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Les derniers amours de Platon 5

juin 7, 2020

Platon prépare sa campagne de séduction.

Après avoir écarté Alexandre le Grand des cérémonies funèbres en commémoration de la mort de Socrate, il ne restait plus qu’à éloigner Aristote pour que Platon puisse se retrouver seul avec Diogène. Un prérequis à l’intimité nécessaire pour opérer un bon, un beau et un authentique « partage ».

Platon ne prétendait pas être assez attirant pour jouir des caresses de Diogène, mais peut-être celui-ci aurait-il la chance de lui enseigner un nouveau jeu d’adolescent : la flûte de Pan. Un solo en ré mineur qui combat tous les dégoûts. La musique est si belle qu’elle déforme la réalité en paysages attrayants.

  • Malgré son allure de petit baveux, Diogène est un petit gars très gêné. Inoculé de cette gêne, il ne porterait pas de tonneau. Y a seulement les imbéciles qui prennent la nudité pour de la pornographie. Et, de nos jours, les idiots ne manquent pas. Les religions ont fait un bon travail de lavage de cerveau. Il y a plein de ces bornés dans nos parlements. On les appelle habituellement les conservateurs ou les républicains, selon les pays, pensait Platon.

« Une fois, seul, pensa Platon, il suffira de gagner assez de temps pour que mes doigts lui moulent le bataclan. Diogène aimera tellement ça, que l’éternité deviendra synonyme de viagra permanent. »

Platon était convaincu que son charme s’exercerait sous la lumière de la pleine lune et saurait devenir un rêve érotique. Après tout, le soleil a bien donné naissance à l’Étranger, de Camus.

Il convoqua Éros et lui dit :

  • Écoute petit, j’ai besoin de tes flèches. Si tu me les accordes, je consacrerai toutes les Saint-Valentins à rappeler au monde ton efficacité en amour.
  • C’est parfait, dit Éros, mais tu dois me démontrer avant ta capacité de conquête. Un Éros, qui tire n’importe où, n’est pas un dieu. Si tu séduis Diogène, je saurai dorénavant quels trucs utiliser contre les rébarbatifs. Je t’en serai reconnaissant pour l’éternité.

L’entente fut vite conclue.

Platon ayant les flèches nécessaires, il ne manquait plus que le pouvoir de séduire sans être remarqué, car le platonisme n’aurait pas existé, si Platon avait pu jouer aux fesses sans hésiter.

  • Je vais et je viens entre tes reins, se mit-il à chanter, ce qui provoqua Orphée, sorti des enfers, en se demandant qui pouvait beugler ainsi.

Surpris, Platon hésitait à inviter Orphée à l’accompagner dans sa scène de déduction. Ce poète pouvait-il être aussi inspiré par un homme ?

Platon en doutait, mais il mit tellement de ferveur, qu’Orphée accepta. Platon lui avait fait valoir que de toute manière, c’était Platon qui devait profiter de sa scène de séduction et non celui qui chantait. Ainsi, Orphée n’avait pas à renoncer à sa réalité profonde d’hétérosexuel.

« C’était simplement comme chanter à un mariage. »

Par contre, pour entendre Orphée, il faut avoir l’oreille juste, ce qui n’était pas nécessairement le cas de Diogène qui avait déjà une grande propension à la cacophonie de la musique punk.

Désespéré de ne pouvoir trouver les mots justes pour le faire tomber dans les pommes, Platon pria Zeus de consulter le petit René Simard, afin de pouvoir de choisir à travers les siècles, les poèmes qui sauraient envahir l’âme de Diogène.

Zeus gagea immédiatement que jamais la poésie n’aurait raison du philosophe Diogène.

  • Diogène est un pur jouisseur, il ne se fera certes pas charmer par le chant et encore moins par un vieillard, se dit Zeus.

La grande approche…

Évidemment, Platon était le conférencier de marque, lors de cette cérémonie en mémoire de Socrate.

Qui, plus que lui, pouvait se rappeler Socrate, puisqu’il s’était fait connaître en enseignant les leçons de  son  maître ? Cette transmission du savoir avait fait de lui un des premiers spécialistes des grandes biographies. Un titre qu’il délaissa en faveur d’Aristote.

À cette époque, on n’enregistrait pas encore les conférences, sauf, que quelques-uns prenaient des notes en vue de leurs examens. Et ainsi, se propageait le savoir.

Chaque philosophe avait son école. Certains philosophes doutaient même de leur existence (les ancêtres de Berkeley) tandis que d’autres ne juraient que par le plaisir immédiat. Que de belles expériences pour découvrir la vérité !

Platon fut vite dépassé en popularité par son ami Aristote, puisqu’Aristote avait attiré l’attention d’Alexandre le Grand en déjà publiant son Éthique à Nicomaque.

Aristote fut un bon fonctionnaire et surtout un grand précurseur de Darwin. Son étude sur les animaux connaissait un grand succès. Elle l’avait même conduit jusqu’à Dieu, ce qui par la bande, remettait en cause l’existence des dieux.

Même si Platon était reconnu, célèbre même, il commençait déjà à être moins souvent cité que son élève, Aristote. L’âgisme existe même dans les idées. Ce qui rendait un peu Platon jaloux.

Heureusement, à la date de cette cérémonie souvenir, Aristote donnait déjà une conférence.

Pas d’Aristote, une chance de plus pour Platon d’approcher Diogène, ce beau et jeune philosophe, ce rebelle anarchiste avant Léo Ferré.

Platon ne rêvait pas en couleurs. Jamais Diogène n’accepterait de vivre en couple avec lui. « Il est bien trop indépendant ». Diogène savait, sans l’essayer, que le mariage entraîne une foule d’inconvénients, dont la perte de son droit à la vie privée et la liberté d’agir sans se faire engueuler. Les femmes ne sont jamais contentes, même dans les couples gais.

Platon eut raison. Diogène resta indifférent à ce qu’il raconta. Il n’avait que d’yeux que pour les petits lutteurs, nus, qui se préparaient pour les jeux, accompagnement obligatoire de toutes les célébrations funèbres ! Il faut oublier la mort, en montrant tout ce qui rend la vie attrayante.

Diogène aurait bien voulu faire des « zooms » sur ce qui l’intéressait le plus, d’autant plus qu’on avait choisi de très jeunes lutteurs, pour faire plaisir à Platon, mais la caméra n’avait pas encore été inventée.

Diogène savait que ça viendrait, car l’évolution est toujours commandée par les désirs inassouvis. Cependant, chaque idée naît en son temps. Elle doit être l’incarnation du frottement avec les autres idées. L’homme est matière en devenir, la pensée aussi.

Cette réalité poussa Diogène à réfléchir davantage durant quelques minutes sur notre univers.

Il connaissait l’avenir d’instinct. Il savait que les atomistes avaient raison, comme le futur le prouvera si bien. Rien ne se perd, rien ne se crée, dira plus tard, un certain Einstein, établissant ainsi un ordre de grandeur dans la relativité de la perfection.

« Avec le monde de l’infiniment petit, pensait Platon, les plus modestes peuvent même faire basculer les plus gros. C’est la règle de l’espoir. La théorie des quantas et des cordes. La seule façon de permettre à Bouddha de nous parler de réincarnation.

Le seul équilibre qui existe, c’est la totalité, car elle ne peut pas se transformer de l’extérieur, mais gare, elle peut se modifier de l’intérieur. C’est ce qui est arrivé dans notre monde quand l’univers donna naissance aux galaxies. Le Big bang fut l’explosion qui créa notre monde. Qui, un jour, aurait cru que le bruit d’une musique céleste modifierait l’univers ? Qui aurait pu croire que l’infiniment petit, plus petit même que les spermatozoïdes, dérangerait la formation de l’univers, en bougeant de la queue et en créant ainsi un bruit, dont la vague provoqua le Big bang ? Qui aurait cru que les étoiles deviendraient des constellations habitées par les dieux ? Ou serait-ce que le Big bang fut un pet de Zeus ? Zeus avait le pet aussi facile, lors de ses conquêtes sexuelles.

Zeus n’arrêtait pas d’assouvir sa grande décharge. Quitte à se métamorphoser, il violait toutes les déesses qu’il trouvait belles. Un vrai dieu cochon. Il s’est même retrouvé gai, en tombant en amour avec Ganymède. Est-ce possible d’être aussi pervers comme diraient les féminounes

pâmées du Québec ? Ça prouve parfaitement que les gens scrupuleux sont aussi des pervers puisque les humains doivent imiter leur dieu. Alors qu’attendons-nous pour nous Zeusisser ? Réfléchissait Platon.

Pourquoi les Grecs étaient-ils aussi savants ? Personne ne sait ni pourquoi, ni comment, mais les Grecs, eux, connaissaient les atomes, la médecine. C’était la civilisation du grand savoir, la seule qui portait autant d’intérêt à l’amourajoie. On aimait la beauté, l’âme, la jeunesse, la justice, l’amour, même si Aristote l’avait déchiqueté en catégories.

La jouissance avait encore un sens. On parlait politique, comme on se parle aujourd’hui, d’une émission de télévision.

« Tout le monde chez Athéna » était le rendez-vous hebdomadaire des grands. Une civilisation grandiose, mais qui avait oublié le pouvoir des femmes. Et, les femmes ne peuvent pas endurer une situation dans laquelle elles ne dominent pas. Elles entreprirent d’empêcher leurs hommes d’aller se faire tuer à la guerre. « La paix ou l’abstinence » fut leur premier cri de révolte féministe.

Platon pensait que la situation porterait Diogène à lui être un peu plus ouvert envers lui, car, il était, tout de même, la vedette du moment, dans tous les salons.

Il était loin de se douter que son Diogène ruminait l’histoire du monde et de la science, pendant que le maître s’adressait à la foule. Selon Platon, Diogène ne pouvait que se laisser charmer par l’étalement de ses connaissances.

Après son discours, Platon se dirigea vers l’arbre le plus près de l’arène afin d’y attirer Diogène. Il y plaça son sac de couchage, une couverture et deux oreillers,

s’assurant de l’espace requis pour que Diogène puisse s’asseoir à ses côtés. Il ne restait plus qu’à l’attirer.

Derrière le chêne, Orphée entonna ses premiers chants d’amour. Leur beauté charmait tous les spectateurs qui essayaient de se placer dans la direction d’où venaient d’aussi belles chansons.

Pas plus fou qu’un autre, Diogène s’avança. Il fit semblant de ne pas apercevoir Platon, tout en souhaitant être invité à prendre place dans le seul espace libre, près de Platon, afin de mieux voir ces petits lutteurs et entendre cette voix divine.

Évidemment, il ne se laissa pas prier quand Platon l’invita.

Diogène avait mis ton tonneau, baril baril, pour l’occasion.

Platon savait que s’il avait mis les tonneaux oiseau ou papillon, les ailes l’auraient empêché de s’approcher assez pour visiter l’intérieur du baril. Avec Diogène, on ne savait jamais quel tonneau il allait porter. Un coup de chance, pensa Platon.

Les lutteurs s’exécutèrent pendant des  heures. Diogène était littéralement hypnotisé. Platon devait se contenter de le regarder. Il devait demeurer contemplatif, tout en se demandant, s’il pouvait retenir Diogène après ces combats.

Platon souhaitait que Diogène souffre déjà d’éjaculation précoce, malgré son jeune âge. Tout le monde a le droit d’espérer, non ? Ça empêcherait Diogène de vouloir partir à la conquête d’un de ces petits dieux personnels, car tous ceux qu’on aime deviennent nos dieux. Et, la chasse est sans intérêts si tu es déjà vidé de tes énergies.

Heureusement, leur emplacement ne permettait pas aux petits lutteurs de constater qu’ils s’exécutaient devant deux grands de renommée internationale. Ils auraient voulu s’approcher et Diogène serait sûrement sorti de son tonneau pour lutter avec eux et leur faire connaître sa prise d’amour favorite : le léchage de peau avec la langue. Aucun petit soldat ne résistait à un tel traitement. La chatouille était divine.

Platon avait appris cette technique, mais ne l’avait pas pratiquée, n’ayant pas osé imiter un de ses admirateurs. Platon perdait ainsi toutes les occasions, mais il savait que le désir est plus important que la réalisation. La réalisation, c’est le ciel, mais ça ne dure pas. Ça amollit vite… tout tombe sous forme de pluie. De toute façon, à son âge, il ne pouvait plus que désirer. Il avait le puits stérile. Les noix usées.

Platon fit appel à Dionysos. En trois petites secondes de rêve, sa commande était passée. Éros s’approcha vite et offrit une coupe de vin à Diogène. Les yeux virés à l’envers, un effet direct de la beauté d’Éros, Diogène ingurgita le précieux liquide et s’endormit.

La foule déserta le lieu dès que la lutte fut terminée. Ainsi, quand Diogène se réveilla, il se contenta d’étendre la couverture qui se trouvait près de lui, avant de se rendormir.

C’était toute une chance pour Platon. Il pourrait enfin toucher le « Batteman » de son compagnon et peut-être l’exciterait-il assez pour lui faire oublier sa vieillesse ? L’amourajoie ne demeure-t-elle pas un hymne à la beauté et à la jeunesse, quand tu n’es pas prisonnier de la vision dépravée de la sexualité laissée par les religions ou les féminounes ?

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