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Radioactif 554

novembre 14, 2022

Radioactif  554         
Texte de 2009, p. 1182    
L’école libre 1.

L’idée d’une école libre, comme à Summerhill, en Angleterre, a joué un grand rôle dans ma conception de l’éducation.  Au début, je n »y voyais que le mot           » libre ». Le droit pour un jeune de vivre sa sexualité, sans se faire mener par le bout du nez par des adultes.

Vivre cette expérience a élargi mon horizon à d’autres réalités plus importantes chez les jeunes que leur sexualité.  J’ai pu constater jusqu’à quel point c’est vrai de dire que le gars et la fille sont égaux, mais aussi totalement différents. Est-ce que cette différence est génétique ou acquise à cause de notre éducation ?  Probablement due aux deux et à la religion.   

Cette liberté chez les enfants, sur le plan sexuel, particulièrement, me fascinait.  Est-ce qu’un jeune, libre de vivre comme il veut sa sexualité, sera intéressé à partager son plaisir avec un adulte ?  Est-ce que ça l’intéressera ? Pourquoi la sexualité était-elle interdite aux jeunes ?  Quel danger la sexualité représente-t-elle pour eux ? L’interdit repose-t-il sur des raisons valables ou des conneries ?

Je préférais déjà un petit Jésus qui jouait aux fesses et qui comprenait les humains, à un Dieu qui nous dicte comment agir, sans même savoir ce que c’est d’être tenté.  Pauvre dieu, il lui manque une expérience fascinante.     

Les féminounes (qui sont aux féministes, ce que sont les talibans aux musulmans) avaient déjà commencé leur désinformation, en prétendant qu’aucun jeune ne pouvait avoir du plaisir et ressortir plus émancipé, en ayant une relation sexuelle avec un adulte.  L’obsession d’alors était de nous priver de voir des revues cochonnes.   

Par contre, les vrais féministes commençaient leur lutte pour l’égalité. Les hommes étaient tellement machos que je me demandais ce que les femmes pouvaient leur trouver d’intéressant ?  Pédéraste, je me trouvais mille fois plus respectueux qu’eux envers les femmes.          

On a le droit de jouer aux fesses ensemble seulement si on a exactement le même âge, si on est marié et qu’on veut des enfants.  Cette folie existe encore. Peut-être même plus que jamais.           

À cette époque, le féminisme n’en menait pas large.  Même les femmes rejetaient souvent le besoin de s’affirmer comme étant une femme.       

Quant aux jeunes, c’était clair comme de l’eau de roche : si tu pensais au sexe, tu étais un vicieux.  Et, je considérais être vicieux bien moins problématique que de toujours essayer d’être chaste.  Pourquoi se priver de plaisir ?  La vie est-elle un sacrifice ?  Est-ce que tu nuis vraiment à un autre en le touchant, en lui procurant du plaisir ?         

J’aurais jamais cru que c’était le chemin qui m’amènerait à croire dans l »égalité homme-femme au point de croire que ta « sexualité » n’a pas d’importance, dans le sens d’être un homme ou une femme. 

C’est une folie que de compartimenter les hommes et les femmes en fonction de leur anatomie sexuelle. C’est une folie que de devoir isoler les gais.  C’est une folie que de voir la sexualité figée dans l’obligation de la procréation.  C’est une folie parce que ce n’est pas notre réalité humaine.  C’est une folie  » économique  » que de croire qu’à compétence égale une femme doive être moins bien payée qu’un homme. C’est évident. De ce côté, je suis mille fois plus féministe que bien des féministes. Je suis contre l’asservissement de tout individu à un autre. La liberté individuelle est ce qu’il y a de plus précieux de notre être.

C’est une question plus qu’essentielle quand tu aimes les jeunes et que, pour rien au monde, tu voudrais leur nuire. 

La pédérastie peut être positive pour un jeune, en autant qu’il n’y ait pas de violence, d’intimidation, de chantage entre lui et l’adulte. J’ajouterais même que dans un monde idéal, il n’y aurait pas de cachette.  Mais, je n’en étais pas encore certain et ça me créait tout un questionnement entre deux aventures. Je vivais ces plaisirs sans me poser la question à savoir si les jeunes aimaient ça; car c’était évident que oui.  Et, je n’en étais pas privé. C’était évident qu’ils aimaient ça.  Fallait les voir quand ça se passait pour ne pas en douter. Plusieurs étaient même bien plus éveillés que moi. Ils m’en montraient.           

J’apprenais qu’il fut une époque où le jeune se liait avec un adulte pour apprendre, pour être son apprenti.  L’époque de Léonard de Vinci nous a donné les plus grands artistes que nous ayons connus.   Loin de créer des êtres rabougris par ce système de transmission du talent à travers les générations, cette expérience donnait des résultats incroyables pour les jeunes.  Les talents explosaient.  Et, le maître couchait avec son disciple. Il lui montrait comment faire jouir une femme, disait-on. 

Le discours social que j’entendais était contraire de tout ce que je vivais.   
 
Mon expérience de la vie me prouvait que c’était absolument faux de prétendre qu’un jeune garçon (je ne sais pas pour les filles) sortait d’une expérience gaie, tout croche et en larmes pour le reste de sa vie.  Je savais que ceux qui cherchent à renouveler l’expérience ne peuvent pas avoir haï ça. 

Comme tout le monde, en même temps, je pensais que le sexe ne devait pas exister à l’air libre.  Hors procréation point de salut.  Je vivais, mais je culpabilisais.  Je me disais que je ne pouvais pas être le seul à avoir raison.

J’étais trop religieux pour échapper à cette maladie de l’âme.  J’aurais bien voulu, comme on disait, ne pas être vicieux ; mais je l’étais;  quoique je croyais déjà que nos puritains sont complètement débiles en se croyant des êtres supérieurs.  Malgré les grands discours, je ne croyais pas dans ce que l’on nous racontait.  Avec le temps, j’y crois encore moins, mais cette fois mon opinion est assise non seulement sur mon expérience de vie, mais aussi sur de très nombreuses études sur le sujet. J’ai connu les textes de W. Reich, de Fourrier, entre autres. 

Je ne savais pas encore que les normes morales s’étaient implantées depuis des millénaires à cause surtout de l’ignorance crasse que les gens avaient de la sexualité.  Seuls les religieux prétendaient tout savoir sur le sujet, mais leur vision était celle de ceux qui croyaient encore devoir tuer, à nom du dieu de l’Amour, ceux qui ne partageaient pas leur point de vue.  L’inquisition morale.           
 
J’étais loin de savoir que le peuple en général n’a pas été prisonnier de cette phobie bourgeoise avant le 17è siècle. Que le peuple vivait normalement sa sexualité, sans se casser la tête ; alors que les bourgeois devenaient quasiment fous à vouloir être mieux que l’autre.  Ces pauvres bourgeois pour transmettre leur rang et leur richesse devaient créer une classe à part, se croyant supérieure au peuple d’où leur morale pour se protéger des moins bien nantis.    

Ces doutes étaient normaux puisque jusque-là, le sexe n’était que des attouchements, des regards furtifs, des tentations omniprésentes.  La sexualité, c’était comme prendre une bière, un plaisir fou.  Coller un plaisir à la beauté. J’étais loin de penser que ces aventures pouvaient avoir une vie plus longue que le temps des rencontres.  L’omerta était totale.   Pour qu’une relation dure, je croyais qu’il fallait trouver une femme.            
 
Je dois avouer que dans ma jeunesse je voulais absolument un jour être père ; mais je n’arrivais pas à trouver une fille et j’avoue que je ne le cherchais pas tellement.  J’en ai toujours été privé (sauf environ trois essais) et je ne m’en porte que mieux.     

30 Octobre 2009     
L’intérêt en éducation…

Le principe de la Maison des enfants était de laisser les jeunes libres, comme dans le cas de Summerhill, mais on allait encore plus loin : les adultes n’interféraient pas avec les jeunes, sauf si on le devait absolument à cause de la violence. Pas question d’être directif.  Les adultes se tenaient avec les adultes et s’occupaient des jeunes que si l’un d’eux venait l’inviter à se joindre à lui.  

On croyait que les enfants devaient diriger leur horaire et leur formation.  Ainsi, si le jeune était tenté un matin par le français, il allait trouver le spécialiste chez les adultes et se faisait donner un cours.  Summerhill a prouvé que les enfants récupèrent tellement vite que souvent ils prennent de l’avance quant à ce qu’ils apprendraient dans une école conventionnelle, tout simplement parce que ça les intéresse au moment où ils choisissent leurs activités.              

En fait, l’école devenait un milieu de vie.  Un endroit où le jeune était bien et c’était là où on voulait vivre avec ses amis.  Il pouvait choisir ses sujets d’études comme il pouvait tout simplement jouer à la place d’apprendre. Un élément qui est très important pour amener les jeunes qui ont de la difficulté à l’école de progresser sans se sentir forcer et se décourager.  Pas de limite de temps.  Tu apprends à ton propre rythme.  Le plus important en éducation est de comprendre que pour chaque étudiant le plus important : c’est lui.

Les jeunes adorent le théâtre pour la plupart à cause des déguisements.  Pourquoi ne pas leur offrir, en autant que ce soit eux qui créent les objets dont ils ont besoin ?  Ils créent aussi l’histoire et leurs personnages.  C’est très intéressant, car on constate que les jeunes ont une imagination incroyable. De plus, ce principe fait ressortir toute l’importance de    « l’estime de soi» chez les jeunes.         

Les jeunes veulent apprendre quand la nécessité se manifeste.  On fait un effort, si on doit le faire absolument. C’est surtout vrai chez les gars. On dirait qu’ils sont plus paresseux que les filles.  Les gars veulent des jeux plus physiques, plus sportifs ou s’évacher.   

Ce principe m’a d’ailleurs aidé quand j’étais étudiant à l’université.  Dans un de mes stages, je donnais des cours de français à des jeunes soudeurs.  Comment intéresser des gars en soudure au français ?  Surtout, qu’à Montréal, ce n’est pas la discipline que l’on voit comme la plus importante.  À force de me questionner, j’ai créé un projet et j’ai trouvé un sculpteur.  Pour avoir droit de travailler durant l’été suivant à réaliser une sculpture (avec salaire), il fallait rédiger un cv et se vendre pour être un des chanceux.  Pour y arriver puisque les fautes comptaient, mes cours prenaient une toute autre dimension.  Ce fut un succès.  La sculpture a été réalisée devant l’école Honoré-Mercier.   Je n’aurais jamais réussi, si je n’avais pas vécu avant l’expérience de l’école libre. 

Pour un décrocheur, le retour à l’école signifie un projet à réaliser. 

On n’apprend pas une langue pour la langue ou les mathématiques, parce qu’on aime ça, mais parce qu’on en a un besoin absolu.  Les gars haïssent apprendre des choses inutiles ou qui le semblent.  Les gars aiment avoir de la discipline sous l’emprise d’un gars cool, donc, affectueux.          

Les jeunes te connaissent avant même que t’es commencé tes cours.  Ils sont comme les chiens, ils reniflent ce que tu es dès que tu les abordes.  Ton année scolaire sera à l’image de ton premier cours.  Le premier cours doit être un observatoire.  Tu dois immédiatement déceler qui sont les chefs, quel genre de jeunes constituent ta classe et leur montrer que c’est toi le boss dans la classe. Tu es le chef quand les élèves décident que c’est toi le maître. Ils te testeront de mille façons avant.  

Indirectement, c’est grâce à l’école libre, que j’ai appris la nécessité d’avoir de la discipline et de te faire respecter. C’est le moyen à prendre pour être aimé.  J’ai toujours adoré mes élèves.  Ce furent mes meilleurs professeurs. 

Je n’étais pas membre du personnel de l’école libre,  mais la femme avec qui je vivais y envoyait son garçon et sa fille.  Je connaissais l’école pour y rendre visite, recevoir les invités des jeunes de notre maison et surtout, parce que j’ai travaillé à la construction de l’école à St-Hilaire.  J’étais nul comme manuel, mais je faisais ce que l’on me disait ou qu’on me montrait à faire.  J’y ai travaillé durant de nombreuses heures.  Ce fut une belle expérience.

31 Octobre 2009     
La discipline nécessaire…à la liberté.

Aussi incroyable que ça puisse paraître, c’est à travers l’expérience de l’école libre que j’ai découvert que les enfants ont absolument besoin de discipline, si on veut qu’ils réussissent.         

Être un troupeau uniforme, ce n’est pas de la discipline, c’est s’arranger pour avoir le moins de problèmes, de soucis ou d’interventions possibles.   

L’éducation sert au contraire à développer l’autonomie personnelle, l’estime de soi et le goût de la réussite.  Pour que tu puisses vivre ce but, tu dois adorer ton travail de prof. Tu dois adorer les jeunes.           

Tu ne peux pas faire une composition, s’il n’y a pas d’ordre.  Une école libre, c’est mille fois plus de travail qu’une école conventionnelle pour un prof parce que tu dois compter sur l’improvisation pour rendre chaque minute enrichissante.  Apprendre à tourner chaque minute, chaque situation, en ta faveur. Une composition de classe, c’est passionnant, mais super exigeant.     

On imagine mal le pouvoir de trente petits ensemble, surtout s’ils ne veulent rien savoir.  C’est comme pour le décrochage, le jeune qui revient fait un tel effort qu’il est en droit d’exiger une attention particulière.  Pour qu’un gars aime l’école, il doit pouvoir en sentir le bénéfice le plus immédiat possible.  Il ne veut pas perdre son temps aux choses inutiles : sagesse ou paresse intellectuelle ?  Pour ça, il faut de petites classes. L’économie n’a pas d’âme et aucun respect pour la vie. Mais, un jeune carbure aussi aux rêves et aux idéaux.  Faites tomber le joint, le pot, la mari, les problèmes familiaux et vous faites tomber une bonne partie du problème de décrochage.            

Être prof, c’est une maudite job.
  Les parents qui chialent le plus sont habituellement ceux qui ont de la difficulté à élever leurs deux ou trois rejetons et qui viennent te dire comment agir quand tu en as trente devant toi. Les parents sont essentiels dans une école, en autant qu’ils fassent leur travail de parents, là où ils doivent le faire, chez eux. 

Pour que les enfants évoluent, il doit y avoir une grande complicité prof-parent. Habituellement, on ne voit pas les parents qu’on aurait besoin de voir.  Ceux qui viennent nous voir, c’est pour entendre les louanges à propos de leur flos.  

Puisque je vivais à plein temps avec les deux jeunes, Suzanne, allant à l’école, j’ai pu constater que la vie de parents qui favorise l’école libre, ce n’est pas du gâteau.  Tu ne peux faire que de ton mieux.  Mais, cette expérience fut une des plus enrichissantes de ma vie.  J’ai pu vivre comme la femme à la maison.  J’ai appris que c’est un travail à plein temps.                    

Aujourd’hui, les deux parents doivent travailler parce que l’économie l’exige.  Un
parent seul ne peut plus arriver à nourrir sa petite famille et lui offrir tout ce qu’elle a besoin, On oblige les couples à travailler tous les deux pour avoir un minimum.   L’économie est la pire forme de deshumanisation.           

Tu peux avoir beaucoup de discipline dans une classe, tout en ayant pourtant une sensation de plaisir, de bonne humeur, de liberté. La discipline n’est qu’un outil pédagogique quoiqu’elle soit indispensable.  J’ai toujours eu une discipline de fer dans mes classes.  Ce n’était pas parce que je leur faisais peur. Je suis tout petit ; mais il savait que je les aimais et que j’agissais pour leur bien. Il se créait une complicité entre nous comme dans la pédérastie.         

On dirait que l’on essaie d’inventer une école où travailler, ce n’est pas travailler.  C’est aussi à ce que je rêvais, (le plaisir d’apprendre),  car je me disais que le propre d’un jeune, c’est de jouer ; mais inventer une école à travers le jeu, c’est loin d’être aussi facile à faire qu’à dire.

Là-dessus, j’ai échoué.  J’ai dû être plus conventionnel. Il y a une différence entre être constipé ou avoir une classe vivante, surtout grâce à l’humour. 

Évidemment, la notion de discipline n’est pas la même pour tous : être moumoune ce n’est pas faire preuve de discipline.  Manquer de mourir cardiaque dès que t’entends une farce un peu salée, ce n’est pas de la discipline, c’est être borné. C’est une des caractéristiques de notre discipline actuelle.  On féminise tous les rapports, y compris le prolongement des sermons qui nous ont tués quand on était jeune.  On a tellement peur de faire se planter qu’on ne sait plus réagir avec tendresse. 

La compassion ou féliciter un élève ou le rabrouer est devenue du harcèlement sexuel.  Le Québec a un maudit problème à se débarrasser de ce qu’on nous faisait croire sur le plan sexuel.  On régresse au lieu d’évoluer.        

À l’école libre, il fallait le moins souvent possible intervenir pour que les adultes ne soient pas une  » autorité  » ce qui est, à mon avis, la pire faute que l’on puisse commettre en éducation. 

Les petits enfants-rois qui ne vivent que ce qui leur passe comme caprices, c’est le moyen le plus sûr de faire des enfants gâtés, incapables de se limiter et de survivre aux problèmes à affronter devenu plus vieux.            

Cette perception est née du fait que je trouvais que si les jeunes avaient droit d’être libres, ils avaient aussi le devoir de nous respecter.  Je trouve normal qu’on exige des jeunes de ramasser leur gâchis, ce qui était vu comme un comportement fasciste.  Je ne trouvais pas normal que des jeunes puissent se tirer le dessert par la tête et que ce soit, nous les adultes, qui doivent ramasser les dégâts.  Trop de liberté, c’est comme pas assez.   

Il faut faire comprendre pourquoi on agit de telle ou telle façon.  J’ai aussi appris qu‘il faut créer une ambiance où c’est plaisant d’être ensemble.  Je crois que les enfants sont capables de sentir en nous, voyant si on les aime ou si on les déteste. Ils ont le flair.  Dès le premier cours, ils savent quelle sorte de prof tu seras.  Comment font-ils ça, je ne le sais pas, mais c’est immanquable.          

L’école libre m’a aussi fait prendre conscience que les jeunes savaient être très manipulateurs.  Dès que je gardais les enfants, tout marchait sur des roulettes et dès que leur mère arrivait, c’était la guerre totale entre le gars et la fille, les hurlements, les crises, ça n’en finissait pas. 

J’ai compris aussi que parfois ces crises n’étaient qu’un moyen d’attirer l’attention. Forcer l’adulte à prendre pour l’un ou pour l’autre. Tu deviens fou quand tu vas au magasin et que le jeune commence à faire une crise.  Et ils savent vite en profiter.   Un enfant complètement libre, c’est l’enfer.      

C’est avec l’école libre, que j’ai compris que les adultes avaient aussi des droits.  Qu’on le veuille ou non, plus tu vis plus tu as une connaissance de la vie… Ce n’est pas une maladie que d’être adulte.


02 Novembre 2009
Le besoin d’une grande réflexion…

Grâce à l’école libre, où je n’étais qu’un spectateur, quoique j’aidais à définir l’idéologie et construire l’école, j’ai pu comprendre que notre société d’adultes ne peut concevoir aucune autre structure que la monogamie, la famille nucléaire comme mode d’expression sexuelle.      

Un gars normal, c’est attiré par une femme ; les autres sont des vicieux… Un homme normal a pour but principal de procréer et les petits doivent être élevés par la maman… C’est qu’on le veuille ou non, ce que pensent presque tous les Québécois.  D’ailleurs, on ne veut pas aller plus loin dans notre réflexion sur le sujet.

Pas étonnant qu’au fédéral, on fut assez borné pour augmenter l’âge de consentement, au détriment de la réalité des jeunes.  On ne s’est même pas rendu compte que le fédéral venait d’un trait d’éliminer tout ce que la Charte québécoise des droits de la personne avait de plus progressif.          

Les gens qui voulaient des changements ne les voyaient qu’à travers leur propre situation.  C’était une expérience pour tuer leur monotonie. On voulait bien croire que la sexualité est une nécessité naturelle, rattachée autant au plaisir qu’à la procréation, mais on avait en même temps peur de se tromper et d’empirer la situation.   Qu’en dirait Dieu ?           

L’aliénation consiste à embrasser les cordes qui nous tiennent prisonnier.  Et, sur le plan sexuel, nous sommes encore trop profondément chrétiens pour admettre que les interdits sont assis sur rien de légitime.        

Notre ouverture d’esprit toute québécoise est semblable à une réflexion d’une des mes connaissances, lors de la dernière fête de la fierté : « C’est bien de laisser les gais s’exprimer.  Ce le sera tant qu’ils auront un espace bien à eux ».     

 Il faut garder les pervers entourés de gens bien et éviter les dispersions.  Le Village gai est un lieu touristique pour la majorité de la population.  On s’y rend pour voir, mais les fesses serrées, même si c’est un des endroits les plus sûrs de Montréal.

Beaucoup d’adultes rêvent d’aller voir ailleurs.  Évidemment, c’est un besoin qui tourne toujours autour de la sexualité.  Ce qui était déconcertant, ces personnes qui rêvaient d’un nouvel ordre social sexuel étaient souvent les plus fascistes quand il s’agissait de juger les pédérastes, gais ou efféminés.   Eh non, ce n’est pas la même chose. Eux, pensait-on, ils sont dangereux pour nos enfants.      
 
Les hétéros pensent qu’il n’y a qu’eux qui savent vivre. Les autres sont des dégénérés.  Malheureusement, ils n’ont jamais lu beaucoup sur l’histoire de la sexualité, car ils se rendraient compte qu’ils ont peut-être été ceux qui se sont fait le plus emplir. 

Les bourgeois ont une morale qui satisfait à la fois l’ascétisme religieux et l’économie (qui s’occupe de la santé, surtout de la santé mentale).       

Je reviendrai sur le sujet ; mais cette réalité m’a fait prendre conscience de la nécessité d’avoir une réflexion nationale sur la sexualité au Québec.   Le besoin d’en parler librement, sans se faire crucifier sur la place publique.  Passer d’une vision religieuse, à la réalité, aux connaissances scientifiques du sujet.  Cesser de penser comme TVA ou les féminounes de Radio-Canada.     

La libération sexuelle au Québec est beaucoup plus large que les  » déviations », aux yeux des hétéros ».  Elle porte aussi sur notre éducation et ce que nous voulons laisser aux jeunes qui nous suivront.   Est-ce que prétendre que la sexualité est mauvaise est la raison pour laquelle on la craint tant ici ?  Est-ce une forme de paranoïa ?  Bien des gens, même à la Commission des droits de la personne et la protection de la jeunesse, auraient besoin de retourner à l’école et être remplacées par des esprits moins tordus.          

Je lis présentement le deuxième livre de Michel Foucault : Histoire de la sexualité, l’usage des plaisirs.    Il explique comment nous en sommes venus à une sexualité aussi dirigée.  Fabuleux de voir comment notre perception de la sexualité est basée sur des erreurs monumentales.   

Mon petit Virus (dans le livre du même nom) ne sert qu’à les faire découvrir à travers un pseudo-quotidien à l’époque de Platon.   Ce livre est tout de même appuyé autant que possible sur une recherche.  Tout est en référence avec la culture de cette époque.  

Mes livres sont une critique de la société, même s’ils ont l’air d’être niais, tellement je me sers de la dérision.

Ça leur donne une allure un peu folle. Et,  si c’est parce que l’auteur est fou, tant pis, l’important c’est de toujours être un fou heureux.

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