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De la pudeur à la paranoïa (19).

avril 17, 2020

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Opération Malaise

Janvier 2016 

Les policiers de l’opération Malaise arrête un groupe que l’on surnomme « Le club social des pédophiles ». On interroge alors deux de mes amis : Ross Perrin, un compositeur de musique, et André Faivre, un écrivain.  Du groupe, à part Ross, je ne connais qu’André Faivre, que l’on voit comme le chef de la « gang »  et une autre personne que j’ai déjà rencontrée, mais dont je ne me rappelle même pas du nom, étant donné que je n’ai jamais été en relation suivie avec lui.

Ross est interrogé une première fois pendant huit heures. Même s’il sera déclaré inapte à subir un procès, il est apte à subir deux interrogatoires d’environ huit heures dans laquelle il parle de Yann, incitant la police à se mettre à sa recherche. 

Connaissant sa fragilité émotive, je rentre en contact avec Ross. Il m’informe qu’il a été interrogé et qu’à son retour, il a appelé sa sœur pour lui dire qu’il voulait se suicider. La police l’arrête à nouveau pour sa sécurité. Il est vite relâché.

En 2001, sa sœur avait porté plainte à la police parce que Ross se dit pédéraste et  donnait, dans un testament, ses choses à Yann, avant de partir pour l’Asie. La police retrouve Yann au Lac- St-Jean, mais celui-ci refuse de parler avec le policier  de ce qui s’est déjà passé à Montréal, il y a déjà plus de sept ans.

Février 2016. Je reçois un message sur Facebook de Cyclope, l’oncle de Yann et de Richard, qui me dit que Yann veut me parler. Je lui envoie mon numéro de téléphone.

Février 2016 : Yann m’appelle. Il parle fort, il crie même, mais je ne comprends pas ce qu’il dit. Un cellulaire. Beaucoup de friction. Je communique avec son oncle pour lui redonner mon numéro de téléphone et lui dire de retéléphoner parce que je n’ai rien compris de ce qu’il m’a dit.

J’appelle Ross pour lui dire que Yann m’a appelé. 

Suite à la visite de Yann, à Montréal,  en 1994-1995,  je sais que Ross est  en amour avec Yann et qu’il a envoyé une lettre à sa famille pour dire que Yann est gai. C’est une démarche que je n’ai pas appuyée parce que je trouvais que c’est à Yann de le dire à ses parents, si c’était vrai. Informer la famille, sans son consentement, c’était à mon avis : mettre Yann dans le trouble. Alors,  je me suis tenu loin de ces amours, car je ne voulais pas de chicane avec une famille que j’adore. Et, en plus, je travaillais à Val-d’Or et je n’avais pas d’auto.

D’ailleurs,   j’avais décidé, avec Jacques,  celui chez qui je demeure, qu’on irait voir mes cousins au Lac St-Jean, durant l’été 2016.

Ross me demande alors si Yann viendra témoigner à Montréal, advenant un procès. Je suis persuadé que Ross a raconté ses amours à la police, probablement dans le but de revoir Yann ou de leur faire comprendre que la pédérastie n’a rien de si mauvais.

Selon ce que l’on disait du club social des pédophiles, c’étaient des rencontres, genre soupers de filles. On parlait de ce que l’on aimait. Je n’ai jamais, à ma connaissance, entendu quelqu’un donner des trucs pour conquérir le cœur d’un petit gars. J’ai pourtant fréquenté bien des pédophiles. Interdira-t-on aux féministes de tenir un souper de filles pour parler de leurs amours? Autant que je sache, les pédérastes ne se cachent pas entre eux d’être pédérastes; mais aucun pédéraste n’acceptera de partager ses serins (amoureux) avec un autre. Ils sont aussi jaloux que les femmes qui croient mordicus à la fidélité.

Un peu plus tard, je reçois un nouvel appel où l’on me demande si  je suis bien Jean Simoneau. Celui qui appelle ajoute : «  Tu ne me reconnais pas? ». Je demande qui parle et ça raccroche.

J’apprendrai plus tard que cet appel, que j’ai cru être placé par Yann était effectivement un appel du policier, Pierre Millette. Selon sa réponse, j’en déduis que le premier appel venait aussi du même policier. D’autant plus que, lors de mon interrogatoire, le policier me demanda si je ne comprenais pas Yann parce qu’il était fâché plutôt qu’à cause de la friction à partir de son appareil. Comment connaissait-il le comportement de Yann, quand il m’a téléphoné? Pourquoi devait-il vérifier si c’était bien mon numéro de téléphone?

Puisque j’étais à terminer mon livre Dieu et le sexe, j’écrivais souvent des gazouillis sur Twitter pour défendre la liberté sexuelle alors que la police enquêtait sur le fameux club des pédophiles. Quand on m’a arrêté, j’ai lu dans le carnet du policier une phrase qui commençait par dénoncer, dénoncer, comme dans un de mes gazouillis. Si tout me monde se met à dénoncer, pensais-je,  il n’y aura pas bientôt assez de personnel pour s’occuper des choses sérieuses, donc, violentes, C’est ce qui, semble-t-il, se serait passé dans le cas de la petite fille de Granby. La DPJ aurait été débordée. C’est une autre histoire.

J’étais certain de voir la police arriver un jour chez moi puisqu’il était évident que Ross avait parlé de ses amours  avec Yann et aussi parce que sa ligne téléphonique était tapée. Je m’attendais à une visite, mais pas à me faire arrêter.

En m’informant sur Ross, je venais probablement de signifier mon existence à la police. Mais, on ne laisse pas tomber ses amis, même si on a peur que ça nous nuise. J’avais hâte de partir pour le grand tour d’Europe, inquiet de devoir abandonner mon projet déjà payé.

Début juin 2016, je suis de retour d’Europe. 

Le 9 juin 2016, la police débarque chez- moi. Deux policiers m’amènent à Montréal. Deux autres interrogent Jacques, un gars de 73 ans, chez qui je demeure. C’est plus qu’un propriétaire, c’est un ami.

À Magog, au poste de police, j’appelle l’aide juridique de Sherbrooke, afin d’avoir un avocat. L’avocate me dit de ne pas parler aux policiers parce que l’on n’a absolument rien contre moi.

Je décide de parler quand même aux policiers, car j’en ai assez qu’on me prenne pour ce que je ne suis pas vraiment. J’ai 75 ans, je ne fais plus de politique active comme avant et je ne me sens plus du tout confortable dans la peau du révolutionnaire des années 1970. Les temps ont changé.

Je veux que ceux qui me prenaient pour un terroriste sachent que je ne suis pas violent, car plus jeune, je m’identifiais au FLQ et à la révolution. C’était ma fierté.

Je voulais que l’on sache aussi que je parle de pédérastie pour combattre le danger de la violence dans les rapports sexuels et non pour me servir de mes livres pour attirer des jeunes comme le croyaient les dames de l’AAACE, un regroupement d’écrivains (es) à Sherbrooke. Celles-ci ont réussi à me faire expulser de leur mouvement ainsi que de l’UNEQ. La Commission des droits a refusé de me défendre, même si cela contrevient à la Charte des droits, l’article 17 :

Nul ne peut exercer de discrimination dans l’admission , la jouissance d’avantages , la suspension ou l’expulsion d’une personne d’une association d’employeurs ou de salariés ou de tout ordre professionnel ou association de personnes exerçant une même occupation.   

Je crois fermement que la peur du sexe est plus dangereuse pour les jeunes que de leur dire la vérité sur la sexualité. « Connais-toi toi-même », disait Socrate.

D’ailleurs, tous mes livres sont classés pour adultes et non dans la littérature pour la jeunesse.

Je comprends mal la censure que l’on fait contre tous mes écrits, car je me sers de mon expérience dans la vie pour montrer ce qui me semble la vérité et non de l’hystérie

On ne retrouve nulle part une copie de mon livre Il était une fois dans les Cantons de l’Est en Estrie. C’est pourtant un livre strictement politique comme Le temps d’agir, Avant se retrouver tout nu dans la rue, chez Parti pris ou La Thérèsa.

On ne me boycotte pas seulement pour le sexe, mais pour ce que je pense politiquement et idéologiquement. Je suis aussi la visée des groupes religieux. On m’a déjà dit que mon pire ennemi était des membres de l’UNESCO, mais je ne connais qu’une personne de ce mouvement international. Ça me permet de m’enfler un peu plus la tête puisque je peux ainsi me sentir persécuté par la planète alors que pratiquement personne ne me connait. Cependant, c’est vrai, que l’on a réussi à enlever tous mes écrits de la maison d’édition Edilivre, à Paris, ainsi que sur Amazone.

Les bibliothèques de Magog et Coaticook refusent mon livre de poésie La liberté en péril, sous prétexte qu’il ne correspond pas à leur politique.

Il n’y a rien d’illégal dans les 4,500 pages que j’ai publiées sous forme de livres ou CD.  Du moins, avant que les conservateurs de Harper changent secrètement (bill omnibus) les lois, en compétition avec la droite américaine.

Maintenant, on fixe même un âge pour avoir droit d’entendre parler de sexualité (Il aurait parlé de sexe avec 71 adolescents, Journal de Montréal, 5 mai 2018, p.13). J’admets que le leurre informatique ne doit pas exister pour quiconque, même la police. Il y a toute une différence à regarder des photos, seul, à la portée de tout le monde, et chercher à organiser un rendez-vous. Est-ce que les jeunes ont été consultés à savoir s’ils étaient d’accord avec le sujet de discussion? S’ils n’ont pas été consultés, la police a brimé leur droit fondamental de ces jeunes.

La police commet un leurre, en se faisant passer pour un enfant. Comment peut-il y avoir leurre d’enfant alors qu’aucun enfant n’existe vraiment hors la personne du policier? Ce n’est pas comme s’il y avait eu plainte et qu’alors pour obtenir une preuve le policier remplace l’enfant. Peut-on faire reposer la justice sur des mensonges? Même la Cour suprême admet ça.

La Charte des droits de la personne, article 10, garantit qu’il n’y aura pas de ségrégation d’âge et assure l’intégrité physique et morale des jeunes.

La liberté d’expression n’existera pas au Canada tant et aussi longtemps que l’on empêchera de parler de pédérastie  dans la littérature adulte et tant qu’on ne respectera pas strictement l’âge de consentement. 

Je pouvais facilement vivre avec l’âge de consentement à 14 ans au Québec. Le fédéral l’a modifié à 16 ans. De quel droit le fédéral vient-il changer la Charte des droits d’une province?

En ajoutant un âge, la loi ne respecte plus la Charte des droits envers les jeunes et devient donc anticonstitutionnelle.

 Selon la Charte, article 10, il n’y aura pas de discrimination d’âge. Cela comprend aussi le respect du développement sexuel des  jeunes. C’est une question d’éducation, on apprend pour développer sa capacité à réfléchir et se créer une opinion.

On tente d’expurger la littérature adulte de tout ce qui peut ressembler à la pédérastie et la pédophilie. Il faudrait interdire Outlander, car il y a au moins trois cas de sodomie et même que le héros est gêné parce qu’une fois, il a aimé ça. La littérature est bourrée d’exemples de ce genre. On est devenu fou de scrupules. Il y a une différence entre des livres disponibles pour les adultes et des livres pour la jeunesse. Normalement, les librairies ont des espaces réservés à l’un et à l’autre.

La rectitude politique pense que la pédérastie, un phénomène qui existe depuis des millénaires, disparaîtra si on n’en parle pas.

La police ne respecte pas l’âge de consentement en arrêtant des jeunes de 17 ans qui ont des rapports sexuels, avec des partenaires de quelques années plus jeunes, parfois même avec la bénédiction de leurs parents. En 1996, on m’a accusé, même s’il ne manquait qu’une semaine pour que Mathieu ait 14 ans. C’est quatorze ans, pas une minute de moins. L’application de la loi est élastique, toujours en faveur des scrupuleux. Si ce n’est pas une minute de moins, ce n’est aussi pas une minute de plus.

Quand j’écris, je vise le bien-être de la société et non sa destruction et encore moins pour me trouver un partenaire. Je partage mon expérience de vie. On n’est pas obligé d’être d’accord; mais on n’a pas le droit de m’empêcher de dire ce que je veux. Je suis persuadé que mon expérience peut aider des parents à mieux comprendre la pédérastie. Et, à chacun,  jeune ou pédéraste, à mieux s’accepter. 

Le jour où le consentement sera au centre de la loi, nos sociétés auront franchi un immense progrès vers le respect individuel.

J’en ai plein le casque qu’on me prête toujours des intentions qui émanent de la religiosité du politically correct.

Le policier qui m’interroge me dit d’abord qu’il ne sait pas si je suis une grande gueule ou un inconscient. J’avoue qu’à mon avis, je suis un peu des deux. Ce n’est pas moi qui ai inventé que j’ai un bon quotient intellectuel, j’ai même toujours pensé que je suis un peu déséquilibré. 

Durant mon interrogatoire, j’essaie de faire comprendre mon évolution sexuelle au policier. J’en suis fier. J’ai pu enseigner durant 15 ans, sans même l’ombre d’une dénonciation possible. J’ai respecté toujours le « Never on the job » que m’avait appris Gabriel Charpentier, mon ami et mentor. L’enquête policière de 1996 autour de mes étudiants et mes proches n’a rien donné parce qu’il n’y avait absolument rien à dénoncer.

J’en veux au système de s’être privé de mes services comme professeur au secondaire, car j’étais, je pense, un très bon professeur. 

J’ai aussi essayé d’expliquer que mon livre Dieu et le sexe est en fait la conclusion que je tire de ma vie pour améliorer le sort des garçons et des filles. 

J’ai déjà participé à des cours de sexualité dans le cadre d’une expérience pilote. Et, les imbéciles ont tort d’y voir là un problème.

L’éducation doit remplacer la peur du sexe. Qui mieux qu’un pédéraste pour parler de pédérastie? Un sujet que je n’ai jamais abordé dans mes cours sur la sexualité parce qu’aucun des élèves n’a soulevé la question.

Quand le policier m’a parlé de mes cousins (Yann et Richard) et de leurs accusations, je n’arrivais pas à me rappeler de leurs visites en détails, ni même de la fréquence;  mais selon ce que je me rappelais, ils semblaient très heureux, même quand ils sont repartis. Ça faisait plus de 20 ans alors, la mémoire est parfois une faculté qui oublie.

Or, juin 1994 est l’été au cours de laquelle Rouhed, mon fils adoptif, s’est suicidé parce que sa blonde l’avait quitté, ce qui m’a complètement bousillé émotivement.

Si c’était vrai que je l’avais masturbé et qu’il n’était pas d’accord, pourquoi Yann serait-il revenu chez moi en 1995? Comment peut-il être certain, après 20 ans,  que ce qu’il me reproche s’est produit avant d’aller chez Ross plutôt qu’après[1]?

J’ai couché plus qu’une fois à ses côtés quand il est venu passer un mois avec ses frères et sa sœur (selon la déclaration de ses parents) parce que c’était la seule place possible ? Est-ce qu’à ces occasions, je l’ai aussi masturbé ou aie-je respecté sa réticence?

Je ne comprenais pas pourquoi il se mettait à déblatérer sur ses visites à Montréal, après avoir gardé le silence pendant 20 ans. C’est vrai que l’atmosphère sociale actuelle amène tous les délateurs à se pointer pour enfin avoir un peu d’attention.

Tous les souvenirs de ce cauchemar, le suicide de Rouhed,  me revirent toujours à l’envers. Ce dont je me rappelle de cette époque est extrêmement flou. D’ailleurs, je ne me rappelais même pas que mes sœurs étaient venues avec moi quand je suis allé identifier Rouhed.

Ce fut pour moi une période affreusement difficile à vivre. J’aurais voulu mourir à la place de Rouhed. Je n’ai jamais autant souffert intérieurement.

Je devais essayer de me rappeler cette époque pour me défendre contre les accusations portées contre moi.

J’étais renversé que Yann prétende que je l’avais masturbé, puis, livré aux mains de Ross, comme un proxénète. C’est la pire des absurdités jamais entendues.

Pourquoi Yann se mettait-il à parler de choses qui se seraient passées il y a 20 ans? S’il avait des reproches à me faire, j’aurais bien aimé qu’il me le dise à moi. Je trouvais absolument fou que l’on essaie de me faire passer pour un proxénète. À entendre parler le policier, j’aurais prêté Yann à Ross pour de nombreux jours à des fins sexuelles. C’était à la fois insultant et complètement dément.

 À mon avis, de ce que je me rappelais, Yann était allé chez Marc, parce qu’il vivait une très grande affinité avec le fils de Ross. C’était plus agréable d’être avec que d’être avec moi. Il avait à peu près le même âge.

Les policiers semblent ne pas comprendre que l’amitié entre pédérastes est extrêmement importante, car ce sont les seuls avec qui tu peux parler sans avoir ensuite un couteau qui t’arrive dans le dos.

Je ne m’étais sûrement pas immiscé dans la relation Yann et Ross, car, ce n’est pas mon genre de me mettre le nez dans les affaires ou les amours des autres. Je ne me rappelais aucun moment où Yann aurait manifesté le moindre malaise face à moi.

J’ai toujours écrit justement pour faire connaître comment se vit la pédérastie afin de rétablir la vérité. La plus grande des sécurités est, à mon avis, de connaître la réalité véritable de l’individu et non de tout juger à partir des livres ou l’hystérie de la chasteté. Quand j’étais jeune, on prétendait que d’être homosexuel était une maladie mentale. L’homosexualité a été reconnue « normale »parce qu’elle est un grand apport  financier. Mon ami Pierre, ex-policier, me disait : prouve-moi que la pédérastie est payante et elle est légalisée demain matin. Malheureusement, la pédérastie n’est payante que pour les avocats (es) et les services psychologiques.  Il faut donc entretenir l’idée de danger.

On a augmenté les subventions, grâce aux dénonciations, parce qu’on peut ainsi parler de la nécessité de venir en aide à des millions de présumées victimes. Le nombre permet d’y voir un plus gros problème.

Il y a toute une différence entre avoir du plaisir dans une aventure sexuelle et un viol. Un viol est une aventure sexuelle teintée de violence ou de domination. Il ne peut pas y avoir agression sans violence ou domination.

Les homosexuels ont toujours rejeté la pédérastie parce qu’elle leur aurait enlevé le privilège de vivre leur orientation sexuelle. La mode, à cette époque, était de faire croire que les homosexuels étaient un danger pour les jeunes. On croyait qu’une aventure homosexuelle te rendait homosexuel pour toujours. On a évolué depuis, mais on n’a jamais changé quant à la perception que l’on avait de la pédérastie. Cette peur irrationnelle est toujours la même.

Au Québec, à moins d’avoir complété un classique, on ne sait même pas qu’il fut une époque où l’on a considéré la pédérastie comme le summum de l’amour. Les féminounes (féministes anti sexe) essaient même de prétendre que la pédérastie a existé seulement dans la bourgeoisie. On refait l’histoire.

À mon souvenir, si Yann était allé chez Ross, c’est qu’il s’adonnait bien avec le fils de Ross. Je n’ai jamais, ni même imaginé, envoyer un jeune avec un de mes amis pour un commerce sexuel. Ross était un ami. Point final. Les policiers divaguent et croient dans leur fabulation. Ils ne semblent pas savoir ce que veut dire être ami.

Le policier parlait comme si mes jeunes cousins avaient été très longtemps chez moi, ce qui me semblait impossible. Je travaillais alors comme professeur à Val-d’Or. Je descendais pour mes vacances à Montréal, dans l’appartement de Rouhed. 

Si j’avais vraiment touché Yann, sans sa volonté, j’aurais bien voulu le savoir afin de m’excuser, si ça ne lui avait pas plu. Ma prise de conscience quant à l’importance du consentement a été progressive, mais je suis persuadé qu’elle était déjà très vive à cette époque.    

J’étais convaincu que c’était impossible que j’aie touché Yann sans son consentement parce que le consentement était devenu d’une importance capitale pour moi. Est-ce que j’aurais tenté la chance de perdre mon emploi si cela s’était su? J’en doute très fortement. J’adorais trop enseigner.

Je me rappellerai plus tard, à cause d’un petit vidéo retrouvé, que l’appartement avait été cédé à mon ami Pierre Faucher, un ex-policier de la SQ. Et, je peux garantir qu’il n’était pas pédophile,  Il me voyait vivre, donc, il savait que je ne représentais aucun danger pour un jeune. Il me connaissait plutôt à partir de ma réputation de felquiste révolutionnaire. Nous nous étions connus comme professeurs de français à Percival, à Val-d’Or.

En dehors de la mort de Rouhed, tout ce qui s’était passé dans ma vie en 1994 est absolument imprécis. Je ne me rappelais pratiquement de rien de la visite des jeunes du Lac St-Jean, sauf qu’on est allés à la ronde, qu’ils étaient extrêmement gentils et que j’avais comme projet de monter les voir au cours de l’été 2016.

Comment savoir s’il c’était passé « quelque chose de pas catholique entre moi et  Yann» quand ils étaient venus à Montréal, près de 21 ans plus tôt? Ce n’était pas parce que je ne m’en rappelais pas que c’était impossible.

J’ai aussi essayé d’expliquer aux policiers comment, à partir des conférences que je donnais, plus jeune sur la pédérastie, j’en étais venu à vivre comme homosexuel. 

C’est le cheminement que des psychiatres m’avaient formulé plusieurs années plus tôt à la clinique Roy-Rousseau. À leur avis, je ne serais jamais un danger pour les jeunes, mais je devrais me dire homosexuel, car la société serait, elle, toujours un danger pour moi. Ils me prétendaient également très intelligent. Ils m’ont demandé sur quoi je lisais. Un essai sur Les développements de la personnalité, selon Freud, leur avais-je répondu. Ils ont, après hésitation, dit que j’étais capable comprendre et absorber ce que Freud disait, ce que peu de personnes peuvent faire.

Je dis aussi au policier que Dieu et le sexe présente ce qui est pour moi une solution à l’ignorance sexuelle actuelle, responsable entre autres du peu de respect des gars pour les filles.

Le policier m’interrogea alors sur mes habitudes sexuelles à l’époque des faits reprochés. Sodomie. Non. Fellation. Non. Masturbation. J’hésite, car, je me masturbais sûrement à cette époque. Le policier réagit alors comme si je venais de lui confirmer que j’avais masturbé Yann. 

On se regarde très longtemps dans les yeux, sans dire un mot. Ça en était même un peu ridicule.

Quand je quitte la salle d’interrogation, je passe devant un appareil tv où l’on voit l’interrogatoire de Ross. Le policier me dit que « Ross sort tout ce qu’il a dans son sac contre toi ».

On nous amène en prison, mais le policier qui conduit demande à l’autre de ne pas se rendre au guichet pour donner les détails à l’arrivée en prison, car on ne nous accepterait pas.

J’ai alors commencé à me demander si le deuxième policier était de la GRC ou des services secrets.   Je ne voyais aucune raison politique pour que l’on m’arrête. Leur doute sur mon appartenance au FLQ dans les années 1970 ne pouvait pas expliquer un tel geste. Est-ce que le sergent M.C. Viola  est un membre de la GRC? 

Ross est amené dans une cellule pour prévenir des gestes suicidaires. Ma paranoïa empire d’un cran et je pense qu’une fois que l’on m’aura coffré, on relâchera tous les autres, que je voyais comme des acteurs pour me prendre en faute. Après tout, ce n’était pas la première fois que l’on me « frimait ». J’ai toujours cru que mon procès en 1996 avait été politique, bien plus que sexuel. Cette part de paranoïa constitue ce que j’appelle « ma tête enflée », car je ne suis pas assez important pour que l’on s’énerve autant quant à ce que je pense et que j’écris.

En 1996, je demeurais chez Ross et il avait mis une condition : ne jamais parler de politique[2]

Le lendemain, nous passons en cour. Nous sommes libérés, mais avec des conditions à n’en plus finir dont, par exemple, de ne pas parler avec un autre qui pourrait éventuellement partager les mêmes goûts sexuels. Le pire, on me prive d’internet. Content de retrouver la liberté, j’accepte les conditions. Quel imbécile! Je travaille à la publication de livres avec une maison d’édition de Paris.

En cellule, Ross parle du droit de mourir dans la dignité. Il veut en finir avec la vie. Il ne veut pas la finir en prison. Il a de la difficulté à se tenir debout. Il me demande pardon. J’essaie de lui faire comprendre que nous sommes libres, alors pourquoi vouloir mourir?

Heureusement, j’avais un peu d’argent sur moi. Jacques était ma principale préoccupation. Je ne voudrais pas être responsable de rendre invivable la fin de vie de quelqu’un qui n’a rien à faire dans ce mélodrame. Il ne me connaissait même pas quand ce que l’on me reprochait était arrivé. Pire, Jacques est sourd, donc, il arrive qu’il a besoin de moi.

Je suis accusé d’avoir masturbé Yann. Je ne m’en rappelle pas. C’est possible. Je doute. Je ne vois pas pourquoi il mentirait. J’ai toujours aimé le sexe comme un fou, un peu anormalement. Je me prends souvent pour un vieux cochon, comme on dit ici. Pourtant, la sexualité est très loin d’être ma préoccupation principale.

Par contre, je n’ai rien qui, dans mes souvenirs, me rende cette accusation plausible ou pas. Mon avocate me dit que je ferais mieux de m’en souvenir, mais je n’arrive même pas à me souvenir de ce qui s’était passé quand ils sont venus chez moi et pourquoi ils sont venus chez moi.

Pendant plusieurs mois, je dois me rendre à Montréal à la Cour.  On n’est pas arrivé que l’on apprend que je n’ai pas à rester, car on étudie le cas de Ross quant à sa capacité de subir un procès. Je suis accusé de complicité avec Ross.


[1] – C’est important puisque son attitude a changé.

[2] Cette fois, puisque ça n’en finit plus et que l’on me demande de ne pas écrire pour ne pas faire de prison, ça revient à la même chose : me fermer la gueule.

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