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Radioactif 457

août 6, 2022

Radioactif  457

Texte  2008, p. 831

Espace pédéraste

La censure est un virus cancérigène qui gruge le cerveau et conduit à l’Inquisition ou au fascisme.     

Quand j’ai écrit les textes sur la pédérastie, j’ai essayé de communiquer comment peut se sentir un pédéraste dans un monde qui le proscrit partout sur la planète.  Pourquoi fait-on la chasse à ces amours alors qu’on endure la violence et la drogue?  Pourquoi un jeu conduisant à une commotion cérébrale est-il perçu moins dangereux qu’une expérience sexuelle en bas âge? Comment approuver une société ou tuer est moins pire qu’un attouchement sexuel?  Une philosophie contre-nature et d’hypocrisie.  Une philosophie née des hallucinations religieuses.        

Même si je suis pédéraste devenu passif, je ne vis pas nécessairement ma pédérastie comme les autres.  Mes anciens amis pédérastes rêvaient de s’expatrier considérant le Québec comme un infâme enfer. 

Quant à moi, je considère que, sauf les féminounes et les médias qui essaient de nous ramener à l’âge des cavernes ou des curés (c’est la même chose), je ne me sentais pas brimer à ce point.  C’est au jeune de décider s’il aime ça ou pas et non aux adultes, sous prétexte que les jeunes ne sont pas responsables.  Et des jeunes qui aiment ça, il y en a beaucoup plus qu’on le pense. Le vrai problème est de le vivre sans en parler, car c’est le seul moyen.

Si les parents voulaient qu’ils soient responsables, ils s’arrangeraient pour que les jeunes soient très bien informés sur la sexualité.  Ils voudraient qu’on leur enseigne la vérité et non pas n’importe quelle sérénade. Il respecterait que l’âge de consentement au Québec est de 14 ans et non 16, comme l’a imposé le fédéral.    

J’ai toujours vécu dans la joie, le bonheur et la générosité, grâce à la pédérastie.  J’ai eu aussi des «down», comme tout le monde.  J’en étais même rendu à me demander si en ayant fixé l’âge de consentement à 14 ans, ce n’était pas raisonnable. En tous cas, je pouvais le vivre et si je ne le respectais pas, je savais à quoi m’attendre.     

Je suis majeur et vacciné contre la débilité de la morale sexuelle religieuse.  D’autre part, il faut admettre que la sévérité du système judiciaire concernant tout ce qui touche les réalités sexuelles sans violence est le descendant de l’Inquisition.

On ne fait aucune nuance entre une relation sexuelle violente ou dominatrice et un jeu sexuel consenti, mais proscrit par la loi.

À moins d’être malade ou menteur, une fellation ou une masturbation ne cause pas de douleur à un garçon, mais bien au contraire, un plaisir.  Prétendre qu’une aventure a tué ta jeunesse, c’est plus que de l’exagération, c’est du délire. La seule chose qui peut être douloureuse, c’est la sodomie et c’est ce que notre système judiciaire protège le plus comme si on en n’était pas conscient.

Toutes les vidéos qui présentent la vie gaie insistent  sur les scènes sodomites comme si être gai était être sodomite.  Cette peur entretient un déséquilibre social puisque le sexe est condamné dès qu’il est vécu en dehors du sacrement du mariage ou son équivalent.

Évidemment, y a de plus en plus de parasites, d’avocats, dans le monde judiciaire et les médias qui créent une espèce de course à savoir qui sera le plus fasciste.   La peur est ce qui paye le plus.  

Le pire on ne tient absolument pas compte de deux facteurs essentiels : la sexualité gaie ne se vit pas comme les relations filles-gars, c’est beaucoup plus ouvert.  Le danger de donner naissance n’existe pas.

L’éducation sexuelle du garçon est plutôt son silence alors que pour une fille tous les adultes crient au danger et à la douleur de la pauvre fille qui ose avoir une relation sexuelle et qui risque de devenir enceinte.

Ce n’est pas désagréable de se faire toucher ; et surtout, le jeune en faisant face à un âge de consentement trop vieux est privé du droit à son intégrité physique et à sa vie privée.  Il sera aussi intéressé à ne pas obéir et tenter d’expérimenter par lui-même puisqu’il ne peut pas faire confiance aux adultes.

Donc, espace-pédéraste essaie de décrire ce que certains pédérastes vivent à travers leurs expériences.  Je me suis, jusqu’à un certain point, servi de ce que je ressens, c’est bien évident. 

C’est bizarre que l’on refuse d’entendre ce qui se passe à l’intérieur des gens qui n’ont pas la même façon de vivre ou la même morale.  On ne me fera jamais croire que jouer aux fesses est négatif et qu’il appartient aux autres de décider. 

Donc voici un des poèmes qui fait sauter les barrières de l’ignorance et de la répression et qui m’a valu d’être décrié comme si j’étais Satan en personne :     

                                 Espace pédéraste  

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste  
je contemple la vie 
rivé à l’extase-sourire        
des premières éjaculations          
d’un petit bonhomme qui me plaît.         

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste. 

Je bois l’amour et le bonheur      
au bout de petits pénis     
qui apprennent en soubresauts 
le chemin de la jouissance.         

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste  
de ceux prêts à mourir      
pour un regard        
pour un toucher     
pour juste un petit peu d’amour.

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste. 

Et c’est pour ça       
que l’on m’exclue   
que l’on me chasse           
que l’on m’accable 
qu’on me condamne.        

Amour antithèse de la guerre      
amour antithèse de l’inégalité     
amour fascination de l’autre        
amour -compassion anti-misère 
amour antiracisme et préjugés.   

Je n’aurai jamais de pays 
sinon le corps d’un gamin
que je découvre      
avec ma langue.

Je parle de race, car la chasse aux pédérastes est exactement du même ordre que le racisme : ceux qui s’y opposent prétendent que le pédéraste est un être vil, un moins que rien.  Comme les Talibans, ils pensent qu’il faut se conformer à la lettre à la Charia, comme les Juifs à la Bible.  

La religion et ses interdits créent la discrimination parce qu’on se pense meilleur que l’autre. Et, s’ils étaient aveugles ? 

La pédérastie est simplement être gai, mais être attiré par quelqu’un de plus jeune que soi.  On peut s’apercevoir que l’on est gai et en ressentir les besoins à un âge plus précoce que les autres, d’où est-il impossible d’établir un âge de consentement. La pédérastie repose sur la beauté et le plaisir d’intimité. Comme dirait Freud, dans certains cas, cela peut aussi naître d’une fixation à un événement précédent habituellement très heureux.        

Je crois que, dans mon cas, ce fut la peur des adultes sur le plan sexuel à cause des histoires que l’on se racontait à partir des articles de journaux qui a joué un rôle essentiel. 

Quand j’étais jeune, on parlait des enfants tués par des vicieux, ce qui m’amena à faire de l’auto-stop avec une pierre cachée dans mes poches pour me défendre au cas.

Cette peur maladive de la sexualité est entretenue par les média. Elle alimente un surmoi de plus en plus délirant. On confond un toucher avec un viol.

Quand on ne fait plus de différence avec un viol, donc une geste extrêmement violent, et un toucher non consenti, une forme de non savoir vivre, on permet aux media de nous laver la tête contre tout ce qui est sexuel et de rendre toutes nos relations suspicieuses.

La pudeur excessive est aussi maladive que le vice. Elle est plus fréquente chez les filles à cause de l’éducation sexuelle qui se nourrit à travers ce que l’on entend quand on est jeune.

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