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De la pudeur à la paranoïa (6)

avril 5, 2020

La lecture se fait du no 1 à 10+

Les religions sont les pires obstacles à l’ouverture d’esprit et à la création d’une conscience personnelle qui nous amène à être fiers d’être des animaux sexués. 

L’homme est le seul animal à pouvoir définir sa sexualité et être capable de décider avec qui et à quel moment, il aura des relations sexuelles? Cette différence, autant que la parole, fait de nous des êtres uniques dans la création.

Les lois sont des contrats sociaux qui peuvent être changés, selon l’évolution de la connaissance. Or, nous savons aujourd’hui que le péché de la chair, sauf s’il y a violence ou domination, n’existe pas. Il y a toujours une parcelle d’amour ou d’attrait dans toutes les relations sexuelles libres.

La perversité est dans la tête de ceux qui voient les autres comme des pervers parce qu’ils aiment les plaisirs sexuels.

La perversité est une conception inventée par les religions pour combattre la liberté sexuelle. La notion de perversité est le rejet de la beauté du corps.

Les personnes scrupuleuses nient le droit aux autres d’exister différemment. Elles s’imaginent détenir un ordre divin, en méprisant ce que Dieu à créer de mieux et de plus complexe chez les vivants : l’appareil reproductif.

Pourquoi n’aurais-je pas le droit de croire que le sexe est le sommet des plaisirs comme le croyaient les philosophes de la Grèce antique et ceux qui ont vécu avant? Il existait des fêtes païennes célébrant la prostitution. Ce fut d’ailleurs un élément qui explique les persécutions des chrétiens. À cette époque, en référence à la communion, on laissait les rumeurs dire que les chrétiens mangeaient des enfants tués en sacrifices. Les persécutions existaient à cause des ragots inventés, comme on le fait encore aujourd’hui grâce au web.

Contrôler la sexualité n’est-ce pas uniformiser le regard sur le rôle individuel et le sens que l’on donne à la vie? C’est assuré, grâce à une règle mur à mur, que tous les individus auront honte d’être ce que la nature a fait d’eux. Qui ne s’est jamais fait jouir ?

D’ailleurs, c’est au nom de la tempérance (c’est-à-dire le pouvoir de ne pas céder à la tentation) que le sexe est redevenu comme le veulent les religions : quelque chose de méprisable, s’il n’est pas conforme aux règles apportées par des gens qui ont déjà fait le vœu de s’en passer. 

Est-ce que la négation du besoin sexuel peut rendre malade sur le plan émotif, voire même mental?  La tempérance a été confondue avec la peur du regard de l’autre et ce scrupule est devenu un abus de timidité, dissimilant un profond orgueil.   Je suis plus pur que toi, voulant dire « je cache mon corps ».

La beauté du corps nu est devenue un objet de honte.

Le mal n’existe pas dans la sexualité s’il n’y a pas de violence physique ou de domination psychologique. Qui a souffert à la suite d’un geste sexuel, sinon celui qui croit que le sexe est une honte, un crime?   Les psychanalystes attribueraient cette honte à un gonflement disproportionné du « surmoi ». Dès l’enfance, les parents s’efforcent de communiquer la peur ou la honte des jeux sexuels.

La liberté sexuelle, c’est rechercher un moyen de contrôler son émotivité, d’éliminer le stress créé par la croyance religieuse, selon laquelle le sexe est sale et une abomination. C’est apprendre à s’aimer et à se respecter. Sans notre corps, notre esprit n’existerait pas, du moins, dans notre monde matériel.

Il faut dorénavant percevoir le plaisir sexuel comme un moyen d’enrichir sa vie, en étant une source d’amour et de création, plutôt que de le voir comme un crime abominable qui devient monstrueux dès qu’il est vécu trop jeune ou selon les normes. Par contre, il ne peut pas y avoir de réel plaisir sexuel, sans consentement et encore moins, dans la violence. Le désir charnel est la porte d’entrée de l’amour.

Bientôt, on criminalisera le sourire, car on y percevra un moyen sexuel employé pour fasciner sa victime. Qui peut être victime du plaisir?

La pudeur est devenue malsaine dans son exagération. On est rendu à vouloir censurer les écrits et même les paroles. Aura-t-on bientôt des règles sur le langage verbal? Le langage verbal joue d’ailleurs un rôle extrêmement important quand il s’agit de signifier son acception ou son refus de consentement. Le désir sexuel s’éveille souvent en fonction de l’atmosphère. Personne ne choisit par qui il est attiré.

Comment peut-on parler de liberté d’expression, si on ne peut pas écrire ou parler de la sexualité chez les jeunes? On a même créé la littérature pour la jeunesse afin de s’assurer que jamais un jeune ne sera mis en contact avec quoi que ce soit de sexuel. Comment peut-on prétendre à la liberté d’expression, si on criminalise le fait d’essayer d’expliquer la pédérastie? Comment une société peut-elle évoluer si on fustige ceux qui se posent des questions[1]?

La pudeur est devenue le pire ennemi de l’autonomie individuelle. La pudeur permet de juger les autres et les condamner s’ils ne répondent pas aux exigences religieuses.

Les religions sont devenues des dictatures morales. La chasse à la liberté sexuelle est la nouvelle inquisition universelle.

La liberté sexuelle repose sur la nature réelle de l’homme, le consentement, la non-violence, la responsabilité émotive et l’absence de domination. Cette liberté peut-être un long apprentissage. La liberté s’acquiert difficilement sans expériences. Comment y arriver si on ne peut même pas en parler?

La liberté sexuelle, c’est reconnaître la beauté du corps. C’est voir le sexe à travers la pensée scientifique plutôt que les horreurs religieuses.

La liberté sexuelle place le plaisir comme moyen de se purifier au même titre que la douleur auparavant. Pourquoi doit-on souffrir pour entrer plus facilement au ciel? Les plaisirs sexuels peuvent conduire à l’amour, à la responsabilité envers l’autre, alors que la frustration conduit à la jalousie, à la haine de celui qui a du plaisir et à la violence légalisée ou pas.

Il faut penser la sexualité différemment si on veut vraiment atteindre l’égalité homme femme.  L’égalité passe par les individus et non les institutions ou les mouvements.

La femme doit cesser de se percevoir comme la victime et devenir aussi fière de son organe sexuel que l’homme l’est de son pénis. Il faut cesser de combattre la nature humaine et chercher plutôt à créer une éthique sexuelle acceptable pour tous[2].

Les rapports sexuels ne sont qu’un élément dans le dialogue. L’aboutissement d’un possible échange d’énergies entre deux êtres qui s’admirent et se désirent. Le sexe ne peut être qu’un plaisir, ce qui condamne automatiquement la violence dans les relations sexuelles. Pour être agréable, un geste sexuel doit être une affirmation de liberté et de respect.

La violence dans la sexualité est automatiquement condamnable. Donc, toute forme de violence doit être absolument proscrite dans tous les rapports humains, sexuels ou pas. Le consentement doit marquer la différence entre un geste sexuel acceptable et non acceptable.

Actuellement, le système judiciaire s’attaque à la sexualité qu’il voit comme un mal en soi.

Il ne fait aucune différence entre une relation sexuelle libre et une relation obtenue par la violence ou la domination.   Pire, le système judiciaire ne cherche pas à protéger les femmes ou les enfants, ni même à découvrir la vérité;  mais plutôt la vengeance, l’application aveugle des lois, lois faites par qui?  Les religieux dans tous les sens du mot.

Si on avait une période possible de dénonciation d’une durée de 10 ans après l’âge de la majorité, le jeune serait complètement protégé.  Pourquoi agir, dans son cas, comme s’il n’avait jamais évolué? Pourquoi taire l’identité de la supposée victime si celle-ci est dorénavant majeure ? Encore un affront au principe fondamental que la loi doit être égalitaire.

Le but des interdits de relations sexuelles avec les mineurs n’est-il pas pour les protéger ? Avoir un rapport sexuel, même avec un mineur, ne mérite tout de même pas une sentence de prison à vie; quoiqu’avec le registre rendu public, la vie des condamnés sur le plan sexuel équivaudrait à une sentence à perpétuité[3], et ce, même s’il n’y a pas eu de violence, lors de la relation.   C’est préférable de tuer que de  jouer aux fesses.

La liberté sexuelle doit exister autant pour la femme et les enfants que pour les hommes. Il faut aussi permettre aux jeunes de s’interroger sans honte sur leur sexualité. Quand nous étions jeunes, juste y penser faisait en sorte que tu étais un petit salaud, comme s’il était anormal de vouloir comprendre. En fait, j’ai passé ma vie à me demander ce qu’il y avait de mal à jouer aux fesses avec une personne qui accepte mon invitation et ma seule découverte fut : rien.


C’est à ce prix, la vérité,  et à ce prix seulement que l’on peut créer l’égalité homme femme enfant, sinon l’homme sera toujours perçu comme un prédateur cherchant un être inférieur, une victime, soit la femme ou l’enfant. La femme infériorisée se sentira toujours souillée dans son organe interne par le pénis mâle qui y pénètre. Et, notre pudeur nous empêchera d’apprendre qu’il n’y a pas que la pénétration pour accéder à la jouissance, bien au contraire. Même les femmes ont un clitoris pour explorer le plaisir.

Le système judiciaire doit cesser d’être le prolongement de la morale religieuse.  Si l’état est laïc, il doit aussi l’être aussi dans son approche de la sexualité.

La vision religieuse de la sexualité conduit nécessairement à la discrimination, au viol de la vie privée et à la haine de tout ce qui nous est différent.

Qu’on le veuille ou non, en entretenant la peur des pédophiles et des pédérastes, notre société creuse un fossé entre les générations. Cette peur peut aussi être la cause de nombreux agissements fautifs parce que le désir de compréhension et de communication intergénérationnelle est sacrifié au nom d’une pudeur paranoïaque. On parlait en psychanalyse de l’abus du surmoi.

Il faut cesser de voir la sexualité sous la loupe religieuse pour devenir plus équilibré et comprendre la sexualité sous l’œil scientifique et humain. 


[1] – Tous mes livres sont censurés et on élimine même sur internet, la publicité sur mes écrits, même sur ceux qui ne parlent pas de sexe. Cette censure qui se dit morale vise-t-elle davantage mes opinions politiques? Ce dont je parle en abondance dans mes écrits.

[2]– J’y vais de quelques recommandations à la fin de ce livre. Même si je me sais quelque peu déséquilibré, je suis persuadé que mon expérience peut aider à éliminer la violence sexuelle.

[3] – Quand tu es inscrit au registre des délinquants sexuels c’est pour une durée de l0, 20 ans ou à vie. Tu dois te rapporter une fois par année, même si tu es devenu vieillard. Et, on prétend que c’est pour défendre les jeunes contre les prédateurs. Quelle hypocrisie ! 

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