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De la pudeur à la paranoïa (21).

avril 19, 2020

Il faut lire dans le sens de 1 à 10+

Perdre internet devrait être une discrimination décriée par la Charte des droits de la personne, car elle crée automatiquement une situation qui force un individu à devenir un sous-homme.

J’ai donc écrit une lettre en ce sens aux autorités, car je trouve plus que bizarre que la Cour suprême ne l’ait pas compris. C’est vrai que les juges se sont fait laver le cerveau avec le péché comme nous. C’est ça une loi préjudice, personne n’y échappe.

—————————————-
Un peu plus tard.

Je lis dans le journal que mon ami Denis B. a été arrêté.

Je ne comprenais pas ce qu’il vient faire dans le portrait. Il n’en avait même pas été question quand j’ai été interrogé, sauf que j’ai raconté que l’on a dû cesser de s’exprimer librement sur la pédérastie à la maison,  quand Rouhed était là, car il m’avait dit qu’il n’aimait pas ce genre de discussion. Il ne fut pas question de Denis autrement, jusqu’à ce que l’on me remette la preuve de la Couronne.

Denis, dont je ne me rappelais pas le nom de famille, était un ami, un confrère de travail quand j’enseignais à Montréal.   On avait l’habitude de prendre une bonne bière après l’école et bien évidemment, comme tous les gens normaux, on parlait de ce que l’on aime. Beaucoup plus de politique, d’enseignement que de sexe, quoique le sexe n’était pas tabou.

Un ami m’expliqua plus tard, que Denis aurait masturbé Yann alors qu’il était chez Ross, avant de lui faire une fellation. Denis a plaidé coupable.

J’aurais bien voulu voir Denis au Palais de justice parce que c’était un excellent ami. On enseignait tous les deux l’anglais[1]. Je ne l’ai pas revu depuis… avant la mort de Rouhed. Probablement parce que je suis allé enseigner en Ontario plutôt qu’à Montréal.

J’étais écœuré d’être incapable de me rappeler la visite de mes cousins. Je me sentais diminué intellectuellement à cause d’une mémoire de plus en plus défaillante.

Par contre, je suis tombé sur un texte qui disait que dans le cas du suicide de son enfant, il arrive souvent que l’on soit amnésique de cette période parce que c’est un choc trop affreux. C’est une chose que tu ne souhaites même pas à ton meilleur ennemi.

Je me rappelle m’être senti solidaire à P.-E. Trudeau quand un de ses fils est mort dans une avalanche. C’est une douleur qui dévore. Me la rappeler me fait pratiquement toujours pleurer. Ça me tue.

Finalement, on me remet la preuve écrite. Enfin quelque chose de concret!

   La preuve écrite

Je suis presque tombé en bas de ma chaise quand j’ai lu la preuve écrite. Non seulement Yann disait que je l’avais masturbé, mais son petit frère Richard prétendait que je lui avais mis la main sur le pénis. 

Si tu es accusé par deux personnes,  tu peux croire à juste titre et, sans aucun doute possible, qu’on te déclara coupable, que ce soit vrai ou pas, surtout quand il s’agit d’enfants. On a tout prévu pour avoir ma peau[2].

Ma première surprise fut de découvrir que Yann ne m’a pas dénoncé, mais la police l’a approché pour vérifier si les dire de Ross étaient vrais. 

En 1996, on a procédé de la même façon. Lors de la Saint-Jean, Jocelyn, le père de Mathieu arrive en pleurs. Je suis avec le député. Il raconte que la police est arrivée chez lui et est repartie avec les enfants (Mathieu et sa petite sœur), sous prétexte que la maison est trop sale. La petite raconte plus tard que Mathieu était tellement nerveux qu’il n’arrêtait pas de parler et qu’il était très drôle. On interdit au père d’être en contact avec ses enfants.

Je l’aide alors à formuler une plainte à la déontologie policière puisque la DPJ n’a même pas été consultée et que les enfants sont temporairement placés dans un centre d’accueil. Un kidnapping d’enfant ! Mathieu est alors interrogé durant des heures par une amie de Michaël Jean afin de monter un dossier contre moi. Tout ça était probablement l’œuvre de la mère de Mathieu qui se battait avec son père pour avoir la garde des enfants. Sa mère ne voulait pas que Mathieu vienne avec moi à Montréal. Elle était mormone. Évidemment, j’ai immédiatement perdu mon travail de professeur. On a même dit à la radio que j’avais eu une relation sexuelle avec une de mes élèves.

Cette fois-ci, la police est allée quémander une dénonciation.

Selon le rapport, le sergent Millette a essayé de retrouver Yann au téléphone. Dans la preuve, on me fournit même le testament de Ross et la déposition de ses accusateurs. Pourquoi a-t-il fallu qu’il  cherche Yann partout au Québec quand la police a déjà des documents qui l’identifient? Pourquoi l’histoire de 2001[3] quant au  fameux testament de Ross et sûrement la déposition de Ross au cours de son interrogatoire en janvier 2016, ne suffisent pas à identifier de qui Ross veut parler? 

Le sergent Millette reçoit un appel en retour. Il parle avec Yann et lui demande s’il connaît Ross.

«Je constate que celui-ci semble mal à l’aise au téléphone. Yann confirme ses relations avec Ross. Je l’informe que le but de mon téléphone n’est pas de le rendre mal à l’aise, mais que nous devons lui parler seul ». Yann rappelle plus tard, puis, avec son accord, on l’amène pour une déposition à Roberval. 

La police prétend qu’elle veut le libérer d’un poids sur la conscience et  qu’elle n’est pas là pour le juger. Contrairement à 2001, Yann accepte. Il dit qu’en 2001, il n’était pas disposé à en parler. 

503-151205-008.

À 8 h 30,  le 29 avril 2016, à la demande du Sergent Millette, le sergent Gauthier s’est rendu prendre Yann à son domicile pour l’amener au poste de la SQ, à Roberval.

Un ami m’apprend que la Cour suprême a déjà arrêté un procès parce que la police s’était appuyée sur un interrogatoire non conforme. Est-ce le cas puisque Ross est maintenant reconnu incapable de subir un procès?

Yann affirme dans sa déposition à Roberval que je l’ai masturbé une fois, lors de son premier voyage chez moi; que Ross l’a fait deux fois quand il était chez lui et que Denis, un autre de mes amis, lui aurait fait une masturbation, suivie d’une fellation. Il ajoute que son frère Richard a déjà dit à son ex qu’il avait déjà été abusé sexuellement.

Dans sa déposition, Yann affirme que lors de sa première visite à Montréal, je me couche à ses côtés, puis, je l’ai masturbé tout en me masturbant en même temps. Il parle d’un premier voyage. Donc, il serait venu plusieurs fois.

Le doute s’installe en moi, car je n’agis jamais de cette façon. Pour moi, la jouissance est de voir l’autre jouir. Que je l’ai masturbé, soit; c’est très possible!  Mais que je me sois masturbé en même temps, jamais.

Je ne me masturbe jamais en présence d’un autre, à moins d’y être invité. Et, je ne suis pas capable de me masturber en masturbant un autre. Je n’ai pas cette dextérité.

Dans le résumé des faits, page 4/5, sous le titre Agression par Jean Simoneau, en Estrie, on lit :

« Après plusieurs jours à Montréal, Jean Simoneau et Yann ont été par la suite en Estrie dans le coin de Cowansville. Marc      croit qu’ils ont été chez la mère de Jean. Lors d’un coucher pour la nuit, Yann est couché dans le lit avec Jean Simoneau. Jean a masturbé Yann dans le lit et Jean s’est également masturbé. Par la suite, Jean est allé reconduire Yann chez lui. »

 Les choses changent quand on me remet les preuves de la Couronne : Yann dit, lors de sa déposition à la police :

         En venant plus tard en voyage avec moi chez sa mère, il s’est          couché        sur le ventre, comme il a appris à le faire chez Ross pour ne pas être        masturbé. Donc, qu’il ne s’est rien passé cette fois-là.[4]

Il croit être venu avec moi, voir ma mère, à Cowansville. 

Le doute s’installe encore plus, car ma mère vit à Barnston. Ross est le seul qui, à ma connaissance, dit toujours que ma mère vit à Cowansville. Va donc savoir pourquoi.

Le doute empire. Le texte sur les faits affirme le contraire du verbatim de la déclaration de Yann qui dit que je n’ai rien fait en Estrie. Et,  comment aurais-je amené Yann au Lac St-Jean puisque je n’ai jamais eu d’auto, même si j’ai toujours conservé mes licences? Si c’est vrai, pourquoi ne s’est-il pas protégé la première fois chez moi? Pourquoi est-il revenu chez moi l’année suivante? 

Je doute tellement de la véracité de cette dénonciation que je crois que c’est une affaire inventée par la police, à la suite des informations fournies par Ross, lors d’un interrogatoire qui a duré huit heures. Pas mal pour un gars inapte à subir un procès.

Selon son dessin de la chambre chez moi, Yann était couché dans l’ancienne chambre de Rouhed.

C’est un petit lit pour une personne, adossé au mur dans le même sens que l’escalier. Si Yann disait vrai, à deux dans ce lit, il y avait tellement peu d’espace qu’il n’avait qu’à se tasser vers le mur pour qu’il soit impossible d’être masturbé, ou encore, il pouvait se coucher sur le ventre, ce qu’il dit avoir appris à faire chez Ross.

Quant à moi, je ne masturbe personne à moins d’être certain que la personne le veuille bien. Je n’ai jamais forcé qui que ce soit à avoir un rapport sexuel avec moi.

La chambre donne sur l’escalier pour descendre au premier étage où il y a d’abord le salon, et plus loin, après l’entrée qui donne sur l’extérieur, la cuisine. 

Puisqu’on ne peut pas voir à partir du lit ceux qui empruntent l’escalier, comment Yann peut-il affirmer que c’est moi qui me suis couché à ses côtés?  Comment peut-il affirmer que nous étions seuls dans la maison? Il ne pouvait pas voir à travers le plancher pour savoir si j’étais seul ou pas.

Quant à Richard, il raconte que nous sommes allés voir mon fils à Hamilton. 

Je suis monté avec lui dans un petit autobus, un voyage organisé. On a vu la tour du CN à Toronto. Puis, en revenant, il dort, il est assis sur moi et il se rend soudainement compte que j’ai la main sur son pénis. Il bouge. Je retire la main et, ajoute-t-il, j’ai presque crié.

Ça ressemble étrangement à un rêve érotique masculin. J’en ai fait des tonnes de même quand j’étais jeune; mais c’était la tour Eiffel au lieu de celle du CN.

Quel gars n’a jamais fait de tels rêves? Il est difficile pour les avocates mêlées à mon dossier de le savoir puisque ce sont toutes des femmes.

Les femmes fanatiquement féministes se tiennent tellement entre elles que le sexe mâle est devenu à leurs yeux la pire des infamies. Elles fomentent la guerre homme femme autour de la sexualité, car dans l’histoire, elles ont toujours employé le sexe pour établir leur pouvoir. Je suis d’accord avec les féministes, l’égalité homme femme, mais totalement en désaccord avec les féminounes, c’est-à-dire les femmes qui ont oublié que le sexe fait partie de la vie.

L’accusation de Richard, soit de lui avoir mis une main sur le pénis, dans un autobus, en revenant de chez mon fils, à Hamilton, m’apparaît absolument farfelue, car autant que je me rappelle, je n’ai jamais rendu visite à mon fils aîné en compagnie de qui que ce soit, sauf une fois, avec une amie et son fils. J’étais toujours seul à toutes les fois que je suis allé en visite à Hamilton.

J’en parle à mon fils qui confirme que je n’ai jamais été accompagné par qui que ce soit quand je lui ai rendu visite.

Je répète l’expérience avec son épouse : même chose. Ainsi, j’ai raison. Comment le prouver maintenant? Mes cousins auront droit à un voyage payé et une allocation pour venir témoigner contre moi; en sera-t-il ainsi si je veux des témoins?

Le doute est si fort que je demande de visualiser les interrogatoires de Yann et Richard. C’est le seul moyen que j’ai pour avoir la preuve que ce sont bien leurs paroles.   Je croyais fermement que tout était inventé par les policiers.

 En essayant de comprendre quand cela serait arrivé, j’apprends que Yann a 14-15 ans, à cette époque, car il est né en 1980. Il est évident qu’à cette époque (1994) on n’a jamais vérifié la date au mois près, à savoir s’il avait l’âge de consentement. Donc, pour moi, il devient clair que si c’est arrivé, c’était légal puisque Yann avait 14 ans, l’âge légal du consentement au Québec en 1994.

Le gouvernement de Harper n’avait pas encore modifié la Charte des droits de la personne en 1994, passant l’âge de consentement de 14 à 16 ans.

Donc même si c’était vrai que j’aurais masturbé Yann, dans ma tête, c’était légal, puisque je croyais qu’il y avait consentement. 

Pour qu’il y ait crime, il faut qu’il y ait l’intention de créer un crime. Même si Yann disait vrai, je n’avais pas l’intention de commettre un crime. 

C’est étonnant que le gouvernement Trudeau n’ait pas encore modifié le Code criminel pour le ramener à la réalité scientifique plutôt qu’aux interdits religieux. Il semble évident que les institutions se protègent entre elles, ce qui leur fournit une certaine forme d’invincibilité.

Si Yann avait subi quelque chose qu’il ne voulait pas, il l’aurait sûrement manifesté d’une façon ou d’une autre. Et, ce n’est pas mon habitude de forcer qui que ce soit. 

Depuis que j’enseigne, que j’ai eu deux fils, le consentement est devenu de plus en plus, le cœur de mes préoccupations.

C’est, à mon avis, le principal élément de mon développement sur ma façon de voir la sexualité : l’absolue nécessité de consentement.

Je relis les autres déclarations pour essayer de découvrir un élément qui pourrait me permettre de me rappeler ce qui est arrivé.

La mère de Yann déclare :

Jean était un homosexuel. Il était enseignant. Jean a amené Yann avec lui pendant quelques jours. L’année suivante, il a amené chez lui mes quatre enfants. Non. Je ne savais rien. Mes garçons ne se sont jamais confiés concernant des agressions sexuelles. Yann et Richard sont très renfermés. Depuis leur enfance, il est très difficile d’avoir une conversation ou des confidences de leur part. Elle parle d’une lettre que j’aurais envoyée, affirmant que Yann est homosexuel, avant d’affirmer que c’était plutôt Ross qui l’avait écrite.

Quant au père, il dit :

Yann n’a jamais parlé de ce qui s’est passé durant la semaine chez Jean. Je n’ai rien su de leur part. Ce que j’ai entendu remonte à quelques semaines lorsque vous avez rencontré ma femme.

Est-il normal que les policiers interrogent des parents sur ce qu’ils savent d’un événement , après 20 ans. Où est le respect de la vie privée?

Quant à Richard, il dit qu’il n’y a eu aucun autre événement (que celui de l’autobus). Quant aux conséquences, il répond : Je ne sais pas. Pas sûr. Tu ne te sens pas bien. Son fils est mort. Il m’agresse après. 

Donc, c’est en 1994, car, Rouhed s’est suicidé au début de juin 1994.

Yann a aussi dit dans sa déclaration que je suis triste et, que je pleure. Il ajoute qu’il venait aux funérailles de Rouhed.  Quand le policier lui demande ce que je fais comme travail, Yann répond professeur et le policier ajoute écrivain.    

Est-ce un moyen pour amener la cour à parler de mes écrits? Paranoïa?

La police prétend qu’elle n’a pas été voir Yann à partir de la déclaration de Ross, alors pourquoi?[5]  La police de Roberval avait-elle une photo de moi et une photo de Ross à identifier quand elle a rencontré Richard? Était-ce la même chose avec Yann?

Au début de la déposition de Yann, le policier dit : Tu vas être guéri. Tu te sentiras beaucoup mieux. Tu auras franchi une marche d’escalier de plus pour t’en sortir. »

Pourtant, à la fin de sa déposition, Yann ajoute :

« Je ne m’étais jamais pris pour une victime ». Donc, la police lui a appris qu’il était une victime?

Lors de l’interrogatoire policier, je ne me rappelais même pas pourquoi mes cousins étaient venus chez moi. Une chose était certaine, ce ne pouvait pas être moi qui sois arrivé chez eux, au Lac St-Jean, pour amener Yann avec moi, comme ça, par hasard, comme le pensait son père, Michel.

Il doit être, comme moi, incapable de se rappeler exactement comment les choses se sont passées. Qui peut, 20 ans après, se rappeler ce qui s’est passé en telle ou telle année. Mais, ça permet de faire croire que la loi a les doigts longs, surtout quand l’accusé a les poches pleines. Les recours collectifs permettent de donner une certaine crédibilité par le nombre; mais on a déjà vu qu’ils peuvent aussi organiser un vol collectif, grâce au chantage.

Je ne connaissais pas l’existence de ces cousins, avant la mort de Rouhed. Je n’étais pas allé au Lac St-Jean depuis mon engagement comme professeur à Val-d’Or. Justement, l’année où Fernande, sa grand-mère, est décédée.

La petite vidéo que j’ai retrouvée me montre discutant avec la mère de Yann. Il y a aussi, à ma surprise, mon ami Marc Lachance, qui s’est suicidé après avoir été accusé de pédérastie ainsi qu’une dame et deux enfants que je ne reconnais pas. Il y a aussi le fils de Ross. C’est évident que cette visite a un rapport avec le suicide de mon fils Rouhed. Tout commence avec une photo de lui à sa graduation.

Se pourrait-il qu’ils (la famille de Yann) soient allés voir ma mère à Barnston et qu’en apprenant la mort de Rouhed, ils aient décidé de me rendre visite à Montréal? Michel me connaissait bien? J’avais toujours eu d’excellentes relations avec la famille du père de Yann.

Yann dit dans sa déclaration que je l’ai masturbé, ça peut être vrai, mais ce qu’il  raconte aux policiers est impossible, donc, ça semble faux. Ce n’est pas seulement moi pour qui la mémoire est une faculté qui oublie ou se mélange parfois.

Les autres documents remis par la couronne parlent de Ross, dénoncé par sa sœur en 2001, son testament, ainsi que l’interrogatoire d’un gars que je ne connais pas. Je ne comprends pas encore pourquoi on me les a remis.

Puis, on insiste sur le procès que j’ai subi à Val-d’Or, en 1996, soit l’année, suivant les visites de mes cousins à Montréal.

Ce vieux procès permet de faire des liens avec les événements et ainsi tenter de démontrer que j’ai ce qu’ils appellent un modus operandi.

Je suis vraiment écœuré que l’on essaie de revenir sur ce procès (1996) qui s’est soldé par une condamnation à neuf mois de prison, grâce aux mensonges autant du fils, Mathieu, que du père, Jocelyn. Je n’ai pas témoigné à ce procès parce que mon avocat m’avait dit de ne pas le faire. Je lui avais dit que j’étais pédéraste, ce qui me rendait incapable de dire la vérité… Ainsi, ils n’ont jamais été contredits et ils ont menti tant qu’ils ont voulu.

Dans la preuve, on relate mon procès ainsi que la décision de la Cour d’appel qui maintient le jugement disant que l’on n’avait pas à juger de la crédibilité des témoins, car tout était conforme aux normes établies, lors de procès pour jeunes. Le juge de première instance est, dit-on,  mieux placé pour juger de la crédibilité des témoins.

J’ai fait complètement neuf mois, car à l’audition pour la remise en liberté, j’ai dit que je ne pouvais pas avoir de remords pour des choses qu’on m’accusait d’avoir faites et que je n’avais pas faites[6]. J’ai ajouté en sortant que ce procès avait des buts politiques.

En effet, je venais de démissionner comme président de la Société nationale des Québécois. Le référendum était perdu. On disait que le FLQ voulait revivre. J’ai écrit une lettre ouverte pour affirmer que le FLQ n’a plus sa raison d’être et que de le ressusciter était la pire chose à faire contre l’indépendance du Québec. Le mot s’était passé voulant que dorénavant le FLQ fût organisé par la GRC. On disait même que les deux agents de la GRC qui avaient tué Mario Bachand, en France, étaient toujours vivants et domiciliés au Québec.

Je ne sais pas si le juge aurait maintenu le même verdict, s’il avait su que mon premier avocat dans ce dossier, m’avait dit : c’est 10,000 $ ou la prison. La Caisse populaire de Val-d’Or m’a permis d’avoir 3,500 $ sous prétexte que l’on ne pouvait pas me remettre les 10,000 $ que j’avais déjà versés en argent comptant pour des REER. Pas d’argent, la prison. J’ai dû alors changer d’avocat pour permettre à mon premier avocat d’aller en cure de désintoxication.

Qu’est-ce que le juge aurait dit s’il avait su que Jocelyn, le père de Mathieu, avait envoyé une plainte à la déontologie policière pour l’enlèvement de ses enfants, à la fin de juin, sous prétexte que la maison était trop sale? 

Jocelyn m’a aussi avoué qu’il a signé plus tard la plainte contre moi parce qu’on le menaçait de lui enlever Mathieu. Il avait de facto retiré sa plainte à la déontologie.

Le juge aurait-il cru la vingtaine de mes étudiants qui voulaient venir témoigner en ma faveur? Ils auraient pu lui dire que je ne pouvais pas bouger le bras droit. J’avais plus de 90 % d’incapacité à bouger le bras droit après un accident survenu fin d’août en 1995. Comment aurais-je pu alors mettre de force la main dans le pantalon de Mathieu, sans me faire mal, comme l’a d’ailleurs demandé le juge qui reprochait à mon avocat (le second) de ne pas me défendre, comme il se doit.  Il lui a demandé pourquoi il n’avait pas cité de témoins quant à ma blessure au bras.

Qu’aurait-il dit, s’il avait entendu mon second avocat me dire après le procès que je pouvais porter plainte pour sa démarche, parce qu’il ne m’avait pas défendu comme il aurait dû le faire.

Qu’aurait-il répondu à mon ami ex-policier quand il m’a dit qu’un procès est une arnaque quand il existe beaucoup de je ne sais pas, je ne me rappelle pas, ce qui fut exactement le cas dans mon procès en 1996.

Mon deuxième avocat voulait bien plus savoir s’il était vrai que j’avais jadis dit à Pierre Laporte « qu’un jour on serait plus fier d’être pédéraste que d’être fédéraste ». Mon pauvre avocat ne savait pas que nous nous connaissions et que tout avait commencé par les paroles de Laporte : « Tiens, mon petit pédéraste favori », d’où je lui avais sorti la réplique que mon avocat citait.

Ce deuxième avocat était tellement plat que j’ai manqué m’endormir à mon propre procès. Pour lui, j’étais pédéraste, ça prouvait que Mathieu disait la vérité.

Quant à mon ami Jean Ferguson, qui était aussi l’ami de Jocelyn, il m’affirma la veille de la prononciation de ma sentence que la vraie raison de ce « coup monté » était le 10,000 $. Il n’a jamais voulu reparler à   Jocelyn. Il me trouvait pas mal niais de lui pardonner aussi facilement, mais je n’ai jamais pu haïr quelqu’un.


[1] On accepte les emplois quand on a deux enfants.

[2] – Il ne fut jamais quest6ion dans la preuve écrite d’incitation à me toucher. Bizarre, qu’en juin 2018, on ait ajouté cet élément. Ce mensonge me confirme que globalement Yann ment comme son frère.

[3] Il est à noter qu’en 2001, les policiers infiltrent alors ce qu’ils appelleront Le club des pédophiles et que je sors de prison.  M. Stéphane Dion vient de présenter sa loi sur la clarté.

[4] –  Bizarre! Les accusations changent non seulement selon les papiers, mais à travers le temps. Il n’est jamais question d’inciter à me toucher, dans la preuve, mais à mon apparition en cour le 6 juin 2018,  cette nouvelle accusation apparaît. C’est ce que m’apprend ma troisième avocate.

[5] – La version a changé puisque mon avocate m’a dit plus tard que la police avoue maintenant que la visite au lac St-Jean est une suite logique de la déclaration de Ross qui leur airait raconté que j’ai touché à Yann, et non,  que j’étais apparu dans le décor lors de la déposition de Yann.

[6] -Je raconte ce qui s’est réellement passé dans un livre précédent. Spirale intraprojective… L’indépendance et la mondialisation : un peuple, un pays, essai, Les Éditions du Temps, 298 pages, Montréal. ISBN : 2-9807943-1-7

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