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Radioactif 182

octobre 28, 2021

Radioactif 182

03 Octobre 2007

Émotions vives.    

À mon arrivée dans le journalisme l’été fut assez éprouvant, même si j’adorais mon travail.  Le problème était le choix des sujets. 

On a découvert que j’avais beaucoup de facilité à écrire des textes émotifs.  Aussi, aie-je eu à couvrir des événements qui faisaient appel à une grande sensibilité dans cette courte période. 

Quatre événements importants me furent assignés pour faire pleurer les lecteurs et vendre le journal. 

La première fois, j’ai interrogé un gars qui venait à peine de sortir de l’eau, sur ce qui se passait, ce qu’il pensait et éprouvait quand il s’est aperçu de ne pas pouvoir ramener son ami sur le bord de la plage, de lui redonner la vie.  Je me sentais presqu’un voleur de sentiments de ne pas donner le temps à ce gars-là de se rendre parfaitement compte du drame qu’il vivait. 

Puis, on m’assigna une série de reportages au cours desquels j’essayais de peindre ce que ressentait un gars condamné à la mort et qui voyait venir sa fin à grand pas.  Je me rappelle que pour lui la mort fut d’abord la solitude, être abandonné de ses amis sportifs.   

Le problème, je m’attachais aux personnes et, par conséquent, je ressentais leur drame.  Ce qui me hantait.  Je peux dire que ce fut bien plus  pénible que mes expériences sexuelles. .

03 Octobre 2007

Les accidents.       

Puis, ce fut un petit bonhomme de six ou sept ans qui se précipita de joie voir la carcasse d’une auto qui avait été happée par un train ; mais en apercevant les lunettes sur le plancher avant de l’auto, il comprit que sa mère était la victime. 

Il se précipita sur nous en pleurant et en criant :  « Vous avez tué ma mère.  »  Il nous frappait du poing en même temps qu’il criait.  Trente ou quarante ans plus tard, j’ai encore des frissons et les larmes aux yeux quand je raconte cet événement.  Je deviens absolument dessus-dessous dès que je vois souffrir quelqu’un.  Je souffre plus qu’eux. 

La goutte qui fit déborder le vase émotif fut le sort d’un petit gars de 13 ans.  J’avais interrogé son petit copain et il m’avait bouleversé.  Son ami s’était fait arracher une jambe quand il fut happé en bicyclette par une auto le long de la route. Je me suis presqu’évanoui quand j’ai appris son décès. 

Après deux mois, j’étais sur le bord de la dépression, subjugué par le malheur des autres.  Heureusement, je suis parti avec ma tante Aurore et son fils Ti-Jacques Pépin, visiter les provinces de l’Atlantique. 

À mon retour, une autre surprise m’attendait.

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