ne pas vivre à l’époque où, grâce à l’internet comme dans la forêt des dieux, il pourrait entrer en contact avec une foule d’hommes qui ne demandent pas mieux que de partager leurs fantasmes, pour soulager leurs besoins sexuels. Par contre, s’il n’existait pas encore  de sites pornographiques pour s’exciter, l’imagination était plus vive qu’aujourd’hui.

Platon était assez sage et intelligent pour comprendre que la sexualité est un besoin sain et naturel chez tous les individus. Mais, ce besoin ne doit jamais obnubiler tes responsabilités.

La morale, qui nous vient des religions, de leur  ignorance ou leur rejet de la nature humaine, ainsi que de la bourgeoisie, lui apparaissait comme le comble de l’hypocrisie et de la perversité. « Pour voir du mal, dans le sexe, il faut être profondément pervers », pensait Platon.

Les religions s’intéressent surtout à leur pouvoir et leur richesse. Elles savent que la privation d’un  besoin aussi essentiel que le sexe permet l’éclosion de toutes les lâchetés, de tous les vices et de toutes les discriminations entre individus. « Qui a le droit de dire à quelqu’un d’autre, comment il devrait vivre sa sexualité, sauf pour faire respecter le besoin  essentiel  d’éliminer  toute violence », se disait Platon.

Platon savait aussi que la masturbation est très souvent la seule solution quand tu décides de ne pas faire  le premier pas et attendre que l’autre veuille satisfaire sa curiosité et son besoin d’affection. La période pour respecter la tempérance, lui semblait souvent beaucoup trop longue, d’autant plus, que ce geste de bonnes mœurs répondait seulement à satisfaire les grandes langues.

Platon se rappela le plaisir immense éprouvé, quand pour la première fois, Socrate leva sa robe, afin de savoir si elle était de laine ou de coton. Il avait prévu le coup et ne s’était pas mis de sous-vêtement. Et après, on dira que le jeune initié est une victime. Les jeunes sont assez intelligents pour s’apercevoir qu’ils sont convoités par un plus vieux. Ils devraient savoir qu’il leur appartient de décider s’ils doivent dire oui ou non. Le sexe est affaire strictement privée. Ça ne regarde personne, sauf ceux qui sont directement impliqués.

Platon avait été sidéré d’apprendre, lors d’une rencontre avec les dieux, qu’un jour, on verrait la pédérastie comme un crime.

Il savait d’expérience que les premières relations sexuelles amourajeuses sont souvent une réponse à une question du plus jeune, qui aimerait voir la différence de pénis existante entre un jeune et un plus vieux. Le jeune aime ce jeu ou consent souvent, tant qu’il n’est pas pris par les parents, qui deviennent fous comme des balais en l’apprenant, comme si cela était un crime abominable.

Depuis quand, un plaisir peut-il traumatiser ? Il était évident que la réaction des adultes est la principale cause de ce traumatisme. « Les parents pensent plutôt à l’écart moral, et à ce que les autres vont penser d’eux, qu’au bien de l’enfant, se dit Platon. Bizarre que dans ce cas, on ne s’intéresse pas davantage au bien-être du jeune plutôt qu’à la faute dite morale. C’est peut-être parce que les parents se reconnaissent coupables de ne pas avoir réussi l’éducation de leur fils qu’ils perdent ainsi la tête, quand cela arrive ».

Heureusement, ce n’est pas encore le cas chez nous, se dit Platon.

Croisos était en larmes dès qu’il apprit le choix de son nouveau maître. Mais, ayant déjà lui aussi, imposé le départ d’un autre garçon par jalousie, il comprenait que ses efforts auraient été vains pour convaincre Platon de le choisir, lui.

Virus était devenu comme un cancer dans l’esprit de Platon. Il occupait tout l’espace. Quant à Croisos, il savait qu’il serait vite rangé par Platon dans le rayon des erreurs de jugement. D’un bonheur éphémère.

Avec la paternité, rien ne peut égaler le plaisir de se croire responsable de l’évolution d’un autre individu, son enfant, la chair de sa chair. La paternité est en germe dans toutes les gênes mâles.

Croisos comprenait Virus qui, finalement, défendait sa situation privilégiée. La rumeur publique ne disait-elle pas :

« Quand un plus vieux te prend sous son aile, tu dois protéger ton territoire pour garantir ses faveurs. Mieux vaut en profiter que de le crier sur les toits et se le faire voler ».

Croisos enviait Virus, mais il était venu après lui et, par conséquent, malgré toutes les flèches d’Éros, Virus possédait l’âme de Platon. « L’amour est partie intégrante du don de sa personne pour une autre. » C’était évident que Platon avait déjà franchi cette étape avec Virus. Donc, c’était déjà une voie de non-retour.

Platon se tenait à la porte quand Croisos en franchit le porche. Il pleurait, mais il savait qu’il n’avait pas le choix. Platon avait le cœur en sang, mais il ne voulait pas perdre son petit Virus. Virus était sa vie quotidienne. Il pensait sans cesse à ce petit, se demandant ce qu’il pourrait lui apporter de plus pour le rendre encore plus heureux et autonome.

Platon était pourtant déboussolé par la réaction de Virus. Pourquoi cette jalousie subite puisqu’il avait toujours été très attentif à ses besoins ? Il avait choisi Croisos pour avoir ce que Virus ne semblait plus souhaiter vouloir lui apporter. C’était peut-être un petit geste égoïste, mais qui ne l’est pas un peu ? De plus, Platon avait essayé de respecter ce qu’il connaissait des goûts de Virus quand  il choisit Croisos. Il voulait le partager avec lui.

Platon n’avait pas pris cette décision difficile par plaisir, mais pour son petit amant, devenu son fils.

Virus s’était campé dans sa chambre et surveillait le moindre geste de Platon. Dès que Croisos eut franchi le porche, il sortit et se précipita au cou de Platon.

Virus (en feu)

  • Comme je t’aime !

Platon demeura impassible et se contenta de le serrer dans ses bras. Il tenta, du mieux qu’il le pouvait, de dissimuler ses larmes.

Virus était satisfait. Il était maintenant le seul propriétaire de son maître.

Aristote s’inquiète de la mondialisation.

Au début de l’après-midi, Platon reçut la visite de son élève, le « suprême, l’intelligent, Aristote ».

Il était accompagné d’un oracle, un certain Encétro, interprète du futur et de la parole des dieux de l’Olympe, car aucun membre de l’aristocratie ne se permettait de penser sans consulter le temple.

Un doute, une dénonciation et c’était le bûcher. Oublier de faire un sacrifice, un don, c’était la punition, parfois même le châtiment.

Les religions ont toujours été des organes de répression, tout en promettant le bonheur céleste pour ceux qui obéissent aveuglément. « Facile de promettre le bonheur ou la punition après la mort, personne ne pourra jamais vérifier si c’est vrai, » croyait Platon.

Seul Zeus préférait jouer aux fesses à se livrer à des batailles de femmes en chaleurs pour animer les campagnes de marketing divines, en vue d’augmenter les revenus des temples, grâce aux dons.

Il suffisait de choquer les dieux pour que ton destin soit invivable. Il fallait les couvrir de cadeaux, car ils s’attaquaient à tous les peuples qui ne payaient pas assez. Tu étais châtié, si ton action nuisait aux amours de l’une ou l’autre divinité. Malheur à ceux qui étaient victimes de la jalousie d’une déesse ! Bonheur à celui qui arrivait à tenter Zeus ! Ganymède était un si beau jeune garçon que le roi des dieux le kidnappa. Alors ceux qui prétendent que Dieu n’est pas bi n’ont qu’à aller se rhabiller.

Les explications d’Encétro sur le rôle des religions auprès des rois ne pouvaient pas être plus claires. Le roi doit son pouvoir aux religieux.

L’homme doit disparaître, si Dieu le veut.

Remettre à Dieu un tel pouvoir, depuis le début de l’humanité jusqu’à son extinction permet aux riches de ne pas respecter leurs responsabilités envers les humains puisque les dieux sont, à leur place, les écœurants, dignes de tous les châtiments. Et, qui peut s’attaquer à un dieu ?

Les religieux prétendaient aussi qu’ils étaient seuls à savoir ce qui arrive après la mort. Ils avaient ainsi le monopole de la vérité. Tous ceux qui les contredisaient étaient tués et évidemment, personne n’est revenu pour les contredire.

Tout le monde pensait que la religion avait raison : les atomes n’existent pas, la terre est le centre de l’univers et l’homme est le maître de la création.

Ceux qui ne croyaient pas les religieux étaient vus comme des sauvages, donc des animaux. Pas d’âmes qui vivent, sans la foi aveugle. La religion agissait comme une forme d’idiotie précoce.

La guerre existe parce qu’elle permet de piller, de violer au nom de la pureté ou de la propriété. Elle permet de s’approprier la fortune des autres par la violence. Ceux qui ont une morale appellent ça un vol, doublé d’un viol », ajouta le visionnaire.

C’est bien avant la folie de l’Inquisition, des talibans, des islamistes ou de l’athéisme communiste que les religions avaient pris le pouvoir sur la majorité. Toutes ces folies religieuses ont en commun leur interprétation et le rejet de la sexualité ainsi qu’un besoin irrationnel de pouvoir. « Ça leur permet de combattre les autres, tout en ayant la même mission : purifier l’homme, expliqua Encétro.

Les religieux veulent contrôler les autres pour se sentir plus importants, un orgueil démesuré puisque l’homme est une énergie infiniment petite.

Les vices inventés permettent à chaque religion de maintenir son pouvoir sur les humains.

Plus les rois étaient forts, plus les religions l’étaient et pouvaient être répressives, car, le roi lui-même craignait la mort. Les rois étaient des bibelots religieux. Ils ne faisaient rien sans demander conseil aux prêtres. Et, les prêtres inventaient des règles qui permettaient de dominer spirituellement le roi. » Expliqua Encétro.

« Les religions veulent dominer parce qu’elles savent que le pouvoir est synonyme de richesses. Les religions sont des parasites. » Insista l’oracle.

Platon

Ainsi, toutes les religions deviendront plus riches que n’importe quelle puissance industrielle ?

Encétro

Les religions sont synonymes de peur et les hommes, même les plus braves, n’oseront pas les affronter.

Les religions sont comme les banques, les instituts sacrés de la mafia légale qui marquera la mondialisation. Plutôt que d’être ruinés, les chefs provoqueront la guerre et tueront presque toute l’humanité. Ils auront des empires pétroliers et se seront créé une nouvelle religion basée sur le fanatisme.

Aristote, quant à lui, était très préoccupé et voulait une petite entrevue avec son ex-maître Platon afin qu’il l’aide à convaincre Alexandre le Grand de ne pas se lancer dans des guerres de conquête. L’oracle ne disait-il pas que la mondialisation est la diabolisation de la vie.

Encétro

Arès sera maître du jeu sur la planète, si vous ne lui calmez pas les nerfs immédiatement.

Aristote décida aussitôt de prendre les grands moyens pour empêcher Alexandre de réaliser son rêve. Il fallait le convaincre de rester chez lui.

SMALL IS BEAUTIFUL !

Tous les pédérastes du monde savent ça. Jouer est le vrai sens de la vie et seuls les enfants ont encore le goût de jouer. Les adultes, en vieillissant, enflent toujours de partout, surtout de la tête.

Platon avait pris sa retraite, la semaine précédente. Il était bien plus préoccupé par l’attitude de Virus que par le sort de la Grèce.

Platon était d’autant plus inquiet que Virus eût quitté tôt la maison, sans lui donner son petit bec habituel et sans même lui dire un mot.

Platon passa l’avant-midi à se promener autour de la maison dans l’espoir d’apercevoir son Virus.

Depuis Croisos, Virus n’était pas le même. La jalousie transforme l’être humain en chacal. Platon était traité par lui, comme s’il était un moins que rien.

Quant à Platon, son inquiétude s’était vite transformée en problèmes d’estomac. Son amour était devenu un gros virus qui se prenait déjà pour un cancer.

Que pouvait-il faire pour se réconcilier avec lui ? Il avait beau lui acheter tous les cadeaux du monde, Virus ne se montrait pas intéressé, mais plutôt offensé.

Platon ne pouvait même plus lui caresser les cheveux. Virus se sauvait le matin le plus vite possible de la maison.

Un ami de Platon lui avait conseillé de jeter Virus à la porte, mais Platon ne pouvait pas penser ainsi. Il l’aimait beaucoup trop. Ce petit ne pouvait pas mériter d’être puni. Il devait agir ainsi par immaturité.

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