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Les derniers amours de Platon 20

juin 22, 2020

L’amour rend malade.

Platon était tellement choyé qu’il regrettait de prendre de la santé. Être malade, quand tu es si bien soigné, c’est presque prendre des vacances. Platon en profitait, sans même se demander s’il exagérait.

  • Chacun son tour, pensait-il.

Même son jardinier passait tous les jours afin de vérifier par lui-même si son maître prenait du mieux.

Le jardinier

Vous verrez, je vous ai préparé un endroit de repos juste au-dessus de la falaise. Quel spectacle ! Zeus lui- même vient parfois s’y reposer. Je l’ai entendu gémir entre les cris des petits oiseaux.

Platon savait bien qu’aucun dieu ne vient aussi près des humains, mais pour ne pas embarrasser son fidèle serviteur, il faisait toujours semblant d’être impressionné de voir que même les dieux trouvaient qu’ils avaient un endroit de choix où se reposer. Platon aimait bien rigoler. Aussi, ajoutait-il pour ses enfants, le jardinier parti :

  • Zeus doit s’être trouvé une nouvelle flamme. Il est assez prime en amour, merci. Heureusement, je ne suis pas assez beau pour qu’il me viole. Je n’aimerais pas tellement recevoir sa foudre au cul.

Son serviteur, l’entendit, devint blanc comme un drap jaunit, verdit, puis rougit.

  • Une palette complète pour peindre ce merveilleux endroit, se dit Platon. Le scrupule a des avantages. Il permet de changer la mine des gens. Je crois que si je peignais chaque couleur qui marque la marche de la gêne dans sa figure, j’aurais le masque parfait de la honte.

Mais, le moment préféré de Platon demeurait celui de la douche.

Les petits l’aidaient à se laver. Ils se déshabillaient tous et entraient sous la douche. Platon aimait se faire frotter. Et, les petits jouaient parfois à faire des courses de vitesse avec les serviettes savonneuses sur son corps. Chaque course aboutissait à son pénis. Va donc voir pourquoi !

Par contre, Platon ne pouvait jouer au sourd, les petits s’amusaient ferme aussi, à se moquer de la rondeur de sa bedaine. Il s’aperçut même qu’ils riaient parfois de sa façon de marcher, le dos un peu courbé par l’arrière.

Croisos

Est-ce pour mieux arrondir la bedaine, la faire mieux ressortir, que tu marches ainsi ?

Il imitait Platon, même s’il avait le ventre plat. Croisos et Virus riaient alors comme des enfants.

Ça rappelait à Platon que la plus belle chose qu’il ait faite dans sa vie fut d’affranchir et adopter ces deux petites pestes. Que d’amour ! Que de bonheur !

Virus

  • Non, c’est pour mieux dissimuler qu’elle ne lève plus.

Bien évidemment, Platon demanda triomphalement aux jeunes de constater qu’ils avaient tort. Platon était fier de constater que son petit « Charlie » avait pris de l’expansion. L’excitation ?

La douche se terminait par un échange de beaux gestes.

Platon en profita pour se relancer dans son activité favorite : les pipes. Les jeunes reconnaissaient volontiers qu’il avait un va-et-vient qui dépassait tous les petits tours de langue usuels sur le bout du gland. Platon était à n’en pas douter l’expert des experts.

Chaque douche accélérait sa guérison. Le bonheur est le meilleur remède contre le stress… les émotions négatives créent souvent des maladies incurables. Et, la pire de ces émotions est sans doute la solitude ou un manque d’estime de soi.

Malgré sa maladie, Platon inscrit Croisos dans un cours d’éloquence. Platon trouvait qu’il avait une belle voix.

Platon

Et surtout, tu as la répartie rapide et juste. Tu commences là, mais si tu préfères autre chose, c’est toi qui décides. On n’étudie pas, quand on n’aime pas ce que l’on étudie.

Platon le voyait déjà devenir Cicéron, comme lui avait prédit l’oracle. Seul problème, Platon ne savait pas qui était Cicéron.

Si Platon avait su identifier les désirs de Croisos, il sentait que son petit Virus, lui, n’était pas complètement heureux. Aussi, essaya-t-il au cours d’un repas de lui tirer les vers du nez.

Platon

Je ne te sens pas satisfait ? M’en veux-tu parce que je paye des cours à ton frère ? Serais-tu jaloux, par hasard ?

Virus

Ce n’est pas le problème, quoique tu aies presque raison. Je suis jaloux de la liberté que tu donnes à Croisos, Croisos, le pur, le parfait, il peut choisir son avenir, alors qu’à moi, tu refuses ce que je veux le plus au monde. Tu ne me fais pas confiance.

Platon était abasourdi. Il ne comprenait pas. Il n’avait jamais privé Virus de quoi que ce soit, il était même esclave de ses moindres caprices.

Platon l’avait inscrit dans une dizaine  de  clubs sportifs ; mais c’était toujours la même chose : il laissait l’équipe en plan, sous toutes sortes de prétextes. Platon trouvait Virus difficile à combler, même difficile à comprendre.

Virus

C’est simple, je voudrais travailler à la mine des marais.

Platon

Ça n’a pas de sens. Tu n’es pas un esclave. Il y en a des milliers qui y travaillent et qui en meurent. Tu ne veux tout de même pas que je te perde. Je t’aime bien trop pour te laisser choisir ton malheur.

Virus

C’est ça, choisis ma vie. Je veux travailler physiquement. Ça ne me dit rien de m’user le cul sur un banc d’école. Je veux connaître ma force, mes faiblesses. Je veux me salir les mains.

Croisos

Tu dois admettre que c’est très différent de la majorité des petits maudits bourgeois qui ne veulent rien faire, sinon se faire gâter par des parents condescendants.

Platon

Je veux ton bonheur !

Virus

Si c’est ce que tu veux, laisse-moi faire. Si je ne suis pas bien à la mine, je reviendrai. Je suis assez grand pour savoir ce qui m’intéresse.

Croisos

Au pire, Virus établira les plans pour extraire l’or.

Virus

Même pas, je veux travailler de mes mains.

Platon

On ne peut pas s’interposer à des projets d’une telle  vaillance. Je te le permets, sauf si tu me promets que tu abandonneras le travail à la mine s’il ne te convient pas. Je t’attendrai chaque jour, inquiet, mais si c’est le prix de ton bonheur, je suis prêt à le payer.

Virus

Sache que tous les métiers sont honorables, sauf ceux des sangsues et des parasites. Je ne veux pas être prêtre ou avocat.

Platon disait oui à reculons et se demandait s’il ne venait pas de perdre l’amour de sa vie.

Fin du premier tome

Le prochain tome : Virus : un hétéro chez les gais.

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