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De la pudeur à la paranoïa (2).

avril 2, 2020

La répression sexuelle est contre l’évolution humaine, car le but de l’éducation est de devenir autonome, d’avoir une conscience personnelle.  Le but de la vie est d’avoir été heureux, de s’être accompli pleinement quand on meurt.

Comment être heureux si on te fait te percevoir par les autres, grâce aux médias, comme un salaud, quand ta libido est un peu plus forte que celle de la majorité ou si tu es attiré par une catégorie humaine qui ne respecte pas les normes fixées par les autres?

Comment enseigner aux jeunes que la sexualité est une bonne chose, si les journaux s’évertuent de publier quotidiennement les procès sexuels[1] ?  Est-ce un moyen de maintenir la peur? Fait-on une différence entre une relation sans violence et un viol? Comment respecte-t-on la réputation d’un individu, si on l’accuse dans les journaux avant même d’avoir été reconnu coupable? Pourquoi priver un accusé de l’internet avant même d’avoir été reconnu coupable d’une infraction qui touche directement l’emploi de l’internet? Qui, aujourd’hui, peut se passer de l’internet ?

Les seules choses à combattre dans la sexualité sont la violence et la domination.

L’éducation favorisant la répression sexuelle crée la culpabilité, la haine et le mépris de soi. C’est pourtant ce que l’on peut établir en voulant créer des cours d’éducation sexuelle mal adaptée en trop bas âge. 

On oublie que la sexualité provoque souvent une forme de curiosité envers le corps des autres.

Aucun gars normal ne peut dire avec sérieux qu’un attouchement, une masturbation ou une fellation est désagréable et encore moins que ça implique la moindre souffrance.

Au contraire, la masturbation est reconnue comme étant un des meilleurs moyens pour combattre le stress (pourvu qu’on n’exagère pas sur la fréquence) et même aujourd’hui, on a découvert que la masturbation fréquente est un excellent moyen pour échapper au cancer de la prostate[2].   Alors, pourquoi faire un crime d’une masturbation partagée, qui n’est pas entourée de violence ou de domination?   La loi prescrit-elle que ce soit un geste qui doit être posé en solitaire ou seulement à partir d’un certain âge?

Existe-t-il une perception physique différente chez l’adolescent gai à celle ressentie par un adulte gai, lors d’une relation sexuelle? Absolument pas. Sauf, que trop jeune, un gars n’éjaculera pas, question de développement. Donc, il y a, en moins, le danger de procréer dans le cas d’une relation hétérosexuelle.

Le plaisir physique est le même quel que soit l’âge. Pour le gars, tu bandes, t’éjacules et tu débandes, et rien de ce processus est le moindrement souffrant. Je ne connais aucun gars qui peut dire sérieusement qu’une telle action lui a déjà occasionné la moindre souffrance.

Où est le problème, sinon que notre mentalité religieuse dicte qu’il ne faut pas toucher un jeune, oubliant que les toutes les relations agréables sont aussi surtout faites de liens de tendresse et d’affection. Dans la vie d’un pédéraste, le temps révolu aux sentiments est toujours beaucoup plus important que les gestes de nature génitale. Le mal vient donc de notre éducation.

Certains diront que ce n’est pas parce que ça n’amène pas de souffrance que c’est justifié. On peut faire valoir que les jeunes n’étant pas soucieux de sexualité ne devraient pas y être amenés par un adulte; mais faut-il crier au scandale et placer le jeune au cœur d’une tempête qui n’a aucun sens pour lui, s’il se produit un tel rapport jeune-vieux?   Est-il émotivement capable d’échapper à la situation que créent un procès et ses enquêtes? On peut inventer et prétendre que le sexe est mal pour bien des motifs, est-ce la vérité pour autant?

Dans la Grèce antique, on prétendait qu’un jeune de moins de 25 ans produit des enfants rachitiques qui deviendront des charges publiques. Qui croit cela aujourd’hui?

Sait-on qu’autrefois, on prétendait que le sperme est une partie du cerceau ou de la moelle épinière, d’où la nécessité de s’en servir selon des règles très strictes? 

D’autres croyaient que le sperme était l’écume formée par le sang trop réchauffé, d’où la possibilité d’épilepsie ou même de mort, si on s’échauffait trop en faisant l’amour.   Aujourd’hui, on a remplacé ça par la peur de ne plus pouvoir bander, si on éjacule trop souvent durant notre jeunesse. Est-ce plus intelligent? Comment peut-on continuer de percevoir la sexualité à partir de ces conneries?  

Rien d’autre ne justifie la répression sexuelle quant à l’âge; mais vivre dans une famille scrupuleuse a de grandes chances de créer une réticence au plaisir sexuel à cause de son éducation. Donc, ce que l’on ressent de mal dans une relation sexuelle est strictement la honte et la culpabilité dues à ce que l’on nous a appris dans notre enfance.

L’aspect émotif joue un rôle primordial dans les relations sexuelles. La séduction n’a rien à voir avec l’agression. Il appartient à la personne concernée de décider si elle aime ça ou pas. On n’arrête pas de dire que les jeunes garçons ont souffert lors d’expériences sexuelles avec un adulte alors qu’on ajoute qu’ils participaient à un party, qu’on leur achetait des cadeaux et même qu’on les amenait en voyage. Si un jeune retourne voir l’adulte à de multiples occasions n’est-ce pas plutôt parce qu’il aime cela ?

La pudeur ne s’applique qu’à la sexualité et devient vite excessive; car, elle peut être une forme de mésestime de son corps. On a peur de ce que l’autre va penser de notre corps. Une peur excessive qui a déjà fait des victimes chez les filles, en particulier, depuis l’arrivée d’internet.   Qui a tué : la nudité ou la peur de ce que diraient les parents ou les autres s’ils l’apprenaient? On devrait plutôt dire si on la voyait. Comment peut-on en venir à croire que la pudeur est plus importante que la vie ? Cette peur vient-elle plutôt de l’enseignement religieux qui veut que le corps de la femme soit une cathédrale?

Une dame de Val-d’Or racontait, quand la télévision[3] a commencé ses croisades pour la pudeur, qu’elle avait des haut-le-cœur, en voyant sa fille, depuis que sa fillette avait vu un homme en bobettes lui faire des avances, alors qu’elle était gardienne chez lui. Cette mère devrait consulter un psychologue et ça presse. Pourtant, c’est elle qu’on donne en exemple à suivre.

On dirait que le féminisme d’aujourd’hui rime avec dédain de tout ce qui est sexuel. Ce faux féminisme ne vient pas de la philosophie féministe réelle qui s’appuie sur « Ton corps t’appartient et à toi seul », mais de la peur du sexe créée par les religions.

C’est ce faux féminisme qui est à la base de la chasse aux pédophiles actuelle.   Les adultes se projettent dans leurs enfants. Ces obsédés de la pudeur  sont appelés par Nelly Arcand, les familles pédophiles, c’est-à-dire des familles dans lesquels les parents sont obsédés par la sexualité de leurs enfants, comme si c’était le plus grand danger dont ils ont à faire face dans la vie.   La prudence est de mise, mais la paranoïa nuit au développement psychologique des enfants. Les parents devraient apprendre qu’ils ne sont pas dans la peau de leurs enfants qui doivent apprendre à décider par eux-mêmes ce qu’ils aiment ou n’aiment pas. La vie sexuelle d’un individu ne regarde pas les « grands-mamans ».

Pourquoi les femmes sont-elles plus nombreuses à avoir une telle aversion des choses sexuelles? C’est fort probablement surtout une question d’éducation sexuelle. Quand cette aversion devient-elle maladive? 

La femme est condamnée à être une vierge, une mère ou une putain. (Le pouvoir de l’horreur, de Julia Kristeva, une psychiatre féministe, édition du Seuil, 1980)

Quand il est question d’attouchements sexuels, on réclame la prison, comme si les jeunes avaient été blessés, et ce, même si cette relation s’est déroulée sans violence ou domination, souvent même dans un certain état de séduction, de tendresse et de plaisir. Il arrive souvent que le jeune s’identifie à un adulte et entretienne une liaison de grand attachement.

Depuis quand la tendresse blesse-t-elle? Pourquoi ne fait-on aucune différence entre une relation violente et une relation qui n’en implique pas?

On exige même une liste permanente des prédateurs sexuels, pour la vindicte populaire, comme si le sexe était plus dangereux que les luttes de pouvoir créées par ceux qui définissent le sexe comme le mal. On oublie les crimes de la charia et de l’inquisition. La vision religieuse de la sexualité peut conduire jusqu’aux meurtres. La période des Borgia le démontre amplement.

Le fanatisme religieux a fait des milliers de victimes. Plus que tous les crimes sexuels réunis. depuis les débuts de l’humanité. Mais, on l’accepte parce que c’est religieux.

Dieu ou plutôt ceux qui prétendent parler en son nom exigent de tuer ceux qui transgressent les règles de la pudeur. N’est-ce pas exagérer la gravité des actes sexuels, surtout s’ils sont sans violence? Qu’on le veuille ou non, on retrouve souvent une forme d’amour ou d’amitié dans les jeux sexuels. Qu’on le veuille ou non, les jeux sexuels consentis sont un pur bonheur, quels que soient l’âge et le sexe.

Par contre, souvent le jeune adolescent est détruit par la réaction des adultes plutôt que par le plaisir éprouvé lors de ses expériences sexuelles.   Combien de jeunes se sont suicidés en se découvrant gais?

Comment peut-on prétendre qu’une cause, entendue dix ans après les faits, sert à défendre une victime devenue adulte et capable de se défendre, sans avoir recours à la cour?   Ne s’agit-il pas plutôt de chercher à obtenir une vengeance, une sentence exemplaire, un petit magot, individuellement ou dans un recours collectif? C’est un moyen commode pour se faire facilement de l’argent. Un héritage sexuel de son enfance, pourrait-on dire.

Comme je le disais, jadis, au ministre de la Sécurité du Québec : « le système est bien meilleur pour protéger les pénis que les cerveaux. »

La peur du sexe est la prémisse à toutes formes d’esclavage moral, d’où son importance primordiale pour les religions.


8- Il arrive que des personnes qui ne se connaissent pas, portent le même nom et peuvent même vivre dans la même ville.

[2] -Journal de Montréal, 16 avril 2016, p.40

[3] – Radio-Canada est le site qui a mis au monde  l’obsession antisexuelle. 

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