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De la pudeur à la paranoïa (1).

avril 1, 2020

De la pudeur

                 à la

              paranoïa.   

                        ou 

     La lutte pour la liberté sexuelle.

                       par

           Jean Simoneau

                         Essai

     Les éditions du temps. Québec   

Tous droits réservés :

© Copyright : Les Éditions du Temps. Québec

Distributeur officiel : Les éditions du Temps

819-843-3668

ISBN : 978-2-924549-11-7

Troisième version pour être certain qu’elle est tout à fait légale.

Dépôt légal :

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 4è trimestre 2019

Bibliothèque et Archives du Canada, 4è trimestre 2019

   

   

Je veux que mon suicide soit vu comme un assassinat.

                                   Marc Lefranc[1] (pseudonyme)

Le but de l’éducation est de créer des humains libres, capables d’exercer un sens critique aiguisé devant les réalités de la vie.

Être scrupuleux, c’est avoir l’esprit tordu.

La pudeur excessive est-elle la pire des perversions ou est-ce une névrose obsessionnelle?

On n’est pas encore né que l’on commence à nous enseigner qu’il faut avoir honte de certaines parties de son corps. Je ne parle pas du nez, mais bien des zones érogènes, plus spécialement, des organes génitaux ou du sexe.

Ce choix n’appartient pas aux individus, mais il a été fait jadis par les religieux qui ont établi leur morale sur la base de l’ignorance qui prévalait au moment où ils ont décidé qu’il en serait ainsi.

Cette décision consacrait aussi la supériorité de l’homme sur la femme, non seulement à cause de son pénis, mais surtout de son sperme. On ignorait encore totalement l’existence des ovules et l’on ne connaissait pas grand-chose sur le phénomène de la reproduction. Cette ignorance domine encore nos lois sur la sexualité.

Pourquoi nier la beauté d’une sexualité que tout individu a dès sa naissance et à laquelle il ne peut pas échapper?   Ce refus de notre réalité, le rejet de notre corps aux dépens de l’esprit, n’est-il pas contre nature? La répression sexuelle ne fait-elle pas des dégâts sociaux et économiques plus graves que la liberté sexuelle, vécue sans violence ou domination, dans le respect de l’autre?  

Il faut donc revoir les règles qui dictent notre comportement face à la sexualité et les voir dorénavant avec les yeux de la liberté sexuelle.

L’amour n’est-il pas la plus grande des valeurs humaines avec la liberté?

Selon toutes les religions, le plaisir est l’ennemi du paradis. Il faut être masochiste pour avoir droit au salut. Pourquoi la privation sexuelle (particulièrement chez les jeunes) a-t-elle une plus grande valeur salutaire que le plaisir?   Valoriser le sacrifice sert à faire accepter aux  individus d’être pauvres, en prétendant que tous les sacrifices servent à mettre des indulgences en banque, en fonction de la vie après la mort. Ce marché de dupes a d’ailleurs entraîné un schisme chez les chrétiens, d’où la naissance du protestantisme.

Comment et pourquoi un Dieu immatériel peut-il dicter à l’homme matériel, comment il doit agir avec son corps?

Serait-ce plutôt que la morale a été inventée par les religieux qui prétendent parler au nom de Dieu? Pourquoi seraient-ils les seuls interprètes infaillibles de ce que Dieu veut? Y a-t-il un endroit dans tous les livres qui prétendent faire connaître la parole de Dieu, où le mot sexe ou organe génital est spécifiquement nommé par Dieu? Jamais. Donc, tout ce que l’on dit est pure interprétation. D’ailleurs, qui nous prouve que Dieu a déjà parlé à un être humain? Certains diront même que Dieu n’existe pas.

Les religions ne sont-elles pas les premières responsables de l’inégalité homme femme? Les religions ne condamnent-elles pas l’homosexualité?

Combien de jeunes se sont suicidés parce qu’ils n’acceptaient pas leur réalité sexuelle, étant victimes de la pudibonderie de la société? 

Combien de croyants sont morts dans des guerres de religion? Ces guerres n’ont pas existé que dans l’antiquité, on a qu’à penser à la guerre actuelle entre chiites et sunnites, entre l’État islamique et l’Occident. Une guerre de valeurs peut-elle être autre chose qu’une guerre religieuse? La Deuxième Guerre mondiale n’a-t-elle pas surtout été un vaste mouvement pour éliminer les juifs et créer une nouvelle race humaine?

Pourquoi les religions qui doivent nous enseigner l’amour, nous portent-elles à la discrimination et à la haine? Parce que dans toutes les religions il y a les bons et les mauvais.

Quelle est la place de la femme dans les religions? Où est la justice divine, s’il y a des êtres inégaux à la naissance? Cette inégalité n’est-elle pas plutôt entretenue par les religions et les systèmes économiques? Le monde est constitué de 99 % de pauvres et un pour cent de riches. Que l’on aime cela ou pas, le quotient intellectuel des individus n’est pas le même pour tous et nos parents, à notre naissance, n’ont pas tous un portefeuille bien garni d’où la nécessité que les services à la population permettent de rétablir une certaine égalité entre tous les citoyens.

Pourquoi faut-il, comme tout le monde, être obligé de croire que les jeux sexuels sont mal, honteux, pervers? Qu’est-ce qui justifie la peur ou la honte du sexe? Se pourrait-il que la sexualité soit ni bonne, ni mauvaise, mais tout simplement la réalité humaine ? Qui est maître de ses hormones?

Certainement pas la douleur, car elle n’existe pas dans les caresses, la masturbation ou même la fellation. Pourquoi confondre souffrance et plaisir quand il s’agit de sexe? Cette souffrance mentale, morale, ne viendrait-elle pas avec la culpabilité, le regard religieux, plutôt que des gestes sexuels en soi? Pourquoi le plaisir sexuel est-il mal? La morale sexuelle crée plus de malheur que de bien. 


Quand tu es accusé de pédophilie[2],  tu deviens, un moins que rien jusqu’à ta mort.   C’est l’ostracisme total.   Même ceux qui ont le malheur de parler avec un pédophile sont automatiquement classés pédophiles. On interdit aux pédérastes de parler avec tous les individus qui partagent ses opinions sexuelles, tout en proclamant le droit à la liberté d’expression et de conscience. L’humain peut-il vivre sans relation sociale?   Qu’est-ce qui engendre le plus de mal : le sexe ou la violence de la pudeur?  

La répression qui se traduit par l’ostracisme ne conduit-elle pas à la violence? Plusieurs jeunes ont été tués parce que l’agresseur voulait s’assurer qu’ils ne parleraient jamais. C’est pour combattre ce phénomène que j’ai donné des conférences sur la pédérastie dans les années 1980. Le degré de danger pour la victime tient à la peur de l’entourage vécue par l’agresseur. Ce danger disparaît seulement avec la transparence et la transparence ne peut pas exister tant que l’agresseur sent qu’il vit dans un monde qui le hait à mort. 

Pouvoir dire que tu es pédophile ou pédéraste, sans avoir peur de te faire trancher la gorge, est certainement le moyen le plus sûr d’augmenter la sécurité des jeunes. Si les jeunes savent qu’ils peuvent parler de leur sexualité à leurs parents ou leurs enseignants, sans se faire traiter de cochon par leur entourage, ils sauront allumer la lumière rouge si une relation leur semble négative.  

Est-on blessé ou a-t-on mal physiquement quand on s’adonne aux plaisirs sexuels? Un garçon de n’importe quel âge peut être mal à l’aise parce que son éducation lui apprend à vouloir être chaste, mais même là, les jeux sexuels lui procureront quand même un plaisir physique. C’est la réalité.

Toute forme de violence dans une relation sexuelle est un viol. Il faut apprendre à voir la sexualité dans toutes ses nuances. Un french kiss n’a rien à voir avec un viol, mais plutôt avec le savoir-vivre. Tu ne « frenches » pas sans le consentement du partenaire. Le viol n’existe pas sans une forme violente de contrainte et sans pénétration. Le savoir-vivre repose, lui, sur le respect de l’autre. Ce respect est développé dans la famille dans laquelle on a vécu notre enfance. L’élément fondamental de toutes les liaisons est le consentement. Toute relation sexuelle non consentie est inappropriée.

Pourquoi le corps est-il démonisé chez l’homme et sanctifié chez la femme?

Le sexe est donc « out or in ».

Régir la sexualité est un moyen extraordinaire de dominer tous les individus.  

Un homme qui « se sent » est un pervers, une femme vierge est une sainte.   Quelle belle découverte contre nature; même si en général, on admet que les femmes sont moins attirées par le sexe que les hommes.   Est-ce simplement parce que la femme reçoit constamment une éducation qui montre le sexe comme étant « le mal » dont il faut absolument se dérober en dehors du mariage? La femme peut tomber enceinte. Il est normal qu’on insiste davantage sur les inconvénients sexuels d’une liaison en dehors du mariage, car c’est elle qui aura à répondre d’une grossesse non désirée. Quoiqu’aujourd’hui, on peut retrouver le père, grâce à l’ADN, et le contraindre à prendre ses responsabilités.

La liberté sexuelle féminine a pu commencer à s’exprimer quand la femme a pu avoir une relation sexuelle sans danger de tomber enceinte[3]. Mais, les femmes semblent aussi craindre davantage la nudité que les hommes.

Pourtant, qui a déjà souffert d’avoir été vu nu? Qui a fondu ou saigné quand il a été vu dans sa nudité? N’est-ce pas plutôt notre point de vue sur le sexe, notre frilosité, qui nous accuse et nous triture l’âme plutôt que la réalité? Des familles entières se baignent nues dans certaines piscines sans que personne n’ait jamais eu à se plaindre. Les camps de nudisme ne sont pas des lieux de fornication. Il faut s’être baigné nu pour savoir combien c’est agréable de nager nu. Auparavant, les Jeux olympiques se déroulaient nus et personne n’a subi un malaise en les regardant.

La pudeur existe entre les deux oreilles et elle n’est pas nécessairement meilleure qu’une trop grande liberté d’esprit.

La pudeur est le propre de la bourgeoisie. Elle s’est accrue avec les maladies contagieuses. Pour les bourgeois, leur importance leur dictait de se protéger des microbes d’autrui. On avait même peur de l’eau parce qu’on croyait que celle-ci apportait des maladies.

Quand le rejet de sa nature humaine devient-il une forme de paranoïa?   Sommes-nous traumatisés par le plaisir ou la peur de ce que les autres penseront de nous?   Sommes-nous encore prisonniers des sermons qui condamnent toutes formes de sexualité, même les pensées dites impures?   Retournons-nous au Québec des années 1940?  

Le Québec féminoune (à ne pas confondre avec féministe[4]) serait-il redevenu celui des ignorances et de la dictature religieuse? Le taux d’analphabétisme au Québec est ahurissant. Pas étonnant que les parents voient encore la sexualité comme la religion leur a appris et ignorent complètement les découvertes scientifiques sur la sexualité humaine. Pas surprenant que les adultes n’arrivent pas à comprendre que le sens profond de l’éducation est l’apprentissage à penser par soi-même, à développer son sens critique pour se créer une vision personnelle de la vie.  

C’est la raison fondamentale expliquant que l’âge de consentement avait été fixé à 14 ans au Québec.

Le gouvernement conservateur fédéral a changé sans bruit l’âge de consentement de 14 à 16 ans, grâce à une règle perdue dans un « bill omnibus », du gouvernement de Steven Harper[5]. Il faut noter le degré d’hypocrisie de cette mesure. Plutôt que de penser la justice dans le sens de la prévention et de la réhabilitation, on la voit comme une forme de vengeance, d’où les accusations pour des événements survenus jusqu’à 40 ans plus tôt. Comment pouvoir créer un procès honnête si une grande partie des témoins sont déjà morts?

La peur religieuse de la sexualité fait que l’on  confond plus souvent protection et surprotection.

Les nouvelles règles amenées par le gouvernement Harper sont d’une folie incommensurable. C’est ainsi qu’un jeune garçon de 17 ans, Michel-Baril Desjean a été condamné[6] et sera sur le registre des prédateurs sexuels parce qu’il était en amour (partagé) avec une petite fille de 13 ans. Ses parents acceptaient qu’ils aient des relations sexuelles.   Ne dit-on pas qu’il faut vouloir commettre un crime pour être condamné?   Qui connaît la nouvelle version perverse de la loi depuis le passage des conservateurs? Ce jeune homme paye pour les changements secrets des lois concernant la sexualité.

Qu’attend le gouvernement Trudeau pour modifier cette situation? Pourquoi ne pas remettre sur pied la Commission de la réforme du droit pour remettre nos lois à date?   Pourquoi la Cour Suprême ne dénonce-t-elle pas cette loi qui contrevient, ça ne peut pas être plus clair, à la Charte des droits? Serait-ce que les institutions sont devenues parties intégrantes de la mafia légale du chantage sexuel qui s’installe?

Comment respectons-nous l’intégrité des jeunes, en prétendant que le sexe doit se vivre qu’à partir d’un certain âge ou en fixant la différence d’âge permise pour tomber en amour?   Comment expliquer que le sexe est un danger chez les jeunes; mais un plaisir, chez les adultes?

Une commotion cérébrale est mille fois plus dangereuse pour la jeunesse qu’une masturbation ou une fellation, car elle s’attaque au cerveau, mais on ne bannit pas les sports qui en sont la cause. On ne les force même pas à modifier leurs règlements pour protéger les jeunes, mais, on fera tout un plat si un jeune a une relation sexuelle avec un aîné. On ignore qu’il lui appartient de décider s’il veut cette relation ou non, selon la loi sur la vie privée et l’âge de consentement.

En quoi une relation pédéraste est-elle différente de la situation que vivaient jadis les homosexuels? L’âge n’est-il pas en soi une forme de discrimination envers les jeunes? Ne dit-on pas dans la Charte des droits qu’il ne doit pas y avoir de discrimination d’âge? 

Mais la Charte des droits existe seulement quand ça fait l’affaire du système. Libéraliser la sexualité, c’est punir injustement la mafia qui vit grâce à la prostitution et la drogue.

Vouloir éliminer les pédérastes, c’est traiter ces individus comme on le fait avec les gitans; comme les nazis avec les Juifs ou encore, comme dans le livre 1984, de George Orwell, basé sur les pratiques de Staline[7].   L’individu disparait complètement, on ne mentionne même plus son existence et son œuvre.   On peut penser à l’affaire Jutra ou la censure que l’on exerce sur tout ce que j’écris. Ne pas diffuser les chansons de Michaël Jackson parce qu’il est pédéraste est un autre exemple de la folie du « politiquement correct ». On est trop idiot pour faire la différence entre l’œuvre artistique et la réalité de l’individu. Est-ce que sa musique entraîne qui que ce soit à se découvrir pédophile?

En quoi, interdire de parler de pédérastie n’est pas un manquement à la liberté d’expression et donc un manquement sévère à la Charte des droits? Oublie-t-on que la littérature pour la jeunesse a été justement créée pour éliminer la littérature érotique ou toute référence sexuelle à la portée des plus jeunes.

Après la pédérastie, quel sujet sera interdit? Il y a toute une différence entre vouloir expliquer comment se vit la pédérastie et en faire la promotion. Ce n’est pas parce qu’on décrit une relation pédéraste que le lecteur se découvrira pédéraste.

On naît pédéraste puisque la pédérastie est une orientation sexuelle. Une personne ne peut devenir pédéraste à la suite d’une relation sexuelle, si elle ne l’est pas déjà, consciemment ou non. Tout comme un hétérosexuel ne deviendra jamais un homosexuel, même s’il essaie pour savoir comment c’est d’être gai. L’orientation sexuelle est ce qui fait que tu es attiré plutôt par une catégorie de gens et non par une autre.   Est-ce qu’appartenir à une orientation sexuelle différente minoritaire justifie toutes les punitions?   Pas plus que toutes les permissions. Personne ne choisit son orientation sexuelle.


Qui, au Québec, sait que la Grèce antique faisait de la pédérastie le summum de l’amour? Ce que nous vivons est-il une avancée ou une régression quant au pouvoir personnel? Plus on a peur, plus on investit dans la sécurité, et moins, nous sommes libres.


[1] Marc s’est suicidé lorsqu’il a été dénoncé parce qu’il aurait eu des contacts sexuels avec des garçons qu’il sauvait de la rue, en les acceptant dans son au cirque, ce qui leur garantissait ainsi la nourriture et l’éducation. L’intégrisme  moral est une machine à tuer.

[2] – Il y a une différence énorme entre être pédophile ou pédéraste.   Le pédophile aime les enfants ayant moins de 10 ans, sans distinction de sexe, alors que le pédéraste aime les adolescents.   Un(e) pédéraste est strictement homosexuel ou lesbienne.    La pédérastie était vénérée dans la Grèce antique.

[3] – La Charte des droits de la personne a été écrite d’abord au Québec et reprise par P.-E. Trudeau. Avec la contraception, le choix d’avoir ou non une relation sexuelle  revenait dorénavant à la jeune fille plutôt qu’aux parents. C’est le fondement du principe de la liberté de conscience.

[4] – Les féminounes sont des victimaires de droite et combattent la sexualité alors que les féministes travaillent à obtenir l’égalité homme femme. Les féministes ne se voient pas comme des victimes contrairement aux féminounes.

[5] – Le parti conservateur du Canada est l’équivalent du parti républicain aux États-Unis.   Un parti de droite religieuse.

[6] – Journal de Montréal, 21 septembre 2016, page 26.

[7] – Ne pas diffuser les livres équivaut aussi à Fahrenheit 451, de Ray Bradbury. Au lieu de les brûler, on les empêche d’être connus et lus. Même censure.

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