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Radioactif 505

septembre 24, 2022

Radioactif 505

Textes de 2208, p. 977

Évolution.

Je devenais tout excité quand un rapport sexuel se produisait à l’improviste. C’était ce qui me charmait le plus dans la vie. Le plaisir était la norme. 

Ce besoin se modifia avec le temps.  Non seulement je recherchais un petit regard, un petit toucher en toute vitesse ; mais aussi de tomber en amour avec le camarade qui m’excitait.   Chercher à plaire à celui qui acceptait de partager ce plaisir est vite devenu le but de ma vie.           
 
Un jeune qui acceptait une relation aussi ouverte, aussi interdite et peu profonde, devenait comme un dieu.  Je ne pouvais l’oublier.  Je désirais toujours être en sa présence, car juste le fait qu’il soit là me rendait parfaitement heureux.  Je jouissais de voir mon petit camarade heureux.  J’aurais fait n’importe quoi pour le voir encore plus heureux. 

Comment un tel phénomène pouvait-il être mauvais comme tout le reste de la société le prétend?  Faut-il souffrir pour être bon?  On vivait dans une société où la souffrance était ce qui pouvait nous arriver de mieux : une promesse d’aller au ciel.  Quelle folie!    

Ces amitiés étaient assez profondes pour remettre en question tout ce que les religions m’avaient enseigné.  J’en vins même à croire que les religions sont en fait l’œuvre du diable, car le pouvoir et l’argent sont leurs seuls intérêts. 

Le sexe conduit à aimer alors que le monde entier essaie de s’enrichir et détester les autres qui sont différents, donc, concurrents.     

Par contre, la génitalité devait être transcendée si je voulais atteindre une dimension que je qualifierais de spirituelle.   Un échange au niveau de l’énergie fondamentale de tout être plutôt qu’un simple sentiment de joie ou de jouissance.  Cette amitié devait de plus en plus pouvoir se répéter dans le temps pour prendre son envol.  Je n’étais pas assez fou pour nier le plaisir quand tu vis une expérience sexuelle.  Avec les jeunes, c’est plutôt un jeu.  Il n’y a que les pervers pour y voir du mal, si tout se passe dans le consentement mutuel et le plaisir.       

La liberté sexuelle m’est vite apparue comme ce qui changerait le monde si on la vivait en être responsable et autonome

Loin d’être contradictoire avec les Évangiles, le sexe était un sentier qui mène à l’amour pour les couples, à l’amitié pour les individus.  L’amitié est devenue pour moi l’essentiel de la vie.      

Tomber en amour, c’était dorénavant considérer l’autre comme l’être le plus cher au monde, de partager un secret et vouloir à jamais son bonheur.  C’était comme si ces petits échanges éliminaient le mur qui existe automatiquement dans toutes les communications. C’était se permettre un échange dans son intimité.  Comment être plus profond ? 

Bien évidemment, pour les hétéros, ça semble un charabia, car on s’imagine mal pouvoir vivre une vie de couple sans relations sexuelles visant à enfanter.          

Quant à moi, le fait de vivre intensément avec un petit gars, c’était comme avoir un ticket d’accès direct au septième ciel.   Le corps existait, mais ce n’était plus le plus fondamental.  C’était le sentiment que suscitait cet échange charnel ou non qui l’emportait.  La complicité.        

Plus le temps passait plus je savais aussi que l’on n’est pas toujours attiré avec le même degré selon les gens.  Aristote a raison : il y a des degrés d’amour et d’amitié.       

Fondamentalement pour le sentir, il faut aimer l’humanité entière, je dirais même la création, car pour jouir de la beauté du monde, il faut d’abord la ressentir en soi. 

Mais, cette nouvelle façon d’aborder la pédérastie impliquait des restrictions.  Il fallait dorénavant s’assurer que l’autre aime autant ce partage que moi, sinon c’était impossible que ce nouveau sentiment survive et progresse. 

Sans m’en rendre compte c’est ainsi que petit à petit, la génitalité a perdu de sa nécessité.  Je préférais être mentalement excité, quitte s’il le fallait à me masturber le soir pour tempérer les désirs. Le plus important était devenu de créer un lien qui se maintient.  Cet ascétisme était une nouvelle réalité qui s’est encore plus implanté quand je fus professeur, car c’était devenu une question de survie dans le métier.           
 
La libido est ainsi faite.  Elle exige d’être satisfaite.  Les capitalistes ont remplacé le plaisir sexuel par le plaisir de l’argent. Ils n’en finissent plus d’amasser des biens, faute d’avoir du plaisir. Dans leur cas, l’avoir a plus d’importance que l’être.     

Le royaume de la jeunesse.

Je ne savais même pas que j’étais différent quand j’étais plus jeune et peut-être ne l’étais-je pas tant que ça. 

J’étais obsédé par la beauté des garçons ou la curiosité à savoir si leur corps était partout aussi joli, aussi attirant, aussi bien proportionné que je me l’imaginais.  Les dimensions me fascinaient.   Partager ce secret me stimulait au plus profond.  Une simple petite aventure devenait plus importante et imposante que la conquête de l’Everest pour un alpiniste.  

J’en tremblais de joie à en avoir peur tant je croyais sublime ces moments qui dans notre société sont vus comme le mal, le péché.   Je croyais perdre connaissance tant ça m’énervait.  À vrai dire, le plaisir se confondait au péché.  Plus il était mortel, plus il était intense. 

Pourtant, je ne commettais pas de péchés mortels, je répondais simplement à ma nature profonde.  J’avais la confession du matin, en allant servir la messe, pour m’en sortir et j’en profitais.  Je croyais l’amour de Dieu plus fort que mes péchés.  Je savais qu’il m’aimait, et qu’ainsi il me pardonnait. Je n’en doutais pas. Son pardon était donc à portée de main. 

J’ai rêvé de devenir prêtre et plus particulièrement missionnaire pour combattre la misère.  J’admirais l’abbé Pierre.           

Mais peut-être pour me sentir normal, obéir à ce qui me semblait être la vocation de tout homme, je voulais me marier et avoir des enfants.   Mais, il y avait un problème.  J’excluais les femmes dans ma vie, en les ignorant.  Je n’acceptais pas leur notion de fidélité. Pourquoi n’avoir qu’un partenaire?

C’est probablement la meilleure chose que j’ai faite.  Je me voyais évidemment entouré de petits gars pour qui je donnais ma vie.           

Seule, mon avidité sexuelle ou mon besoin de paternité ramenait la femme dans mes projets puisqu’il est impossible d’avoir des enfants, sans une femme.  Au fur et à mesure que je vivais mon attirance pour les garçons, je constatais que les hommes dits normaux avaient encore moins de respect pour les femmes que moi.  On peut être pédéraste, sans être misogyne.

Pour moi, sauf pouvoir accoucher, un pouvoir extraordinaire féminin qui ne sera jamais partagé avec un homme, les femmes étaient exactement comme les hommes, sauf sur le plan de la tendresse.  Elles dominent sans l’ombre d’un doute.  Une femme peut être la gentillesse incarnée ou la « bitch » absolue. 

Il a fallu Grand Gabriel pour que je découvre que l’amour pouvait être aussi possible entre deux mâles adultes.        

Je n’avais pas grand-chose de différent des autres : juste un petit goût d’exotisme que je confondais avec l’amitié.  La curiosité était incommensurable et ce n’était pas que pour les petits pénis.  Tout.  Je voulais tout connaître. 

J’étais peut-être aussi un peu trop naïf et émotif, car parfois je ne savais pas ce qui devait être classé comme de la magie, de l’imagination ou de la réalité.           
 
Ma curiosité m’envahissait, elle était le centre de ma vie. 

J’adorais me sentir transporté par la beauté, ce qui incluait ma perception de la religion. J’adorais me sentir en extase.  La vie était un grand parc d’amusement.  Je ne me pardonnais pas facilement d’être en colère, car pour moi, la violence était déjà le pire des péchés.  Je ne savais pas encore que la notion de péché est en soi l’enfer et l’emprisonnement.  La torture intérieure personnelle.   Je ne comprenais pas pourquoi il faut souffrir pour être sauvé.  Ça m’apparaissait comme une idée folle. 
 
Dieu nous avait créés pour reconnaître sa beauté et sa grandeur. Pourquoi fallait-il le percevoir comme le pire des monstres qui ne sait même pas reconnaître les besoins de ses créatures?  Pourquoi souffrir pour être heureux?  Pourquoi devoir souffrir si Jésus l’avait déjà fait pour nous?  Pour qui nous prenions-nous?      
 
Pire, pourquoi fallait-il rejeter ceux qui ne partageaient pas notre foi?  Mon amitié était plus forte que ces commandements religieux qui me semblaient contre-nature.  « Aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu ».  Il fallait vivre le contraire de ce que l’on nous enseignait comme la vérité, la morale.  Tout était hypocrisie.  Regardez-moi !  Je vais à la messe. J’ai un joli chapeau !

J’avoue que je n’étais pas le conquérant du siècle en ce qui a trait aux femmes.  Je ne savais pas de quoi leur parler et je n’étais pas intéressé par ce qui les intéressait.  C’était tellement plus facile avec un garçon.  

Avec les garçons, il y avait un langage non verbal qui ne mentait pas.  C’était évident quand un autre aimait autant que toi les petits attouchements.  Pas de question, tout est seulement d’avoir le courage de s’ouvrir à l’autre.

Ce fut aussi pour cette raison, l’hésitation et la peur d’un refus,  que bien des désirs sont morts à la naissance sans jamais se réaliser.  Avec les filles, c’était toujours un tournage en rond.  Une analyse à n’en plus finir. Un vas-y, mais en te retenant toujours, au cas où la culpabilité féminine resurgirait.                

À cette époque, j’étais nécessairement attiré par ceux de mon âge. Dans ces jeux sexuels, on avait tous à peu près le même âge.  Il n’y avait pas encore de féminounes pour penser que du moment que tu as une aventure entre gars d’âges différents de quelques années seulement, c’est anormal.  

Elles sont tellement poignées dans leur obsession antisexuelle qu’elles s’imaginent que le monde est différent à quelques années près. C’est juste qu’elles ignorent totalement ce qui se passait chez les gars.


Cette folie millénaire de différence d’âge n’existe que dans la tête des adultes, particulièrement des hétéros.  Avec ces stupidités, ils ont défendu le besoin pour certains jeunes de se tenir avec des plus âgés.  La folie bourgeoise est encore pire que la folie religieuse.  
 
J’avais probablement l’obsession ou la libido un peu forte à cette époque.  En tous cas, j’avais rarement le poignet au repos ; mais je crois que tout serait vite entré dans l’ordre, s’il n’y avait pas eu la prison.              
 
La prison fut un grand trip religieux qui me précipita encore une fois dans les griffes de la culpabilité.  C’est la pire erreur que puisse commettre un individu contre lui-même.  Se culpabiliser pour rien, pour des sottises millénaires, pour une ignorance crasse de la nature humaine.  C’est une erreur fondamentale.        

En quoi le fait de me masturber avec un petit ami pour éviter qu’on essaie de violer une fille regardait les gens?  La morale sexuelle est de la folie pure, une folie que j’ai ensuite combattue le reste de ma vie.              

La prison est devenue la source de mon mépris pour la société d’alors et future.  Je déteste l’hypocrisie et l’injustice. Pour commettre un crime, encore faut-il reconnaître qu’il y a eu crime. 

On a rien compris des raisons pour lesquelles j’écris, puisqu’on a remis l’âge de consentement à 16 ans, même si on sait que ça ne correspond pas à la nature des garçons.  On aime ça triturer les âmes.  

Nos esprits pervers aiment s’en prendre à ceux qui ont du plaisir, car leur âme tourmentée ne peut pas accepter le plaisir. 

Pire, on dirait qu’il existe des gens dont le seul plaisir dans la vie est d’empêcher les autres d’en avoir.           



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