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De la pudeur à la paranoïa (7).

avril 6, 2020

Pour la suite du texte, il faut lire de la page 1 à 10+

Actuellement, on voit la curiosité sexuelle chez les enfants comme une perversion alors que c’est ce qu’il y a de plus naturel.

La sexualité est devenue une véritable paranoïa, entretenue par les parents, particulièrement les mères ou grands-mères trop « couveuses » pour laisser leurs petits vivre leurs expériences et ainsi développer leur propre jugement.

Il est anormal de concevoir l’élément le plus fantastique du corps humain, sa sexualité, comme quelque chose de condamnable et de laid. 

La vision de la sexualité doit être remplacée par une pensée plus positive et moins paranoïaque.

À moins de violence ou de domination, le sexe est le plus grand des plaisirs comme le proposaient les philosophes de la Grèce antique. 

Seule la violence doit être combattue et éliminée dans les gestes d’ordre sexuel, d’où l’essentiel consentement.

Mais comment peut-on se rappeler de son consentent ou son non consentement, plus de dix plus tard?  Pourtant, on prononce des sentences en faveur de l’un ou de l’autre, juste sur la foi que le geste a été posé[1].

Comment puis-je prouver que je ne suis pas coupable, puisqu’en racontant ce qui s’est passé, selon mon souvenir, je commets un acte de pornographie juvénile.  Selon la nouvelle loi, grâce au gouvernement Harper : il est interdit de décrire une relation sexuelle avec un jeune dans ses écrits.

Depuis quand le judiciaire connaît-il les règles littéraires et peut-il trancher entre ce qui est criminel et ce qui est littéraire ? 

Il est souvent obligatoire de décrire un évènement pour justifier le reste du texte. L’écriture a aussi ses exigences. Il y a déjà la littérature pour la jeunesse et la littérature pour les adultes. Je comprends cette règle pour ce qui est de la littérature pour la jeunesse, mais cela devient insignifiant quand il s’agit de littérature pour les adultes.

Le judicaire ne tient absolument pas compte des découvertes scientifiques en ce qui a trait au corps et encore moins à la sexualité. Il voit encore la masturbation comme un crime alors qu’en éducation on enseigne qu’il ne faut surtout pas se trouver coupable pour une masturbation ou aventure sexuelle.

Dans l’attente de mon procès (2016-2019), la DPCP m’a averti de mettre fin à la distribution de ce livre alors intitulé Dieu et le sexe, sinon elle me poursuivait pour outrage au tribunal, sous prétexte que l’on pouvait découvrir l’identité des victimes.

Comment faire connaître la vérité si je n’ai pas le droit de l’écrire? En soi, c’est la preuve concrète que dorénavant, il suffit de dénoncer pour être quasi certain de l’emporter en cour.

Est-ce que la liberté sexuelle permettrait aux individus de mieux s’accepter, d’être plus fiers et, par conséquent, d’être plus équilibrés ? Est-ce que la liberté sexuelle individuelle pourrait servir à combattre la violence? Est-ce que la liberté sexuelle présente plus d’avantages que la répression sexuelle? La liberté sexuelle peut-elle exister sans une éducation à la responsabilisation, sans un profond respect de l’autre?

Une chose est certaine : la liberté sexuelle ne peut pas exister sans une connaissance de ce qu’est la sexualité. Notre vision actuelle de la sexualité est celle de religieux qui ne savaient même pas comment fonctionne le corps humain, particulièrement, le corps féminin[2].

La liberté sexuelle permet l’éclosion de la conscience personnelle, or, ce facteur met en danger les religions et les institutions qui prétendent détenir la vérité. Ce monopole universel de la morale par les religions ressemble à une forme d’esclavage moral qui permet la domination de la majorité et le rejet de tout ce qui est extérieur à la pensée dominante.

C’est ainsi que l’on vit de plus en plus de la pensée unique.

La répression sexuelle n’est certainement pas le seul facteur qui explique la violence, mais c’est un élément prépondérant; car la liberté sexuelle, si elle est accompagnée d’une profonde responsabilité, élimine un irritant dans la vie d’une multitude de gens.

Plutôt que d’être un crime en devenir, la sexualité est un élément d’émancipation. La sexualité n’existe pas sans une relation émotive, la tendresse et l’amour.

La liberté sexuelle est d’abord et avant tout une histoire d’éducation. Pourquoi le plaisir sexuel est-il un crime, une agression et non un plaisir? Sur quoi repose la répression sexuelle, sinon une ignorance de l’humain qui nous a été transmise par les religions? Les règles morales sexuelles ne sont-elles pas que l’œil inquisiteur de la majorité sur la vie privée des gens, surtout ceux qui ne pensent pas comme la majorité?

Vivre la liberté sexuelle, sans violence, sans domination, comme un droit à la vie privée serait en soi une très profonde révolution. Ce serait le passage permettant d’avoir droit à une véritable conscience personnelle.

Pourquoi les systèmes, grâce aux religions, arrivent-ils à faire accepter la guerre à une partie importante de leurs commettants au nom de leur foi ? Il y a certainement tout l’aspect économique dans le recours à la guerre, mais aussi celui de la valorisation de soi, celui de l’émotivité humaine qui est spécifique à la foi et au fanatisme. La foi  rend aveugle et fanatique.

Le fanatisme religieux est une forme de schizophrénie. 

La répression sexuelle n’est pas que la première expression de la mésestime de soi qui conduit au fanatisme religieux, c’est aussi l’autoroute qui conduit à toutes les formes de ségrégations humaines.

Les religions dominent l’émotivité humaine à partir des règles qu’elles incrustent à travers leur morale, en se servant du lavage de cerveau dès l’enfance. Et, qu’on le veuille ou non, la sexualité hors mariage est le péché le plus universel, le plus mal, le plus prépondérant dans la définition des morales religieuses.

La guerre contre l’éducation sexuelle est simplement due au fait que les parents sont encore prisonniers de la version religieuse de la sexualité. Ils s’imaginent préserver ainsi l’ordre établi. Ils chevauchent vers leur salut utopique. Ils vivent en fonction de ce qui arrivera après la mort.

Toutes les religions condamnent la sexualité, car ça permet de maintenir un niveau de culpabilité dès l’enfance.

Cela permet aussi de créer un besoin personnel de domination et de perfectionnement moral qui devient pour plusieurs la seule raison de vivre. On confond dès lors pureté et chasteté. On essaie d’imposer notre haine du sexe aux autres; comme les religions essaient d’imposer leur point de vue, grâce au prosélytisme. On confond rites religieux et religions. Les religions deviennent de plus en plus des gestes politiques.

Le problème des religions est que ce sont des institutions qui refusent de s’adapter, qui refusent de constater l’ignorance profonde de l’être humain à la base de leur morale.

Les religions se fient au lavage de cerveau que l’on effectue depuis la tendre enfance pour s’assurer que l’on ne puisse pas remettre en question ce que l’on doit penser.

Les religions oublient que la morale est d’abord et avant tout un droit individuel et un droit à la vie privée.

Les règles religieuses sont créées pour tous, sans égard à la réalité des individus et sans s’adapter aux lois des pays.

Qu’on le veuille ou non, l’enseignement moral religieux crée des inégalités, appuie des discriminations et pousse les individus à se haïr plutôt qu’à s’aimer et s’entraider. Pire, les religions justifient les abus des systèmes économiques et rendent ces abus acceptables pour les plus riches. L’économie remplace Dieu.

Pour être pur, il faut souffrir et non jouir. Être pur permet à l’individu de rejeter l’autre puisqu’il est différent de soi et automatiquement impur.

La très grande majorité des guerres viennent du fanatisme religieux ou de la soif du pouvoir, le désir d’être plus riche. Les guerres sont des viols et des meurtres de masse. Les guerres nourrissent la vente d’armes et permettent au système économique de se maintenir en vie. Les armes sont l’âme du sentiment de puissance. Le système économique ne peut pas survivre s’il n’y a pas de guerres régionales puisque maintenant une guerre nucléaire serait la fin de la vie sur terre.

La morale religieuse garde les gens dans un état de vie qui existait il y a des milliers d’années et qui se perpétue parce qu’on arrive à croire dans sa doctrine plutôt que de prendre conscience des découvertes de la science.

Un autre exemple est celui de Raïf Badawi, qui ne fait qu’exprimer le souhait d’avoir une religion mieux adaptée à la réalité humaine. Qu’attend le gouvernement canadien pour le sortir de l’Arabie Saoudite? Pourquoi ne serait-il pas rapatrié à Sherbrooke comme ce fut le cas avec un autre en Chine et en Iran? Est-ce que pétrole, Islam radical, Arabie Saoudite, Iran sont synonymes ? Le Canada sacrifie-t-il Raïf Badawi pour des raisons économiques?

Justin Trudeau ne dit-il pas que nos valeurs canadiennes sont non monnayables? Alors qu’est-ce qu’on attend ?

Les religions refusent de reconnaître les contradictions inhérentes à leur enseignement. L’ignorance l’emporte sur le raisonnable, car les normes sexuelles sont de l’ordre de l’émotif plutôt que du raisonnement.

La domination des âmes est à l’image même de la pyramide du pouvoir.

L’histoire de l’humanité est pratiquement l’histoire des guerres de religions. Ces guerres de religion tablent sur le besoin d’avoir le plus grand nombre d’adeptes possible pour avoir un maximum de poids dans la vie civique et politique. Le nombre permet d’imposer sa loi. C’est pourquoi les signes religieux existent, pour démontrer le pouvoir politique des religions, par le nombre, Qu’est-ce que le prosélytisme, sinon manifester sa religion dans des endroits qui en principe devraient être neutres?

La religion devrait se vivre chez soi ou dans le temple, nulle part ailleurs.

La force des religions est de dominer, grâce à la sexualité, l’estime des gens, et ainsi, manipuler le côté affectif de l’homme. 

Les guerres de religion sont encore plus possibles aujourd’hui, grâce à la domination émotive des gens. Cette domination devient évidente quand on constate le rôle de l’information dans le choix des valeurs des populations. Le choix de ces valeurs est celui de leur religion, des valeurs que personne n’ose critiquer, voire même questionner.

Plus les gens sont ignorants, plus les religions ont du pouvoir.

Les religions servent, grâce à leur lavage de cerveau dès l’enfance, à établir les règles du jeu. La haine du corps sexué est un élément fondamental qui rejette le respect et l’amour de soi. Pour s’aimer, il faut pouvoir se sentir bien dans sa peau et dans la société. La morale devient donc source de mépris de soi, si on n’est pas comme tout le monde. Cet élément est très important dans le phénomène du suicide chez les jeunes, tout comme l’intimidation à l’école.

Les religions servent à répartir les bons des mauvais, à partir de leur conception sexuelle.

En faisant de la liberté sexuelle un péché ou un crime, en établissant ainsi la culpabilité, les religions infantilisent le sens critique des individus.

Elles placent les individus dans un esclavage moral et spirituel universel. Les individus vivent sous le regard de l’autre qui est toujours celui qui a été établi, il y a des millénaires alors qu’on ne savait même pas comment fonctionne un corps humain.

Ce fut particulièrement vrai pour l’organe sexuel féminin. La chair interdite, de Diane Ducret,chez Albin Michel, est une mine d’informations. Il faut aussi noter les trois livres d’Alain Foucault, Histoire de la sexualité, chez Gallimard, et les livres extrêmement brillants de Wilhem Reich sur la sexualité, particulièrement, sur la sexualité des jeunes. Il faudrait maintenant ajouter Patrick Doucet, dans La vie sexuelle des enfants?, chez Liber. Il faut aussi lire Histoire de la liberté sexuelle, de Jos Van Hussel, édition Le Jour/Robert Laffont.   Ce ne sont pas des lectures que l’on recommande habituellement.

Ma conception de la sexualité repose non seulement sur mon expérience, mais sur une tonne de lectures à ce propos[3].  

L’absence de sens critique permet de faire avaler n’importe quelle croyance. Ainsi, depuis le début de l’humanité, le jeu entre la sacralisation et la damnation établit des conflits intérieurs personnels qui permettent une domination religieuse à cause du besoin évident de savoir comment atteindre le bonheur. Comment échapper à la peur de l’enfer? Comment s’aimer si on est impur? Est-ce qu’être impur peut faire partie de la nature humaine?

Tout tient au sens de la vie et à la peur de l’enfer après la mort. Tout repose sur la conception que l’on se fait de la pureté et du désir de voguer vers la perfection nécessaire pour atteindre un monde meilleur après sa mort. Ce ne devrait pas être une raison de faire de la vie actuelle un enfer.

Se pourrait-il que l’instant présent soit plus important qu’une hypothétique vie après la mort?

La peur de l’après-mort est l’instrument religieux pour condamner le plaisir comme si Dieu était en soi un sadique.

Les religions : une forme d’esclavage moral universel.

Les livres saints sont des inventions humaines, mais les religions prétendent qu’ils ont été dictés par Dieu lui-même. Et, on le croit aveuglément. Vrai ou pas, l’enseignement fait par les religieux tient strictement à leur interprétation et non au message lui-même.

Toute inspiration dite divine est sujette à interprétation par l’homme qui la reçoit et la diffuse.

Remettre l’interprétation en question n’a rien à voir avec Dieu, mais avec son canal de transmission. Ce dernier n’est-il pas humain, donc, sujet à des interprétations émotives, qui se vivent à travers son milieu et son temps?

Qui peut nous affirmer que le message divin n’est pas trahi par son canal de transmission?

On oublie trop facilement comment les divinités ont été créées par les hommes pour expliquer leurs peurs et comment les religions sont, depuis le début des temps, source d’esclavage émotif au service de la royauté et du pouvoir. En quoi les dieux grecs sont-ils plus vrais que les dieux romains? Pourquoi y avait-il plusieurs dieux et maintenant qu’un seul? Est-il plus vrai que ceux qui l’ont précédé?

La domination de la masse des individus par un roi, une autre forme de dictateur ou de dictature, serait le vœu de Dieu?  Dieu n’a-t-il pas créé l’homme pour être libre? Les autorités royales se sont assises sur Dieu pour exercer leur pouvoir. Tant que le peuple y croyait, les rois n’avaient rien à craindre.

Il a fallu beaucoup de guerres et de morts pour imposer le Dieu unique. Encore aujourd’hui, on est prisonniers, comme au Moyen-Âge, de guerres de religions, même si on doit y ajouter le pétrole comme motif de pouvoir. Nous faisons encore face à l’utilisation de la violence pour obtenir la domination mondiale de l’Islam, du communisme ou de la chrétienté. Est-ce à dire que Dieu est favorable à la guerre? Il est pourtant supposé être Amour. Personne ne contestera la valeur des religions quand celles-ci nous parlent d’amour et de charité.

Mais, même aujourd’hui, les musulmans se divisent et s’entretuent[4], en prétendant être les seuls à posséder les paroles exactes de Mahomet. On s’entretue à l’intérieur de la même religion. N’est-ce pas le signe qu’il y a quelque chose qui cloche et que la parole de Dieu se confond avec celle des hommes?

L’histoire de l’humanité est pratiquement l’histoire des guerres de religions. Pourtant, personne n’a jamais exigé d’éliminer les prédications qui préconisent la violence et la discrimination. Si c’était fait, la Sharia serait illégale.

Pendant qu’on affirme que Dieu nous a glissé son message à l’oreille, on nous dit en même temps que l’on périrait si l’on le voyait, face à face. Ce doit être pour cela que nos prophètes entendent Dieu comme les schizophrènes entendent des voix identifiées à des anges qui demandent de commettre tel ou tel crime.


[1] – J’ai plaidé coupable le 12 février 2019, à l’accusation suivante : En 1995, j’ai commis une agression sexuelle sur mon cousin, âgé de 15 ans,  en le masturbant, alors que l’âge de consentement au Québec était de 14 ans  et que j’avais la conviction de son consentement.

[2]La chair interdite,  Diane Ducret, Albin Michel

[3] – Le livre le plus complet que j’ai écrit concernant le sujet est La liberté sexuelle, 290 pages.

[4] – La religion catholique n’est pas mieux avec l’inquisition et les guerres qui ont existé contre le protestantisme.

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