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Petite anthologie des textes érotiques masculins par Jean Ferguson.

mars 19, 2020

EUBOULOS

(Athénien, IV’ s, avant J. C.)

Poète, il composa plus de cent comédies légères. Il s’est plu dans la parodie. Celle que nous avons choisie ici concerne le fait qu’en Grèce, le compagnonnage guerrier était encouragé, compagnonnage qui faisait de meilleurs combattants, il y eut même un bataillon sacré des Thébains formés de couple d’amants.

LA GLOIRE DES THÉBAINS

La guerre de Troie a duré dix ans

et personne n’a jamais vu là

une seule prostituée.

Les guerriers s’enculèrent

pendant ces dix années,

Ce fut une triste campagne :

pour prendre une ville

Ils rentrèrent chez eux

avec des culs bien plus larges

que les portes de la ville conquise !

BÉNIDICT FISET

(Gaspésie, Québec 1898-1953)

Ce singulier poète, bien en avance sur son temps, un peu prophète dont les poèmes furent publiés à compte d’auteur pour un cercle restreint d’amis après sa mort, fut d’abord et avant tout un guérisseur notoire et estimé. Il a ‘vécu à Petite-Rivière-du-Loup, en Gaspésie, au Québec. 

Demeurant seul, on ne lui a connu aucune liaison féminine, il prenait toujours avec lui un garçon ou deux qu’if initiait à son métier de forgeron et, sans doute, s’efforça-t-il de leur donner un peu de culture littéraire, en leur proposant des lectures, car il possédait une bibliothèque bien fournie. Cependant on n’ébruita pas ce fait, car lire, à celle époque, dans la Gaspésie profonde, était jugé comme une activité suspecte et fort peu utile.

GARÇONS ANGÉLIQUES

J’ai mis l’archange joli au poteau de la torture.

il se plie, se tord, se plaint et cherche une échappatoire.

Il soupire, il délire, l’archange si beau, mais je le tiens

par son aile aux plumes lisses et chatoyantes.

Il pleure sa force envolée, son aile luxée :

            il craint de ne plus jamais voler.

Devant son désarroi, je cède soudain :

— Va-t’en, bel ange si doux,

vers des cieux inconnus de moi.

J’oublierai ta peau parfaite,

                 tes cheveux de soie,

                 ton beau profil

                 et ton nombril plein de rubis.

Mais je t’en prie, ne me vole pas mon ange gardien

                           déguisé en garçon candide :

                           j’ai besoin de lui pour survivre.

LES GARÇONS PLEURENT

Les garçons pleurent dans le vent

parce que je leur ai volé leur tendre olifant.

C’est la cavalcade de ma déraison

Sur des visages pleins de sons.

Je vais essuyer vos larmes

et je vous donnerai des musiques d’étoiles.

Peut-être alors le sourire reviendra-t-il

Sur vos jolies lèvres d’espérance?

FRAGILE BEAUTÉ

Je me souviens de ta fragile beauté,

du silence adulateur qui t’entourait

dans la douceur de moi.


Je t’ai aimé plus que la vie

au point que les anges m’en ont fait reproche.

Pour la terre; j’ai oublié le ciel

et je restais insensible à la cohorte des vivants ;

pourtant j’avais démontré de très bonne heure

beaucoup d’intérêt pour les habitants du paradis.

J’ai couru après ton amour

comme un fou,

et j’ai connu tant de bonheurs.

Mais je m’exprime si mal

en ce coin de moi,

car je me souviens encore de ta fragile beauté.

ÉTERNITÉ
De mon regard insistant,

je te fixe pour l’éternité,

l’éternité de toujours ;

j’y décèle ton odeur pareille à celle des pommiers en fleurs

et je n’ai qu’une envie : goûter tes jeunes fruits

comme aujourd’hui.


Je prends tes lèvres au parfum de safran,

je m’attarde à tes oreilles au goût de pêche.

Je hume ton haleine plus délicieuse qu’une brise de mai.

Enfant très aimé, j’ai le désir constant de toi,

de ta beauté extrême…

J’ai l’espoir que tu souhaiteras toujours

les caresses de mes lèvres et de mes mains

sur tous les replis les plus infimes de ton corps

dans cette éternité où tu fixes mon regard,

dans cette éternité de toujours

où nous serons seuls à jamais,

mon amour délicieux,

mon trop aimé

mon extrême affection.

JE SUIS AMOUREUX D’UN GARÇON JOLI

Je suis amoureux d’un garçon joli

aux yeux doux et pénétrants…

Ce beau Brummel adolescent a-t-il un coeur?

Le bel adonis me donnera-t-il autre chose que de l’espoir?

C’est la question que toujours je me pose

lorsque naît la rose de l’amour

dans le jardin secret du premier regard.

Or, cette fois, je reçois ses baisers

et ses caresses langoureuses.

Son nom est une douceur à mes lèvres.

Michel, le beau, le tendre éphèbe

se satisfait de ma présence et de mou corps.

Il est mon délice et il occupe ma tendresse

mieux que dans mes rêves les plus fous.

Michel, tu me rends heureux,

mais est-ce que cet amour durera, dis-moi ?

Il m’enveloppe de ses yeux caramel

et me dis avec candeur :

— Je t’aimerai toujours

et je ne pourrais jamais t’oublier.

…même si un jour, je pars…

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