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Radioactif 127

août 28, 2021

Radioactif 127

15 Septembre 2007

La prison.

J’avais 20 ans, il en avait 14.  J’ai fait de la prison parce que j’avais partagé mes goûts sexuels avec ce jeune partenaire.  Notre motif : nous craignions d’être assez pervers pour attaquer et violer une fille.  C’était à tous les deux notre raison justificatrice. 

Nous avions tous les deux un mal fou à contrôler nos instincts, comme diraient les religieux qui n’en ont plus.  

Se masturber, nous calmait l’appétit et nous pouvions passer à autre chose comme annoncer les films à l’affiche au cinéma local.  Je l’aimais bien et je ne lui aurais jamais fait le moindre mal. 

J’ai répété l’expérience de soulager mes besoins de masturbation avec un autre garçon qui, lui, voulait bien, en autant que je le paye.  J’étais assez fou pour croire que ce sont des gestes d’amour, donc, qui ne se négocient pas financièrement.  J’ai refusé de lui verser les 0.25$ exigés, question de principe, et il me dénonça. 

Son père était libéral et moi je travaillais pour un journal de l’Union nationale. Donc, puisque j’écrivais dans les journaux et que je participais à des émissions de radio à St-Georges-de-Beauce, pas question de me laisser filer. Bizarrement, le sujet vedette ait la construction d’un pont ou d’un tunnel entre Québec et Lévis.

Le péché de la chair ‘est plus payant aujourd’hui, depuis que l’Église essaie de s’en sauver en payant ses victimes qui s’enrichissent vite puisqu’il n’y a pas de prescription comme si c’était un meurtre… 

D’ailleurs des fondations ont été créées pour multiplier le nombre de victimes et en profiter un peu.  

Les politiciens se sont servis des événements  pour me la fermer et m’éloigner de l’Aiglon, journal de Lac Etchemin et de la radio, à St Georges de Beauce, où je commentais les actualités une fois par semaine.  Ils avaient ainsi un petit répit. 

Quand on présenta de nouvelles accusations, je ne connaissais aucun des garçons, mais j’ai plaidé coupable.  Je voulais en finir le plus vite possible.  Ainsi, mon petit ami n’avait pas à venir s’humilier devant la cour. 

Le pire, si à cette époque, il y avait eu la loi actuelle sur le consentement, je n’aurais jamais fait de prison. On n’aurait même pas pu m’accuser, on en aurait été quitte pour l’humiliation. 

J’étais au mauvais endroit, au mauvais moment.  Le plaisir est une réalité humaine tant que personne ne sait en quoi consiste ce plaisir. Une hypocrisie. Je raconte cette aventures dans Laissez venir à moi les petits gars.

Septembre 2007

Disciples de la croix.       

Quand je suis sorti de prison, j’ai fondé mon petit groupe religieux, les Disciples de la Croix.  Ça faisait dire à certains prêtres que j’étais un saint. 

J’étais plutôt déséquilibré par la religion qui m’avait rattrapé, grâce à la culpabilité et la honte.  Je me sentais en Cadillac, vers la schizophrénie. 

Ma foi s’est embourbée encore une fois quand j’ai rencontré un petit disciple qui m’a rappelé que le ciel n’est pas seulement fait de bonnes intentions, mais qu’il est possible d’y goûter sur terre. 

J’étais déjà différent de tout le monde.  Mon père ne pouvait pas me faire vivre jusqu’à 100 ans.  Les enfants accrochés aux jupes de leurs parents, ça n’existait pas encore. 

Plutôt que de vivre une dépression permanente, parce que je m’haïssais à travers la haine sociale, j’ai décidé de retourner à l’école à Québec où je suis tombé amoureux d’une fille.  Je l’ai laissé juste avant les vacances. 

Quand je dansais avec elle , elle aurait pu me passer à travers un mur pour sentir ma petite fourchette diabolique s’élever vers le ciel , mais elle prétendait que j’étais trop cochon quand mes doigts sur ses seins tentaient de m’imprimer dans la tête les joies d’être avec une personne de l’autre sexe.  Hypocrisie que je n’ai jamais retrouvée chez un garçon. 

À cette époque, je passais mon temps à écrire. Je croyais dans mon talent.  Je voulais m’affirmer, dire à tout le monde qu’il n’y avait rien là à être pédéraste.  J’étais pourtant encore un acte de culpabilité ambulant. 

Mes parents m’ont surpris avec un garçon.  Ce fut les grincements de dents jusqu’à ce que Ste-Thérèse s’en mêle . J’ai alors appris que je venais de gagner en poésie le prix Canada-Normandie et  la médaille de Lisieux, en France. 

J’ai invité ma mère à Québec pour la remise du prix, question de lui faire oublier que selon leur critère religieux, j’étais le diable en personne.  

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