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Radioactif 151

septembre 27, 2021

Radioactif  151

22 Septembre 2007

La vocation 1.        

Ma crise religieuse m’amena souvent à faire mes valises pour devenir prêtre, mais je ne me suis jamais rendu jusqu’à porter la soutane. 

La première fois, l’école Émile Simoneau (St-Luc) de Barnston recevait des frères qui venaient récolter la moisson divine. 

Ainsi , je me suis inscrit à une visite, à Compton . À cet endroit, nous avons subi une foule de tests pour vérifier notre QI.  Je fus invité à rencontrer le responsable qui voulait s’assurer que je n’avais pas triché et qui figeait devant mes résultats.  Un score assez imposant. 

Malheureusement, tout test tombé à l’eau pour des raisons dont je n’ai aucun souvenir.  Puis, ce fut mon entrée chez les Pères St-Paul, des Italiens de Sherbrooke.

22 Septembre 2007

Le pensionnat  2.  

Cette fois, je suis devenu pensionnaire à plein temps.  Je m’ennuyais beaucoup.  Je n’avais pas grand talent dans l’imprimerie et je me sentais plutôt mal à l’aise avec certains prêtres. 

Quant à mon directeur de conscience, il n’y avait aucun doute possible, j’avais la vocation.  Même dans ma façon de me tenir, j’étais déjà consacré. 

Dieu m’a retenu au téléphone jusqu’à ce que la ligne soit entrecoupée d’une information à l’effet que Rénald , mon ami belge inséparable, quittait Barnston, son père étant criblé de dettes.  Ce fut tout un choc. 

J’ai demandé une permission spéciale pour aller le voir avant son départ, au moins pouvoir lui écrire : ninine ! Dieu voulait que je fasse ce sacrifice.  Une abnégation qui dépassait mon seuil de tolérance.  Si je ne pouvais pas avoir cette permission, je n’avais plus qu’une solution possible pour le revoir : me faire chasser de l’institution.

22 Septembre 2007

L’insurrection  3.   

Plutôt que de prier quand on travaillait à la cuisine, je chantais des chansons d’Elvis Presley et j’apprenais aux autres à se déhancher. J’organisai un clan de petits révoltés pour dénoncer l’affreuseté de la nourriture.  Pire, le soir, je surveillais au dortoir pendant que les autres allaient dans la cave vider les frigidaires. 

Un soir, ils revinrent avec tellement de vin qu’ils en furent tous malades et dégueulèrent par les fenêtres, peinturant les bords difficiles d’accès.  Le matin, ça puait à intoxiquer la ville de Sherbrooke. 

Le coup de renvoi fut quand je détruisis le chapeau du père Alfred qui se permettait souvent de nous frapper. 

Les portes du ciel s’ouvrirent et j’ai quitté le paradis terrestre, jouant à la cachette comme mes arrière-grands-parents, Adam et Ève.  

Mon père est venu me chercher bien découragé que je n’aie pas encore trouvé ma place. Malheureusement, tout ce tumulte fut inutile puisque mes amis étaient déjà partis de Barnston. 

Un jour, j’eus une lettre de Rénald qui m’apprit qu’ils étaient dans l’Ouest canadien.  La vocation prit des allures de sirène une couple de fois encore : chez les Franciscains et les Pères blancs d’Afrique. 

Aujourd’hui encore, j’irais enseigner dans n’importe quel pays parce qu‘ici je ne sers à rien.

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