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Radioactif 357

avril 26, 2022

Radioactif 357

Texte de 2008

Voyage et consentement.          

En voyage, j’ai appris que je ne suis pas le seul à accepter de jouir un peu des plaisirs de la vie.  Plus un pays est sexuellement scrupuleux, plus les moments où tu peux jouir de ta sexualité sont excitants.  Tous les moyens sont bons pour créer l’événement.  

Ceux qui prétendent que les jeunes de dix et plus ne savent pas ce qui se passe, qu’ils sont intimidés ou qu’ils ont peur quand il s’agit de sexe sont des ignorants ou des menteurs. 

Ce n’est pas étonnant : notre morale a toujours essayé de nous faire croire que les jeunes n’ont pas de besoins sexuels.  Est-ce parce que les jeunes pensent qu’une aventure peut être sans suite qu’ils manifestent très clairement et très vite leur intérêt pour la chose, surtout si l’autre est un étranger qui disparaîtra aussi vite du décor qu’il aura fallu pour le faire grimacer de plaisir ? 

Darryl ne fut pas le seul à me forcer à comprendre plus vite leur approbation, mais j’avoue que j’ai fait un effort pour comprendre vite.  Plus les choses sont claires, moins il y a de pertes de temps. 

Je me rappelle qu’un après- midi, dans un hôtel du gouvernement, j’avais un jeune qui était couché près de moi.  Nous étions les deux seuls à partager cette chambre.  J’écrivais une lettre dans laquelle j’expliquais en même temps la tentation que représentait ce jeune voyageur.  Il a suffi de regards, d’un petit grattage instantané, insistant à la bonne place pour que je saisisse que je pouvais m’aventurer à offrir le plaisir d’une bonne pipe.  Je n’avais pas fini ma lettre que je buvais le paradis et réalisais mes vœux les plus osés.          

Mon plus grand plaisir est facile à combler : regarder jouir à chaque mouvement de ma langue sur son corps. 

Le voyage m’a aussi fait découvrir mon côté féminin ou prostitué.   J’avoue que j’étais probablement, malgré mon âge, beaucoup plus peureux que les jeunes qui s’offraient à moi.  J’étais plus conscient qu’il existe vraiment des dangers potentiels.  Des fous y en a partout.  Contrairement à ce que j’avais entendu dire, me prostituer sans me faire payer n’engendrait aucun mépris ou sous- estime de moi.  C’était parfois même perçu comme une vocation : donner du plaisir. 

Était-ce parce que je ne demandais jamais quoique ce soit que je n’avais pas de scrupule? Loin de me mépriser davantage, au contraire, puisque je me suis toujours perçu comme affreusement laid, me sentir désiré par un autre, surtout quand il s’agissait d’un jeune, était comme un hommage sans borne.  C’est ce qui m’a permis de m’ouvrir un peu. 

Plusieurs pédérastes ne veulent rien savoir des femmes ou des hommes parce que leurs organes génitaux ne les attirent pas, mais les répugnent.  Pourquoi? Je n’en ai aucune idée. C’est ainsi point à la ligne.

Cette exclusivité aux jeunes leur permet de demeurer dans la sphère de leur propre enfance.  Le pédéraste vit dans une «aura» idéaliste, il se croit indispensable au bonheur ou au plaisir du jeune dont il est amoureux, ce qui est probablement sa propre projection de lui dans l’autre. Il est comme figé d’admiration devant  la peinture de ce qu’est la pureté, l’authenticité et la beauté pure.  

La pédérastie se vit seulement par et pour l’amour. C’est un motif moral bien plus valable que d’aimer la vie pour l’argent ou la drogue.  C’est un «diapason de vibration », voilà tout. 

Il est impossible de le réaliser ou de le reproduire en dehors de la pédérastie. Un hétéro ne sera jamais homo, c’est la même chose pour la pédérastie, sauf que la personne convoitée est plus jeune.  Pourquoi ce qui te fait tripper correspond spécifiquement à certaines personnes?  Une question d’attraction d’énergies, de vibration. Notre corps est sensible à certaines géométries. On peut l’expliquer par la différence de réaction des individus devant une toile.

Fort probablement que  l’on découvrira pourquoi à travers les modifications que l’on a découvertes autour des gênes qui déterminent notre sexe et notre genre.

Mon premier voyage.      

Dans mon premier tour du Canada, j’étais plutôt « politique ».  Le sexe avait moins d’importance. L’indépendance du Québec et la survie de la langue française prenaient toute la place.  J’ai ainsi pu comprendre pourquoi le Canada est plus près de Paris que du Québec.            

En jouant les vierges offensées sur notre façon de parler et notre accent, Ottawa peut se justifier de ne pas appuyer un français qui n’est pas celui de la France, comme un outrage à notre langue.  On a assez honte qu’on s’imagine ne pas parler français, même si notre joual était la langue parlée à l’état pur, à la Cour de Versailles.  

Les français hors-Québec, appuyant ce point de vue d’Ottawa, sont complètement déconnectés quant à ce qui se passe au Québec.  Le clergé de l’Ouest n’aime pas ce Québec trop libéral.  C’est pour ça qu’à tous les référendums, ils sont contre nous. 

Quand j’ai dénoncé ce fait, à Edmonton, les journalistes qui me recevaient à la radio ont perdu leur emploi.  J’ai constaté que si la langue est l’élément le plus important pour choisir l’indépendance ; nos valeurs moins puritaines que les protestants en sont le deuxième élément.  Finalement, vient la question d’argent.  C’était aussi la grande vérité d’alors.  Je suis de plus en plus apolitique et pourtant de plus en plus indépendantiste, séparatiste.  Il faut cesser de croire dans la possibilité d’un trait-d ‘union avec le Canada.  Le Canada est anglais et le Québec est français.

En même temps, sur un plan mondial, je suis de plus en plus pédéraste. C’était un homme bohême, sans famille, sans pays, qui parcourait sans relâche l’univers.  Homme libre de la terre, ton pays c’est ta planète, disais-je dans la chanson le bohême 

Pourtant, je me rappelle avoir alors tellement manqué de français dans l’Ouest que j’ai braillé comme un bébé la première fois que j’ai entendu chanter Pauline Julien à mon retour.   Québec mort ou vivant.  

Aujourd’hui, le Québec est détruit brique par brique et si on ne se réveille pas bientôt, nous ne pourrons même plus devenir indépendant. 

Dès que Montréal sera assez majoritairement anglophone (avec les immigrants) ce sera numériquement impossible de gagner un autre référendum.  Adios les french pea soup!  Nous qui avions tant d’avenir, si on avait su prendre notre destin en main quand c’était encore temps…

On préfère chialer contre Madame Pauline Marois.

La politique, c’est une perte de temps et d’énergie et pourtant si on veut que le Québec soit un jour un pays, il faudra bien reprendre le pouvoir et prendre les moyens pour devenir un pays.  Nous ne serons jamais assez forts pour prendre les armes lorsqu’on ne pourra plus créer notre pays démocratiquement. 

Ceux qui font les gorges chaudes aujourd’hui seront peut-être moins fiers quand on sera une minorité stérile au sein de l’Amérique anglaise et protestante, scrupuleuse.

Dans mon premier voyage, ce fut une rencontre avec Riel et j’ai découvert le nudisme. Je pense que dans l’avenir, le nudisme jouera un rôle plus primordial que mes initiales sur un des bancs d’école où Riel enseignait. 

Dans le temps on ne tuait pas pour le pétrole, mais pour les chemins de fer. Rien de fondamental n’a changé.  Le Canada a été érigé par le meurtre des Métis.

L’immigration.

Le problème au Québec, comme ailleurs, c’est que les questions fondamentales doivent être résolues par le parlement, mais nos partis politiques sont trop étroits d’esprit pour créer l’unanimité autour d’enjeux essentiels.   Nos prétendus leaders passent l’intérêt de leur formation politique avant celui du peuple. 

Stéphane Dion vient d’en donner un exemple éloquent au fédéral, si éloquent que l’on peut dire sans se tromper qu’il n’y a aucune différence entre les conservateurs et les libéraux.  Aucune conscience.   Qu’on regarde à Québec ou à Ottawa, le pire ennemi du peuple, c’est le manque de planification et de couilles pour préparer l’avenir. 

Tout le monde sait que l’immigration est un élément indispensable au développement du Québec.  Nous voulons tous que le Québec soit un territoire français, alors pourquoi ne pas s’entendre sur ce qui constituerait une politique d’immigration acceptable pour tous?  Que devrions-nous faire pour s’assurer que les immigrants doivent apprendre le français? 

D’abord, leur dire la vérité avant qu’ils entreprennent de venir s’établir chez-nous.  Il faut leur dire clairement qu’il n’y a aucun compromis possible sur deux ou trois éléments en venant s’établir au Québec : le fait français (si tu ne veux pas l’apprendre installe-toi ailleurs) , la laïcité , au Québec la religion se vit dans les foyers et les temples, tu dois accepter le principe de ne pas imposer tes règles religieuses ou tes rites aux autres si tu veux être heureux chez-nous,  et finalement, l’égalité entre tous les individus ( quel que soit l’âge et le sexe). 

Il me semble que ce n’est pas compliqué de trouver des politiques qui garantissent que ces éléments soient connus et respectés quand on s’installe au Québec. 

Ce sont des sujets qui sont tellement importants que les partis politiques devraient s’entendre pour que ce soit une réalité.  Ils apprennent le français avant d’arriver ou ils ont une immersion dans cette langue dès leur arrivée.  Si les enfants vont tous à l’école française (on devrait abolir les écoles privées) en arrivant, leurs parents doivent pouvoir les assister dans leur cheminement. 

Plus tard, si on a des gouvernements qui ont assez de panache pour s’assurer que la langue de travail soit le français, nous sommes assurés que le Québec sera français. 

Il devrait y avoir des élections où la seule question soit : Que ferez-vous pour vous assurer que le Québec sera un territoire français ?

Je devrais dire un pays, mais pour cette unanimité, il faut que ça dépasse la lutte entre fédérastes et séparatistes.  Qu’on commence par solutionner un problème fondamental, puis, on passera à l’autre.  Comme c’est là, les libéraux sont les pires agents d’anglicisation ; l’ADQ ne sait pas trop où se brancher pour obtenir les faveurs populaires et le PQ a trouvé moyen de se recréer une lutte interne.  On fait du sur place !  Et, Ottawa continue d’avoir un mot à dire sur notre immigration.

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