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Le temps des cauchemars.

mai 27, 2020

Le hasard et le sexe : Daniel.

 Pour adulte seulement.

     C’était le plus beau petit garçon que j’avais aperçu dans ma courte vie.  Il était si beau, dans son petit corps de 14 ans environ, que je décidai de le suivre et le «cruiser».  Mon éducation dans ce domaine était toute à faire et ne rien ne vaut que d’apprendre sur le tas.  Au début, je me sentais mal à l’aise.  Je le dévorais des yeux et il me souriait.  J’avais peur que ce soit encore un jeune paranoïaque qui pense que toute sa personnalité va s’effondrer ou qu’on va automatiquement leur voler leurs bijoux de famille dès qu’on les regarde avec insistance.  Il s’en aperçut et décida, pour mieux s’en persuader de changer de tramway, question de voir si ce n’était qu’un accident de parcours ou si je le suivrais.  Il tourna la tête pour s’assurer que je le suivais . Il m’arrive souvent de fixer les gens sans m’en rendre compte, simplement parce que je pense à autre chose et que je n’ai aucune présence à la réalité extérieure.  J’ai même déjà manqué avoir des accidents d’autos quand je chauffais à cause de ces moments de grande concentration .  C’était un petit manège qui me donnait des frissons.  M’engueulerait-il ?  Essayerait-il d’avertir un  policier ? Au contraire, il semblait y prendre plaisir. 
    Je le regardais sans arrêter , je voulais imprégner sa beauté dans mes souvenirs, le portrait de son visage et de son petit corps, si délicieux, si joliment proportionné.  Avec chacune des cellules d’une telle beauté, je pouvais vivre des mois de phantasmes.  Un vrai poême. Un hymne à la beauté juste d’exister.  Il me souriait de plus en plus. Il n’y avait plus de doute, on se voulait et on savait tous les deux ce que l’on recherchait.  Il suffisait dorénavant de pousser l’audace jusqu’à la concrétisation de nos désirs.
     Il se mit à me regarder à la hauteur de la ceinture ?  Était-ce un message ?  Je fis de même, en y ajoutant, la main qui me grattait le paquet.  Il le fit aussi.  J’avais la certitude que ce n’était pas mon imagination.  Le hasard ? Qu’un moyen de le savoir.  Je pris mon portefeuille et lui montrer l’argent.  Il me fit signe que oui.  À mon tour, je lui fis signe qu’on débarquerait  à la prochaine station. Il s’approcha de la porte.      
    C’était un chérubin !  Sa peau un peu brunie, très peu, semblait si douce que je voulais la toucher — j’ai toujours eu regards et touchers très rapides , question de perspicacité — Une mèche blonde coulait au-dessus de ses yeux , et adorablement, il s’amusait à en détourner le cours, la remontant un peu sur son front du revers de la main.  Il était adorable.  Une passion , un désir céleste.  Et moi, qui ne peut pas retenir mes élans vers ce qui me semble  si féérique, si beau, j’engageai la conversation.  Je n’avais plus peur.  Tout était clair.
      Nous avons quitté le métro à la station Peel. Et, nous sommes entrés immédiatement au restaurant Bankoof, qui n’existe plus aujourd’hui, pour compléter notre connaissance de l’autre.  Je savais , dès lors , que je ne me rendrais certainement pas travailler à temps, mais je m’en floutais :  j’étais avec le plus beau petit gars du monde.  Daniel m’invita à le suivre.  Dans les toilettes, il me montra ce que ses pantalons dissimulaient si bien.  Sa petite bite était plus que charmante.  Ses deux pouces et demi se gonflèrent rapidement, atteignant quatre pouces, raide comme une barre de fer  et un petit prépuce qui couvrait une majeure partie du gland.  Je le tâtai.  Tout mon corps tremblotait d’excitation.  Je la portai à ma bouche, puis, une idée, un  éclair ,  je lui demandai  s’il voulait venir chez moi où je vivais seul en appartement.  Quel bonheur !  Il accepta immédiatement, sans la moindre objection.  Tout au long du trajet, il eut un silence de désert, mais une fusilla de regards et d’échange de sourires. ( À suivre  question de tondre le gazon entre deux pluies.  Il pleut, donc, on continue ce récit) .         
        Rendu chez moi, Daniel se dévêtit complètement et se jeta sur mon lit.  Il était adorable.  Je frissonnais de désirs, mais en même temps je savourais cette première dans ma vie de voir un  jeune garçon étendu sur le dos, flambant nu et souriant d’invitations. Le 34 et demi suivit immédiatement.  Il était ravi de la fugue que j’y mettais.  Cependant, j’ai remarqué qu’il semblait dédaigner quand je le caressais, me ramenant toujours à le sucer avec frénésie.  C’était ce qu’il qu’’il aimait définitivement le mieux.           
— Daniel, t’es divin.  J’aime tant tes cheveux et ta bouche.  Aimes-tu les garçons, toi aussi ?
— Non, je suis indifférent.  Je préfère les filles.  Et toi ?
— C’est évident,  il me semble.        
   Je souris.  Même si c’était péché mortel, même s’il avait été Satan en personne, je l’aurais quand même sucé.  Je le regardais.  Je savourais ma première chance de voir un aussi beau garçon , nu, étendu sur mon lit, les jambes légèrement écartées.  En posant ma main, sur sa cuisse, je frémis à nouveau.  C’était trop beau pour être vrai. Tellement beau , que je ne savais pas quoi dire.  C’était l’extase. De temps en temps, je lui passais l’autre main dans les cheveux, sur sa main ou son bras.  Je me sentais affreusement gauche. 
  Habituellement, je n’aime pas embrasser.  Peut-être parce que petit  j’y voyais là le pire des péchés et que sans le savoir j’étais encore victime de ce lavage de conscience.  Mais lui, sans trop savoir pourquoi, j’en avais envie.  J’y prenais plaisir; mais quand je l’embrassais, il grimaçait et bougeait le bout du nez.
— Pourquoi grimaces-tu ainsi ?  Tu as dédain de moi ?
— Non, mais tu es le premier gars qui m’embrasse et ça me fait tout drôle.
   Pour me faire excuser, je commençai à voyager ma langue sur tout son corps. Ça le chatouillait et l’excitait.  Il aimait cette petite sensation de décharge électrique quand la langue se faufile dans les endroits plus sensibles.  Il me saisit la tête et me demanda de lui faire à nouveau un 34 et demi.  Je m’exécutai immédiatement, m’organisant cette fois, de faire le mouvement plus rapidement, en lui pressant les fesses dans mes mains et leur imprégnant un mouvement de va et vient plus rapide. Daniel était fou de jouir ainsi. Ce que nous firent trois fois, au cours des heures passées ensemble.

(Parlant de manger, je dois aller dîner et puis, peut-être, couper le gazon, à bientôt.  Voilà, c’est fait. J’ai pu couper mon gazon, aller prendre une marche avec Benji, aller m’acheter un pain « baguette » pour aller avec mon Brie, me reposer un peu et j’ai maintenant une petite demi- heure, avant d’aller voir mes émissions de télévision.  J’en profite pour boire un peu de vin , car je suis seul. Mon frère est parti chez sa fille, garder son petit-fils… Je ne bois pas quand il est là, une entente quand je me suis amené chez lui : jamais de boisson à la maison… un compromis .  Mais seul , je me le permets et il le sait ). 
   J’essayai d’engager la conversation.  Je voulais être en parfaite communion avec lui. Je le percevais déjà comme un cadeau du ciel , un signe que je n’étais pas si méchant , simplement parce que j’aime les garçons.  Ce n’est pas parce que j’aimais tâter des petits moineaux que je faisais un mal irréparable,  C’était peut-être une curiosité un peu maladive, mais elle n’avait rien de dangereux, bien au contraire. Je n’ai jamais vu un garçon qui n’aimait pas ça, même ceux qui ont été forcés à me dénoncer.        
— T’es bon en classe ?   
— J’ai passé de justesse. Je n’aime pas l’école.      
   Sa réponse me déplut, une première déception.  Je voulais aimer un garçon très intelligent, plus intelligent que les autres, mais il était si joli que j’étais prêt à lui pardonner.  Je n’aurai qu’à l’intéresser à son avenir. 
    Je l’embrassai de nouveau, ce que je ne faisais jamais, mais avec lui, on dirait que toutes mes passions s’ouvraient comme une fleur.  Il grimaça et remua le bout du nez.        
— Je t’écœure ?    
— Non , c’est la première fois qu’un gars m’embrasse et ça me fait tout drôle.
—  Je suis peut-être un peu trop vieux pour toi ?  Tu le regrettes peut-être …
— T’es complètement fou.  J’aime bien ça au contraire.  Je ne te trouve pas assez vicieux.      
— T’es tellement beau … Je voudrais, vois-tu, aimer quelqu’un pour toujours. Pas une aventure d’un jour.  Pas comme on aime d’habitude.  Je veux te voir souvent , te passer la main dans les cheveux — j’aime tant te passer la main dans les cheveux — et t’embrasser aussi souvent que j’en ai envie.  Pas de bestialité, genre enculage ou du moins, pas plus que juste essayer.  Je te montrerai la poésie. Je te ferai connaître mes qualités. Nous sortirons souvent ensemble.  C’est malheureux que pour l’école on ait pas les mêmes goûts.  J’aurais pu t’aider à suivre des cours, aller aux concerts, au théâtre, au cinéma avec toi … Je cherche un ami.     
— J’aime le cinéma.       
–Voilà quelque chose de positif.  Nous irons ensemble.  N’aie pas peur, je vais tout payer.   
   Et, alors , avec ses quatorze ans, il me parla de ses parents séparés, de la bicyclette espérée ( et que je lui achetais déjà) de sa future deuxième mère, de sa vocation prochaine d’aviateur.  Je le regardais. Je buvais chaque parole comme les vérités de l’Évangile.  J’étais un peu nerveux, comme délivré d’une longue nuit qui aurait enfermé tout mon être jusqu’à ce jour.  C’était bon !  J’étais enfin libre ! Je ressentais pour la première fois ce bien-être quasi-divin, d’être ce que je suis vraiment, sans fard.  J’étais ébahi de pouvoir communiquer avec un petit gars. J’avais rêvé ce moment depuis des années. Ça me semblait tenir du miracle.  J’étais délivré et c’est avec ivresse que pour la première fois de ma vie, je disais à quelqu’un le portrait que je me faisais de moi.  Je voulais tellement son bien que je le mis en garde contre ce besoin sexuel qui me dévorait et je lui racontai que j’avais déjà fait de la prison pour quelque chose de semblable.  Je l’aimais tant , je ne pouvais pas lui faire de mal.  Je devais être absolument franc.  Ainsi, il connut le gars tirailler par ses désirs et la sainte peur du péché.  Je lui raconté mes peines et mon désir de devenir un jour quel qu’un .  Il m’écoutait sourire aux lèvres et les yeux éblouissants.  Je goûtais de tout mon corps, ce petit être fragile et souvent malheureux.         
   Tout était devenu miraculeusement facile à exprimer , de sortir enfin tout ce que j’emmagasinais d’horreur intérieure depuis le début de mon adolescence.  J’ai discuté avec Daniel de ma peur que ce geste ne le marque négativement plus tard, comme les saintes nitouches essayaient de le faire croire.  Comment croire des gens qui nous ont toujours menti avec leur chasteté , leur contrôle de sa sexualité ?    À chaque mot, Daniel semblait plus près de moi, plus intime.  Il me demanda s’il pourrait amener sa blonde quand il reviendrait me revoir.  J’acceptai bien évidemment, car , dans ma tête, je ne devais jamais changer l’orientation sexuelle d’un jeune que j’aimerais , quitte si cela était possible de changer moi-même pour être certain que j’aimais je ne ferais le moindre mal à un petit avec qui je vivais une aventure sexuelle.  Je lui donnais tout ce qu’il m’était possible d’offrir.  Et je cueillais des images : ses yeux, son sourire, sa mèche de cheveux blonds sur son front et son merveilleux petit corps nu, étendu sur mon lit.    
      J’ai tellement goûté ces minutes ! J’en ai oublié le travail risquant d’être encore une fois chômeur et encore une fois aux prises avec des problèmes financiers… les finances seront mon pire cauchemar toute ma vie, quoique je ne fus jamais  
privé de l’essentiel.  Je ne fais que dix pour cent de ce qui me tente.  Ça coûte trop cher voyager et je suis trop vieux pour repartir sur le pouce.
    Tout à coup , il décida de se rhabiller et de s’en aller.  C’était si soudain, comme s’il venait de recevoir un ordre.  Il était las, disait-il. Il me promit un retour très prochain et cette fois c’est lui qui m’embrassa avec passion.  Il me fixa et me dit :      
— Merci !  Grâce à toi, ma vie d’enfer vient d’être transformée en quelques heures de paradis.          
     Il me ré embrassa, mais cette fois comme d’habitude, il branla le nez et sortit.
   C’est alors, en repensant aux premières minutes dans le lit, que je l’ai surnommé :  » Mon petit passif « .      
     Malheureusement, il ne revînt jamais,  Je l’ai cherché partout.  J’ai téléphoné à tous les … des pages jaunes, rien, impossible de le retrouver.  J’ai même raconté notre aventure dans des poèmes.  Je me disais que si j’étais arrêté , on devrait le faire venir pour témoigner contre moi et qu’ainsi, je pourrais le revoir.  Daniel fut à l’origine de ce qui me semble aujourd’hui le sens de ma vie : écrire enfin la vérité sur ce qui se passe entre un adulte et un petit gars, démentir à jamais que ces relations sont violentes ou que les jeunes aient un jour à en souffrir.  Si plus tard, un jeune subit des séquelles,  c’est que nous vivons dans une société de censure, d’hypocrisie et de médisances. 

Mon chemin fut d’apprendre la vie à travers l’expérience et non les mensonges des curés ou des féministes arriérées que l’on a aujourd’hui quand elles se préoccupent de sexualité.            

Montréal, 1971   

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